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dans International

Fournir des armes à un pays en guerre : les leçons de l’histoire

Antoine-Louis de PrémonvilleParAntoine-Louis de Prémonville
10 mars 2022
Fournir des armes à un pays en guerre : les leçons de l’histoire

Répondant à la demande du Président Zelensky, l’Union européenne – entre autres – a pris la décision de fournir des équipements militaires à l’Ukraine pour lui permettre de soutenir son effort de guerre contre la Russie. En l’occurrence, les types d’armes et les volumes ne sont pas entièrement connus. Si certains États comme la Belgique ou la Finlande ont choisi la transparence, d’autres comme la France ont préféré la confidentialité afin de ne pas renseigner l’état-major russe quant aux compétences transférées. À l’opposée, soulignons l’attitude à contrepied de Victor Orban de ne pas fournir d’armement à l’Ukraine sous prétexte que les cessions dégarniraient les arsenaux déjà peu fournis d’une Hongrie désireuse de ne pas hypothéquer l’avenir. Indépendamment des raisons profondes qui ont motivé ce choix rompant avec la quasi-unanimité européenne, il convient de s’interroger sur les arguments matériels avancés par le dirigeant magyar qui insiste sur une faiblesse notoire de la défense européenne1. L’objet de cet article n’est pas de critiquer ou de remettre en question les choix politiques de l’UE, mais bien de comprendre les enjeux et difficultés qui rentrent en ligne de compte pour la prise de décision.

Aider sans se dépouiller

En 2021, une étude du très sérieux think tank américain RAND Corporation, dressa un constat lapidaire à propos des capacités de l’armée française. Non sans atouts et qualités notables mises en exergue au cours des différentes opérations extérieures des deux dernières décennies (notamment Serval et Harmattan qui impressionnèrent Washington), l’étude mettait en garde contre les faibles stocks de munitions et du nombre limité de réserves de troupes de la première armée d’Europe2.

En outre, au-delà des problématiques administratives liées aux formalités douanières et autres procédures de marchés publics, le réapprovisionnement des matériels cédés, fussent-ils « achetés sur étagère », pourrait prendre des délais incompressibles assez longs liés à la relance de chaînes de production. Un phénomène accru s’il devait s’agir d’équipement nationaux made in Europe ou made in France ; une faiblesse bien connue en France s’agissant des avions de combat Rafale. D’ailleurs, concernant ces appareils, il faut savoir que les succès à l’export ont longtemps priorisé la fourniture des clients étrangers au détriment des besoins de l’armée de l’Air et de l’Espace3.

Il est à noter en l’espèce que le projet de l’UE de fourniture de chasseurs à l’aviation ukrainienne a été rapidement tempéré. Dans un tweet fort optimiste, les autorités ukrainiennes avaient annoncé initialement que l’Europe s’apprêtait à envoyer 70 chasseurs de conception soviétique en provenance de Pologne, de Bulgarie et de Slovaquie. Problème, les appareils slovaques constituent le cœur de sa propre défense aérienne et sont même entretenus par des contractuels… russes4. Quant aux négociations de la Pologne, désireuse de soutenir l’Ukraine sans se dépouiller ni provoquer l’ire du Kremlin5

, elles se heurtent au réalisme de Washington soucieuse de ne pas jeter de l’huile sur le feu ; le 15 février le Président Biden déclarait ainsi que le peuple russe n’était pas l’ennemi des États-Unis. Si Varsovie se dit prête à livrer gratuitement ses MiG-29 sur une base américaine en Allemagne, elle entend par ailleurs obtenir en compensation des chasseurs équivalents et plus modernes de conception américaine (F-16 ? F-35 ?). L’Amérique feignant la surprise et l’embarras face à la « généreuse » offre de la Pologne, il est possible que ce marché s’apparente en réalité à un jeu de dupes au détriment d’autorités ukrainiennes envers lesquelles il est aussi difficile politiquement d’opposer un refus franc que de fournir des matériels majeurs.

