Pistes pour le monde d’après confinement

Le Génral (2S) Jean-Louis Esquivié nous invite à penser la sortie de crise et propose des pistes pour le monde d’après confinement.

En hypothèse, il est important de considérer que la moitié de l’humanité est en confinement, que les trois quart peuvent être atteints, donc il est logique de constater que c’est bien l’ensemble de l’humanité qui est touché par le virus. Ceci implique que l’après confinement va être mondial, contrairement aux épidémies d’antan qui frappaient des régions alors drastiquement « clustérisées » (Marseille en 1720) aux fins de protéger efficacement le reste du pays. Contrairement aussi à la pandémie actuelle lors des terribles épidémies de la période moderne qui ont décimé le monde (la grippe espagnole ; 100 millions de morts), l’économie mondiale n’a nullement été  mise en pause ni la vie sociétale, ce dit-monde acceptant, pour ce faire, la dîme humaine prise par la pandémie. Toutefois un certain nombre d’éléments ont perduré au fil de ces catastrophes sanitaires jusqu’à nos jours. Le fait de ne pas vouloir regarder en face le tsunami qui arrive : ritournelle de l’incrédulité. Dès la crainte naissante, fuite de ceux qui peuvent le faire. Hostilité des régions voyant arriver les « fuyants ». Solitude des plus démunis. Enfin la mort volée à la famille se traduisant par l’éradication de toute liturgie fusse-t-elle religieuse ou laïque : d’où une solitude morale plus dangereuse que la solitude physique. Mais aussi découverte de l’héroïsme, du dévouement chez les plus humbles, parfois chez quelques personnages de la chaine d’autorité.  En 2020, la donne est différente, en ce sens que l’économie est sacrifiée pour préserver la santé.

Sachant que, selon toutes les lois régissant le chaos le calme succèdera à la tempête, donc la santé à la pandémie, il convient de penser la sortie de crise à l’aune des crises passées et plus particulièrement par cet élément qui rend singulière la pandémie du Covid 19, à savoir le sacrifice de l’économie.

Si l’on fait référence aux pandémies passées, force est de constater que, les bonnes intentions de vouloir changer les choses (« plus jamais ça ») ont été rapidement effacées par une machine économique et une société pressées de retrouver son rythme marchand, animée par une population  amnésique ou cynique, au titre de sa supériorité d’avoir survécu au mal.

Cette hypothèse (tout repart comme avant) est à prendre en compte car la période post-pandémie peut se révéler un temps de challenge olympique entre nations où celles-ci seront redoutablement rivales pour offrir au monde le maximum de biens ou de services dont aura besoin le monde pour repartir. La compétition fixera et concentrera l’effort national sur la reconstruction de l’économie nationale. Les syndicats n’auront alors que peu de marge de manœuvres, hors les pétitions, pour entraver le mouvement (voire nationalisations, grands travaux…etc.).

Avant d’aborder une seconde hypothèse où l’on accepte de miser sur la sagesse de la gouvernance pour prendre en compte toutes les bonnes idées de changement issues de la crise et du confinement, il convient de s’arrêter sur un invariant commun à toutes les grandes crises à savoir le concept développé par René Girard du « bouc émissaire ».

Il est clair qu’un des premiers actes de la post-crise sera bien entendu de trouver des coupables. Il ne sera pas décent de s’attaquer au monde de la santé malgré leurs querelles et rivalités, dont l’univers de questionnement et de recherche est composé à juste titre. Même le monde des laboratoires, quotidiennement mis en cause par les réseaux sociaux sera oublié au profit du vaccin ou du test que les labos arriveront à sortir et commercialiser pour protéger la population.

Le monde politique lui n’échappera pas au questionnement et à la mise en cause.

