• Contact
  • Abonnez-vous
  • Contribuez
Panier / 0,00 €

Votre panier est vide.

Abonnez-vous à la newsletter
Revue Politique et Parlementaire
  • Se connecter
S'abonner
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours
Contribuez aux débats
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
Aucun résultat
Voir tous les résultats
dans International

André Malraux et Israël : le voyage évanoui

Charles-Louis FoulonParCharles-Louis Foulon
23 novembre 2023
André Malraux et Israël :  le voyage évanoui

Le 23 novembre 1976 André Malraux nous quittait et le 23 novembre 1996 ses cendres étaient transférées au Panthéon. A l’occasion de ce double anniversaire, Charles-Louis Foulon revient sur le voyage avorté de l’écrivain-ministre sur la terre d’Israël.

Le 29 avril 1966, Le Figaro titrait : « ISRAËL AN 18  : État neuf, antique nation ». Ayant regardé la coupure de presse préparée par son cabinet, André Malraux écrivait sur une de ses notes roses de transmission : « Me donner l’ensemble du reportage quand je partirai pour Israël »[1]. Dans le dossier du futur voyage, figurait aussi un article relatant des déclarations d’Abba Eban, ministre israélien des Affaires étrangères. Devant ses parlementaires, il avait énoncé la fermeté du gouvernement formé en janvier : « Quiconque rêve d’anéantir Israël affrontera sa puissance défensive et sa volonté de survivre » ; il avait ajouté que la visite de Malraux était attendue « avec une vive impatience » et que lui serait réservé « le plus chaleureusement amical » des accueils[2]. Ce projet allait s’évanouir. Parce qu’il avait compris que, depuis la mort tragique de ses deux fils en mai 1961, chaque retour du mois fatal était celui des tentations suicidaires, son psychiatre, le Docteur Bertagna, décida de placer son plus illustre patient en isolement dans le pavillon de chasse de Marly. Le général de Gaulle avait donné son accord et son ami génial l’en avait remercié, le 2 mai, écrivant : « Mon Général. Je vous remercie d’avoir eu l’attention de me prêter Marly pour quelques semaines, Marly qui me permettra sans doute d’échapper à la clinique ». C’est sur son brouillon, griffonné à l’encre bleue, que le ministre avait ajouté son sans doute.

Protégé par des gardes républicains, servi durant la journée par un agent du Mobilier national, son confinement ne prit fin que le 7 juin rendant impossible la visite d’État de la fin mai que Le Monde avait annoncée dès le 9 avril. Tandis qu’à l’occasion du 47e anniversaire de la mort de l’écrivain-ministre et du 27e anniversaire de sa panthéonisation, un colloque international va évoquer, à Sciences-Po, André Malraux et la politique, personne ne saurait inventer les paroles que le ministre eut pu dire alors à Jérusalem. Dans le seul texte consacré au jeune État par l’écrivain, il avait écrit en 1955 : « Les Israéliens ne continuent pas les Israélites, ils les métamorphosent… L’État sioniste est né du courage ; sans lui (…) jamais le sionisme n’eût été arraché à l’utopie (…) Il n’y a pas d’Israël sans Bible, sans ce que devient la Bible dans une métamorphose qui engage jusqu’au divin ». On peut discerner dans ces mots la menace d’une gouvernance théocratique même si, dans son texte, Malraux évoquait une nation unissant « aux appels millénaires un rationalisme acharné » et un « peuple ravagé de Dieu (l’étant ) à peine moins de la justice ».

Alors que se poursuivent les affrontements entre Israël et le mouvement terroriste Hamas, nul ne sait ce que semblables circonstances auraient pu inspirer au ministre. Sans doute n’aurait-il pas tenu oralement des propos aussi surréalistes que ceux qu’il écrivit à Charles de Gaulle, le 7 juin 1966 : « Au moment de quitter Marly, permettez-moi de vous remercier d’avoir eu l’attention de m’y abriter. Il y a dans le jardin un lapin de garenne apprivoisé. Je lui ai conseillé de rester là pour le cas où vous reviendriez. Je vous prie d’agréer, mon Général, les assurances de mon dévouement affectueusement reconnaissant ». Après qu’à l’automne 1967, son président tant aimé eut évoqué les risques potentiels des suites de la guerre des six jours gagnée par le peuple sûr de lui et dominateur, la suite de ce voyage avorté fut classique : la mise en œuvre d’une exposition organisée à Paris de mai à septembre 1968, au Petit Palais, sous le titre Israël à travers les âges. Si Malraux en présida le comité d’honneur, les événements de mai et juin 68 ont empêché que cette manifestation culturelle rivalise avec l’extraordinaire succès de l’exposition des trésors de Toutankhamon qui, entre février et septembre 1967, avait attiré dans le même lieu plus d’un million de visiteurs, record longtemps inégalé. En 1970, l’ancien ministre confia au journaliste Pierre Galante qu’à ses yeux, le conflit israélo-arabe était provisoirement presque insoluble. Ses propos sur l’installation du foyer national juif en Palestine, tenus sur RTL le 9 mars 1974, eurent de quoi enchanter les sionistes : « pour des raisons qu’on ne peut absolument que saluer (…) quand on a été le peuple de la Bible, on a plus envie de revenir à Jérusalem que d’aller dans l’Ouganda ». Toutefois, évoquant les sabres brandis dans le Golan, il parlait d’un spectacle de marionnettes tragiques et du problème du Moyen-Orient, appelé à durer. Cette prophétie continue de se vérifier. L’actuelle tragédie nous renvoie tristement à d’autres mots d’André Malraux : ce n’est pas le bruit qui fait la guerre, c’est la mort…

