2017, l’art célèbre le centenaire de la mort d’Auguste Rodin

À l’occasion du centenaire de la mort d’Auguste Rodin (1840 – 1917), une coopération entre le Grand Palais et la réunion des musées nationaux propose d’envisager son œuvre d’une nouvelle manière. Ainsi, l’exposition rassemble, non seulement les œuvres du sculpteur, mais aussi toutes celles qu’il a influencées. Les œuvres incontournables du maître, comme Le Penseur ou Le Baiser, y sont exposées et sont confrontées aux travaux d’artistes de son temps et du nôtre. Plus de 200 œuvres exposées évoquent les multiples influences de Rodin sur des artistes comme Carpeaux, Richier, Claudel ou Picasso, et témoignent de son incroyable postérité.

Catherine Chevillot, commissaire de l’exposition Rodin propose de découvrir le processus singulier du travail de l’artiste et insiste sur le modèle d’expression qu’il était : « Sa principale marque de fabrique est son côté expérimental. A travers son modelage, il a tenté de remodeler la vie, de l’exprimer. Pour les critiques de l’époque et les artistes, Rodin c’est celui qui a rendu la vie à la sculpture ».

Le sculpteur expressionniste disait toujours « il ne doit rien avoir qui ne soit pas expressif dans la sculpture ».

L’exposition du Grand Palais est scindée en trois grandes parties qui présentent, chacune, un trait caractéristique de Rodin et de son œuvre. Les deux premières : Rodin expressionniste et Rodin expérimentateur correspondent aux deux grandes périodes de sa carrière. Le Rodin expressionniste est mu par une volonté de faire parler les corps et de représenter les passions et la nature. Le Rodin expérimentateur a travaillé les matériaux, en effectuant d’abord des modelages en terre, puis en plâtre et enfin en bronze. La troisième et dernière partie de l’exposition, Rodin l’onde de choc, examine les effets de son œuvre sur l’art du XXe siècle et l’apport considérable qu’elle a été, notamment après 1945.

Ainsi placé dans une perspective du XXIe siècle, on constate que Rodin est encore un artiste qui étonne et surprend par l’audace de sa création. Son travail de maître et père de l’expressionnisme laisse persister son aura sur plusieurs générations d’artistes.

Ouverte depuis le 22 mars, l’exposition fermera ses portes le 31 juillet prochain.

Musée Rodin

Depuis cent ans, le musée Rodin gère l’ensemble de l’œuvre de l’artiste, dont ce dernier a fait don à l’Etat, en 1917. Le musée Rodin lui consacre une exposition à l’occasion du centenaire de sa mort jusqu’au 22 octobre prochain. Atypique, l’exposition fait dialoguer l’œuvre de Rodin avec celle d’Anselm Kiefer, artiste plasticien contemporain à qui le musée a laissé carte blanche pour l’évènement. De cette exposition se dégage une convergence inattendue entre les deux artistes.

« J’aime sa façon de fragmenter, de reconsidérer ses œuvres, de les réutiliser, et le rythme qu’il parvient à créer. Il avait ce rythme de l’artiste qui m’est cher, un rythme de l’actualité vers l’infini », témoigne Anselm Kiefer.

Grands écrans

L’hommage au maître Rodin ne se cantonne pas aux musées et lieux d’exposition. Un film réalisé par Jacques Doillon lui est consacré. Rodin, sélectionné au 70e festival de Cannes et sorti dans les salles de cinéma le 24 mai dernier, retrace la vie du sculpteur et sa relation tumultueuse avec l’artiste Camille Claudel.

Romane Guéchot

Photo : Félix Nadar, 1893/Wikimedia Commons