Il concentrera sur lui le retour de sidération populaire. Le degré de cette mise en cause est à estimer en fonction de cette mesure qui donnera un rang et une place au pays dans le classement des pays quant au vrai bilan pour chacun d’entre eux de cette pandémie. Lorsque l’on parle de degré, il faut imaginer en fonction de l’attitude du politique en post-crise, des scénarios allant de la contestation virulente classique, au retour des « gilets jaunes » jusqu’aux troubles graves.

Un autre coupable sera aussi mis en accusation qui fait l’unanimité dans les éditoriaux et les réseaux sociaux : la mondialisation.

On est dans le temps de l’incantation. Qu’en sera-t-il dans le temps de l’action ? La Chine déjà en situation de fournir tout ce qui manque au monde occidental redouble d’effort pour satisfaire les besoins inchangés et récurrents des populations. Les Etats Unis, prennent acte du danger sanitaire mais font tout pour relancer à plein la machine économique en priorité. Il y a fort à parier que le modèle ne change pas beaucoup. Il faut se souvenir que la peste marseillaise de 1720 était déjà une conséquence de la mondialisation. Ce qui a changé est à rechercher dans le mode de transport du microbe maléfique : le bateau en 1720, l’avion en 2020. Il n’empêche qu’une gouvernance digne de ce nom se devra de faire le bilan des besoins nationaux vitaux pour faire face aux crises de toute nature et par là assurer un nouveau concept vital, la résilience.

Ces deux boucs émissaires livrés à la vindicte populaire, la reconnaissance populaire se portera  sur l’exemplarité de cette partie du service public en première ligne aux côtés de la population dans la lutte contre la pandémie, en particulier le service de santé. Reconnaissance aussi pour tous ces acteurs privés, courant la rue ou derrière leur écran à la disposition des besoins essentiels de la population. Il est clair que ces rouages indispensables au fonctionnement de la société devront retrouver un traitement public de choix, la vie normale ayant repris ses droits.

Ceci étant acté, quels sont les enseignements qui pourraient être pris en compte par une gouvernance inspirée et acceptée ?

Il convient de prendre en compte la perte de crédit de la gouvernance politique qui ne peut échapper à l’accusation d’avoir manqué l’anticipation et ensuite d’avoir ânonner des contrevérités pour des motifs circonstanciels comme celui de ne devoir pas inquiéter, voire de ne pas affoler la population (manque de lits, de tests, de masques, de protections, etc.). Ce fut un choix partagé par certains médias. Mais la population admettant cette perte de confiance a reporté instantanément son regard et sa confiance vers d’autres formes d’autorité, disons transversales. Les réseaux sociaux ont capté une partie de cette recherche de conseils et de sécurité. Les services en activité ont aussi beaucoup pris d’importance car porteurs de besoins essentiels dans l’organisation du confinement. Ceci se traduit par une perte de notion de la hiérarchie verticale au profit du besoin horizontal.

Il est donc clair qu’une des premières tâches de la gouvernance sera bien de rétablir dans l’esprit des populations la nécessité sociétale et démocratique de la reconnaissance de la hiérarchie retrouvée, voire profondément modifiée (élections, modifications de la Constitution, annonce fortes etc..).

Dans le domaine de l’autorité de la gouvernance, deux postes vont apparaître essentiels dans la posture en mode survie : le sous-préfet pour l’Administration et le maire dans la case, élu du peuple. Ce dernier, le maire est le premier ou le dernier recours (c’est selon) pour le citoyen. Dans cette période, il est le tuteur et le grand frère car il est soumis aux mêmes risques que ses concitoyens en étant au milieu d’eux. Il est clair que les maires prennent de plus en plus chacun dans leur spécificité des mesures adaptées  à la vie urbaine ou communale et à la protection des citoyens. On a bien noté que certaines de ces mesures irritent le pouvoir au motif d’initiatives qu’il considère de son domaine.

En post-crise on ne pourra pas ignorer l’importance du maire dans ce type de circonstances : redessiner son contour d’autorité et de moyens (en particulier financiers, et sanitaires).

