Le virus du communisme chinois

Face à la situation actuelle Gaël-Georges Moullec s’étonne qu’aucune mission indépendante d’experts internationaux ayant pour mandat de faire jaillir la vérité sur la responsabilité des autorités communistes chinoises dans la diffusion du Covid-19 ne soit mise en place.

S’il y a encore quelques semaines, le Covid-19 était présenté, sous l’influence conjuguée des bénéficiaires de la manne chinoise, de l’OMS et des milieux dirigeants, d’affaires et médiatiques comme une « petite grippe » passagère ne nécessitant pas l’utilisation par les populations de masques de protection. Aujourd’hui on sait que la pandémie du Covid-19 est la plus grave de l’ère contemporaine de la mondialisation. Alors que le Mal se répand encore et que le nombre définitif des victimes est loin d’être arrêté, des appels sont lancés aujourd’hui pour que les questions ne soient posées que plus tard, au risque de ne jamais les voir abordées.

Les hypothèses sur l’origine de la pandémie actuelle sont multiples, toutefois, à l’analyse, celles-ci se résument à une faute irréfutable des autorités chinoises.

Une faute sanitaire tout d’abord, si l’explication retenue est celle de la consommation d’animaux sauvages contaminés et à la comestibilité douteuse (viverra, chauve-souris, pangolin) achetés sur les « wet markets »1. La réglementation chinoise qui limite leur commercialisation est faiblement appliquée et encore moins respectée2. D’autant plus que les déforestations massives et des modifications catastrophiques que connait l’écosystème chinois depuis plusieurs dizaines d’années favorisent la propagation des virus3.

Une faute de contrôle ensuite, s’il est prouvé que le patient « 0 » serait un des employés du laboratoire P4 de l’Institut de virologie de la ville de Wuhan contaminé au cours d’expériences qualifiées par certains spécialistes de particulièrement pathogènes4.

Une faute de sécurité enfin selon l’hypothèse défendue par le Professeur Jean-Luc Montagnier, prix Nobel (2008) pour ses découvertes sur le sida, mais contesté par une grande partie de la communauté scientifique. L’infection se serait répandue à la suite d’expériences hasardeuses conduites dans le laboratoire P4 de Wuhan : « … ils voulaient faire un vaccin contre le VIH avec un coronavirus qui, en principe, pouvait être atténué pour ne pas donner la maladie, sur lequel ils ont intégré des parties du génome du virus du sida. Le tout pour fabriquer un vaccin du sida… C’est un travail d’apprentis sorciers… »5.

Réalistes, probables ou discutables, toutes ces hypothèses convergent toutefois pour mettre en lumière les manquements du pouvoir communiste chinois au principe de précaution.  

Les raisons de cette « crise sanitaire » doivent également être recherchées dans l’obsession économique qui a atteint l’Occident au cours des dernières décennies. Initialement limitée à des délocalisations massives de productions jugées obsolètes, peu rémunératrices, pléthoriques en main-d’œuvre et nuisibles à l’écologie, la politique économique suivie par les puissances occidentales débouche aujourd’hui sur une dépendance totale vis-à-vis de la Chine dans des domaines stratégiques tout comme à une présence déterminante d’acteurs chinois dans l’économie occidentale.

Ainsi, 80 % de la production de matières premières destinée à la fabrication des médicaments a été délocalisée en Chine. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne la production de paracétamol (60 %) et de pénicilline (90 %). Cette dépendance de l’Occident concerne aussi les masques médicaux, la Chine représentait déjà en 2019 la moitié de la capacité mondiale, les chiffres de production passant d’un total de 20 millions d’unités à 110 millions d’unités par jour entre début et fin février 20206, augmentant d’autant l’influence mondiale des milliardaires communistes chinois7.

Cette omniprésence de la Chine dans les productions médicales stratégiques se double d’une politique pour le moins agressive dans l’acquisition de capacités sensibles et d’informations confidentielles dans le domaine du vivant.

