Catalogne : n’acceptons pas le séparatisme sur notre sol !

Argelès-sur-Mer doit être le siège d’une manifestation indépendantiste catalane le 19 décembre prochain. Alors que le gouvernement se dote d’une loi visant à combattre les séparatismes, et que nous traversons une phase épidémique mondiale, ces souverainistes se parent du soutien d’élus français pour tenir un rassemblement international, faisant fi des normes sanitaires. Pendant que notre pays prend lentement la mesure du danger du communautarisme islamiste, s’organise, sous nos yeux, en toute impunité, une autre menace pour l’unité nationale, prenant le visage du séparatisme catalan. Par Laurence Taillade.

Rappel des faits : M. Puigdemont avait organisé, en octobre 2017, un référendum réclamant l’indépendance de la Catalogne. Celui-ci, manifestement truqué, avait entrainé un « oui », avec l’expression d’un tiers des inscrits. Par la suite, il avait prononcé l’indépendance de la Catalogne, pour ensuite se rétracter. Ce référendum illégal a conduit une dizaine de dirigeants politiques et associatifs catalans à des peines de prison pour sédition et détournement de fonds par la justice espagnole. Les moins courageux se sont réfugiés en Belgique, Suisse, pour échapper à une condamnation par contumace, qui n’existe pas dans le droit espagnol. C’est le cas de Monsieur Puigdemont, leader de ce mouvement, qui continue à œuvrer provisoirement en tant que député européen, malgré l’annulation de son élection par la commission électorale espagnole en janvier et la saisine de la Cour de justice de l’UE, par son pays d’origine1. Il vit en Belgique et se promène en toute impunité en France pour y distiller ses discours dangereux pour notre Nation avec, parfois et c’est très grave, le soutien d’élus de la République française.

En effet, il est temps de lever le voile sur les activités de cette organisation qui étend ses tentacules de l’Espagne à la Suisse, en passant par la France et revendique l’indépendance de la Catalogne. L’objectif poursuivi semble être, donc, de briser les régimes politiques en place dans les territoires visés.

Le travail de sape dans le département des Pyrénées orientales est organisé en direction de tous les publics.

La création d’écoles associatives, les Bressolas2, cofinancées par les parents et des collectivités territoriales françaises et espagnoles, permet de véhiculer un discours victimaire et séparatiste aux enfants prétendant que « Le territoire de Catalunya Nord, sous administration française, souffre depuis plusieurs décennies d’une politique de substitution linguistique du catalan par la langue française. La politique linguistique de l’État français a fait que, aujourd’hui, le catalan soit devenu la langue minoritaire du pays. » Il n’est pas question ici de remettre en cause la richesse des langues régionales, qui sont une partie importante de notre culture, mais de noter qu’en toute impunité, on considère qu’il existerait un pays catalan fantasmé rattaché par erreur à la France qui y impose le français.

L’enseignement de la langue catalane, par des bénévoles de l’association APLEC, donnerait lieu à des récits étranges évoquant le « pays catalan », quand ces mêmes personnes n’évoquent pas un apartheid linguistique français et ceci jusque dans nos écoles publiques.

De fausses ambassades ont été ouvertes dans différents pays de l’Union européenne, dont une à Paris, dans le but, semble-t-il, d’entretenir une légitimité illusoire de membres d’un pseudo gouvernement autonome et de véhiculer un discours de dénigrement systématique du gouvernement espagnol.

Dans le fond, ces manipulateurs contestent le traité des Pyrénées datant de 1659 et revendiquent les Pyrénées Orientales sur notre territoire et avec le soutien d’une belle part de la gauche française, toujours prompte à défendre David contre Goliath, à moins qu’il ne s’agisse que de basses manœuvres clientélistes… Encore.

Ainsi, les comportement des maires des villes d’Elne et d’Amélie-les-Bains-Palalda posent question à bien des égards, multipliant les soutiens officiels à Carles Puigdemont et à de prétendus « prisonniers politiques » que seraient les élus sécessionnistes, condamnés par le Tribunal suprême d’Espagne pour avoir violé l’article 2 de la Constitution espagnole de 1978.

Le conseil départemental 66 a apporté un appui identique, érigeant sur la façade de l’hôtel départemental des banderoles, ainsi que le conseil régional Occitanie, sous l’impulsion de la France insoumise et d’EELV3, par un vœu réclamant que des « solutions politiques et démocratiques soient privilégiées aux choix judiciaires et répressifs par le pouvoir central en Espagne à propos de la crise catalane, et qu’à ce titre les prisonniers et exilés retrouvent leur liberté pleine et entière. » »

Ainsi, nous avons des élus français qui s’immiscent dans la vie démocratique d’autres pays mettant gravement en danger nos relations diplomatiques, déniant la qualité d’état de droit et son expression par sa justice à l’Espagne.

 Je m’interroge sur l’opportunité pour la France d’entretenir des relations avec une telle organisation et ses représentants qui véhiculent sur notre territoire un message sécessionniste portant gravement atteinte à l’indivisibilité de l’Etat. Par leurs discours, ils fracturent la Nation et attisent l’appétit d’autres souverainistes corses, bretons, basques… Lentement, mais sûrement, ces activistes tissent leur toile pour que les Pyrénées Orientales vivent le même climat de tension que la Catalogne.

La France ne peut avoir plusieurs représentants d’un même pays sur notre sol, sans brouiller la bonne compréhension de ses relations diplomatiques, et des Français, quant à la région catalane.

Enfin, si l’on doit revenir au phénomène de cette réunion du 19 décembre, il semble totalement aberrant d’autoriser un tel rassemblement, en plein pic pandémique sans mettre gravement en danger nos concitoyens et le système hospitalier français qui pourrait se trouver, par la suite, submergé par les cas de Covid-19. En effet, le 29 février 2020, la délégation de Perpignan du dénommé « Conseil de la République », dépendant du cabinet que maintient Carles Puigdemont depuis la Belgique, avait convoqué une grande manifestation indépendantiste. Cet événement avait rassemblé 110.000 personnes selon la police française. Que se passerait-il si une telle manifestation se tenait réellement ?

Quel préfet bien portant peut-il autoriser une telle aberration ?

L’Etat français doit rappeler son attachement à l’indivisibilité de la République, cesser toute relation avec les représentants de ce courant séparatiste et faire interdire tout rassemblement sur son sol.

Il en va de notre crédibilité à combattre le séparatisme, de l’unité de la Nation et du maintien de nos relations avec l’Espagne, pays ami et partenaire européen. Nous devons nous préserver de toute ingérence dans les affaires internes espagnoles, qui est un Etat de droit et dont le gouvernement a toute légitimité.

Laurence Taillade
Essayiste, consultante, fondatrice du Parti Républicain Solidariste