Le sous-préfet est l’échelon administratif et autoritaire au plus proche du maire et du citoyen. Dans les circonstances actuelles, ceux-ci débordent de contacts et d’initiatives auprès des maires de leurs circonscriptions. De plus dans la jungle des conditions administratives que vont générer les aides promises par l’Etat aux ayant droits, c’est le seul personnage compétent en mesure de faciliter le passage de ces aides.

Cela signifie qu’il convient de bien prendre la mesure du rôle et de l’importance du sous-préfet (plaisamment appelé « aux champs ») comme rouage essentiel et actif de l’Etat dans le territoire. Il convient de redéfinir son secteur de responsabilités et de moyens, voire par translation vers lui de certaines prérogatives du préfet.

Chacun s’accorde à dire que tous les plans de vie de la société méritent d’être repensées à l’aune des enseignements de la crise : le politique, le social, le sociétal, la démocratie, le moral, voire les mœurs et surtout l’économie.

Dans ce chapitre, il semble évident et spectaculaire de juger le chaos économique au regard des grands groupes qui ne produisent plus et qui vont, de fait accumuler des pertes colossales, comme l’industrie automobile par exemple. Certes il y aura une solution de continuité particulièrement difficile, surtout pour les salariés de ces entreprises, mais on peut gager que la demande en tous secteurs va repartir au plus vite et que les grandes entreprises sont conduites dans un délai raisonnable à retrouver leurs ventes, leurs marges et le bon emploi qui va avec.

Certes le thème du revenu universel va revenir en force par le biais de cette crise : pourquoi pas ?

Mais il y a plus à craindre pour le pays que le vacillement de nos grandes entreprises et il faut revenir au maire et au sous-préfet, à savoir la survie du territoire. Que vont devenir les petits commerces qui font vivre nos villes, communes et villages ? Les coiffeurs, les restaurants, les bars, les boutiques, les gens du marché, les paysans etc. La grande partie de ces commerces face à deux mois minimum de confinement n’ont aucune chance, à présent, de survie, d’autant que chacun d’entre eux doit imaginer en plus les aménagements adéquates pour recevoir un public individuellement protégé et à protéger. Imaginons le village  ayant un coiffeur, un restaurant, une boutique de vêtements. Que devient-il  après le confinement, une période non normalisée, plutôt hybride ? Le village peut n’avoir plus de commerçants et devoir prendre en charge des familles ruinées. Il apparaît que le premier effort national en urgence soit à porter pour assurer la survie immédiate des commerces dans le territoire, sachant que la prime de 1 500 ou 2 000 euros ne les sauvera pas.

Il convient de créer les conditions pour que l’ensemble de ces petits commerces puissent repartir : c’est une priorité absolue.

C’est une dette à reconnaître au territoire qui a accueilli les urbains qui ont fui la ville (mais pas que… pour le loisir et les vacances aussi) et la dureté du confinement dans le béton. Il convient de remettre à l’honneur la Région, le local, le village dans leurs besoins en moyens, équipements et idées. Autre sujet tabou, la famille maltraitée par l’évolution des mœurs et la globalisation des concepts a retrouvé en cette période toute son importance tant pour le regroupement sur le noyau fondamental que pour les liens retrouvés pour se soucier qui d’un ancien ou d’un cousin éloigné, esseulé. Il conviendra de requalifier la position de la famille dans la société.

Dans le domaine sociétal, le confinement a profité des avancées techniques en matière de communication : télétravail, réseaux sociaux, échanges numériques, télévisions, télé-enseignement, visites virtuelles etc.. On assiste à une évolution de la gouvernance sur la géolocalisation des infectés covid pour connaître les lieux et les gens qu’ils ont fréquentés pour faire des mini clusters et limiter la propagation. Des pays exploitent ce système avec succès.

Il faut prendre en compte que le numérique et l’intelligence artificielle sont aujourd’hui des moyens indispensables pour traverser  de telles périodes (communications, télé consultations…).

