Lorsque Fouché nous dévoile les ressorts de la police impériale

Frappé d’exil en 1816, à l’instar d’autres régicides, Joseph Fouché fit publier en 1824 des Mémoires visant à justifier son action à la tête du ministère de la police. Thomas Flichy de La Neuville met en avant tout l’éventail des moyens, formels et informels, employés par Fouché pour mener sa politique.

Cet exercice d’auto-réhabilitation nous permet d’entrevoir les ressorts actionnés par cet homme de l’ombre afin de se hisser au centre du pouvoir impérial puis de s’y maintenir. Le ministre de la police entend se libérer des détails accessoires, minuties ne pouvant intéresser que de faméliques faiseurs de biographies contemporaines et les badauds qui les lisent1, pour se concentrer sur l’essentiel. Fouine tapie dans le nid de l’aigle, Fouché nous dévoile en toute transparence la fin qu’il poursuit : s’assurer du monopole du pouvoir souterrain. L’auteur décrit également les principaux moyens qu’il met en œuvre pour parvenir à ses fins. Ces derniers sont d’ordre à la fois matériel et psychologique.

Moi qui fut longtemps revêtu d’un pouvoir occulte et terrible2

Ce n’est pas sans satisfaction que Joseph Fouché retrace son itinéraire fulgurant hâté par la décomposition de l’ancien régime. A ses yeux, sa réussite est imputable à la lucidité grâce à laquelle il identifie le centre du pouvoir puis néglige la basse surveillance pour se concentrer sur la haute police.

L’ancien ministre de la police attribue la fin de l’ancien régime, terreau si favorable à son propre essor, au suicide collectif des classes supérieures. La révolution a surgi du salon des grands et du cabinet des ministres. « Elle a été appelée, provoquée par les parlements et les gens du roi, par de jeunes colonels, par les petites-maîtresses de la cour, par des gens de lettres pensionnés, dont les duchesses s’érigeaient en protectrices et s’en faisaient les échos »3. Quant à la nation, à force de s’entendre dire qu’elle devait s’émanciper, elle finit par le croire4. Mais la consolidation révolutionnaire eût été impossible sans le séquestre des propriétés suivie de leur spoliation. Dès lors tout s’écroule. En effet, « la mutation des propriétés est synonyme de la subversion de l’ordre établi »5. De la tourbe révolutionnaire naît le gouvernement neuf du Directoire, doté au départ d’activité et d’énergie, tirant ses ressources des pillages extérieurs et s’appuyant à l’intérieur sur des hommes-caméléons. Peinant à se hisser au sommet, Fouché joue sur ses réseaux afin d’obtenir une partie de la manne financière captée par les nouveaux parasites qui spéculent sur les fournitures aux armées :

« Une occasion se présenta de songer à me rendre indépendant sous le rapport de la fortune. J’avais sacrifié à la révolution mon état et mon existence, et, par l’effet des préventions les plus injustes, la carrière des emplois m’était fermée. Mes amis me pressèrent de suivre l’exemple de plusieurs de mes anciens collègues qui, se trouvant dans le même cas que moi, obtenaient, par la protection des Directeurs, des intérêts dans les fournitures. Une compagnie se présenta, je m’y associai, et j’obtins, par le crédit de Barras, une partie des fournitures. Je commençais ainsi ma fortune, à l’exemple de Voltaire et je contribuai à celle de mes associés, qui se distinguèrent par leur exactitude à remplir les clauses de leur marché avec la république. J’y tenais la main moi-même, et dans cette sphère nouvelle je me trouvai dans le cas de rendre plus d’un service à des patriotes délaissés. »6

Fouché ne se contente pas de s’enrichir, il se tapit dans l’ombre pour saisir la grande occasion : « je m ‘obstinai à refuser les faveurs subalternes qui me furent offertes ; j’étais décidé à n’accepter qu’une mission brillante qui me lançât tout-à-coup dans la carrière des grandes affaires politiques. J’eus la patience d’attendre ; j’attendis même longtemps, mais je n’attendis pas en vain »7. Une fois parvenu au sommet, Fouché s’immobilise. Il s’en explique dans une formule lapidaire : « Quand on a le pouvoir, toute l’habileté consiste à maintenir le régime conservateur. »8. Trop habile pour se mettre à la merci d’un seul homme, Bonaparte se repose sur quatre polices distinctes : la police militaire du château faite par les aides-de-camp et par Duroc ; la police des inspecteurs de la gendarmerie ; la police de la préfecture faite par Dubois ; et celle de Fouché. Ainsi tous les jours le premier consul reçoit quatre bulletins de police séparés, provenant de sources différentes.

