La science, l’hôpital public et la santé ne sont pas compatibles avec la financiarisation Reagan/Thatcher et une politique de comptable

Pour le neurobiologiste Yehezkel Ben-Ari depuis de Gaulle (cf. son magnifique discours de 1958) et Chevènement/Mitterrand (cf. les assisses de la recherche de 1983), les politiques n’arrivent pas à comprendre le fonctionnement de la science et de la santé car la planification à long terme, bien au-delà de la période qui sépare deux élections présidentielles, n’existe plus depuis l’abolition du Commissariat au plan version de Gaulle.

La recherche scientifique opère sur le long terme. Les découvertes scientifiques, celles qui changent nos vies comme par exemple le GPS, l’énergie nucléaire, le nylon, l’imagerie, l’éclairage électrique, le radar, le télégraphe, les vaccins, les différentes bactéries ou les virus à l’origine d’épidémies, les antibiotiques… ne viennent pas d’un ordre à chercher venu du haut mais de visionnaires qui se sont trouvés au bon moment pour  exploiter les sommes de connaissances et d’expériences réalisées par d’autres équipes qui ont fourni le socle de connaissances permettant cette avancée. Ceci explique pourquoi les plan Alzheimer, Cancer, Autisme chers aux politiques sont voués à l’échec ; ils vont au mieux financer des équipes qui travaillent dans ces domaines, là où il faudrait attirer de nouvelles énergies venant d’autres domaines apparemment pas ou peu liées. 

L’investissement efficace en science doit s’effectuer de façon large et sans choix de thèmes préférentiels et surtout sans garantie de retour sur investissement à court terme.  

Ceci s’applique aux pandémies. Il ne s’agit ni de la première ni de la dernière épidémie qui nous frappe. Le financement « en yoyo » de la recherche en virologie – les vannes s’ouvrent dès l’apparition d’une épidémie et se ferment le lendemain –  dans l’attente de la prochaine. Cette situation est bien illustrée dans les textes de Bruno Canard, virologiste à Marseille1.
 
Science et santé sont complètement liées, l’espérance de vie est plus grande dans des pays possédant des hôpitaux et une recherche richement dotés notamment en santé. La mascarade d’absence de masques et des tests du COVID-19 dans la 5 ou 6è puissance mondiale serait source d’inspiration pour les humoristes s’il ne s’agissait pas d’un sujet sérieux.

Les annonces aberrantes des gouvernants qui se contredisent et qui font marche arrière reflètent l’état d’impréparation de nos dirigeants2

Que faire ? Le pouvoir est fragilisé, les discours du président ont par moment presque une texture du Nouveau Parti Anticapitaliste ! On s’aperçoit soudain des limites du pouvoir politique, de l’importance des scientifiques et des experts en santé, ceux-là même qui en sont à « l’os » après des décennies de réduction des dépenses et qui demandent depuis un an d’arrêter cette politique mortifère de l’hôpital public (et de la recherche), de la tarification à l’acte et des salaires de misère.

Non, l’hôpital public comme la Sécurité sociale ne sont pas des variables d’ajustement pour respecter les critères de L’Europe mais des institutions fondatrices de la communauté et de la République.

Il faut d’urgence se mobiliser pour que ces promesses d’avoir enfin compris ne restent pas des paroles à la Dalida dès que le virus aura placé ses « papattes » ailleurs. Exigeons dès à présent des garanties que recherche et santé seront sanctuarisées. Signons tous les appels comme celui-ci https://confinesmobilises.wesign.it/fr

 Yehezkel Ben-Ari
Neurobiologiste, expert du développement cérébral et de l’autisme
Fondateur de L’INMED (INSERM) et de IBEN (un fonds d’actions dédié aux recherches sur la maternité et l’émergence des maladies neurologiques et psychiatriques)

https://leblogdebenari.com/  mail : Ben-Ari@neurochlore.fr