« Faut des idées! » Virginie Martin s’entretient avec Francis Lalanne

« Faut des idées! » est la nouvelle rubrique d’entretien politique pour le site de la Revue Politique et Parlementaire, animée par Virginie Martin.

À la veille des élections européennes, la politiste Virginie Martin s’entretient avec l’ensemble des principales têtes de liste. Démocratie, économie, culture : toutes et tous ont répondu sans filtre et très librement à nos questions.

Quand la politique renoue avec les idées… Ce mercredi 15 mai, Francis Lalanne, chef de file de la liste Alliance Jaune pour les élections européennes a bien voulu essuyer les plâtres… Un jour, un entretien.

 

« J’ai toujours été jaune,  je suis un gilet jaune depuis 40 ans », Francis Lalanne, tête de liste Les Alliance jaune, Européennes 2019

Virginie Martin : La démocratie, ou en tout cas, l’idéal démocratique semble être fragile/fragilisé. Quelle est votre lecture de ce « supposé » déficit démocratique ?

Francis Lalanne : Je pense que tout ça c’est le discours vertical qui a lavé le cerveau de la conscience collective pendant 60 ans. Il n’y a pas de démocratie fragilisée, il y a naissance de la démocratie. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est ce qui sera, à court, à moyen terme ou peut-être même à long terme si le réveil est tardif, la première démocratie. On assiste là à un éveil démocratique, c’est-à-dire qu’en réalité pendant 60 ans on a raconté aux gens qu’ils étaient en démocratie alors que ce n’était pas le cas. On a lavé le cerveau des gens, génération après génération en vidant un mot de son sens premier. On a appelé démocratie un système qui en est le contraire.

La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple et non le gouvernement de l’Etat pour l’Etat par l’Etat.

La démocratie c’est décider, ce n’est pas décider de qui va décider. La démocratie c’est voter, ce n’est pas renoncer à voter en élisant quelqu’un qui va voter à la place du peuple. Donc, c’est en réalité l’aliénation des peuples par des éléments de langage qui fait que les gens ont ce sentiment de mal-être de plus en plus fort et qui les pousse aujourd’hui à aller dans la rue.

Les gens ont finalement compris qu’ils étaient dans une prison et que pour en sortir il fallait renverser le système.

 

Leur obsession, aujourd’hui, c’est comment faire pour abolir un système représentatif et le transformer en démocratie. Pour ces raisons on ne peut pas parler de fragilité démocratique. Au contraire, c’est une grande solidité démocratique, c’est la naissance d’une conscience démocratique précédée par le chaos construit sur un mensonge, un mensonge érigé en vérité.

Ceux qui parlent aujourd’hui de fragilité démocratique sont les suppos d’un système tyrannique qui ne peut plus s’imposer par le mensonge et qui donc essaye de s’imposer par la force. A partir du moment où tout le monde croit à un mensonge, ce mensonge devient la vérité.

De démocratie, il n’y a eu en France que les deux mois de la Commune de Paris. Donc seulement à Paris, même pas en France. De démocratie, il n’y a eu dans le monde que celle d’Athènes, une démocratie principielle parce qu’il y avait quand même des esclaves dans cette belle cité d’Athènes.

La démocratie c’est un concept qui a failli naître de la révolution française. Mais c’est un concept qui ,selon moi, et c’est mon avis personnel, meurt quand la proposition de constitution du Marquis de Condorcet est refusée par la convention le 15 février 1793. Cette constitution est un modèle de démocratie parce qu’on y retrouve tout : la loi de 1905 prérédigée telle qu’on peut la retrouver aujourd’hui dans notre constitution, l’égalité homme/femme, notamment le droit de vote pour les femmes, l’instruction obligatoire et gratuite, tous les éléments nécessaires à la démocratie et à commencer par aujourd’hui ce qu’on appelle le RIC qui sous la plume de Condorcet s’appelait le Droit d’Initiative Populaire.

Cette proposition de constitution est refusée, les Montagnards l’emportent sur les Girondins. On demande à Hérault de Séchelles d’en rédiger une autre. Elle sera proposée et adoptée le 24 juin 1793 et les Girondins qui se sont révoltés contre ça ont tous été massacrés par Robespierre.

