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dans Politique

Signification et portée de la marche sur Rome : Europe, Amérique latine

RedactionParRedaction
4 novembre 2022
Signification et portée de la marche sur Rome : Europe, Amérique latine

Dans le cadre du projet ANR EUROFA et avec l’appui de l’UMR SIRICE, Olivier Dard et Didier Musiedlak organisent un colloque international les 17 et 18 novembre sur le thème « Signification et portée de la marche sur Rome : Europe, Amérique Latine ».

À l’occasion du centenaire de l’arrivée au pouvoir de Mussolini et de la naissance du régime fasciste, le propos de ce colloque international organisé sous l’égide de l’ANR EUROFA est de s’interroger sur les perceptions de cet évènement en Europe et en Amérique latine. C’est en effet la marche sur Rome, du 28 au 30 octobre 1922, qui permit à Mussolini d’arriver au pouvoir. Ayant pris le train le 29 octobre au soir, ovationné à son départ de Milan par la foule, Mussolini franchit le Rubicon en wagon lit et est appelé à diriger le pays. Mais Mussolini ignore sans doute qu’il va conserver le pouvoir durant plus de vingt ans en fondant un régime nouveau qui ne tarde pas à devenir un modèle en termes de modernité politique. Dans ces conditions en raison de cette temporalité même, est-il légitime de considérer la « marche », en reprenant l’expression de Pierre Nora, comme un « évènement monstre » qui modifie le cours de l’Histoire, à l’instar de la prise de la Bastille, la Révolution d’octobre 1917 ou le 30 janvier 1933 ou la chute du shah en 1979 ?

Répondre à cette question impose en premier lieu de s’interroger sur le statut de l’évènement même en Italie en essayant de faire le point sur les modalités de la prise du pouvoir opérée par Mussolini. Est-on en présence d’un véritable coup d’Etat perpétré le Parti fasciste et Mussolini ? Le duce a-t-il été inspiré par l’épopée de Gabriele d’Annunzio à Fiume ? Dans quelle mesure est-il légitime d’assimiler le 28 octobre 1922 à une révolution ? Le régime après l’évènement a-t-il contribué à le transformer en mythe ? L’évènement dans sa matérialité a-t-il été pensé immédiatement par les contemporains comme un événement majeur ou une simple révolution de palais en Europe et hors d’Europe, en particulier en Amérique latine ?

C’est à partir de ce questionnement initial qu’il est possible d’aborder un second temps en examinant la façon dont différents pays en Europe (Angleterre Allemagne, Autriche, France, Espagne, Portugal..) et hors d’Europe (Argentine, Brésil) se sont appropriées progressivement les éléments du fascisme conçu comme un nouveau modèle (politique, social et culturel) qui serait en mesure de s’opposer à la fois à celui de la démocratie libérale et du communisme. Pour ce faire il convient de saisir à l’aune de chaque culture nationale les temps forts et les limites de ces circulations et transferts en soulignant sur le plan de l’appropriation les processus de déformation et les rythmes chronologiques qui en constituent les fondements. Une telle enquête nécessite davantage une approche historique qu’une démarche de science politique dont les linéaments sont déjà connus.

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