• Contact
  • Abonnez-vous
  • Contribuez
Panier / 0,00 €

Votre panier est vide.

Lire Le dernier numéroLe dernier numéro
Revue Politique et Parlementaire
  • Se connecter
S'abonner
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Culture
  • Société
  • Science et technologie
  • La cité des débats
    • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
    • Aimons-nous encore la liberté ?
    • Savoir, pouvoir et démocratie
    • S’engager au 21ème Siècle
  • Le printemps des techno
    • Edition 2023
    • Edition 2024
    • Edition 2025
  • Boutique
    • Les numéros
    • Abonnement
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Culture
  • Société
  • Science et technologie
  • La cité des débats
    • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
    • Aimons-nous encore la liberté ?
    • Savoir, pouvoir et démocratie
    • S’engager au 21ème Siècle
  • Le printemps des techno
    • Edition 2023
    • Edition 2024
    • Edition 2025
  • Boutique
    • Les numéros
    • Abonnement
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
Aucun résultat
Voir tous les résultats
dans Politique

Du malentendu en démocratie et de l’oreille d’un président

Vincent MilletParVincent Millet
21 mars 2023
Du malentendu en démocratie et de l’oreille d’un président

Le malentendu est un accident relationnel qui s’ignore. Et c’est précisément de cette ignorance qu’il tire sa force. Plus on l’ignore comme tel, plus le pouvoir masqué du malentendu peut déployer sa redoutable force comique ou dramatique mais dès qu’il se dévoile dans sa réalité d’accident relationnel, il disparait. L’évoquer c’est le dissiper. Le mot s’épuise avec la chose.

Continuer à patauger dans un malentendu alors même que celui vient d’être dévoilé, c’est afficher sa mauvaise foi. Mauvaise foi (première définition) : continuité ou prolongement d’un malentendu dévoilé.

Alors que la grandeur du débat démocratique consiste à dialoguer et à dissiper les malentendus sans abandonner ses convictions, on assiste de plus en plus souvent à des justifications erronées, des mensonges avérés, et des attitudes dignes d’une arène de jeux de cirque où le pugilat a remplacé le débat parlementaire et contradictoire.

Macron et la gauche ? Une aspiration (au début peut-être), un calcul (souvent), un malentendu (la plupart du temps). Malentendu dévoilé qui n’en est donc plus un : Macron a bel et bien rejoint son camp.

Cette réforme permettrait la retraite pour tous à 1200 euros ? Au mieux, un malentendu, au pire un mensonge. Maintenant que l’économiste de gauche Mickael Zemmour (homonyme de l’autre mais son antonyme absolu d’un point de vue politique) a dévoilé la supercherie, le gouvernement ne peut plus brandir cette argutie sans afficher sa mauvaise foi.

La NUPES ? Un arrangement pour beaucoup, un malentendu pour certains. Ces derniers doivent maintenant retrouver le sens de la gauche sociale-démocrate et de la mesure car la volonté d’obstruction démocratique et de buzz systématique a sonné le glas de la réconciliation.

Ceux qui au LR jouent les vierges effarouchées face à la réforme ? Aucun malentendu, juste un mauvais calcul politique qui les disqualifiera pour longtemps ; cette réforme était quand même quasi la leur ! Ils ne pourront pas plaider le malentendu pour faire illusion. Mauvaise foi (deuxième définition) : invoquer un malentendu qui n’existe pas

Le RN au pouvoir ? Un risque qui, pendant longtemps, a été considéré comme un malentendu (« les gens expriment leur colère et leur désarroi mais ça n’arrivera pas ») Ce risque s’actualise pourtant d’élections en élections.

Le 49, 3 ?  Sans refaire toute l’histoire de cet outil, ayons simplement à l’esprit que son utilisation sera qualifiée de normale et constitutionnelle ou de déni démocratique selon que l’on se situe dans la majorité ou l’opposition.

Les considérations changent avec la fonction et fragilisent ainsi la confiance des français face au théâtre politique.

