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dans Société

« On bloque tout » ou la gravité perdue : quand l’imaginaire remplace le symbolique

Du refus d’obtempérer à la révolte sociale, comment une société orpheline du Nom-du-Père bascule dans le chaos jouissif de la désymbolisation.

Pierre LarrouyParPierre Larrouy
26 août 2025
« On bloque tout » ou la gravité perdue : quand l’imaginaire remplace le symbolique
Tribune

La radicalisation du mot d’ordre « On bloque tout » ne peut se comprendre sans l’inscrire dans une mutation anthropologique profonde, dont Charles Melman a analysé les ressorts : la disparition des repères symboliques au profit d’un imaginaire devenu opératoire. Cette désymbolisation n’engendre pas seulement du désordre : elle annonce une société sans verticalité, où la violence devient parfois le dernier langage du lien.

Le cri social en guise de projet politique

Il faut entendre, dans le cri social « On bloque tout », bien plus qu’un slogan de circonstance. Il s’agit du symptôme d’un basculement silencieux, longuement préparé, que Charles Melman — héritier de Lacan mais aussi analyste de la mutation de notre lien social — a décrit comme le passage d’une société organisée autour du Nom-du-Père vers une société de l’Homme sans gravité.

Dans ses ouvrages, Melman montre comment le Nom-du-Père (comme figure structurante de la Loi symbolique) garantissait à l’individu une inscription dans un ordre du monde, une verticalité, une limite, mais aussi un avenir. Sa déliquescence (et le malentendu de son lien avec le patriarcat) ne laisse pas un simple vide : elle est remplie par l’envahissement d’un imaginaire sans frein, où le désir est devenu exigence de satisfaction immédiate, et où la Loi n’est plus intériorisée, mais vécue comme intrusion extérieure et arbitraire.

Ce que nous observons dans cette rentrée sociale, c’est une forme de refus de gravité au sens plein : plus aucun poids ne semble donner sa consistance au lien social.

Le TOUT que l’on veut bloquer n’est pas défini, car il est fantasmé. Il est le nom que l’on donne à un monde vécu comme globalement hostile, sans structure intelligible, comme si toute promesse de cohérence s’était évaporée.

Le sentiment d’abandon de « France ressentimentales » — est aujourd’hui exacerbé par la juxtaposition de micro-traumatismes (fermeture de services, isolement, précarité assurantielle, climat anxiogène), qui ne trouvent plus de symbolisation partagée. À la place, une fusion éruptive dans le ressentiment et la colère, formes extrêmes de lien collectif dans une société désinstitutionnalisée.

Dans Le savoir inconscient et ses impasses, Melman analysait comment, lorsque le Symbolique est défaillant, le Sujet n’est plus contraint à désirer dans le manque, mais sommé de jouir immédiatement — sans médiation. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les comportements de blocage, de refus d’obtempérer, ou même d’émeute : ils deviennent des actes de nomination, voire d’existence, là où la parole symbolique a échoué.

Ainsi, l’imaginaire — qui devrait être au service de la subjectivation — s’est mis à produire du réel.

C’est ce que l’on observe dans la mise en récit immédiate de chaque événement social, dans la spectacularisation de l’affect, dans l’emprise des images et des narratifs instantanés des réseaux sociaux. L’émotion devient preuve, la conviction devient tribunal.

Mais il faut être lucide : ce n’est pas en opposant un retour autoritaire du Symbolique que l’on refermera cette béance. Car ce qui fait défaut, c’est la possibilité d’un récit commun qui tienne à un nouveau lieu d’Idéal du moi collectif. Or, tant que l’espace public reste privé de cette fonction symbolisante, la demande de verticalité se traduira en populisme, en séparatisme de classe, de territoire ou de groupe.

Une réarticulation du lien social exige donc autre chose qu’un plan technocratique ou un apaisement compassionnel.

Elle nécessite une re-symbolisation — non pas par injonction, mais par consentement — d’un socle commun. Cela passe par des actes, des mots, des figures d’identification capables de réactiver la fonction paternelle sans tomber dans l’autoritarisme ou, encore une fois, sa caricature dans un patriarcat. Comme le souligne le psychanalyste Jean-Pierre Lebrun  elle peut tout à fait être représentée par une femme.

Face au désordre, il ne s’agit pas de reconstruire un ordre nostalgique, mais d’inventer les coordonnées nouvelles d’une verticalité habitée, incarnée, adressée. Sans quoi le cri « On bloque tout » risque de n’être que le prélude d’un « On brûle tout » où s’épuiserait, dans une jouissance désespérée, une société sans nom.

Pierre Larrouy
Economiste et essayiste

Charles Melman – Jean Pierre Lebrun, L’homme sans gravité, (Denoël)

Source : olrat / Shutterstock.com

Pierre Larrouy

Pierre Larrouy est économiste et essayiste. Docteur en sciences économiques et diplômé de l'Institut d'Etudes et de Développement, il a été chef de cabinet du Ministre de l'Education nationale Alain Savary, conseiller du Ministre de la Jeunesse et des Sports Roger Bambuck, conseiller du Président de la Mutualité française et conseiller à la Présidence de Polynésie française. Auteur de plusieurs essais (Après, UPPR, 2019 ; <a href="https://amzn.to/3S5h5Hs" target="_blank" rel="noopener">Ubérisation, utopie et tyrannie</a>, UPPR, 2017 ; <a href="https://amzn.to/3Le8j7t" target="_blank" rel="noopener">La crise innovante</a>, UPPR, 2016 notamment) et articles, Pierre Larrouy travaille aujourd’hui sur la société numérique, ses conséquences psycho-sociologiques et politiques et sur de nouveaux modèles d’intelligence spatiale et de développement territorial.

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