La science et le mensonge – Les dérives des technosciences

Par orgueil, par appât du gain, par soif de pouvoir, par maladresse ou naïveté et dans un contexte de course mondiale à l’excellence, de pression sociétale et médiatique, un scientifique peut être amené à trahir sa vocation : la quête de la vérité. Jean-Gabriel Ganascia s’est particulièrement intéressé aux différentes formes du mensonge dans les technosciences. 

Science sans confiance n’est que science-fiction

« Face au progrès remarquable de la science, l’existence de l’inconscient reste encore un antidote à la déshumanisation »[1.Charles Melman, L’Homme Sans Gravité, entretiens avec Jean-Pierre Lebrun, Gallimard, 2005.]. Cette citation d’un dialogue entre deux psychanalystes indique l’éclairage donné par cet article à la question des relations de la science et de la confiance.

Pierre d’angle ou pierre d’achoppement ? Les conditions actuelles des rapports entre sciences et religions

Face aux défis que les mondes scientifiques et religieux se lancent aujourd’hui, il convient sans doute de « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », afin de tirer le meilleur profit des questions, des défis mais aussi des connaissances et des valeurs propres à chacun. 

Les sciences humaines et sociales, à quoi bonnes ?

Leurs débuts, déjà, étaient difficiles. Alors que le droit et son alliée la science politique occupaient la quasi-totalité du territoire universitaire situé en dehors des sciences dites « exactes » et de la médecine, les sciences humaines et sociales, suspectées d’avoir été amenées sur le devant de la scène française et confortées par l’éruption de 1968, faisaient quant à elles figure d’accompagnement théorique des luttes, et se développaient grâce à des intellectuels visibles qui les associaient à un projet révolutionnaire, en général inspiré du marxisme. 

Qui réclame l’intégrité scientifique ?

Plusieurs enquêtes publiées dans la presse évoquent une augmentation sensible des méconduites scientifiques sans doute accélérée par une compétition internationale exacerbée. Ce constat a amené de nombreux pays et institutions qu’ils financent à s’intéresser à la problématique de l’intégrité scientifique. En 2016, Pierre Corvol s’est vu confier une mission par le secrétaire d’État en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche afin de proposer des solutions opérationnelles innovantes.

La science entre fake news et instrumentalisation

La science est actuellement dans une forte zone de turbulences. Parce que l’analogie trop hâtive entre la science et le progrès amène inéluctablement des désillusions sur l’incapacité « scientifique » à répondre aux nombreux défis, notamment environnementaux, de notre planète. Parce qu’il est de plus en plus délicat de délimiter une frontière entre ce qui relève réellement d’une démarche scientifique, enfin parce que celle-ci représente un enjeu de combat entre intérêts divergents, ce qui entraîne fréquemment une reprise de l’argument scientifique dans une perspective de légitimation d’un propos, la science se retrouve alors instrumentalisée dans un champ de controverses.

« Plus que jamais nous devons mener le combat contre les idéologies anti-science »

Dès sa nomination en 1981 au ministère de la Recherche et de l’Industrie, Jean-Pierre Chevènement ambitionne de redonner à la France la puissance scientifique, technique et industrielle qu’elle a connue sous de Gaulle. Il déplore que depuis la présidence de Mitterrand, la science et la recherche ne soient plus une priorité gouvernementale. 

La mesure de la science

« La science va sans cesse se raturant elle-même. Ratures fécondes » écrit Victor Hugo dans le chapitre L’Art et la Science de son livre William Shakespeare. C’était en 1864 ; un siècle et demi plus tard nous arrivons à un point où il y a trop de ratures, la science croule sous ses ratures. Comment discriminer le juste du faux, l’utile de l’inutile ?

« Aujourd’hui, encore plus qu’il y a 80 ans, la notion de coopération et de partenariat est essentielle »

Sous l’impulsion de scientifiques et de politiques visionnaires, le CNRS est créé en 1939 pour fédérer, centraliser et pérenniser l’effort de recherche de la France. 80 ans de transformations et de mutations plus tard, les hommes et les femmes du CNRS continuent de chercher des réponses aux enjeux contemporains tout en partageant des valeurs fortes : liberté de la recherche, travail en équipe, excellence scientifique. Devenu un acteur incontournable de la recherche internationale, le CNRS suscite admiration et respect à l’étranger.