« Enfants gâtés » de la thérapeutique face au Covid-19

Alors que nous avions du mal à réaliser que nous étions des « enfants gâtés » de la thérapeutique, la crise du coronavirus nous a permis de constater que dans le monde, des populations parfois moins bien loties d’un point de vue sanitaire, ont fait avec les moyens du bord et semblent s’en sortir mieux jusqu’à présent (Inde, Madagascar, Sénégal, Algérie, Tchad, Maroc, etc) souligne Sonia Rabotoson, docteur en pharmacie, secrétaire  nationale Les Républicains.

Le 21 mai 2020, la planète a franchi les cinq millions de cas, parmi lesquels 328 220 décès, dont les 2/3 se concentrent dans les pays occidentaux.

Qui ne s’est pas interrogé sur le fait que l’Afrique déplore moins de décès que l’Europe ?

Qui ne s’est pas interrogé sur le fait que l’occident a semblé complètement tétanisé face à cette pandémie ? Qui ne s’est pas demandé pourquoi Marseille compte 5 fois moins de décès que Paris ? Qui est capable d’expliquer pourquoi certains pairs du Pr Raoult se déchaînent contre lui sur les plateaux médiatiques ? Qui a intérêt à ce que les travaux prouvant l’efficacité d’une molécule ancienne et peu onéreuse contre le Covid-19 soient décrédibilisés ?

Avec le souci de toujours voir le verre à moitié plein, même dans une période inédite et chaotique, nous nous disons que le coronavirus a peut-être permis de se rendre compte que les solutions les plus simples sont souvent les plus efficaces.

On constate que la pharmacopée traditionnelle africaine regorge de pépites et qu’une herbacée longtemps décriée, l’artémisia annua limite potentiellement les dégâts annoncés par cette pandémie, sur le continent africain. Qu’un médicament ancien, la chloroquine ou l’hydroxychloroquine utilisé en prophylaxie du paludisme depuis près de 70 ans, dont on maîtrise tous les effets secondaires et qui, administré en début d’affection, a montré des résultats contre le Covid-19, lorsqu’il est associé à un antibiotique aussi connu, l’azithromycine, apporte plus de bénéfices que de risques.

Ne réagissons pas comme des enfants gâtés, à qui l’on offre trop de choix et qui font la fine bouche au moment de prendre une décision.

Combien de vies ont potentiellement été sacrifiées, emportées par le Covid-19, en raison de telles tergiversations ?

Parallèlement à la parution dans la prestigieuse revue scientifique médicale, The Lancet, d’une « étude » démontrant l’inefficacité de l’hydroxychloroquine, une enquête effectuée par l’entreprise mondiale de sondage pour les soins de santé, Sermo, auprès de 6 227 médecins, dans 30 pays (Italie, Etats-Unis, Chine, Turquie etc.), montre que l’hydroxychloroquine serait le meilleur traitement à adopter contre le coronavirus.

Pas étonnant car depuis quelques jours, cette fameuse « étude » présentant de nombreux biais, a été critiquée par des chercheurs à travers le monde. Et pour couronner la séquence, The Lancet a annoncé jeudi 4 juin, le retrait de l' »étude » publiée le 22 mai.

60 % des médecins interrogés dans l’enquête de Sermo ne se sont pas posés de questions et ont fait le choix de la simplicité, dans le respect de l’éthique que leur impose le serment d’Hippocrate.

Des dirigeants dans le monde ont pris leurs responsabilités, en se tournant vers ce qu’ils ont de plus précieux, dans leurs contrées, les plantes. Ils ont apporté leur pierre à l’édifice, avec l’aide de sachants dans le domaine.

Une médecine traditionnelle ancestrale et millénaire à Madagascar a été source d’inspiration, pour proposer des solutions locales à cette pandémie. Ne s’agissant pas de médicament à proprement parlé, des observations cliniques sur les effets de ces extraits de plantes ont permis d’avancer et d’agir aussi bien en prophylaxie, qu’en traitement des premiers malades. La crise sanitaire semble être contenue, dans ces régions du monde, habituellement connectées aux habitudes ancestrales.

En France, Marseille déplore 5 fois moins de décès que Paris, où des jeunes de moins de 30 ans ont malheureusement été emportés, ce qui n’est pas le cas à Marseille. Les chiffres sont là et nous savons tous qu’un protocole de bi-thérapie a été utilisé par l’éminent Professeur Raoult à l’Institut Hospitalo-Universitaire de Marseille, après avoir pratiqué les tests à grande échelle. Il a administré une thérapie à partir d’un repositionnement de molécules anciennes.

À l’origine du monde, nos ancêtres confrontés à la maladie ont fait face, en utilisant ce qu’ils avaient à portée de mains : les plantes.

De nos jours, le médecin, le chercheur, face à un patient présentant les symptômes d’une maladie inconnue tâtonne.

Pour être efficace, il s’oriente vers une thérapeutique expérimentale, qui a donné une première lueur d’espoir. Sans déroger à l’éthique, le retour aux fondamentaux semble être la solution la plus adaptée en cas de pandémie soudaine et potentiellement mortelle comme celle à laquelle nous sommes confrontés actuellement.

Cette minisphère d’environ 60 à 220 nm de diamètre a ébranlé le paradigme de l’approche thérapeutique conventionnelle. Elle nous oblige à élargir nos horizons, en replongeant dans le passé.

Lorsque nous sommes confrontés à une crise de cette nature : maladie occasionnée par un agent pathogène inconnu, nous devons nous reconnecter à nos origines et agir en conséquence. C’est à dire utiliser ce qui existe déjà et qui a apporté un début de réponse. C’est le cas de l’hydroxychloroquine et de l’artemisia annua.

Nous ne devons pas céder à la petite musique qui dit qu’il faut absolument trouver un produit nouveau ou un vaccin coûte que coûte pour régler le problème.

Il faut du pragmatisme et de la réactivité. Garder en mémoire que des essais sensés révolutionner les choses sont actuellement toujours dans les tuyaux, alors que la courbe de la maladie annonce une fin proche, espérons-le.

Nous devons anticiper les prochaines crises, en créant, sans déroger à l’éthique, des méthodologies adaptées à une situation d’urgence. Mais aussi en autorisant des essais simplifiés à partir de principes actifs connus, dans le cadre d’un repositionnement de molécules par exemple.

Permettre aux médecins et aux chercheurs d’utiliser un arsenal existant et de pratiquer ce pourquoi ils ont été formés, la médecine pour soigner les malades tout simplement.

Sans prise de conscience de cette nature, une prochaine crise équivalente nous laisserait une fois de plus dans le désarroi et pourrait causer plus de morts que ceux que notre pays pleure aujourd’hui. Il est temps de se reconnecter au bon sens et à la simplicité.

Sonia Rabotoson
Docteur en Pharmacie
Secrétaire nationale Les Républicains