Cela implique un effort national de maîtrise de nos moyens informatiques, de protection cyber et de l’outil législatif et réglementaire de nature à protéger le citoyen.

Si l’on prend l’exemple d’Israël, qui gère plutôt bien cette crise, on sait que l’organisation qui prévaut est à présent de type militaire. D’autres pays semblent aussi réussir par une organisation plutôt d’inspiration militaire. Certes il ne s’agit pas d’en déduire qu’il faille dans de telles circonstances donner les pleins pouvoirs aux militaires. Ceux-ci ont d’autres atouts à offrir que la prise de commandement. Certes on était en droit de le croire lorsque le Président a déclaré que nous étions en guerre. Avec tout le respect dû au président de la République, on peut toutefois moduler cette affirmation destinée à motiver les Français, par le fait que nous sommes, à défaut d’ennemi reconnu, plutôt en situation de guerre. Dans ce cas il est temps de se poser la question de savoir quelle est donc la meilleure méthode d’analyse et de décision pour gérer cette situation ?

Pour ce faire il convient de se souvenir voire développer un thème de notre arsenal démocratique qui peut intéresser notre réflexion commune, à savoir le type de pensée et d’action le plus approprié face à la situation présente pour la gouvernance. Il appert l’intérêt de  s’arrêter un moment sur la philosophie de la pensée militaire dont l’objectif, rappelons-le, est de faire face à l’inouï dans le sens de ce qui n’a jamais été vu ni entendu, quels que fussent les bons enseignements qui sont dispensés en amont aux guerriers

La pensée militaire est au service d’une MISSION qui lui est assignée. L’exercice de cette pensée militaire se partage en deux temps :

  • Il y a le temps de l’information, de la prise en compte de la situation, des moyens, du terrain, des circonstances, des sachant, etc. Les militaires appellent cette séquence : étude de l’ami/ennemi.
  • Ce temps épuisé on passe au temps de l’action qui se concrétise par un ordre donné par le chef, le responsable et porteur de la mission. Cet ordre s’articule lui-même en trois parties.

En vue de… (Le chef décrit la mission), je veux… (Le chef décrit l’objectif qu’il veut atteindre pour réussir la mission) ;

à cet effet… Il décrit la manœuvre, le dispositif, les délais, les moyens.

CQFD, le temps suivant est le temps de l’exécution, et du suivi, des opérations par le chef.

En termes lapidaires mais expressifs de la chiraquie, cette posture a déjà été traduite en quatre mots : « Le chef doit cheffer ».

Ceci dit, même si la pensée militaire peut être convoquée aujourd’hui au titre d’un mode d’action adapté à la situation, difficile de cautionner le fait que le pays soit en guerre.

La guerre a une signification tout autre, destructions et pertesréciproques. La formulation tangente le paradoxe de l’oxymore dans le sens où cette dite-guerre n’a qu’un seul objectif, tout pour sauver des vies humaines. En revanche, il n’est pas erroné de vouloir utiliser les expressions suivantes : « nous sommes en situation de guerre, nous devons combattre. »

Exemple de la pertinence de ce mode d’action pour la gouvernance en ce temps improbable : interview de Marcel Gauchet par Elisabeth Lévy : à la question de la gestion de la crise, il répond ceci :

« Ce qui est fait, est fait » (prise en compte de la situation)

A la question de connaitre son sentiment au regard des décisions de la gouvernance, il répond ceci :

« Les médecins doivent soigner les gens, pas faire fonctionner une société » ;

« La frontière entre l’expertise et la décision politique est restée confuse » ;                          

« L’impératif politique doit avoir le dernier mot ».

Ainsi le philosophe articule ce qu’il demande au pouvoir politique en termes de décisions, d’objectif et d’action dans des canons identiques à ceux qui structurent la pensée militaire. Ceci implique l’idée que les situations d’exception quel que soit le contexte ont avantage à être traitées par la gouvernance selon un chemin critique de ces concepts immuables, voire universels, générateurs de sens, de force et de confiance pour le groupe, la communauté, la population.