Le ministre de la police n’aurait à ses propres yeux, aucune puissance, s’il n’était capable d’identifier avec lucidité, ce qui forme le cœur du pouvoir. A ses yeux, Bonaparte, a tort de tourner incessamment ses yeux vers le Faubourg Saint-Germain, tel Alexandre le Grand s’informant sur Athènes alors qu’il voyage au centre de l’Asie. En effet, le centre du pouvoir se trouve ailleurs. Sous ce rapport, les Mémoires se présentent comme un voyage initiatique au cœur de l’invisible. Fouché reçoit des rapports circonstanciés sur les complots qui agitent l’État : « On conspirait chez Sieyès, chez Bonaparte, chez Murat, chez Lannes, chez Berthier ; on conspirait dans les salons des inspecteurs du Conseil des anciens, et chez les principaux membres des commissions »9.

Désireux de plaire à l’opinion monarchiste de la restauration, Fouché s’érige a posteriori comme un pourfendeur des jacobins actifs au sein de la sphère militaire.

« Dans les rangs même de l’armée on comptait alors un grand nombre d ‘opposants, que l’esprit républicain portait à former des associations secrètes. Des officiers généraux, des colonels en tenaient les fils mystérieux. Ils se flattaient d ‘avoir dans leur parti Bernadotte, Augereau, Jourdan, Brune, et Moreau lui-même qui, déjà se repentait d ‘avoir aidé à l’élévation de celui qui s’érigeait en maître. A la vérité, aucun signe visible, aucune donnée positive n’éclairait le gouvernement sur ces trames ; mais quelques indices et des révélations décousues le portèrent à déplacer fréquemment, d’un lieu à un autre, les corps et les officiers qui étaient l’objet de ses soupçons. Dans Paris les choses étaient dans un état plus grave, et l’action des mécontents plus sensible. On tenait les plus ardents éloignés des emplois et on les surveillait. J’étais instruit que, depuis l’établissement du gouvernement consulaire, ils avaient des assemblées secrètes et formaient des complots. C ‘était à les faire avorter que j’apportais tous mes soins »10

Fouché dévoile l’action de la société des Philadelphes tout en niant toute implication dans l’assassinat du colonel Oudet, qui préside cette société secrète jacobine11. Le ministre reconnait au passage tout l’intérêt que peut tirer un gouvernement de l’existence des complots afin d’étendre son pouvoir12. Au-delà de ces agitations naturelles et récurrentes, Fouché sait parfaitement que le pouvoir impérial demeure tributaire de la puissance financière. C’est la raison pour laquelle il tempère les emportements du Prince à l’encontre des maîtres de la fortune publique.

« Le premier consul vit combien il lui serait difficile de sortir de la tutelle ruineuse des traitants : il les avait en horreur. La note suivante dont il me remit une copie plus tard, le prévint et l’aigrit singulièrement contre nos principaux banquiers et fournisseurs. Voici cette note : Les individus ci-après dénommés sont maîtres de la fortune publique : ils donnent l’impulsion au cours des effets publics, et possèdent eux tous cent millions de capitaux environ ; ils disposent en outre de quatre-vingt millions de crédit, savoir : Armand Seguin, Vanderberg, Launoy, Collot, Hinguerlot, Ouvrard, les frères Michel, Bastide, Marion et Récamier. Les partisans du suisse Haller ont triomphé, parce que ce Suisse, dont le premier consul ne veut pas adopter les plans de finances, a prédit la baisse qui a lieu dans ce moment. Bonaparte ne pouvait soutenir l’idée de ces fortunes subites et si colossales ; on et dit qu’il craignait d’y rester asservi. Il les regardait généralement comme les fruits honteux des dilapidations et de l’usure publique. Il n’avait accompli le 18 brumaire qu’avec l’argent que lui avait part Collot, et il en était humilié (…) Il lui fallut pourtant recourir à Vanderberg pour ouvrir la campagne ; il lui confia les fournitures. Ses ombrages s’étendaient sur toutes les parties occultes du gouvernement. C ‘était toujours moi qu’il chargeait de vérifier ou de contrôler les notes secrètes que les intrigantes les postulants de places ne manquaient pas de lui faire parvenir »13

Éclairé sur la sphère financière, Fouché n’a pas de mal à décrypter les faux-semblants des traités officiels : le duumvirat de Tilsitt n’était à ses yeux qu’un traité simulé de partage du monde entre deux potentats et deux Empires qui, une fois en point de contact, finiraient par s’entre choquer14.

