Mossoul libérée de l’Etat islamique, une victoire complète mais pas si décisive

Le dimanche 9 juillet, le Premier ministre irakien Haïdar Al Abadi a annoncé la « victoire » de l’armée sur l’Etat Islamique à Mossoul. Ce dernier s’est rendu dans la ville libérée de Mossoul et a « félicité les combattants héroïques et le peuple irakien pour cette grande victoire ». Après neuf mois de vifs combats, l’armée irakienne, considérablement soutenue par la coalition internationale, vient de remporter sa plus grande victoire contre l’organisation Etat islamique. Si les combats perdurent, la reprise de Mossoul est militairement actée.

 Après neuf mois de combats, une ville en ruines

Ce n’est que le 18 juin que l’armée irakienne a lancé l’assaut pour reprendre la vieille ville de Mossoul. Il aura fallu un mois aux forces armées pour faire tomber la ville, mais les combats et les opérations militaires durent depuis le mois de novembre 2016. C’est donc une ville en ruines qui a été reprise par les forces irakiennes. Dans la partie est, déjà libérée depuis le 24 février, les zones détruites sont plus concentrées que dans la partie ouest, attestant d’une moindre résistance de l’Etat islamique sur cette partie du territoire. Dans la partie Ouest de la ville, les destructions concernent plus de 55% des bâtiments.

« Il est probable que plusieurs milliers de personnes devront rester en déplacement pendant les mois à venir » a indiqué le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés précisant que les bâtiments et les infrastructures sont détruits, les populations n’ont plus accès à l’eau et à l’électricité et ne bénéficient plus des services de base tels que l’éducation ou les hôpitaux. La reconstruction sera longue et les associations présentes sur place, telles que Oxfam International et Save The Children, appellent au soutien de la communauté internationale pour la reconstruction de la zone ravagée.

La libération des populations est complexe, aux pénuries s’ajoute la crainte que des membres de l’Etat islamique se fondent dans la population pour commettre des attentats plus tard.

La lutte contre l’organisation islamique n’est pas terminée

L’Etat islamique perd la deuxième plus grande ville d’Irak, son principal bastion dans la région, mais cela ne signe pas sa disparition. Bien qu’il perde un ancrage territorial important, l’Etat islamique contrôle toujours certaines zones du pays et des territoires du centre et de l’Est de la Syrie, notamment la bande territoriale qui longe la vallée de l’Euphrate. Si Mossoul est la plus grande victoire contre les djihadistes en Irak, la lutte est loin d’être finie.

L’organisation terroriste résiste militairement et est toujours en mesure de déstabiliser les pays de la région et de perpétrer des attentats dans le monde entier. La bataille pour libérer Rakka, son fief, a déjà commencé. Il s’agit désormais, non seulement de l’affaiblir considérablement, mais aussi d’attaquer ses symboles, comme Mossoul et Rakka afin de la défaire idéologiquement.

Romane Guéchot

Photo : Mstyslav Chernov/Wikimedia Commons

Laisser un commentaire

*