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« Africa Forward » au Kenya : renouveau de la France en Afrique ou signe d’effacement ?

Pascal DrouhaudParPascal Drouhaud
13 mai 2026
« Africa Forward » au Kenya : renouveau de la France en Afrique ou signe d’effacement ?
Analyse

Tandis que se tient à Nairobi, au Kenya, le Sommet « Africa Forward », réunissant une trentaine de chef d’Etat, beaucoup commencent à faire le bilan de la politique africaine de la France sous la présidence d’Emmanuel Macron. 

Le sommet co-organisé par le Kenya et la France, en présence du Chef d’Etat français et de son homologue kenyan, William Ruto, porte un nom inédit, affirmant ainsi, une rupture avec les sommets antérieurs à 2017, autant sur le fond marqué par la priorité économique, et sur la forme qui apparaitrait « moins paternaliste », sous-entendu « néo-colonialiste », reproche récurrent depuis des années, venant autant de la France que de l’étranger

« Partenariats Afrique-France pour l’innovation et la croissance » : pour la première fois depuis le 13 Novembre 1973, date de la première rencontre multilatérale sous la présidence de Georges Pompidou, se tient dans un pays anglophone et en Afrique de l’Est, un sommet réunissant les acteurs majeurs de la relation franco-africaine. 

Au même titre que les rencontres organisées par l’Espagne et le continent latino-américain, par les membres du Commonwealth et, depuis quelques années par la Chine sinon la Russie, la France renoue avec ce temps fort, diplomatique et à grande portée politique. Ce sommet ne parvient pas à passer inaperçu tant l’histoire, les enjeux, nourrissent les espoirs mais également les critiques. Elles sont à la hauteur d’une relation particulière qui évolue à travers des ruptures qui vont de pair avec les changements internationaux. Les indépendances à partir de 1958 tandis que le Général de Gaulle accédait au pouvoir et créait la Vème République, rompant avec la paralysie dans laquelle semblait être plongée la France qui venait de connaître en 12 ans d’une IVème République moribonde, 18 gouvernements (1946-1958). 

La relation avec l’Afrique était alors emblématique d’un lien qui se voulait « privilégié », pourtant construit dans l’épopée coloniale du XIXème et de la première moitié du XXème siècle. La Guinée fut la seule en 1958 à dire « Non » au Général de Gaulle. Après l’Indochine, le Maroc, la Tunisie et la piteuse expédition au Canal de Suez, il s’agissait pour le 1er Président de la Vème République de redonner à la France une marge de manoeuvre internationale ou les deux grands blocs risquaient de faire disparaître des voix qui, telle celle de la France, proposaient un positionnement intermédiaire et autonome. Avec l’Afrique de l’Ouest et centrale, il était proposé de porter une relation renforcée par une langue en partage, le français, (la République démocratique du Congo et l’Algérie étant en Afrique, en 2026, les deux pays les plus nombreux), un « maillage institutionnel » allant des alliances de sécurité qui trouvaient tout leur sens dans la guerre Est-Ouest, à une coopération technique dans tous les domaines. 

La disparition de l’ex-URSS et du système bipolaire à partir de 1991, a marqué une seconde rupture. Les partenaires économiques se sont diversifiés en quelques années : la Chine est devenue l’un des principaux partenaires du continent, suscitant beaucoup d’espoirs tandis que la réalité économique et les obligations financières envers Beijing, 25 ans après, renvoient à une approche beaucoup plus mesurée. Avec elle, la Turquie pour les infrastructures, le Maroc pour les investissements financiers et dans le secteur social, les pays du Golfe arabique comme les Emirats Arabes Unis, ont ouvert une concurrence économique et technologique sur le continent. 

La troisième rupture a été militaire et sécuritaire, illustrée par la présence française au Sahel. Dès janvier 2013, à la demande notamment, des autorités du Mali, la France est intervenue pour stopper la progression de colonnes djihadistes depuis la Ville de Mopti, au Mali, en direction de Bamako. Après, Dakar pouvait trembler, tout autant que Ouagadougou et pourquoi pas, le Golfe de Guinée ?  