Exemple le plus frappant, la construction par la France du fameux laboratoire de virologie P4 dans la ville de Wuhan où sont concentrées de nombreuses entreprises françaises. L’idée est lancée dans les années 2000, à la suite de l’épidémie du SRAS et en dépit des craintes du SGDSN de voir ce laboratoire P4 « se transformer en arsenal biologique ». Ce projet soutenu par tous les gouvernements français qui se succèdent depuis lors est finalisé et mis en exploitation en janvier 2018. À ce moment, il est déjà clair depuis longtemps pour les Français que la coopération scientifique souhaitée n’aura pas lieu8.

La forte attirance des chercheurs occidentaux pour la Chine s’explique aussi par les facilités qui leurs sont accordées : des visas à entrées multiples pour une période de dix ans, des rémunérations importantes et des capacités de recherche ultra-modernes. L’attrait est irrésistible. Ainsi le responsable du département de chimie et de biochimie de l’université d’Harvard est arrêté le 28 janvier 2020 pour avoir démenti sa participation au Plan de Milles Talents mis en place par les autorités chinoises afin de recruter les meilleurs scientifiques occidentaux. En fait, il avait reçu des subventions pour un montant supérieur à plus de 15 millions de dollars9.

Cette China Connection est désormais mobilisée pour diriger le débat médiatique sur la « crise sanitaire » dans un sens favorable à la Chine. Il n’est jamais question de la responsabilité, volontaire ou non, des autorités communistes chinoises, mais uniquement du caractère naturel et inattendu de la pandémie. Ces prises de position mettant régulièrement en avant les actions chinoises de soft power humanitaire, en fait de véritables campagnes de propagande propres aux régimes communistes.

Dans ce domaine, l’action de Jack Ma, propriétaire d’Alibaba – site de commerce en ligne – milliardaire et membre éminent du Parti communiste chinois est révélatrice. Sa promesse de fournir deux millions de masques à l’Europe, chiffre médiocre quand on pense au milliard de masques que comptait encore les réserves françaises en 2012, semble bien être tenue, mais les livraisons – à hauteur de 500 000 pièces – débutent, à la demande du Roi des Belges, par Liège, future hub européen de ce géant de la vente10. L’action de Jack Ma ne se focalise pas uniquement sur l’Europe, mais s’étend aussi à l’Afrique où ses dons s’élèvent à 100 000 masques pour chacun des 54 pays du continent11.

Étonnamment, le « philanthrope chinois » choisit l’Éthiopie, pays excentré, pour la coordination logistique des livraisons vers l’ensemble des pays du continent africain12. En fait, le choix de l’Éthiopie, s’expliquerait par la nationalité et l’orientation politique du Directeur général de l’OMS. En effet, cette organisation internationale au rôle initial controversé est dirigée par Tedros Adhanom Ghebreyesus, ancien ministre des Affaires étrangères d’Éthiopie, issu des rangs du Front de libération du peuple du Tigré – formation politique basée sur « une idéologie issue d’un bricolage mêlant léninisme, marxisme, maoïsme et libéralisme »13.

Le 16 avril 2020, face à la pandémie, le Président Emmanuel Macron concède qu’en Chine «  il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas ». Ceci confirmant le constat établi dès 1951 par Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme où celle-ci notait que la propagande totalitaire communiste consiste à « établir un monde fictif capable de concurrencer le monde réel, dont le principal désavantage est de ne pas être logique, cohérent et organisé »14.

Toutefois ce monde fictif prend la forme bien réelle de poursuites administratives contre le premier lanceur d’alerte, le docteur Li Wenliang, communiste, décédé le 7 février 2020 à l’hôpital central de Wuhan. D’autres formes de répression s’abattent sur ceux qui dénoncent dès les premiers moments la gestion chinoise de la crise. On reste aujourd’hui sans nouvelles de Fang Bin, businessman, Chen Qiushi, avocat, Li Zehua, blogger, et Ai Fen, médecin.

