Quand le hacking s’invite en politique et vient déstabiliser le processus démocratique

Au mois d’octobre 2016, la plateforme WikiLeaks, a publié des dizaines de milliers de courriers électroniques liés à la campagne d’Hilary Clinton et provenant de la boîte mail de John Podesta, directeur de campagne de la candidate à l’élection présidentielle américaine. Cette affaire vient s’ajouter à l’enquête menée par le FBI sur l’utilisation par Hilary Clinton d’un serveur de messagerie privée lorsqu’elle était secrétaire d’Etat.

Après s’être immiscés dans la campagne électorale américaine, les hackers se sont invités à l’élection présidentielle française.

A deux jours du second tour de la présidentielle, une attaque informatique a visé plusieurs membres de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron. Cinq boîtes mails ont été piégées et 70 663 documents ont été dévoilés sur Internet, relayés par Wikileaks et des cadres du FN. Ce piratage de grande ampleur avait pour but d’imposer l’idée que les électeurs s’étaient vus cacher des informations par le mouvement En Marche et par la presse. Des informations que les Macron Leaks prétendaient révéler.

Toutefois, face à cette menace persistante, l’équipe d’En Marche a été très réactive et a retardé le travail des hackers, en échangeant et créant volontairement de faux fichiers, obligeant ainsi les hackers à vérifier leurs informations.

En Marche a dénoncé cette action qui « relève manifestement de la déstabilisation démocratique, comme cela s’est déjà vu aux États-Unis pendant la dernière campagne présidentielle ».

Cette multiplication des risques cyberattaque oblige à une importante vigilance, tant du côté des partis et des personnalités politiques que de celui des autorités. C’est donc la prudence qu’a décrété le Quai d’Orsay dans un communiqué peu avant le premier tour des élections législatives. Face au risque considérable d’une cyberattaque à grande échelle qui aurait pu perturber le scrutin législatif, il a été décidé d’annuler le vote électronique pour les Français installés à l’étranger.

La France, si elle reste vulnérable, dispose tout de même, depuis 2009, d’un organisme gouvernemental rattaché à Matignon et chargé de la cybersécurité : l’ANSSI, autorité nationale en matière de sécurité et de défense des systèmes d’information.

 

Romane Guéchot

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