A partir de ce moment là, nous avons basculé dans une suite de monarchie constitutionnelle plus ou moins autoritaire, régulièrement rythmée par l’apparition d’un tyran absolu du style de Napoléon Bonaparte ou plus tard de Louis Napoléon, soit un Roi, soit un tyran républicain.

On invente le suffrage universel parce que les gens qui dirigent en ont assez que tous les 30 ans il y ait une révolution : 1830, 1848… ça n’arrête jamais. Et c’est là qu’ils trouvent quelque chose pour que les gens pensent qu’ils décident : c’est la naissance du suffrage universel.

 

On cède un pouvoir qui est le contraire de la démocratie. Ce n’est même plus une tyrannie qui s’obtient par la force ou par la raison du plus fort, mais que l’on fait passer pour un système démocratique. On s’en sert comme d’un quotient populaire, c’est le comble du cynisme ! C’est dire aux gens « vous allez voter et choisir votre maître ». C’est d’ailleurs un peu ce que dit Rousseau à propos du peuple d’Angleterre et de son système représentatif qui avait sa magna cartaet sa monarchie constitutionnelle bien avant nous : « le peuple d’Angleterre n’est libre qu’au moment où il élit ses représentants, le reste du temps il est esclave de ses représentants ».

C’est ça le système dans lequel on vit depuis que les rois ne sont plus les rois. On remplace une tyrannie par une autre et on remplace la tyrannie de droit divin par la tyrannie de droit populaire. Le droit divin ne fonctionnant plus après que Gutenberg ait mis la parole de Dieu à la portée de tous avec l’invention de l’imprimerie, il faut que l’on invente le droit populaire à la tyrannie.

Les gens en ont pris conscience, veulent abolir absolument cette tyrannie, mais que tout ça se passe sans violence. On leur propose des moyens d’y arriver en investissant le cadre électoral mais ils les refusent parce qu’ils considèrent que toutes formes de solutions qu’on leur propose dans le cadre d’une institution vont forcément être corrompues.

Alors on va essayer de déstabiliser le système pour qu’il se détruise de lui-même comme si ce système pouvait se détruire de lui-même.

Soit on le détruit en utilisant les moyens qu’il nous donne pour ça, soit on tentera d’en sortir quitte même à ce qu’il y ait des affrontements mais cela ne résoudra pas le problème, on restera dans ce système au bout du compte. C’est-à-dire qu’on sortira de la guerre civile mais à l’intérieur du système. Le seul moyen aujourd’hui de s’en sortir c’est de le subvertir et certainement pas de le prendre en frontal. C’est ce que j’appelle, moi, la révolte par le vote.

Au mois de mai si le peuple de France le veut, avec un simple bulletin de vote, sans se faire crever les yeux, ni arracher les mains, il peut mettre non seulement l’actuel gouvernement en minorité à l’Assemblée Européenne mais aussi mettre le système actuel en difficulté en transformant sa représentation politicienne par une représentation citoyenne de gilets jaunes comme je le préconise.

Des citoyens totalement béotiens en matière de politique mais capable de lire, d’écrire et qui ont un cerveau capable de raisonner sans qu’on leur dicte la manière dont ils doivent penser et voter. Ça c’est la grande corruption des partis politiques ! C’est d’ailleurs ce que disait Simone Weil quand elle voulait qu’on en finisse avec eux. Ils interfèrent entre le peuple et les élus, comme c’est lui qui donne les investitures, c’est lui qui a le pouvoir et qui devient le donneur d’ordres une fois que le candidat est élu. Le candidat n’a plus aucun compte à rendre aux électeurs mais seulement au parti. C’est ce raisonnement qui corrompt le principe de la représentation politique aujourd’hui et qui corrompt jusqu’à l’idée même de l’acte politique. C’est pour cela qu’aujourd’hui on ne peut plus avancer et que les gens ne veulent même plus saisir la possibilité qu’ils ont de changer leur destin.