Lucide, Joseph Fouché s’élève par la pensée au-dessus de ses fonctions sans s’en épouvanter. Sachant que la monarchie a succombé en raison de la nullité de sa haute police, incapable de déjouer les complots qui menaçaient la maison royale, il se concentre exclusivement sur celle-ci. Il fait financer la police par une taxe sur la prostitution puis inaugure une gouvernance au sein de laquelle le ministre ne reste pas prisonnier de l’appareil bureaucratique qu’il a lui-même construit :

« En deux heures, je fus au fait de mes attributions administratives ; mais je n ‘eus garde de me fatiguer à considérer le ministère qui m ‘était confié sous le point de vue réglementaire. Dans la situation des choses, je sentis que tout le nerf, toute l’habileté d ‘un ministre, homme d’état, devait s’absorber dans la haute police, le reste pouvant être livré sans inconvénient à des chefs de bureau. Je ne m’ étudiai donc qu’à saisir d ‘une main sur tous les ressorts de la police secrète et tous les éléments qui la constituent (…) J’eus bientôt de l’argent dans ma caisse, en rendant le vice, inhérent à toute grande ville, tributaire de la sûreté de l’État (…) Je sentis que seul je devais être juge de l’état politique intérieur , et qu’il ne fallait considérer les observateurs et agents secrets que comme des indicateurs et des instruments souvent douteux : je sentis, en un mot, que ce n ‘était ni avec des écritures, ni avec des rapports qu’on faisait la haute police ; qu’il y avait des moyens plus efficaces; par exemple, que le ministre lui – même devait se mettre en contact avec les hommes marquants ou influents de toutes les opinions, de toutes les doctrines, de toutes les classes supérieures de la société. Ce système m ‘a toujours réussi, et j’ai mieux connu la France occulte par des communications orales et confidentielles, et par des conversations expansives, que par le fatras d’écriture qui m ‘est passé sous les yeux. »15

Propulsé au pouvoir par son habileté et son sens des réalités, Fouché tire sa force de sa capacité à aller à l’essentiel en quelques mouvements. Les moyens qu’il déploie pour parvenir à ses fins ont pourtant moins de sophistication qu’il n’y paraît.

La police, un pouvoir souterrain qui combine des moyens variés

Ce n’est pas sans un certain cynisme que Joseph Fouché justifie l’action de la minorité d’initiés dont il fait partie afin de manœuvrer les masses. S’il nous donne les ingrédients de la médication utilisée, il est moins dissert sur les proportions dont il conserve à jamais le secret.

Comment une majorité assurée peut se changer brusquement en minorité ?

Le ministre de la police ne peut agir à découvert. En effet, la passion de l’égalité a tant pénétré les esprits que le pouvoir a été transféré en apparence à une démocratie mouvante. Pendant la période du directoire, il lui faut donc travailler sur un sable mouvant16. Fouché travaille au sein du cercle étroit qui entend s’approprier le pouvoir, au milieu d’une faune colorée qu’il saisit sur le vif : les vampires17 simples opportunistes tapis dans la graisse de la nouvelle bête politique, les caméléons de l’intérieur18 ses dangereux rivaux, et enfin les eunuques politiques19 dont les coteries peuvent brusquement déséquilibrer l’équilibre du pouvoir. Quant aux simples particuliers, ils ne jouent que le rôle de figurants : « L’histoire est là pour attester que la nation fut étrangère aux manœuvres qui préparèrent le bouleversement. »20. Il en est de même pour les députés missionnés, réduits « à n’être que l’homme machine, le commissaire ambulant des Comités de salut public et de sûreté générale »21. Fouché se rit des niais placés à dessein afin de permettre à la minorité agissante d’œuvrer en toute tranquillité : « Ni Merlin, ni Duval ne pouvaient comprendre comment une majorité assurée peut se changer tout- à -coup en minorité. Mais nous, qui savions par quel ressort on opère, nous en fîmes des gorges chaudes dans d’excellents dîners où se tamisait la politique »22.

Plus que tout autre, le ministre de la police connait l’art de déclencher des mouvements d’apparence spontanée.