Cet article 49,3 donc, qui nonobstant sa légitimité constitutionnelle, pourrait s’avérer dangereux dans la séquence politique actuelle. Comme le compte n’y était pas, Elisabeth Borne et Emmanuel Macron ont choisi de passer en force pour rassurer les marchés financiers, et ainsi éviter les conséquences d’une faillite annoncée (mais supposée). Le geste sacrificiel que la première ministre est convaincue de faire pour son pays (« jamais mon destin personnel ne me fera prendre une décision que je juge contraire à l’intérêt de mon pays ») risque de jouer à rebours. Elisabeth Borne pense réellement que cette réforme a abouti à un compromis acceptable entre les deux assemblées et que, sans la promulgation de celle-ci, un risque de faillite serait en jeu. Sa conviction n’est pas feinte, mais cela ne fait pas pour autant de cette réforme la bonne réforme. Le champ lexical de son dernier discours à l’assemblée est révélateur de ce qui anime son action : compromis (prononcé 6 fois) et responsabilité (prononcée 3 fois). Le malentendu est ici, sur le sens du mot responsabilité. Car une responsabilité peut en cacher une autre, plus urgente, et dans le tumulte actuel, la conséquence concrète de l’utilisation du 49,3 sera de fragiliser une démocratie déjà affectée par la vertigineuse défiance et méfiance des français envers les institutions. Dans ce jeu étrange du qui perd gagne (sa place contre la réforme), au-delà du destin personnel d’Elisabeth Borne, le véritable perdant sera sans nul doute la démocratie.

Au lieu d’expliquer les efforts nécessaires pour remettre le système à l’équilibre et de proposer une réforme qui aurait dû s’élaborer avec plusieurs autres leviers (cf. ma dernière tribune « dessine-moi une retraite » du 3 mars 2023 dans la revue politique et parlementaire), on a exagéré le diagnostic ; ors, si le système n’est effectivement pas à l’équilibre, il n’est pas pour autant à l’agonie. Le gouvernement a agi comme si un risque vital de l’assurance retraite était en jeu et l’obligeait à adopter une temporalité d’urgentistes réformateurs !

Face à un risque vital, les explications ne sont plus les mêmes, et le gouvernement s’est ainsi embourbé dans une logique dangereuse.

Thierry Pech, le directeur général de Terra Nova rappelait sur France Inter (Emission Esprit Public du 19 mars 2023) que ce qu’il fallait sauver maintenant c’était le sens de la mesure et que pour cela, il fallait en faire preuve soit même. En ne donnant pas les bonnes explications, on crée du malentendu et on attise la crispation. Les fausses justifications, le débat empêché par LFI à l’assemblée et in fine l’utilisation du 49,3 donnera une victoire à la Pyrrhus ou une défaite immédiate.

En impactant en priorité les classes populaires et en cherchant, non pas les compromis sociaux avec les syndicats, mais les compromis politiques avec le LR, la crispation s’est accélérée et nous amène à la situation actuelle, avec un RN aux aguets et une tension démocratique inédite.

LFI, en refusant le débat contradictoire, a rajouté du chaos au chaos mais cela aura au moins permis d’évacuer le malentendu de la réconciliation à gauche.

Le malentendu le plus étrange est sans doute celui que le gouvernement entretient avec lui-même et qui se cristallise autour de la personne d’Elisabeth Borne, persuadée d’avoir trouvé les bons compromis et de proposer la bonne réforme alors même que de compromis, il n’en restera, pour beaucoup de français, que l’acception péjorative qui s’apparentera à une compromission.

A l’heure où je finis ces lignes, les deux motions de censure ont été rejetées, dont celle du groupe LIOT à 9 voix près. Une responsabilité nouvelle chasse l’ancienne. La colère gronde. Certains responsables politiques se nourrissent de cette colère et attisent les tensions ; comparer Emmanuel Macron à un dictateur nous en apprend plus sur la bêtise de ceux qui s’expriment ainsi que sur l’objet de leur détestation. Mais Macron est un réformateur sourd qui à force d’utiliser tous les moyens, pourvu qu’ils soient constitutionnels et qu’il en ait le droit, l’enferme dans une posture qui devient intenable. Il a l’occasion de reprendre la main en la tendant aux français. Mais comment accéder à son oreille ? Mr le président, entendez-vous la colère ? Mr Macron, comment apaiser une France aux bords de l’implosion ? Emmanuel, ne vois-tu rien venir ?