Le système a tout organisé pour que le vote sanction s’émiette et se disperse dans tous les appareils.

 

VM : Vous ne croyez pas à la sincérité d’un ou d’une responsable politique qui serait vraiment engagé.e pour le bien commun, l’intérêt général ?

FL : Le problème c’est que le prix à payer c’est de se soumettre et certains au nom de leur sincérité ou pour conserver le droit d’agir, vont se soumettre. D’ailleurs les fondements de notre Constitution interdisent l’éclosion d’un tel système. Il faut rendre hommage au grand Mendès France qui, dès 1958, nous expliquait que la Constitution de la Vème République portait en elle-même tous les germes de la monarchie et que si elle n’était pas représentée par un homme d’honneur, elle offrait toutes les possibilités pour le représentant du peuple de devenir un monarque absolu.

On peut dire ce que l’on veut du Général De Gaulle, mais il avait ce sentiment profond de la souveraineté nationale à laquelle nul être humain n’avait le droit de se substituer. Il le prouve d’ailleurs quand il lance son referendum. Il obtient 49% d’opinion favorable et se retire car il considère qu’il n’est plus légitime. Aujourd’hui on a un homme qui sur son élection a 12% d’opinion favorable, et qui par rapport à ce score misérable qui le porte aux responsabilités, se prétend aujourd’hui être légitime. N’est pas le Général De Gaulle qui veut.

Dans l’article 16 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, il y a une jurisprudence du Conseil Constitutionnel qui dit « Tout gouvernement qui ne garantit pas les droits et dont la séparation des pouvoirs n’est pas déterminée n’a point de Constitution ». Donc à l’heure où nous parlons la France n’a constitutionnellement plus de constitution. C’est ça la réalité, la France n’est plus un Etat de droit. Tous les jours, les forces de l’ordre violent le Code Pénal, les juges violent les principes généraux du Droit, tous les jours le Président de la République viole la Constitution et tout ceci est illégal et sera forcément jugé. Mais nous sommes dans cette période qui ressemble à ces périodes de l’histoire où des gouvernements illégitimes sont légitimes.

 

« La manipulation langagière a enfermé la conscience des gens dans un mensonge »

VM : Pas mal de responsables politiques pensent à cette absence de démocratie avec un grand « D », vous allez encore plus loin, vous êtes encore plus radical et donc c’est en soutien à cet « éveil jaune » si je puis dire que vous continuez votre engagement ? Vous avez trouvé dans ce soulèvement populaire quelque chose d’intéressant, de prégnant et qui vient titiller la démocratie ?

FL : J’ai toujours été jaune, je suis un gilet jaune depuis 40 ans.Ce que je retrouve en réalité dans ce mouvement, c’est la France, c’est-à-dire la France de la liberté, la France de l’égalité, la France de la fraternité.Il faut toujours en revenir aux mots et c’est très dangereux de vider un mot de son sens. La manipulation langagière a enfermé la conscience des gens dans un mensonge. Et on voudrait nous faire croire qu’on serait des mauvais élèves. Et quand il s’agit de reconnaitre sa part de responsabilité, on nous dit « on n’a pas fait assez d’effort compte tenu du niveau ambiant ».

VM : Vous portez un tee-shirt à l’effigie de Jérôme Rodrigues avec un bandeau sur son œil perdu….  

FL : Lui et les 23 personnes ont perdu un œil. Ces gens qui sont partis le matin de chez eux avec leurs deux yeux et qui sont rentrés le soir avec un œil. Les mains arrachées, les morts que nous avons eus, les mutilés, les humiliés, les gardes à vue sans motif et tous ces crimes qui ont été commis contre l’humanité, les emprisonnements politiques, les mises sur écoute, les fichages d’opposants politiques,…

Si on ne s’appelait pas la France, on aurait l’ONU qui nous enverrait les casques bleus. Parce qu’on s’appelle la France et qu’on fait partie de l’Europe on aurait le droit de faire ça ?

