Le Grand-Liban 1920-2020… Un très triste centenaire

« C’est en guenilles noires et sur un air de requiem que la République libanaise s’apprête à fêter dans quelques jours l’anniversaire de la proclamation du Grand-Liban par la France du général Gouraud, le 1er septembre 1920 »1. C’est par ces mots sombres que décrit Michel Hajji Georgiou, le Liban à la veille du Centenaire. En effet, c’est le ressenti général trois semaines après l’explosion cataclysmique du 4 août 2020 qui a meurtri Beyrouth, son port, ses fenêtres, ses sourires, ses couleurs et son âme… Le Centenaire est donc placé sous le signe de la tristesse et du deuil. Le président français Emmanuel Macron qui devait se rendre au Liban pour les festivités du Centenaire, s’est finalement retrouvé sur les ruines de Beyrouth, deux jours seulement après l’explosion, désormais désignée comme « Beirutshima ». Un très triste Centenaire… mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Le rôle du Patriarcat maronite dans la création de l’Etat du Grand Liban

Le Liban a célébré dans la tourmente le premier centenaire de sa fondation. Il est actuellement secoué par une crise profonde, à facettes multiples, qui remet en question son régime politique, le confessionnalisme, et même son existence. Les promoteurs de cet État, créé en 1920 sous le nom de Grand Liban, étaient, d’un côté, le Conseil administratif de la moutaçarrifiyyat de 1861 et ses habitants, à leur tête le patriarche maronite, et de l’autre, la France, puissance mandataire et amie séculaire. C’est le concours de tous ces acteurs qui a permis au projet d’aboutir. Mais le patriarche maronite, Elias Houayek, y a joué un rôle décisif auquel nous consacrons cette étude.

« Le Liban est le point de mire vers lequel les peuples du Moyen-Orient tendent »

La pandémie de Covid-19 et les ravages liés aux explosions de Beyrouth ont aggravé la situation des Libanais déjà éprouvés par la crise économique, politique et sociale qui dure depuis de nombreuses années. Sur place, l’Œuvre d’Orient apporte son soutien à la population et agit pour garder les écoles et les hôpitaux ouverts. Rencontre avec Monseigneur Gollnisch.

Petite histoire de l’archéologie libanaise

Au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, la situation du Liban en faisait autrefois un lieu d’échange privilégié et un foyer culturel majeur. Mais les dégats infligés par les conflits politiques et religieux, un certain manque d’intérêt de la part des autorités et une urbanisation galopante menacent le patrimoine historique et archéologique du pays.