• Contact
  • Abonnez-vous
  • Contribuez
Panier / 0,00 €

Votre panier est vide.

Abonnez-vous à la newsletter
Revue Politique et Parlementaire
  • Se connecter
S'abonner
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours
Contribuez aux débats
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
Aucun résultat
Voir tous les résultats
dans Politique

Qui tient encore la maison commune ?

Virginie MartinParVirginie Martin
16 février 2026
Qui tient encore la maison commune ?
Tribune

Il y a des crises visibles. Et puis il y a celles qui travaillent les sociétés en profondeur sans faire la une. La crise des services publics n’est pas un signal faible. La pénurie d’enseignants, la désertification médicale, les difficultés de recrutement dans la police, la raréfaction des candidatures aux mandats locaux sont documentées, chiffrées, débattues. Rien de tout cela n’est invisible. Mais le cœur du problème est ailleurs.

La question véritable est plus dérangeante : qui accepte encore d’incarner la contrainte collective ? Qui accepte d’absorber la conflictualité sociale, d’endosser l’autorité, de tenir la règle, d’assumer l’exposition permanente ? Ce qui se joue n’est pas seulement une dégradation organisationnelle. C’est une mutation anthropologique.

Nous assistons moins à un effondrement qu’à un retrait. Un retrait silencieux, rationnel, peu spectaculaire. Le coût subjectif de l’engagement public a explosé. L’exposition numérique constante, la judiciarisation, la violence verbale, la suspicion généralisée, l’inflammation permanente des récits transforment l’engagement en zone de risque. Servir le commun n’est plus seulement exigeant : il devient dangereux, parfois dissuasif.

Plus l’espace public s’hystérise, plus il se sur-idéologise, plus la conflictualité devient identitaire, plus ceux qui tenaient la mesure se retirent. Les profils stabilisateurs, les médiateurs, les compétents capables d’habiter la complexité sans la transformer en guerre culturelle désertent progressivement l’arène. Les plus qualifiés s’internationalisent lorsqu’ils en ont la possibilité. D’autres choisissent le repli stratégique vers le privé. Les vocations politiques locales s’amenuisent, tant la fonction expose et consume.

Ce désengagement n’est pas une révolte. C’est une désaffection. Et c’est précisément ce qui le rend inquiétant.

Émile Durkheim rappelait que les institutions vivent parce qu’elles sont portées par des individus qui y croient. Sans cette « chair », il ne reste que la structure. Or nous voyons émerger un double mouvement : d’un côté des institutions de plus en plus froides, procédurales, technocratiques ; de l’autre un espace public dominé par l’entertainment, l’indignation et la performativité émotionnelle. Entre les deux, la médiation se raréfie.

La fragmentation n’est pas nouvelle. Mais sa normalisation l’est peut-être. Chacun évolue dans sa bulle narrative, optimise sa trajectoire individuelle, protège son périmètre privé. Le commun devient une externalité plus qu’un horizon. Ce n’est pas que l’État tombe. Il tient encore. Les infrastructures administratives possèdent une inertie remarquable. Mais le désir de les incarner s’affaiblit.

Lorsque les profils mesurés se retirent, l’espace public se recompose autour des plus déterminés, des plus idéologisés ou de ceux que la fonction elle-même finit par durcir. L’équilibre se modifie sans fracas, mais en profondeur. Ce qui disparaît, ce n’est pas la procédure. C’est la densité humaine qui la rend vivante.

Nous avons multiplié les récits de réussite individuelle, les récits technologiques, les récits d’indignation. Nous avons beaucoup moins de récits désirables du service du commun. L’engagement collectif apparaît sacrificiel, voire naïf. Or une démocratie ne peut durablement reposer sur l’abnégation d’une minorité.

Il ne s’agit pas simplement de réformer des structures ou d’augmenter des budgets. Il faut interroger le logiciel narratif. Quel récit positif du service collectif sommes-nous capables de produire ? Quelle valorisation symbolique offrons-nous à ceux qui choisissent d’enseigner, de soigner, d’administrer, de s’engager localement ? Sans reconstruction d’un imaginaire désirable du commun, les correctifs techniques resteront insuffisants.