Il s’agissait d’éviter que toute la partie occidentale de l’Afrique ne bascule vers une ligne politique dont la dangerosité  avait été révélée sur d’autres théâtres d’opération, notamment en Asie centrale. Comment entre 2013 et 2022, la France a t’elle pu passer du statut de « partenaire majeur pour la défense », apparaissant comme un  « sauveur » à celui de « force d’occupation » ? Peu après avoir ordonné aux forces françaises de stopper la progression des troupes djihadistes au Mali, François Hollande, alors Chef de l’Etat français, déclarait, depuis Sévaré, près de Mopti, devant une foule enthousiaste et avec son homologue malien, Diocounda Traoré, qu’il vivait « sans doute, la journée la plus importante de sa vie politique » tant l’intervention française était bien accueillie. 

En 2022, les forces françaises quittaient, contraintes et forcées par les tensions politiques nées de basculements politiques et de contre alliances dans les pays du Sahel directement concernés et impliqués dans le conflit interne, le Mali avant que ne suivent le Niger et le Burkina Faso. Ces pays ont créé depuis l’Association des Etats du Sahel (AES) en rupture avec la CEDEAO. (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) dont ils étaient membres, s’appuyant sur une alliance militaire russe. Réussissant son « grignotage » stratégique amorcé en République centrafricaine, la Russie et avec elle, les forces du Groupe Wagner reprises en main après la disparition d’Evgueni Prigojine le 23 Août 2023, par le Kremlin. Rebaptisées « Africa Corps », ces forces ont remplacé la France et les alliés africains (1) dans toute la frange sahélienne, n’empêchant malheureusement pas, les avancées très importantes, depuis le début de l’année 2026, du mouvement unifié islamiste, JNIM / Groupe de soutien aux musulmans et à l’islam. Parvenu aux portes de Bamako en Avril 2026 et après avoir atteint une partie du cœur du pouvoir malien, en éliminant, notamment, le Général Sadio Camara, Ministre de la défense malien (2), le JNIM menace le fragile équilibre sécuritaire de la région. 

Le Sommet « Africa Forward » porte la diversité d’une Afrique comptant 54 Etats : innovation et dynamique économique autant que technologique d’une part. Le commerce français avec l’Afrique représente 65 milliards d’Euros. Le total du commerce extérieur français est de 1300 milliards d’euros. Autant dire que les échanges avec le continent africain sont solides, mais restent modestes au regard du total. Plus de la moitié (55%) se réalise avec l’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunsie) et Egypte. 4 milliards marquent les échanges avec les pays du Sahara, près d’un1 milliard avec l’Afrique de l’Est (essentiellement le Kenya). L’Afrique centrale et australe (essentiellement Afrique du Sud) couvrent 20%. 

Autant dire qu’il est indispensable de développer les liens économiques: les secteurs des infrastructures, de la téléphonie, de l’IA, de l’agro-alimentaire, de l’aviation, la transition énergétique sont clairement identifiés. Pour l’Afrique dans son ensemble, « Africa Forward » porter une nouvelle fenêtre d’opportunités. Emmanuel Macron, dix ans après son discours d’Ouagadougou prononcé au Burkina Faso (3) , répète que « l’ère du pré-carré français » (zone d’influence en Afrique de l’Ouest, du Nord et centrale)  « est terminée ». C’est aussi dans cette réalité que résident les limites de l’exercice, pris entre contradiction d’une influence diminuée, l’identité notamment francophone, qui a pu donner une visibilité sinon une force à la France comme à ses partenaires et alliés sur la scène régionale, internationale et onusienne. Renouveau pour les uns, abandon sinon rejet, bienvenu, pour d’autres, la relation entre la France et l’Afrique ne laisse jamais indifférent. Pour sa dernière année de mandat, le président français veut laisser une nouvelle marque dans cette relation passionnelle tout en donnant le sentiment d’ «enjamber » ou du moins, de « s’affranchir » de la dangerosité des crises au Sahel qui ont entrainé la France, co-responsabilité stratégique oblige, dans des conflits longs et incompris au fil du temps. 