Si la perspective d’un conflit ouvert opposant l’Occident à la Russie ne semble pas à l’ordre du jour, il n’en demeure pas moins vrai que les menaces à peine voilées de Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev incitent à la prudence.

« Un ministre français a dit aujourd’hui qu’ils nous avaient déclaré la guerre économique. Faites attention à votre discours, messieurs ! Et n’oubliez pas que les guerres économiques dans l’histoire de l’humanité se sont souvent transformées en guerres réelles. », déclara ainsi en français l’ancien Président russe le 1er mars6.

Aussi, et quoi que les données chiffrées de l’aide effectivement procurée par les Occidentaux demeurent de l’ordre du secret défense, l’étude de l’histoire doit inviter à ne pas insulter l’avenir et conserver une capacité de réponse intacte. À ce sujet, l’exemple méconnu de l’Italie de Mussolini s’avère particulièrement édifiant.

La « générosité » de Mussolini pénalise l’effort de guerre italien

Dans la mémoire historique, la participation de l’armée italienne à la Seconde Guerre mondiale a laissé un souvenir plutôt piteux. Maillon faible de l’Axe, cumulant des défaites cuisantes face aux guerriers du Négus en 1935, face à l’armée invaincue des Alpes ou encore face aux Grecs en 1940, l’Esercito de Mussolini est apparue comme une force mineure surtout lorsqu’elle est mise en comparaison des funestes et vains exploits tactiques allemands.

Pour comprendre cette contre-performance en rupture totale avec la propagande belliciste du Duce et de l’Impero, il est un point qui n’est que rarement évoqué : l’état d’impréparation matérielle d’une armée italienne alors en pleine reconstruction. En effet, si l’Italie disposa au cours du conflit de certains atouts et d’unités d’élites rivalisant avec son homologue allemande (Decima MAS du prince Valerio Borghèse notamment), Rome n’était pas prête pour une guerre qui la prit par surprise. Anecdotique, mais révélatrice du calendrier fasciste, l’annulation de la XIIe olympiade prévue à Rome pour l’automne 1940 provoqua une intense contrariété chez l’hiérarque fasciste qui aurait souhaité offrir une célébration éclatante de son régime aux yeux du monde ; et peut-être éclipser celle de Berlin en 1936.

Parmi les nombreuses raisons qui expliquent l’état d’impréparation de l’armée italienne, il en est une qui demeure assez méconnue en France où l’on semble préférer insister sur les clichés d’une troupe débandée comme à Caporetto – mais oubliant un peu Vittorio Veneto. Il s’agit de l’aide matérielle considérable accordée au camp national au cours de la guerre civile espagnole (1936-1939) en vertu de l’accord Franco-Ciano. Moins connue que l’aide allemande, irrémédiablement attachée au souvenir du bombardement de Guernica par la Légion Condor, le soutien italien, certes de moindre qualité, s’est révélé dévastateur pour l’organisation militaire italienne. En effet, pour se rendre compte du dépouillement volontaire de son armée au profit de l’effort du Caudillo – qui remboursa sa dette jusqu’en 1967 ! –, il convient de prendre en compte qu’en juin 1940, l’Italie n’alignait que 19 divisions alors que son corps de bataille aurait sans doute pu approcher la quarantaine de divisions si elle avait pu disposer de tout le matériel sacrifié à l’Espagne. Songeons aux près de 7 000 automitrailleuses perdues en Espagne, un chiffre à rapprocher des 5 200 véhicules qui manquèrent au maréchal Graziani en Libye pour tenter d’envahir l’Égypte7. De fait, comme ont pu l’écrire certains auteurs, l’Italie a commencé à perdre la Seconde Guerre mondiale dès… 19368 !

Risque médiatique et terroriste

De nombreux commentateurs occidentaux semblent s’accorder sur un possible enlisement de l’offensive russe. Avec le siège probable de la capitale et des principaux centres de pouvoir, l’hypothèse d’une neutralisation des capacités de décision du pouvoir légal – d’autant que les soutiens de Kiev ont exclu a priori toute participation directe de leurs forces sur le sol ou dans l’espace aérien ukrainien – et l’asphyxie de l’économie pourraient conduire à l’effondrement de l’État dans les jours ou semaines à venir.

