La condition de la paix sociale

Au début, il y a eu cette taxe carbone soi-disant écologique, autoritaire, inégalitaire. Et portés par une force plus grande que nous, avec des centaines de milliers d’autres à travers toute la France, nous nous sommes retrouvés sur les ronds-points… Nous aurions pu tourner en rond, mais peut-être que, finalement, nous allons créer ensemble un chemin d’égalité et de justice pour tous !

Comme beaucoup, nous n’avions jamais eu d’engagement politique à l’époque. Aujourd’hui avec toutes les listes citoyennes pour les élections régionales, dont Démocratie ÉcoLogique pour la Région Centre-Val de Loire, nous voulons continuer à écrire l’histoire par la voix des urnes, avec une écologie populaire. Ce n’est pas parce que les frigos de certains de nos amis sont vides au 10 du mois, qu’ils n’ont pas compris qu’un des premiers combats écologiques est celui de l’alimentation saine, celle des producteurs proches de nous. Ces mêmes amis savent qu’ils sont les premières victimes de la malbouffe et de la concurrence déloyale de pays qui n’ont aucune règle sociale ou écologique. Ils se sont rendus compte, là sur les ronds-points, que les solutions pour s’en sortir et pour préserver notre environnement sont liées, qu’elles sont sous notre nez depuis longtemps. Notre pays ne protège plus ses industries, ses agriculteurs, ses habitants depuis des décennies, avec la complicité de ceux qui nous gouvernent. Ces mêmes décennies ont été celles du décrochage du peuple, des citoyens tranquilles, victimes d’une éducation au rabais, d’une désindustrialisation incontrôlée, et finalement d’un lent déclassement, le tout sous les ricanements des puissants qui nous caricaturent en « fumeurs de clopes qui roulent au diesel ». Rappelons-nous les tous premiers jours du soulèvement des gilets jaunes, le ministre Darmanin qui nous décrivait comme « racistes, xénophobes, antisémites ou homophobes ». Facile bien sûr, pour surtout ne pas répondre sur le fond… Ensuite, nous avons subi les violences, les LBD et pour finir le grand monologue présidentiel du soi-disant « Grand Débat ». Oui, nous aurions toutes les raisons de croire que seule une révolution violente viendra à bout de ce mépris et de ces injustices. Nous aurions toutes les raisons d’être méfiants envers ces institutions qui ne nous représentent plus. Nous aurions toutes les raisons de fuir ces intellectuels de plateau télé qui vivent dans une autre réalité que nous. Nous aurions toutes les raisons d’essayer autre chose, et de voter par exemple pour un « Rassemblement National » qui n’a de rassemblement que le nom. Ce serait peut-être une belle revanche des classes populaires, mais de courte durée. Car une fois au pouvoir, tout indique que l’on peut être contre la libre circulation des immigrés mais très néolibéral en ce qui concerne l’argent… Leur désir de gagner les amène à négocier avec les puissants. N’ont-ils par déjà renoncé à leurs convictions sur l’Euro, l’UE, et la dette ? Leur politique sera du pseudo Macron, avec toujours ce mauvais esprit de division dans notre pays.

Malgré toutes ces colères, nous sommes profondément convaincus qu’on ne sortira de ce désastre qu’en retissant patiemment les liens entre les gens, sans oublier personne : les jeunes et les vieux, les intellos et les populos, les riches et les pauvres, les responsables et les citoyens.

C’est la condition de la paix sociale. Et cela ne pourra se faire que par le partage d’une vision commune, par les armes non violentes de la démocratie et de la refondation d’institutions bonnes pour tous, et vraiment représentatives. Le mouvement des gilets jaunes avait 80% de soutien des français. Des citoyens de tous les horizons se sont retrouvés autour d’une vision d’un monde plus local, avec plus de liens et de partage, et une démocratie à hauteur d’homme, pour débattre mais surtout pour décider. Et au fond de toutes les consciences, la conviction que pour nos enfants, le monde ne pouvait plus continuer comme cela. A toutes ces personnes qui souhaitent rebâtir sur des fondements solides, travaillons ensemble pour le bien de tous, il n’est jamais trop tard pour bien faire. A nous, les « sans pouvoir », de faire ce pas en nous rassemblant pour créer une majorité qui pourra renverser la table, à la loyale et tous ensemble. Cela commence avec les listes citoyennes qui se sont créées un peu partout pour les régionales de juin. Cela continuera avec les législatives, mais surtout la présidentielle où nous avons besoin d’un candidat citoyen qui saura réunir cette majorité, au lieu de diviser. Pourquoi citoyen ? Parce qu’à partir de maintenant, nos représentants devront être des personnes capables de transparence, avec la ferme volonté de partager le pouvoir… C’est un tel changement d’état d’esprit, qu’il ne peut être incarné par les figures politiques aux responsabilités depuis des années. Il nous faut des élus qui désirent servir leur pays et leurs concitoyens sans contrepartie, sinon l’espoir d’ouvrir un futur meilleur à nos enfants. ça n’est pas utopique. Ces personnes existent bel et bien même si elles ne sont pas sur les plateaux télé. Nous en connaissons tous. Aujourd’hui nous ne pouvons plus laisser le pouvoir à ceux qui le veulent quoi qu’il en coûte… Alors engageons-nous, proposons une vraie alternative politique au service de tous, oublions le spectacle médiatique, concentrons-nous sur ce qui nous rassemble, pour refonder un système plus juste et plus égalitaire, pour tous.

Jérémy Clément