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dans L'édito de Myriam Benraad

Groenland et « hyper-symbolisation » des marges

Myriam BenraadParMyriam Benraad
22 janvier 2026
Groenland et « hyper-symbolisation » des marges

En janvier 2026, le Groenland a mué en un marqueur stratégique inattendu, mais dont la valeur est avant tout symbolique. Une certaine gestuelle militaire, diplomatique et économique sert ici à produire de la légitimité et à éprouver les alliances plutôt qu’à s’arroger des bénéfices géopolitiques immédiats.

 Que penser des tensions entourant le Groenland depuis plusieurs semaines, et des menaces proférées par Donald Trump en vue d’y obtenir un contrôle accru ? Cette question signale une transition vers un phénomène jusqu’ici peu évoqué dans les commentaires et les analyses, mais non moins fondamental dans l’actuelle recomposition de la scène internationale : des territoires auparavant considérés comme « périphériques », tantôt polaires ou désertiques, tantôt en ruines, se voient aujourd’hui réinvestis par les principales puissances, avec une charge néanmoins plus symbolique que matérielle in fine.

 

La géopolitique se jouerait-elle désormais davantage sur le terrain de l’imaginaire qu’au sein du monde physique ? Le réinvestissement de zones historiquement perçues comme à la marge des affaires mondiales, du Groenland à la mer Rouge, en passant par le Caucase ou encore le Sahel, fait d’elles des symboles de force plutôt que des espaces effectivement exploités. C’est ce que semble indiquer, du reste, l’hyper-symbolisation récente du Groenland, qui illustre que ces territoires sont devenus des points de référence à la fois narratifs et tactiques, utilisés avant tout pour légitimer des positions de force.

 

Comment expliquer que ces périphéries attirent une attention disproportionnée et qui tente de les instrumentaliser ? Pour quels récits, autour de quelles ressources, militaires comme médiatiques, et avec quels desseins ? La discussion autour du Groenland a montré que la valeur d’un territoire peut être essentiellement symbolique, emblème d’autorité et de crédibilité internationale pour des acteurs extérieurs. Cette valeur symbolique dépasse, dans certains cas, voire remplace, la valeur objective de ce territoire selon la logique décisionnelle des États.

 

Considérons quelques données empiriques. L’annonce de déploiements militaires à Pituffik fut présentée par les États-Unis comme relevant d’« activités longuement planifiées ». Mais ne s’inscrit-elle pas surtout dans un environnement de montée en visibilité du Groenland dans les discours de puissance et plus particulièrement dans la rhétorique de Washington quant à la place supposée de cette île ? La Maison-Blanche a assorti ses démarches d’intimidations tarifaires et de manœuvres floues au cours du dernier forum de Davos, de même que d’un blitz de messages destinés à contraindre ses alliés européens.

 

Une question territoriale somme toute secondaire s’est ainsi transformée en un levier politique et commercial de premier plan pour Donald Trump. L’idée était également de « tester » cette cohésion alliée et de produire des effets rapides en renforçant la charge symbolique du Groenland au cœur du débat transatlantique.

 

Ces actions poussent l’Europe à reconsidérer sa dépendance et à envisager des réponses plus autonomes, tandis que la focalisation médiatique a amplifié l’effet-symbole en faisant de simples choix techniques des enjeux d’image internationale. Une surmédiatisation a modelé une boucle de rétroaction où l’attention porté au Groenland a renforcé la valeur symbolique de ce territoire et en retour suscité de nouvelles provocations suivant une logique performative à tout le moins risquée. Notons en outre une communication incendiaire sur les réseaux sociaux, qui a transmué le différend en un véritable spectacle diplomatique. C’est cette simultanéité de messages fulgurants, d’échappées militaires et de fuites médiatiques qui a créé une impression de crise.

 

D’autres interprétations soulignent que l’intérêt pour le Groenland procède d’une approche plus large d’affirmation arctique des États-Unis, dont la posture symbolique inquiétante servirait surtout à redéfinir les alliances et les priorités. Existe-t-il dès lors un risque d’escalade armée, dans la mesure où des rivalités autour de symboles peuvent aussi dégénérer en confrontations tangibles si l’un des acteurs cherche à traduire un symbole en un contrôle effectif, militaire et institutionnel ? Quelle reconfiguration des alliances ce risque est-il susceptible d’entraîner ?

 

Les Européens se réaligneront selon leur tolérance à cette coercition symbolique. Mais ils sont d’ores et déjà mis face à un dilemme épineux : céder pour éviter un coût économique exagéré, ou résister et préserver leur crédibilité au sein d’une alliance par ailleurs fragilisée. Le Groenland s’est converti malgré lui en un instrument de coercition non-militaire qui met en jeu bien plus que la seule réputation de Donald Trump. Le Groenland met directement à l’épreuve celle de l’Europe ou d’autres acteurs clés du système international. Sa surdétermination symbolique ne sert-elle pas à justifier d’autres gestes du même type, synchronisant de plus le calendrier de la politique étrangère américaine avec l’agenda interne de l’administration Trump ?

 

Dans ce jeu complexe de rapports de force, il convient de relever la marginalisation du niveau local – tant celle des autorités danoises que des populations autochtones du Groenland qui voient leur avenir subordonné à ces récits et cette symbolisation outrancière. Ces populations sont presque réduites à un simple décor géopolitique de démonstrations de force, en lutte pour une reconnaissance qui leur est pourtant déjà acquise. Soucieux de sauvegarder sa souveraineté, le Danemark a renforcé la présence de ses troupes au Groenland. Il est peu probable que cette séquence culmine dans un affrontement, mais elle aura fait du Groenland une dangereuse « marge de négociation ».

 

Myriam Benraad
Professeure à l’Université d’Exeter

Myriam Benraad

Politiste de formation, Myriam Benraad est titulaire d’un doctorat de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po, 2011) et s’est spécialisée dans les relations et la négociation internationales, les études sur la paix et les conflits, ainsi que la géopolitique mondiale et l’économie politique internationale, avec un accent particulier sur les transitions et émotions politiques au Moyen-Orient et dans le monde arabe en général. Elle a été associée à divers centres de recherche et a régulièrement exercé en tant que consultante et experte/conseillère technique pour l’Union européenne et plusieurs organisations internationales et agences de développement (notamment la Banque européenne d’investissement et la Banque mondiale). Outre ses nombreuses années d’expérience dans l’enseignement supérieur, Myriam Benraad est une chercheuse chevronnée ainsi que la fondatrice du Réseau interdisciplinaire d’études sur la vengeance (TNRS) et de l’Institut Delphes. Parmi ses dernières publications : Mécanique des conflits : cycles de violence et résolution et L’Irak par-delà̀ toutes les guerres. Idées reçues sur un État en transition.

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