Il se réserve le monopole de ce genre d’opérations et en avertit quiconque : « J’aurai l’œil ouvert sur le synchronisme des événements publics »23. Aux yeux de Joseph Fouché, le pouvoir n’est en effet qu’une machine. Tout l’art est de savoir actionner ses ressorts secrets24

« Hoche, général en chef de l’armée de Sambre-et-Meuse, dirigea sur Paris des armes, des munitions, et fit marcher ses troupes sur les villes voisines. Par des ressorts secrets, ce mouvement fut tout-à-coup suspendu »25

A la fin de l’Empire la machine se grippe. Après Moscou en effet, « tous les ressorts du gouvernement ont perdu leur élasticité en Italie comme en France »26. Ceci met l’habileté politique de Fouché à rude épreuve. Fort heureusement pour lui, les moyens de manipulation de l’opinion ont été perfectionnés.

Les armes du ministre : la violence, l’argent, la compromission et l’intoxication.

Parmi les moyens utilisés, le Duc d’Otrante s’étend assez peu sur l’usage de la violence. Pour faire rentrer dans l’ordre la tourbe, il n’exclut pas l’usage du canon. Il lance à ses lecteurs une question à laquelle il a déjà répondu intérieurement : « en politique, l’atrocité aurait-elle aussi parfois son point de vue salutaire ?»27. Fouché est beaucoup plus expansif lorsqu’il s’agit de nommer les informateurs qu’il rémunère largement. Il prend ainsi à ses gages le secrétaire personnel de Bonaparte, moyennant 25 000 francs par mois, renfloue Joséphine qui ne peut se satisfaire des 40 000 francs mensuels accordés par son mari, achète les faveurs de Madame Récamier afin d’épier Lucien et contribue par ses faveurs à l’extinction politique de Sieyès :

« Déconsidéré dès lors et anéanti dans de mystérieuses sensualités, il fut annulé politiquement. »28

Tout ceci pèse sur les Finances et Fouché le reconnait : « J’avoue qu’un pareil établissement était dispendieux ; il engloutissait plusieurs millions, dont les fonds étaient faits secrètement par des taxes levées sur les jeux, les lieux de prostitution et la délivrance des passeports »29. Mais Fouché sait aussi faire travailler gratuitement un grand nombre de femmes désintéressées :

« Vous qui teniez presque tous les fils de ce réseau d’informations et de vérités ; vous qui, douée d’une sagacité parfaite, d ‘une raison supérieure ; qui, toujours active, imperturbable, restâtes fidèle, dans toutes les crises, à la reconnaissance et à l’amitié, recevez ici le tribut d ‘hommage et de tendresse que mon cœur sent le besoin de vous renouveler jusqu’à mon dernier soupir. Vous n’étiez pas la seule occupée, dans l’intérêt de tous, à tisser la trame patriotique préparée depuis un an pour la chance probable d’une catastrophe. L’aimable et profonde D….., la gracieuse et belle R…, secondaient votre zèle pur. Vous aviez aussi vos chevaliers du mystère, enrôlés sous la bannière des grâces et des vertus occultes. Il faut le dire : au milieu de la décomposition sociale, soit pendant la terreur, soit sous les deux oppressions directoriales et impériales : qui avons-nous vu se dévouer avec un rare désintéressement ? Quelques femmes. Que dis-je ? un très – grand nombre de femmes restées généreuses, à l’abri de cette contagion de vénalité et de bassesse qui dégrade l’homme et abâtardit les nations. »30

Fouché utilise également la compromission afin de s’attacher des opposants menacés d’emprisonnement :

« J’envoyai dans les départements de l’Ouest, des émissaires intelligents pour me mettre au fait de l’état des choses ; puis je m’assurai d’un certain nombre d’agents royalistes qui, tombés en notre pouvoir dans les différents départements agités, avaient à craindre ou la condamnation à mort ou la déportation, ou un emprisonnement indéfini. La plupart avaient fait offre de servir le gouvernement ; je leur fis ménager des moyens d’évasion pour qu’ils ne fussent pas suspects à leur propre parti, dont ils allèrent grossir les bandes. Ils rendirent presque tous des services utiles, et je puis dire même que par eux et par les données qu’ils me fournirent, j’arrivai plus tard à en finir avec la guerre civile »31

Mais plus le ministre progresse dans son métier, plus les moyens coercitifs s’effacent au profit de la compression et de l’intoxication.

