« Pour éviter le violent retour de tous les refoulés, il faudra de très grandes transgressions »

Pour Henri Guaino, auteur de Ils veulent tuer l’Occident (Odile Jacob) et ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, l’Union européenne a pris, depuis les années 80, un tournant très nettement inspiré par l’idéologie de la table rase des histoires, des cultures et des civilisations. Résultat : l’Europe est devenue une construction hors sol et hors temps qui ne veut pas tenir compte des réalités géographiques, historiques, économiques, sociales et psychologiques sur lesquelles doivent se bâtir les politiques.

« A cause des succès des populistes, mais aussi des écologistes, la vie politique européenne va commencer à ressembler à la « vraie vie » »

Dans le long entretien qu’il a accordé à Frédéric Lazorthes, Pierre Manent met à jour l’une des contradictions majeures de la dynamique de l’Union européenne : celle-ci préjuge une « force potentielle » qui de facto se heurte à « une faiblesse réelle ». Plus loin encore, le philosophe voit dans l’Europe actuelle une construction qui « a créé des liens entre les Européens, mais des liens qui restent pour l’essentiel en-deçà du politique ». 

« L’avenir, c’est le passé dans sa singularité inouïe. C’est ça l’Europe ! »

Figure majeure de la littérature contemporaine, éditeur et directeur de la revue L’Infini, Philippe Sollers a accepté de répondre aux questions d’Arnaud Benedetti et Alexis Lacroix. Pour celui qui se définit comme un écrivain européen d’origine française « lorsque tout s’effondre en Europe, il ne reste plus que la culture ».

« L’identité de l’Europe est d’abord celle de ses nations, grandes et petites, occidentales comme orientales »

Sociologue, enseignant et essayiste québécois, Mathieu Bock-Côté est l’auteur de nombreux ouvrages. Dans son dernière livre L’empire du politiquement correct, il scrute les mécanismes sur lesquels se fonde la « respectabilité politico-médiatique ». La Revue Politique et Parlementaire a demandé à cet observateur avisé de l’Europe quelle était sa vision de l’identité européenne.