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dans L'édito de Myriam Benraad

Pour une lecture géoéconomique des crises

Myriam BenraadParMyriam Benraad
9 février 2026
Groenland et « hyper-symbolisation » des marges

Sanctions, contrôles technologiques, barrières commerciales, ruptures des chaînes d’approvisionnement, pressions inflationnistes, réorientations énergétiques : la logique géoéconomique domine les crises. N’est-il pas temps de se saisir de cette lecture pour éclairer les transformations du présent ?

 C’est à l’économiste et historien américain Edward Luttwak, spécialiste de géostratégie, que l’on doit d’avoir popularisé l’idée que la compétition internationale se joue de plus en plus ouvertement par des moyens économiques et non par la seule force militaire. En France, Pascal Lorot tenta de structurer cette approche à travers la revue Géoéconomie, dont il fut le fondateur et qui visait à mettre en lumière la dimension hautement stratégique des politiques économiques nationales. Depuis, la géoéconomie, discipline analysant les relations entre économie, géographie politique et stratégie dans un espace concurrentiel, a fait son chemin en se révélant décisive pour la compréhension d’un nombre de conflits et de crises. 

Par « géoéconomie », il faut entendre l’emploi de moyens économiques comme autant d’outils de pouvoir destinés à accomplir des objectifs géopolitiques. En 2026, dans son rapport sur les risques globaux, le Forum économique mondial de Davos classait ainsi les affrontements géoéconomiques au premier rang des conflictualités caractéristiques d’une ère de compétition entre puissances tournée vers des mesures volontairement coercitives. À ce titre, trois foyers de crise peuvent actuellement être identifiés qui articulent au plus près cette perspective et illustrent le poids des logiques géoéconomiques dans la recomposition plus large du monde.

Le premier est l’Ukraine, où la Russie poursuit son offensive. Il importe de faire sens des mesures prises contre Moscou et de leurs répercussions à la fois économiques et opérationnelles. Depuis le début du conflit en 2022, les sanctions européennes et internationales ont massivement visé les revenus énergétiques russes en cherchant à couper l’accès de la fédération aux services maritimes et financiers. Pour l’essentiel, l’interdiction de l’importation d’hydrocarbures s’est traduite par une réorientation des exportations de Moscou vers l’Asie, même si une baisse de ses recettes, sous la contrainte de routes commerciales alternatives et d’une hausse notable de ses coûts de transport, de logistique et d’assurance, est indéniable.

Ces sanctions prolongées se sont élargies à tous les secteurs de l’économie russe, par des restrictions financières et bancaires de plus en plus sévères – via le gel d’avoirs, par exemple – et par un plafonnement des prix de l’énergie qui s’est répercuté sur les capacités budgétaires du pays. À l’évidence, et quoique le Kremlin soit parvenu à les contourner en grande part, ces mesures ont pesé sur le cours du conflit ukrainien et sur les négociations pour son règlement en causant une réduction de revenus, une pression sur le rouble et une exclusion des systèmes de paiement. 

Les tensions entre la Chine et Taïwan ont quant à elles conduit à des contrôles d’exportation sur les semi-conducteurs et à un reroutage stratégique des chaînes d’approvisionnement. Entre 2024 et 2026, les États-Unis et leur allié ont multiplié les listes d’entités soumises à licences pour l’exportation de technologies avancées en ciblant très spécifiquement les acteurs chinois tels Huawei et SMIC, en restreignant l’accès aux capacités de production et en précipitant des goulots d’étranglement. Il s’est agi, pour Washington comme pour Taipei, de coupler sécurité nationale et politique industrielle en réponse aux ambitions de Pékin. 

Au Moyen-Orient, et en mer Rouge plus particulièrement, l’escalade des hostilités au lendemain du 7-Octobre et dans le contexte de la guerre à Gaza, a transformé un simple danger maritime en un risque économique durable du fait d’une hausse des coûts de fret, d’une congestion portuaire et d’une prime de sécurité concernant les routes qui relient l’Europe à l’Asie, avec des conséquences elles-aussi significatives pour les chaînes d’approvisionnement. En 2026, des armateurs expérimentent certes un retour par le canal de Suez, au terme d’une longue période de détournement, mais l’incertitude demeure en raison d’attaques répétées.

La géoéconomie conflictuelle façonne donc au premier plan les rivalités entre États et acteurs privés, et devrait devenir l’arène primordiale des rapports de force mondiaux. Si cette lecture ne déclasse pas une appréhension plus « classique » des relations internationales en matière d’utilisation de la force militaire et d’emprise tactique sur les territoires, elle invite à s’intéresser à d’autres stratégies fondées sur le contrôle des marchés, des chaînes d’approvisionnement et des technologies les plus sophistiquées. Depuis la fin de la guerre froide, une majorité d’États privilégient en réalité ce type de moyens en vue d’affaiblir ou de contraindre des adversaires sans recourir directement aux armes.

Encore faut-il s’interroger sur l’efficacité de ces instruments qui visent à modifier les comportements par la voie de la dépendance économique. L’imposition de sanctions contre des États jugés hostiles et le recours à l’isolation et aux restrictions n’ont en effet pas systématiquement abouti aux effets escomptés. Le cas de la Russie est ici édifiant. De la même manière, la guerre technologique engagée en vue de freiner la suprématie de rivaux comme la Chine n’a que partiellement altéré l’équilibre des forces en présence. Ces mesures ont surtout engendré des ripostes asymétriques autour de représailles mutuelles et d’une multiplication des cyberattaques, pour ne citer qu’elles. 

Au-delà de sa militarisation, assisterait-on à une « dé-globalisation » de l’économie internationale ? Se pose en effet la question de l’effet boomerang de telles méthodes sur nos propres systèmes économiques et nos entreprises, en France et en Europe notamment. A minima, la lecture géoéconomique suppose de mieux anticiper les ruptures à venir et d’investir dans la coopération pour une indépendance renforcée. C’est tout le sens de l’« autonomie stratégique ouverte » désormais promue par l’Union européenne et dont la portée s’étend à tous les domaines, dont celui de la sécurité économique.

Myriam Benraad,
Professeure honoraire à l’Université d’Exeter

Myriam Benraad

Politiste de formation, Myriam Benraad est titulaire d’un doctorat de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po, 2011) et s’est spécialisée dans les relations et la négociation internationales, les études sur la paix et les conflits, ainsi que la géopolitique mondiale et l’économie politique internationale, avec un accent particulier sur les transitions et émotions politiques au Moyen-Orient et dans le monde arabe en général. Elle a été associée à divers centres de recherche et a régulièrement exercé en tant que consultante et experte/conseillère technique pour l’Union européenne et plusieurs organisations internationales et agences de développement (notamment la Banque européenne d’investissement et la Banque mondiale). Outre ses nombreuses années d’expérience dans l’enseignement supérieur, Myriam Benraad est une chercheuse chevronnée ainsi que la fondatrice du Réseau interdisciplinaire d’études sur la vengeance (TNRS) et de l’Institut Delphes. Parmi ses dernières publications : Mécanique des conflits : cycles de violence et résolution et L’Irak par-delà̀ toutes les guerres. Idées reçues sur un État en transition.

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