L’optimisme, sport de combat

Bien sûr une épidémie est une catastrophe. Mais si, pour changer et pour sourire un peu, nous regardions le bon côté des choses ?  propose l’essayiste et consultant Bernard Attali.

C’est à dire…. 

En finir avec les bisous et les accolades hypocrites. Annuler les rendez-vous ennuyeux sans avoir à dire pourquoi. Ne plus voir des hordes de touristes chinois se prendre partout en selfies. S’épargner les voyages harassants quand on peut organiser des conférences au téléphone. Limiter les transports aériens et leurs émissions de CO2. Sauf pour aller en Corée du Nord bien sûr puisque le pays ne déclare aucun foyer d’infection !  Ne plus serrer la main de quelqu’un avec une bonne excuse. Apprécier à sa juste valeur la générosité de notre couverture sociale et la qualité de notre système de santé. Relire La Peste de Camus, pour relativiser. Revoir la Joconde en tête à tête. Rappeler à la droite qu’aucune frontière ne protège des microbes. Et à la gauche que l’internationale n’est pas toujours l’avenir du genre humain. Faire revenir en France des activités qu’on n’aurait jamais dû faire partir. Expliquer à la mairie de Paris qu’il est parfois plus sûr de prendre sa voiture que de s’entasser dans le RER. Se féliciter à tout prendre que la crise s’attaque aux vieux plutôt qu’aux enfants. Se moquer des ultralibéraux en panique qui supplient maintenant l’Etat d’en faire plus. Rappeler à tous que la peur est le commencement de la sagesse. Se réjouir que la crise nous permette de mieux distinguer parmi nos grands patrons, drogués par la dette, les petits navigateurs de temps calme et les vrais capitaines de tempêtes. Apprendre aux économistes que tout n’est pas prévu par les algorithmes. Assister au naufrage des HLM flottants que sont devenus les bateaux de croisière. Retrouver une hygiène de base trop souvent négligée depuis Ponce Pilate. Sortir moins et lire plus. Etc… Etc…

L’optimisme est un sport de combat.

Bernard Attali
Consultant et essayiste

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