Européennes : bien-pensants progressistes contre ennemis populistes, une dialectique politiquement faible

Lors de ces élections européennes, les principes du néolibéralisme s’affirment au grand jour comme une valeur sûre et incontestée en France. Pourtant, ses caractéristiques que sont la mise en place de politique de sacrifice, bien plus que d’austérité comme l’écrit Wendy Brown1 et d’effondrement des solidarités sociales – dues en grande partie à la désindustrialisation et au chômage – sont le reflet d’une réalité dommageable pour la communauté sociale et politique en Europe.

La crise de la conscience européenne et le progrès

L’Europe est à un tournant de son histoire. Depuis le vote britannique sur le Brexit, l’implosion frappe aux portes de l’Union européenne. Les résultats des élections au Parlement européen du 26 mai dernier confirment l’état de vulnérabilité critique de l’Union. Les votes en faveur des forces populistes, nationalistes et souverainistes n’ont jamais été aussi importants, installant davantage l’idée que la construction politique supra-nationale la plus avancée au monde est si fragile qu’elle peut se briser à tout moment.

Europénnes : les « populistes » ont-ils gagné ?

Après le Brexit et l’élection de Donald Trump, la vague dite « populiste » promettait de tout emporter. Puis l’élection de Macron a laissé espérer à certains observateurs un reflux : sous l’impulsion d’un jeune président europhile, ces derniers croyaient même que l’ouverture européenne pourrait connaître une nouvelle étape. Leur soulagement et leurs espoirs furent cependant de courte durée.

Abstention aux élections européennes de 2019 : la divine surprise

Plus de 400 millions de citoyens étaient appelés aux urnes, du 23 au 26 mai, dans les 28 pays de l’Union, dont la Grande-Bretagne, pourtant engagée dans un processus de sortie ! Ce scrutin pour élire le Parlement européen était évidemment très important car l’Union a un pouvoir de plus en plus fort sur les politiques suivies dans chaque pays et parce que le Parlement lui-même a vu son rôle se renforcer dans le processus de décision : il co-décide dans beaucoup de domaines avec les chefs d’État et de gouvernement, et il a maintenant un pouvoir sur la nomination du président de la Commission.

Deux points de vue sur les principaux enseignements des européennes

Du 23 au 26 mai, les citoyens des 28 pays de l’Union européenne ont élus leurs représentants au Parlement européen. Deux spécialistes, Gérard Le Gall, analyste politique, et Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof et enseignant à Sciences Po, décryptent pour la Revue Politique et Parlementaire le scrutin européen.

Esquisse d’un tableau futur de la géopolitique européenne

« L’histoire mondiale, c’est le tribunal du monde ». Par cette maxime définitive, Hegel affirmait l’ascendant absolu du processus historique pour livrer son diagnostic sur le monde ; il voyait l’État prussien moderne occuper la place sommitale qu’en réalité ni Guillaume II ni Hitler ne parviendront jamais à lui faire assumer.

« L’insularité appelle un traitement spécifique en termes économiques, politiques et sociaux »

Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, déplore que la dimension insulaire des îles ne soit pas prise en compte dans les politiques publiques de l’Union européenne. Or, la création d’un véritable espace euro-méditerranée est aujourd’hui plus que jamais un horizon d’actions indispensable pour l’Europe. Les territoires insulaires ont, en effet, un rôle majeur à jouer, notamment celui de pont entre la rive Nord et la rive Sud de la Méditerranée.