Vincent Millet
Enseignant à Tours

Photo : Alexandros Michailidis/Shutterstock.com

Vincent Millet

Partager sur LinkedinPartager sur XPartager sur Facebook

Les derniers articles

L’inquiétante attaque de Donald Trump contre les institutions économiques américaines

L’inquiétante attaque de Donald Trump contre les institutions économiques américaines

ParSylvain Bersinger

Entre ses attaques contre l’indépendance de la banque centrale ou sa remise en cause des statistiques officielles, Donald Trump lance...

La situation économique et sociale de la Corse, angle mort du projet d’autonomie ?

La situation économique et sociale de la Corse, angle mort du projet d’autonomie ?

ParMichel Monier

La situation économique et sociale de la Corse semble étrangement absente du débat public sur son autonomie, un débat tout...

De l’État stratège à l’État comptable : une régression française

De l’État stratège à l’État comptable : une régression française

ParBertrand Augéet1 autre

Vu d’ailleurs, la politique française offre un spectacle pour le moins paradoxal. Celui d’une Nation qui aime se penser universelle,...

« On bloque tout » ou la gravité perdue : quand l’imaginaire remplace le symbolique

« On bloque tout » ou la gravité perdue : quand l’imaginaire remplace le symbolique

ParPierre Larrouy

La radicalisation du mot d’ordre « On bloque tout » ne peut se comprendre sans l’inscrire dans une mutation anthropologique...

Retrouvez nos dernières vidéos

Sorry, there was a YouTube error.

Inscrivez-vous à notre Newsletter

Related Posts

La situation économique et sociale de la Corse, angle mort du projet d’autonomie ?
Politique

La situation économique et sociale de la Corse, angle mort du projet d’autonomie ?

Politique

Interview de Frédéric Masquelier

État de droit : résistons aux tentations du court terme
Politique

État de droit : résistons aux tentations du court terme

Et si le 8 mai et le lundi de Pâques devenaient les « Jours de la Défense » ?
Politique

Et si le 8 mai et le lundi de Pâques devenaient les « Jours de la Défense » ?

La Nouvelle Calédonie : premier essai pour la subsidiarité ascendante
Politique

La Nouvelle Calédonie : premier essai pour la subsidiarité ascendante

Le suicide politique programmé de François Bayrou : mourir debout pour que la France cesse de vivre à crédit 
Politique

Le suicide politique programmé de François Bayrou : mourir debout pour que la France cesse de vivre à crédit 

Le DOGE : une source d’inspiration pour la France ?
Politique

Le DOGE : une source d’inspiration pour la France ?

Le plan Bayrou entre risque politique et mesures paramétriques : une occasion manquée ?
Politique

Le plan Bayrou entre risque politique et mesures paramétriques : une occasion manquée ?

Article suivant
Le vide institutionnel

Le vide institutionnel

La Revue Politique et Parlementaire
10 rue du Colisée 75008 Paris
Email : contact@revuepolitique.fr
Téléphone : 01 76 47 09 30

Notre Histoire
L'équipe
Mentions légales

Culture
Economie
Faut… de la géopolitique
International
La tribune du parlementaire
Libre opinion
Politique
Science et technologie
Société
Vie du parlement
Nos vidéos

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Se connecter

Add New Playlist

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Culture
  • Société
  • Science et technologie
  • La cité des débats
    • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
    • Aimons-nous encore la liberté ?
    • Savoir, pouvoir et démocratie
    • S’engager au 21ème Siècle
  • Le printemps des techno
    • Edition 2023
    • Edition 2024
    • Edition 2025
  • Boutique
    • Les numéros
    • Abonnement

Revue Politique et Parlementaire