Toujours dans le domaine des Armées, la médecine militaire est historiquement connue pour sa grande disponibilité et son professionnalisme. Il apparait que ces dernières années elle a subi des baisses d’effectifs et de moyens qui s’avèrent pénalisant dans le cadre d’une mobilisation sanitaire nationale exceptionnelle comme celle que nous vivons. Les Armées ont toujours eu cette réputation de savoir en très peu de temps et en tout lieu  mettre en place des hôpitaux de campagne complémentaires. Il faudra repenser le Service de santé des Armées à l’aune de tout type de catastrophes pouvant frapper le pays.

Enfin il reste un domaine particulièrement cité mais mal compris, qui est un nouveau facteur  d’évaluation de puissance d’une Nation selon le rapport de la CIA de 2017, à savoir la résilience. C’est bien effectivement l’étape que le pays va devoir réussir pour retrouver sa force, surtout une meilleure force aguerrie par les enseignements de l’épreuve. Le président de la République a justement confié aux Armées une mission dite de résilience dans la crise. Cette mission mérite des précisions. En effet, dans le temps présent nous ne sommes pas en capacité de résilience. Nous sommes au cœur de la crise et son traitement relève de la gestion de crise. Cette crise ne s’arrêtera pas avec la fin du confinement. Comme décrit en début de cette note nous serons alors toujours en crise mais d’une autre nature. La résilience ne peut advenir qu’après que la crise soit résolue. En effet la résilience est la capacité qu’ont un individu, un groupe, un pays à se reconstruire après avoir subi un traumatisme.

Mais la résilience n’est pas que la reconstruction symétrique de la situation précédente, elle se doit d’être une reconstruction améliorée pour tenir compte des faiblesses passées et des menaces à venir.

L’après covid nécessitera une grande réflexion sur la définition et les moyens de la résilience française accompagnée des instituts et des formations à tout niveau qui vont bien pour l’enseigner et le pratiquer. Ainsi à l’issue de cette crise l’appareil d’Etat et la société n’échapperont pas à cette interrogation récurrente qui concerne la responsabilité de la mondialisation dans le constat d’un dénuement coupable du pays en certaines matières stratégiques dont l’approvisionnement avait été confié à l’étranger.

Ce questionnement et sa résolution feront partie des sujets à traiter prioritairement et impérativement dans la phase du retour à la normale. Le vrai cadre de débat de ce premier challenge et des autres à venir appartient à la définition de cette capacité et ce niveau de résilience que l’on veut pour le pays. Des décisions de retour d’industrialisation nationale pour certains produits dit stratégiques devront être prises au nom de la résilience nationale.

En effet cette dite-résilience se construit en s’appuyant sur un socle national fait de méthodes, de postures et de ressources réputées stratégiques : un socle que l’on entretient, perfectionne, adapte et que l’on teste au fil du temps.

Un autre sujet, moins prégnant que celui de la ressource stratégique nationalisée, un effet secondaire de la mondialisation et du consumérisme individualisé, se situe dans la disparition normalisée des  stocks de marchandises. Ce principe du flux tendu peut se justifier dans un certain nombre de matières courantes mais pas lorsqu’il concerne des produits, matériaux ou engins qui peuvent devenir stratégiques par fait de crise. La crédibilité et la force de la capacité nationale à préparer une véritable résilience quelles que soient les circonstances passent par le maintien en tous temps de stocks de matériaux stratégiques fussent-ils importés.

Ce bilan est fait à vif, non exhaustif et peut sans doute être abondé par les péripéties des jours à venir avant le déconfinement. Pour conclure avec Nietzsche « Tout ce qui ne me tue pas, me rend plus fort ».

Haut les cœurs !

Jean-Louis Esquivié
Général (2S)