Le sommet du Kenya s’inscrit dans cette stratégie de rééquilibrage dans une Afrique qui va compter deux milliards d’habitants en 2050 dont 80% de cette population aura moins de 25 ans. Le contexte géopolitique pèse lourd : la guerre en Iran, les tensions sur les lignes d’approvisionnement et d’acheminement agro-alimentaires, les foyers de conflits du Sahara à la région des Grands Lacs ou du Soudan (4) ne manquent pas.  

Entre perspectives et lacunes, le Sommet Africa Forward cristallise les ambiguïtés des relations Afrique-France en 2026. D’un côté, il témoigne d’une réelle évolution : diversification des partenaires, primat de l’économie et de l’innovation, reconnaissance explicite de l’agence africaine. De l’autre, il révèle les limites d’un repositionnement qui peine encore à rompre avec les schémas anciens de dépendance et d’influence. Son succès ne se mesurera pas aux discours d’ouverture ni même aux accords signés, mais à leur mise en œuvre concrète dans les prochains mois, tandis qu’Emmacron Macron entame la dernière année de son second mandat. 

Pascal Drouhaud,
Spécialiste en relations internationales, Chercheur associé auprès de l’Institut Chosieul, 

 

— 

Notes 

 

1)     De Janvier 2013 à Septembre 2014, l’Opération Serval se déroule au Mali avec pour objectifs, le soutien aux forces maliennes dans leur action visant à repousser les forces des mouvements djihadistes : Ansar Dine dirigé par Iyad Ag Ghaly imposant la charia à Tombouctou en 2013 ; Al Mourabitoune avec Mokhtar Belmokhtar qui prête allégeance à l’Etat islamique en 2015 ; AQMI/ Al Qaida Maghreb Islamique ; Katiba Macina dirigé par Amadou Koufa. 

A partir de 2014, l’Opération Serval est remplacée par « Barkhane » et couvre cinq pays du Sahel : Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad. 5000 soldats français sont déployés avec le soutien des armées locales. Barkhane s’achève officiellement le 9 Novembre 2022. 

 

–        La France a perdu 58 militaires dans le cadre des Opérations Serval et Barkhane. ( 8 officiers ; 3 officiers mariniers ; 17 sous officiers ; 30 militaires du rang). 

–        Le Tchad a perdu 82 militaires dans le cadre des Opérations FATIM (soutien à Serval) et actions auprès de Barkhane. 

–        La Mauritanie a perdu 7 militaires dans le cadre de la force de l’ONU déployée au Mali, MINUSMA 

 

2)     Jama’at Nasr al-Islam wal -Muslim/ Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans » JNIM, est en 2026, la principale organisation djihadiste affiliée à Al Qaida dans la région du Sahel. Formée en Mars 2017, elle rassemblée les anciens groupes Ansar Dine, Katiba Macina, Al mourabitoun et AQMI. 

En coordination avec le Front de Libération de l‘Azawad/ FLA, (rebelles touarègues indepéndantistes), le JNIM a lancé une offensive le 25 Avril 2026 contre les principlaes villes du Mali (Gao, Kidal (aux mains du FLA), Mopti, Sébaré … Le JNIM est arrivé à Kati, la proche banlieue de Bamako et sont parvenus à frapper le pôle résidentiel protégé où se trouvaient le Ministre de la Défense et sa famille, tués dans un attentat au camion piégé. 

 

3)     Emmanuel Macron a prononcé à Ouagadougou, un discours qui fuit suite à la déclaration de Bamako de Juillet 2017 prononcé devant les chefs d’Etat du G5 Sahel. Considéré comme fondateur de « la doctrine Macron », marquant la « fin du pré-carré français », tout en affirmant le partenariat à la fois économique et de solidarité sur le plan sécuritaire. 

 

4)     Depuis le 15 Avril 2023, le Soudan connaît une guerre civile entre les Forces armée soudanaises (FAS) dirigées par le Général Abdel Fattah Al Burhan, et les Forces de soutien rapide (RSF), paramilitaires dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo. Depuis le début des hostilités, 150.000 morts sont à déplorer, 14 millions de personnes sont déplacées. (sur un total de 35 millions).

 

Pascal Drouhaud

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