Identité : le non-dit de la construction européenne ?

Nous voulons parler de l’identité européenne, non parce que nous sommes des spécialistes de ces questions, mais parce que, en tant que citoyens, nous sommes frustrés par le fait que les politiques n’en parlent pas. Certes, le mot peut être évoqué, mais jamais il ne l’est comme la raison d’être de la construction européenne. 

Europénnes : les « populistes » ont-ils gagné ?

Après le Brexit et l’élection de Donald Trump, la vague dite « populiste » promettait de tout emporter. Puis l’élection de Macron a laissé espérer à certains observateurs un reflux : sous l’impulsion d’un jeune président europhile, ces derniers croyaient même que l’ouverture européenne pourrait connaître une nouvelle étape. Leur soulagement et leurs espoirs furent cependant de courte durée.

Esquisse d’un tableau futur de la géopolitique européenne

« L’histoire mondiale, c’est le tribunal du monde ». Par cette maxime définitive, Hegel affirmait l’ascendant absolu du processus historique pour livrer son diagnostic sur le monde ; il voyait l’État prussien moderne occuper la place sommitale qu’en réalité ni Guillaume II ni Hitler ne parviendront jamais à lui faire assumer.

« L’insularité appelle un traitement spécifique en termes économiques, politiques et sociaux »

Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, déplore que la dimension insulaire des îles ne soit pas prise en compte dans les politiques publiques de l’Union européenne. Or, la création d’un véritable espace euro-méditerranée est aujourd’hui plus que jamais un horizon d’actions indispensable pour l’Europe. Les territoires insulaires ont, en effet, un rôle majeur à jouer, notamment celui de pont entre la rive Nord et la rive Sud de la Méditerranée.

« Pour éviter le violent retour de tous les refoulés, il faudra de très grandes transgressions »

Pour Henri Guaino, auteur de Ils veulent tuer l’Occident (Odile Jacob) et ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, l’Union européenne a pris, depuis les années 80, un tournant très nettement inspiré par l’idéologie de la table rase des histoires, des cultures et des civilisations. Résultat : l’Europe est devenue une construction hors sol et hors temps qui ne veut pas tenir compte des réalités géographiques, historiques, économiques, sociales et psychologiques sur lesquelles doivent se bâtir les politiques.

« Quand l’Europe va mal, les nations ne sont pas pour autant à la fête »

Montée de l’euroscepticisme, du souverainisme et des nationalismes, jamais le projet européen n’a paru aussi en crise. 28 ans après sa signature, Jean-Louis Bourlanges, député MoDem, vice-président de la Commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale, tire un bilan du traité de Maastricht. 

« A cause des succès des populistes, mais aussi des écologistes, la vie politique européenne va commencer à ressembler à la « vraie vie » »

Dans le long entretien qu’il a accordé à Frédéric Lazorthes, Pierre Manent met à jour l’une des contradictions majeures de la dynamique de l’Union européenne : celle-ci préjuge une « force potentielle » qui de facto se heurte à « une faiblesse réelle ». Plus loin encore, le philosophe voit dans l’Europe actuelle une construction qui « a créé des liens entre les Européens, mais des liens qui restent pour l’essentiel en-deçà du politique ». 

« L’avenir, c’est le passé dans sa singularité inouïe. C’est ça l’Europe ! »

Figure majeure de la littérature contemporaine, éditeur et directeur de la revue L’Infini, Philippe Sollers a accepté de répondre aux questions d’Arnaud Benedetti et Alexis Lacroix. Pour celui qui se définit comme un écrivain européen d’origine française « lorsque tout s’effondre en Europe, il ne reste plus que la culture ».