L’autre jour, on a eu un ministre de l’Intérieur qui nous a expliqué qu’il avait ordonné à ses policiers d’attaquer la foule et il s’en est vanté comme un moyen de protéger la foule. C’est-à-dire que ce monsieur à inventé la légitime attaque. Donc nous ne sommes plus dans un Etat de droit, c’est une dictature qui veut mettre en place dans la conscience collective sa légitimité. Le combat que nous menons avec les gilets jaunes est un combat qui engage l’avenir parce que si on ne l’emporte pas contre cette posture elle va s’institutionnaliser.

C’est ça qui se joue, c’est l’institutionnalisation dans le monde de la domination des ploutocrates sur la masse précaire de plus en plus importante puisqu’elle englobe aujourd’hui aussi les classes moyennes. 

 

VM : « L’économie de marché », dans son acception classique des années passées, semble être remise en cause par beaucoup. Elle ne semble plus être l’unique ou quasi unique socle des programmes politiques. Quel est votre regard sur cette critique de plus en plus aiguisée de « l’économie de marché », du capitalisme aussi ?

FL : Le capitalisme est mort. Il est mort mais maintenu sous perfusion. C’est de l’acharnement thérapeutique, c’est-à-dire qu’on le maintien grâce à des machines que l’on refuse de débrancher. On recule la mise en terre de ce mort qu’on continue à faire vivre de manière artificielle en créant toujours des faux contre-pouvoirs pour faire croire aux gens que le système va être modifié alors qu’au contraire il se renforce

VM : Est-ce que vous pouvez détailler un petit peu ?

FL : C’est très clair. Les gens sont conscients que ce système ne leur apporte pas le bonheur mais seulement l’injustice. Ils cherchent tous aujourd’hui une manière de vivre fraternellement en maintenant en commun les biens et les ressources humaines. Tout cela se développe mais en dehors de l’institution parce que l’institution ne veut pas que tout cela se fasse. Les gens mettent aujourd’hui leurs énergies dans la fraternité, dans le partage, la coopération plutôt que la compétition, dans la modération plutôt que dans le consumérisme, dans la responsabilité et l’autonomie plutôt que dans la soumission. Quand on parle avec la majorité du monde précaire ils sont pour la plupart zadistes dans l’âme, ils veulent autre chose mais ils ne veulent plus du capitalisme. Il n’y a que les très riches et leurs esclaves, c’est-à-dire ceux qui sont prêts à revendiquer l’esclavage pour avoir un peu à manger dans leur gamelle qui, finalement veulent le maintien de ce système. Mais ils sont très peu nombreux.

« Les ploutocrates sont les maîtres, les donneurs d’ordre des politiciens qui gouvernent »

VM : Quand vous parlez des « très riches », ce sont les détenteurs du capital ?

FL : Oui, les 5% de personnes qui se partagent les 99% des richesses du monde. Les ploutocrates qui sont les maîtres, les donneurs d’ordre des politiciens qui gouvernent. Tous les lobbys pétrochimiques, semenciers, de l’armement et de la finance,… ce sont eux les maîtres du monde, ce ne sont pas les gens qui nous gouvernent. Ils ne sont que des marionnettes aux services de ces gens-là.

Et les gens abandonnent avant d’y aller. C’est lourd.

Sauf peut-être ceux qui descendent dans la rue mais même ceux-là ont peur de ne jamais y arriver et en viennent à se dire qu’il faut tout faire péter. C’est un désespoir qui s’exprime en réalité. Il y a plus de désespoir qui s’exprime que d’élan d’espoir vers des buts qu’on essaye d’atteindre.

VM : Est-ce que vous n’avez pas l’impression qu’il y a comme une forme d’anachronisme dans votre discours qui peut être parfois balayé par les applis et la Googlisation d’un monde qui y va de sa financiarisation depuis la chute du Mur de Berlin ?

FL : A partir du moment où l’on a des blocs qui s’apposent et qui s’opposent, ce système peut marcher.

Mais ce qu’on oublie de dire, c’est qu’avant la chute du Mur de Berlin chacun des deux blocs s’appuie sur l’autre. A partir du moment où il y en a un des deux qui s’effondre il n’y a plus de contre-proposition. 