En France, beaucoup de défenseurs des droits de l’homme restent muets devant de tels agissements. Étonnement, leur activisme avait été bien plus fort lors de la découverte  d’un supposé programme biologique irakien ou après l’utilisation d’armes dites chimiques par le gouvernement syrien. Ce sont encore les mêmes qui par leur soutien à la politique de sanctions, contraignent la Russie à une alliance avec la Chine donnant accès à ce pays à des matières premières et du matériel militaire à prix bradés.

Face à la situation actuelle, les défenseurs des droits de l’homme ne font aucune demande visant à la création de « masques blancs » en Chine, à l’instar des « casques blancs » en Syrie. Ils n’exigent pas non plus la mise en place d’une mission indépendante d’experts internationaux ayant pour mandat de faire jaillir la vérité sur la responsabilité des autorités communistes chinoises dans la diffusion du Covid-19.

À quelques semaines d’un possible déconfinement, un constat s’impose : « nous sommes en guerre » mais si rien n’est fait, le seul vainqueur de cette  guerre sera la Chine.

Ceci est vrai dans les domaines idéologique, économique, voir militaire.

Après deux mois de confinement sous contrôle policier, puis l’utilisation prévue de méthodes de traçage potentiellement attentatoires aux libertés publiques, ce sont les valeurs de l’Occident qui sont atteintes.

Dans les mois à venir, ce sont les masques, les tests, les médicaments de réanimation, les smartphones utiles pour la géolocalisation et la création de QR-code, tout comme les équipements de traitement de « Big Data », – tous des produits chinois qui seront les plus demandés.

Enfin, de façon plus stratégique encore, notons que les infrastructures militaires occidentales les plus exposées au Covid-19 paraissent être des porte-avions américains (USS Theodore Roosevelt, USS Ronald Reagan, USS Nimitz)15 et le porte-avions français Charles-de-Gaulle, – des types de bâtiments encore insuffisamment présents dans l’arsenal militaire chinois16 (Liaoning, Shandong). À moindre coût, le Covid-19 met hors d’état les fleurons de la marine occidentale.

En même temps, il ne faudrait pas oublier, face à la catastrophe humaine et économique actuelle et encore à venir, que l’implication de l’État chinois est avant tout celle du Parti communiste chinois (PCC). Comme l’indique le préambule de la Constitution, « sous la direction du parti communiste chinois et guidées par le marxisme-léninisme, la pensée de Mao Zedong, les théories de Deng Xiaoping […] les ethnies chinoises continueront de suivre la voie socialiste »17. C’est selon cette logique qu’il convient de comprendre la proposition de loi récemment présentée par Josh Hawley, sénateur républicain du Missouri, autorisant des poursuites contre le PCC et l’ouverture d’une enquête internationale : « Il y a des preuves évidentes que les mensonges, les tromperies et l’incompétence du PCC sont la cause de la transformation du Covid-19, initialement une maladie localisée en une pandémie globale… Il est nécessaire de lancer une enquête internationale afin de connaître l’étendue des dommages infligés au monde entier par le PCC»18.

Désormais il est primordial de comprendre que nous ne sommes plus devant une simple crise sanitaire, mais devant une pandémie meurtrière qui constitue un dernier avertissement quant à la survie du monde libre, de l’Occident.