Agissant par l’empire des représentations, Joseph Fouché synthétise cette dernière action en une formule : « En elle-même ; la police n ‘est qu’une puissance occulte, dont la force réside dans l’opinion qu’elle sait donner de sa puissance »32

Après s’être assuré du monopole du pouvoir souterrain, Fouché exerce ainsi ses fonctions avec une facilité proportionnelle à la peur qu’il inspire. Vers la fin du règne de Bonaparte, le contrôle de l’opinion devient délicat pourtant : les trois cent régulateurs de Fouché ne parviennent plus à contrôler les causeries de salon33, les manœuvres du ministre de la police sont également contrées par celles de Talleyrand. Sans ce gêneur, le rêve du ministre aurait pu prendre forme : « Nous aurions redonné vie à ce cadavre de la révolution »34.

Thomas Flichy de La Neuville
Agrégé de l’université, habilité à diriger des recherches en histoire
Titulaire de la chaire de géopolitique de Rennes School of Business

Photo : Wikipédia

  1. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 11
  2. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 2
  3. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 4
  4. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 5
  5. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 9
  6. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 32
  7. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 39
  8. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 38
  9. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 119
  10. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 193
  11. « D’autres informations particulières qui me vinrent de l’armée, coïncidèrent parfaitement avec ce que n ‘avait dit Bernadotte, au sujet des Philadelphes, dont l’organisation secrète remontait au consulat à vie. Les associés ne s’en cachaient pas ; leur but était de rendre au peuple français la liberté que Napoléon lui avait ravie par le rétablissement de la noblesse et par son concordat. Ils regrettaient Bonaparte premier consul, et regardaient comme insupportable le despotisme de Napoléon comme empereur. L’existence présumée de cette association avait déjà donné lieu à l’arrestation et à la détention prolongée de Mallet, Guidal, Gindre, Picquerel et Lahorie. Dans ces derniers temps, on soupçonna le brave Oudet, colonel du régiment de ligne, d’avoir été porté à la présidence des Philadelphes. Une lâche délation l’ayant signalé comme tel, voici quelle fut la malheureuse destinée de cet officier. Nommé général de brigade la veille de la journée de Wagram, on l’attira, le soir même qui suivit la bataille, dans un guet-apens, à quelques lieues de là, dans l’obscurité de la nuit, où il tomba sous le feu d’une troupe qu’on supposa être des gendarmes ; le lendemain, il fut trouvé étendu, sans vie, avec vingt-deux officiers de son parti, tués autour de son corps. Cet événement fit grand bruit à Schoenbrunn, à Vienne et dans tous les états-majors de l’armée, sans qu ‘on eût aucun moyen de percer ou d’éclaircir un si horrible mystère », Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 397
  12. « Tout gouvernement qui commence, saisit d ‘ordinaire l’occasion d ‘un danger qu’il a conjuré, soit pour s’affermir, soit pour étendre son pouvoir ; il lui suffit d’échapper à une conspiration pour acquérir plus de force et de puissance. Par instinct, le premier consul était porté à suivre cette politique adoptée par tous ses devanciers. Dans cette dernière circonstance, il y fut plus particulièrement excité par son frère Lucien, tout aussi ambitieux que lui, quoique dans d ‘autres formes et dans un autre genre ». Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 200
  13. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 173
  14. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 361
  15. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 91
  16. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 17
  17. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 30
  18. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 38
  19. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 286
  20. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 5
  21. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 19
  22. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 64
  23. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 12
  24. « Les ressorts étaient préparés. En peu de temps le Sénat, le Corps législatif et le Tribunal furent travaillés avec un succès vénal. Il fut démontré au Sénat qu ‘il était resté fort en arrière de ce qu’on attendait de lui ; au Corps législatif et au Tribunat, que le premier consul, en désirant que le peuple français fût consulté, ne faisait que rendre hommage à la souveraineté du peuple français, à ce grand principe que la révolution avait si solennellement reconnu et qui survivait à tous les orages politiques. Les raisonnements captieux mis en avant par les affidés et les pensionnés entraînèrent l’adhésion de la majorité », Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 269.
  25. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 35
  26. Joseph Fouché, Mémoires, tome 2, Paris, 1824, p. 227
  27. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 16
  28. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824
  29. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 323
  30. Joseph Fouché, Mémoires, tome 2, Paris, 1824, p. 40
  31. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 91
  32. Joseph Fouché, Mémoires, tome 2, Paris, 1824, p. 250
  33. Joseph Fouché, Mémoires, tome 1, Paris, 1824, p. 371
  34. Joseph Fouché, Mémoires, tome 2, Paris, 1824, p. 282