Dans cette hypothèse, qu’adviendrait-il de l’aide militaire occidentale ?

Considérant les équipements cédés à Kiev, il semble que ce scenario ait déjà été pris au sérieux. En effet, outre les armements légers d’infanterie et les moyens de défense anti-char et anti-aérien, rien n’indique au contraire que des matériels majeurs de nouvelle génération soient impliqués. Certes, les observateurs attentifs auront noté l’envoi de ces mêmes missiles Stinger qui avaient contribué à renverser le rapport de forces entre les moudjahidines afghans et les soviétiques dans les années 1980.

Or, à l’heure actuelle il n’est nullement question de fournir des matériels offensifs majeures (chars, aéronefs) susceptibles d’envoyer un message négatif aux négociateurs de Moscou.

Il est vrai que l’appropriation de ces équipements particuliers supposerait des formations et qualifications relativement longues (6 mois pour un chasseur), expliquant pourquoi le projet avorté de fourniture d’avions de chasse ne concernait que des appareils d’origine soviétique déjà connus des pilotes ukrainiens.

En cas de chute du pouvoir ukrainien, il est probable que les dons occidentaux seraient alors l’objet d’une vaste communication de la part de la Russie pour diffuser des images de propagande incluant des parades autour de matériels de prise – songeons aux armes américaines aux mains des Talibans après le retrait d’Afghanistan en 2021 –, tout en dénonçant copieusement sur ses canaux d’influence les « preuves » de l’ampleur de l’intervention de l’Europe et de l’Amérique, ainsi qu’une supposée inefficacité de leurs équipements. Par ailleurs, n’étant pas en dotation dans les forces armées russes, il est probable que ces armements seraient redistribués soit à des sociétés militaires privées comme Wagner, soit à des proxys divers et variés pour poursuivre la lutte par d’autres moyens… au risque de se retourner contre leurs propriétaires initiaux comme au Levant avec Daesh.


Antoine-Louis de Prémonville

  1. Reuters, 28/02/2022, https://www.reuters.com/world/hungary-will-not-allow-lethal-weapons-ukraine-transit-its-territory-fm-2022-02-28/, consulté le 03/03/2022. ↩
  2. Stephanie Pezard, Michael Shurkin, David Ochmanek, “A Strong Ally Stretched Thin. An Overview of France’s Defense Capabilities from a Burdensharing Perspective”, Rand Corporation, National Defense Research Institute, 2021. ↩
  3. Michel Cabirol, « Exportation du Rafale : les inquiétudes de l’armée de l’air », La Tribune, 09/06/2015, https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/exportation-du-rafale-les-inquietudes-de-l-armee-de-l-air-482410.html, consulté le 03/03/2022. ↩
  4. “European plan to donate fighter jets to Ukraine collapses”, Politico, 28/02/2022, https://www.politico.com/news/2022/02/28/ukrainian-pilots-arrive-in-poland-to-pick-up-donated-fighter-jets-00012560, ↩
  5. « MiG-29 polonais : la Russie prévient qu’un don d’avions à l’Ukraine serait un « scénario potentiellement dangereux » », BFMTV, 09/03/2022, https://www.bfmtv.com/international/mig-29-polonais-la-russie-previent-qu-un-don-d-avions-a-l-ukraine-serait-un-scenario-potentiellement-dangereux_AN-202203090310.html ↩
  6. https://twitter.com/MedvedevRussiaE/status/1498619750334750725?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Etweet ↩
  7. Edoardo Mastrorilli, « Guerra civile spagnola, intervento italiano e guerra totale », Revista Universitaria de Historia Militar, 3(6), p.68-86, p.85. ↩
  8. José Miguel Campo Rizo, La ayuda de Mussolini a Franco en la guerra civil española, Arcos, 2009, p.91. ↩
Antoine-Louis de Prémonville

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