Ce qui se joue n’est pas l’effondrement spectaculaire de l’État. C’est la raréfaction progressive du désir de le porter. Une société peut continuer à fonctionner tout en se refroidissant. Elle peut conserver ses institutions tout en perdant la croyance qui les anime.

La question n’est donc pas seulement « qui tient la maison commune » ?

C’est : pourquoi aurait-on encore envie de la tenir ?

Repenser le narratif, repenser le software collectif, redonner une désirabilité à l’incarnation du commun : voilà peut-être l’enjeu central. Sans cela, la fragmentation cessera d’être un phénomène conjoncturel pour devenir une morphologie durable.

La démocratie ne disparaît pas toujours par rupture. Elle peut s’évider lentement, jusqu’à devenir une mécanique sans chair.

La vraie urgence est là.

Dr Virginie Martin
Politiste, sociologue
Professeure et chercheuse à Kedge Business School
Co-fondatrice de Spirales Institut

Virginie Martin

Partager sur LinkedinPartager sur XPartager sur Facebook

Les derniers articles

Entre flemme et sens du devoir

17 octobre 2026, le jour où le macronisme a pris fin

ParMarie-Eve Malouines

Alors que les pillages se poursuivaient devant des Français hébétés, Emmanuel Macron a pris la parole et constaté son impuissance....

IA, croissance commerciale et services immobiliers : une obligation de se réancrer sur les savoir-faire métier

IA, croissance commerciale et services immobiliers : une obligation de se réancrer sur les savoir-faire métier

ParHenry Buzy-Cazaux

Sans conteste, les métiers de service au logement, la transaction et la gestion immobilières, ont dans cette période une importance...

Gambetta ou le courage de la République

Gambetta ou le courage de la République

ParRedaction

Dans le cadre du cycle de conférences "Le courage en politique", la Revue Politique et Parlementaire et la Conférence Olivaint...

Discours du général de Gaulle face à la crise étudiante de mai 1968

Discours du général de Gaulle face à la crise étudiante de mai 1968

ParNoé Bolzer

À la fin du mois de mai 1968, la France est paralysée par les grèves, les manifestations et une contestation...

Retrouvez nos dernières vidéos

Sorry, there was a YouTube error.

Inscrivez-vous à notre Newsletter

Related Posts

Gambetta ou le courage de la République
Politique

Gambetta ou le courage de la République

Le Blue Labour et l’avenir des gauches européennes
Politique

Le Blue Labour et l’avenir des gauches européennes

L’ordre ou le chaos
Politique

L’ordre ou le chaos

Communication politique, rhétorique et influence : de la mise en scène du pouvoir à la délégation de la persuasion
N°1118

Communication politique, rhétorique et influence : de la mise en scène du pouvoir à la délégation de la persuasion

Politique

Arrêtez de mépriser le peuple.

Nos lycéens doivent être écoutés , mais surtout entendus.
Politique

Nos lycéens doivent être écoutés , mais surtout entendus.

Le zigzag macronien For sure ou la particule élémentaire d’une mythologie faible
N°1118

Le zigzag macronien For sure ou la particule élémentaire d’une mythologie faible

La RSE est morte, vive la RSE !
N°1118

La RSE est morte, vive la RSE !

Article suivant
Le 13 magique ?

Le 13 magique ?

La Revue Politique et Parlementaire
10 rue du Colisée 75008 Paris
Email : contact@revuepolitique.fr
Téléphone : 01 76 47 09 30

Notre Histoire
L'équipe
Mentions légales

Culture
Economie
Faut… de la géopolitique
International
La tribune du parlementaire
Libre opinion
Politique
Science et technologie
Société
Vie du parlement
Nos vidéos

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Se connecter

Add New Playlist

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours

Revue Politique et Parlementaire