 

Le bloc qui reste n’a plus rien à craindre et fait ce qu’il veut. Le monde de l’Ouest avait comme opposant apposé à lui le monde de l’Est, un système qui se voulait social tandis que le sien se voulait affilier au monde du privé. Enfin c’était l’ordre privé contre l’ordre public, l’individu contre le collectif. Ces deux mondes là étaient suffisamment opposés pour se neutraliser l’un l’autre mais à partir du moment où le bloc collectiviste entre guillemet s’effondre, la notion même de toutes visions sociales du monde s’effondre avec lui. C’est-à-dire qu’à ce moment-là les gentils capitalistes ont gagné. Le socialisme lui est mort et donc le peuple n’en a plus rien à foutre, on n’a plus à mettre du social dans le capitalisme. C’est l’hyper capitalisme, ce qu’on appelle aujourd’hui le libéralisme qui est finalement le gentil mot pour dire la dictature de l’argent. Aujourd’hui je ne vois pas qui peut résister à la Chine. La Chine est en train de devenir le maître du monde.

Donc pour moi le capitalisme massacre, ne procure aucun bonheur au plus grand et au contraire procure plus de pouvoir à la minorité qui domine le monde.

 

VM : On parle peu d’arts et de culture (« cultivée » ou populaire) dans les débats politiques en général. Quel est votre ressenti sur ces questions ? De votre côté qui vous accompagne sur vos chemins culturels ?

FL : Je pense que c’est le signe extérieur de toutes formes de décadences sociales. A chaque fois qu’une civilisation a sombré dans la décadence, un des voyants qui annonçait ça c’était la création du vide culturel. Je pense qu’aujourd’hui le principe culturel, comme le principe cultuel est devenu un instrument de pouvoir. Aujourd’hui la culture sert à dominer et si ce n’est pas le cas, elle est rejetée ou tout simplement abolie, reléguée au contraire de ce qu’elle est.

Aujourd’hui on nous explique que ce qui est culturel c’est ce qui ne dérange pas, ce qui va dans le sens de l’ordre mondiale, alors que la culture fondamentalement au départ, c’est toujours un désordre.

Là, elle n’a plus le droit d’être désordre sinon elle n’a plus le droit d’être la culture. On est plus que jamais dans Orwell. Tu ne peux plus aujourd’hui être culturel si tu n’as pas l’aval, l’onction du monde de la finance et du pouvoir médiatique qui régit l’ordre mondial. Il n’y a plus d’indépendance culturelle et il n’y a plus de culture culturelle. La contreproposition culturelle n’existe plus. Il n’y a pas d’utopie proposée au monde comme critique de l’existence.

 

« 1984, un livre visionnaire, le meilleur des mondes, une prophétie »

VM : Et plus personnellement, qu’est-ce qui vous accompagne sur vos chemins culturels ?

FL : Moi ce qui me nourrit, c’est d’ouvrir un livre. Pour traiter de ce dont nous parlons ce serait le bouquin d’Orwell 1984 ou Le Meilleur des mondes. Ces deux livres aujourd’hui, racontent ce que nous vivons. C’est le deuxième volume ou le deuxième tome de la prophétie, l’un ne va pas sans l’autre, ce sont les deux grands oracles de ce que nous vivons aujourd’hui et c’est assez effrayant de voir à quel point ce sont des oracles. Après, évidemment, il faudrait que je vous cite l’intégralité de ma bibliothèque. Moi ce que je trouve merveilleux, la grande aventure qu’on pourrait proposer à la jeunesse c’est de se constituer une bibliothèque et bien évidement de peupler cette bibliothèque de livres que l’on aurait lus, d’oublier que c’est le cas et de temps en temps aller en chercher un, le réouvrir au hasard et se dire « j’avais totalement oublié ça, c’est extraordinaire ! ». Cette grande aventure de la lecture est maintenant finie, ça y est.Il n’y a qu’à voir ce que l’on est en train de faire de l’orthographe, on est en train d’assister à la déconstruction de notre langue, la façon dont on mélange tout, masculin, féminin avec genre marqué, genre neutre, c’est catastrophique…

Francis Lalanne face caméra