Charles-Louis Foulon
Auteur de André Malraux, ministre de l’Irrationnel, Gallimard, 2010                                                                          
Co-directeur avec J. Mossuz et M. de Saint-Chéron du Dictionnaire Malraux, CNRS éditions, 2011

Photo : spatuletail/Shutterstock.com

[1] Destinée à Brandin, son camarade de collège. Les notes vertes étaient pour le directeur de cabinet, les blanches pour le chef de cabinet et sa secrétaire Madeleine Caglione redistribuait les dossiers.

[2] Dépêche AFP du 24 mars 1966.

Charles-Louis Foulon

Partager sur LinkedinPartager sur XPartager sur Facebook

Les derniers articles

Y’a qu’à taxer les riches !

Y’a qu’à taxer les riches !

ParSylvain Bersinger

Le contre-budget présenté par LFI repose sur une idée simpliste : les plus riches et les entreprises sont une source...

Le Blue Labour et l’avenir des gauches européennes

Le Blue Labour et l’avenir des gauches européennes

ParRedaction

La Revue politique et parlementaire et la Fondation Jean-Jaurès organisent deux journées de réflexion et de débat consacrées au Blue...

Faut-il supprimer Parcoursup ?

ParCarole Barjon

Cette clé d’entrée dans l’enseignement supérieur concentre de nombreuses critiques. Pourtant sa suppression ne répondrait pas forcément aux revendications des...

Relever les défis contemporains de la liberté d’expression

Relever les défis contemporains de la liberté d’expression

ParDavid Lacombledet1 autre

La liberté d’expression connaît une expansion historique. Contrairement à une idée largement répandue, elle ne traverse pas une phase de...

Retrouvez nos dernières vidéos

Sorry, there was a YouTube error.

Inscrivez-vous à notre Newsletter

Related Posts

Une amitié à l’épreuve des faits : lecture indienne des dix-huit premiers mois de la présidence Trump
International

Une amitié à l’épreuve des faits : lecture indienne des dix-huit premiers mois de la présidence Trump

La rivalité sino-américaine ou la confrontation de deux régimes de gestion du capital
International

La rivalité sino-américaine ou la confrontation de deux régimes de gestion du capital

Géopolitique de Bab el-Mandeb : le défi houthi aux intérêts stratégiques français
International

Géopolitique de Bab el-Mandeb : le défi houthi aux intérêts stratégiques français

Comment les Chinois perçoivent-ils le second mandat de Donald Trump ?
International

Comment les Chinois perçoivent-ils le second mandat de Donald Trump ?

Trump II : la démocratie américaine à l’épreuve des contre-pouvoirs
International

Trump II : la démocratie américaine à l’épreuve des contre-pouvoirs

Washington sans caméras, la presse fait bloc
International

Washington sans caméras, la presse fait bloc

Le moment trumpien, ou l’Amérique qui vient
International

Le moment trumpien, ou l’Amérique qui vient

Déconstruire les préjugés pour une paix durable entre le Liban et Israël
International

Déconstruire les préjugés pour une paix durable entre le Liban et Israël

Article suivant
Transformons Israël-Palestine en un Etat fédéral unique

L’édito d’Arnaud Benedetti avec notre partenaire Radio Orient

La Revue Politique et Parlementaire
10 rue du Colisée 75008 Paris
Email : contact@revuepolitique.fr
Téléphone : 01 76 47 09 30

Notre Histoire
L'équipe
Mentions légales

Culture
Economie
Faut… de la géopolitique
International
La tribune du parlementaire
Libre opinion
Politique
Science et technologie
Société
Vie du parlement
Nos vidéos

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Se connecter

Add New Playlist

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours

Revue Politique et Parlementaire