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dans Politique

La situation économique et sociale de la Corse, angle mort du projet d’autonomie ?

Michel MonierParMichel Monier
29 août 2025
La situation économique et sociale de la Corse, angle mort du projet d’autonomie ?
Tribune

La situation économique et sociale de la Corse semble étrangement absente du débat public sur son autonomie, un débat tout entier occupé par la recherche d’un équilibre entre deux légitimités : l’affirmation d’une identité et celle de l’indivisibilité de l’unité républicaine. Cette tribune ne discute pas la pertinence politique de l’accord, ni la constitutionnalité du projet d’autonomie ni les insatisfactions des uns ou les craintes des autres. Elle pose la question des enjeux économiques et sociaux d’une Corse autonome dans la République. Ces enjeux engagent les deux partiesau moment où le « statut d’autonomie au sein de la République, [doit tenir] compte de ses intérêts propres, liés à son insularité méditerranéenne et à sa communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre[1]. »

Les intérêts propres de la Corse peuvent-ils ignorer sa fragilité économique, quelles qu’en soient les causes ? L’autonomie, dont le processus est engagé, ne nécessite-t-elle pas une politique économique concertée pour la Corse qui tienne compte autant de l’identité insulaire et culturelle que d’un objectif de développement économique et social ? Un « statut d’autonomie en relation avec ses spécificités » peut-il ignorer les caractéristiques économiques et sociales de la Corse qui résultent tout autant de son histoire, de son identité culturelle et de son insularité que d’une opposition, parfois caricaturée de part et d’autre, entre développement économique porteur d’un progrès social et risque de décorsisation.

Ce sont des raisons économiques qui, il y a 50 ans ont fait s’opposer, à Aléria, l’autonomisme-nationalisme contemporain Corse et l’État. Le statut constitutionnel de l’Île a, depuis, évolué bien davantage que sa situation économique et sociale.

La perspective d’une autonomie interne peut-elle aller, sauf à courir le risque de voir se développer une économie informelle, sans le développement d’activités non saisonnières favorables à la stabilité de l’emploi et donc du revenu ?

Le « mix » entre identité culturelle et économie est-il un horizon inatteignable ? La solution d’un revenu universel pour réduire les inégalités, tel que la Collectivité de Corse souhaitait l’expérimenter au sortir de la crise sanitaire en 2020 [2], est-elle un horizon souhaitable ? D’autres voies sont possibles pour dynamiser l’économie et améliorer l’état social de la Corse.

La situation économique et sociale de la Corse n’est pas différente de celles des îles Espagnoles ou Italiennes[3]souvent prises comme exemple d’une possible autonomie. Si la Corse se distingue de ces autres îles par une forte contribution des services non-marchands à la création de valeur ajoutée, c’est là une spécificité française bien davantage que corse.

La Collectivité de Corse est une région pauvre, souvent à la dernière place des régions métropolitaines, c’est aussi une région « vieille ». Elle partage cette « spécificité » avec les autres îles méditerranéennes.

Avec un PIB de 10,3 Mds €, la Corse est au dernier rang des régions ; elle l’est aussi pour le PIB/emploi (71 200€ en Corse, 87 402 € France entière) et pour le PIB/habitant  avec 27 780 € (39 100 € en moyenne nationale). Deux secteurs d’activité, l’agriculture et le tourisme, disent ses spécificités et ses possibilités.

L’agriculture, tout d’abord, qui contribue pour 3% au PIB et joue « un rôle non négligeable à la fois dans la société insulaire, dans le débat politique et en matière d’aménagement du territoire[4] ». Le tourisme, ensuite, qui contribue pour 39% au PIB « principale activité de l’île [qui] résume toutes les contradictions du territoire[5] ».