Gaël-Georges Moullec
Docteur en Histoire contemporaine, chargé de cours à la Rennes School of Business et à Paris 13

  1. Les ventes dans les « wet markets » représentent un tiers des achats alimentaires de détail. Le chiffre d’affaires de l’industrie des animaux sauvages représente entre 74 et 112 milliards de dollars et contribue à l’emploi de 14 millions de personnes en provenance des régions les plus pauvres de Chine. Voir: Aylin Woodward, “China just banned the trade and consumption of wild animals. Experts think the coronavirus jumped from live animals to people at a market”, Business Insider, February 25, 2020, 2:09 PM; David Fickling, “China is reopening its wet markets. That’s good”. Bloomberg Opinion, April 3, 2020, 8.00 PM EDT.
  2. Depuis 1988 la législation chinoise comprend plus de 30 textes réglementant l’élevage, le commerce et la protection des espèces animales. Law of the People’s Republic of China on the Protection of Wildlife, https://www.ecolex.org/details/legislation/law-of-the-peoples-republic-of-china-on-the-protection-of-wildlife-lex-faoc006515/.
  3. Gérald Roux, Le rôle de la déforestation et de la pollution dans l’épidémie de Covid-19, FranceInfo, 23 mars 2020, 09 :42.
  4. La comparaison est osée mais il est clair que la catastrophe de Tchernobyl est d’une ampleur bien moindre que la pandémie actuelle. David Choi, “Republican senator suggests worse than Chernobyl’ coronavirus could’ve come from Chinese ’superlaboratory’”, Business Insider, February 3, 2020, 6:15 PM.
  5. Frédéric Lewino, Gwendoline Dos Santos, « Le virus du Sars-coV-2 a-t-il été créé par l’homme ? Tous les éléments pour en juger », lepoint.fr, 18 avril 2020.
  6. Daniel Ren, “China boosts face mask production capacity by 450% in a month, threatening a glut scenario”, South China Morning Post, 16 March 2020, 09:30am.
  7. Jan van der Made, « ‘Face mask diplomacy’  benefits Chinese billionaires as Covid-19 spreads », rfi.fr, 27 March 2020, 16:17.
  8. Voir l’article particulièrement détaillé et informé de Philippe Reltien, « Covid-19 : enquête sur le P4 de Wuhan, ce laboratoire en partie financé par la France où a été identifié le virus », francetvinfo.fr, 17 avril 2020, 14 :09.
  9. Nidhi Subbaraman, “Harvard chemistry chief’s arrest over China links shocks researchers”, nature.com, 03 February 2020.
  10. Belga avec la rédaction, « Coronavirus : le roi Philippe est intervenu pour que la Belgique reçoive 500 000 masques, Libre ECO, 16 mars 2020, 18 :33.
  11. Ali Attar, « Jack Ma offre à la France et à la Belgique des centaines de milliers de masques contre le Covid-19 », afrik.com, 18 mars 2020.
  12. Agnès Faivre, « Afrique : quand Jack MA trace sa route », lepoint.fr, 14 avril 2020, 15 :53.
  13. Voir sur ce sujet: Jean-Nicolas Bach, “Abyotawi democracy; neither revolutionary nor democratic, a critical review of EPRDF’s conception of revolutionary democracy in post-1991 Ethiopia”, Journal of Eastern African Studies, Volume 5, 2011, Issue 4: Ethiopia’s revolutionary democracy, 1991-2011, p. 641-663.
  14. Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme, Edition Quarto, Gallimard, 2002, p.683.
  15. Il y a encore quelques mois l’invulnérabilité des porte-avions, pièces maitresses de la stratégie américaine face à la Chine, semblait selon l’amiral John Richardson, l’ancien Chef des opérations navales de la marine américaine, parfaitement assurée. Loren Thompson, “Why China Can’t Target U.S. Aircraft Carriers”, Forbes.com, August 9, 2019, 09:56.
  16. Defense Intelligence Agency, China Military Power – Modernizing a Force to Fight and Win, 2019, 125p.
  17. Constitution de la République populaire de Chine de 1982 avec amendements de 2004, Préambule. www.chine.in.
  18. “Senator Hawley Announces Bill to Hold Chinese Communist Party Responsible for COVID-19 Pandemic”, Constitution de la République populaire de Chine de 1982 avec amendements de 2004, www.hawley.senate.gov.,Tuesday, April 14, 2020.