Quelques données disent l’état économique et social de la Corse. Le niveau de vie médian de 22 390 € (23 000 € France entière) place la Corse à l’antépénultième rang métropolitain. Le taux de pauvreté (à 60% du revenu médian) est de 18,1% (moyenne nationale à 15,3%). 12% des ménages travailleurs sont pauvres. Pour apprécier les écarts de niveau de vie entre la Corse et le Continent il faut ajouter que « les prix sont plus élevés de 7% en Corse qu’en France de province (…) depuis 2015 l’écart s’est creusé et concerne l’ensemble de la consommation[6] ».

La Corse est aussi une région « vieille » : l’indice de vieillissement (les plus de 65 ans / les moins de 20 ans) est le plus élevé des régions métropolitaines :119,2 (moyenne nationale à 86,3) il s’explique par l’espérance de vie à la naissance (84 ans pour les hommes, 87 ans pour les femmes) et le fort taux de retraités (retour sur l’Île des Corses retraités et, phénomène nouveau, l’arrivée de retraités continentaux). Le dynamisme démographique de la Corse (1% par an soit trois fois plus que la croissance démographique nationale) résulte du solde migratoire[7].

Avec un taux à 6,3%, le chômage est le seul domaine pour lequel la Corse fait mieux que le taux national. Ce résultat, dans un marché du travail qui compte 129 200 emplois salariés et de l’ordre de 25 000 emplois non-salariés[8] , résulte du déséquilibre démographique (30% de la population a plus de 60 ans, 11% plus de 75 ans) et de la structure de l’emploi (fort taux « d’administration civile » avec 81 agents publics pour 1000 habitants, dont 37 agents territoriaux/1000 habitants- les taux nationaux sont respectivement de 74/1000 et de 27/1000[9]).

Le refus d’un tourisme de masse, le développement d’une agriculture Corse de qualité, le développement des énergies renouvelables, le développement de services aux séniors autant de spécificités de la Corse qui peuvent être les voies d’un développement concerté de l’économie insulaire. Un effort de l’État pour les infrastructures de transport, pour les infrastructures de Santé et pour la continuité territoriale ne constituent-ils pas un levier pour l’autonomie interne ?   La place de l’emploi public dans l’économie insulaire n’est-elle pas la démonstration de ce que trop d’emploi public freine l’activité économique ? Le mal est, là, un mal bien Français avant d’être Corse.  Tout autant que son autonomie interne, le développement économique et social de l’Île engage les deux parties.

Ouvert dans l’émotion de la mort d’Yvan Colonna suite à son agression, le processus en cours a-t-il fait remiser les excès d’un conservatisme jacobin d’un côté et identitaire de l’autre ? Le projet d’autonomie tel que présenté est-il la fin d’une histoire ou l’étape d’une irréductible opposition ?

Michel Monier
Membre du Cercle de recherche et d’analyse de la protection sociale, Think tank CRAPS, est ancien DGA de l’Unédic

Source : Eriez / Shutterstock.com

[1] In « Projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République ».

[2] Voir, entre autres, « Rapport d’étape relatif à l’expérimentation du revenu universel en Corse » – Cullettività di Corsica www. Isula.corsica

[3] INSEE, Dossier Corse, Octobre 2015 – Les îles de Méditerranée, des économies différenciées.

[4]« Utilisation des fonds publics et gestion des services publics en Corse ». Rapport de l’Assemblée nationale -1998

 

[5] In « Sociologie de la Corse », Jean-Louis Fabiani, Ed. La Découverte, 2018.

[6] Insee « En Corse, des prix supérieurs de 7% à ceux de la province » -Charles Raffin et Arnaud Huyssen, 11/07/2023.

[7] Insee, « En Corse, de plus en plus d’habitants, de moins en moins de naissances- Bilan démographique 2024 ».

[8] Insee « Le non-salariat, une forme d’emploi très présente en Corse » – Arnaud Luciani et Arnaud Huyssen, 14/02/2023.

[9] Source : Fipéco – la répartition des fonctionnaires sur le territoire.

Michel Monier

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