Le Saint-Siège et le Liban

Les paroles fortes du pape François après la double explosion survenue le 4 août dernier dans le port de Beyrouth soulignent les liens étroits qui unissent le Saint-Siège et le Liban. Annie Laurent, qui fut experte au Synode spécial des Évêques pour le Moyen-Orient convoqué par le pape Benoît XVI (2010), retrace les relations particulières qu’entretiennent le pays du Cèdre et le Vatican.

Le rôle du latin dans l’histoire des maronites

Bien qu’elle soit d’expression liturgique syriaque, l’Église maronite connaît dès le XVIe siècle l’infusion du latin dans son histoire. La Contre-Réforme qu’engage l’Église catholique pour se prémunir contre l’expansion de la doctrine protestante exhorte les cardinaux à renouer avec l’Orient des croisades que l’Europe avait déjà quitté depuis le XIIIe siècle. Missions, délégations, correspondance vont désormais scander la vie de l’Église maronite, qui suivra ce renouveau scellé à son début par la création du Collège Maronite de Rome, d’où partiront des savants maronites, auteurs d’une foisonnante production latine en théologie ou en histoire.

Hydrodiplomatie pour une paix durable au niveau des bassins transfrontaliers

Depuis toujours, l’eau partagée entre les pays riverains constitue un facteur de tensions et de conflits majeurs. La gestion unilatérale des ressources hydriques et l’absence d’une politique de coopération convenable freinent la réalisation de la paix hydrique et engendrent une multitude de bouleversements qui menacent plus que jamais la région méditerranéenne.

Lorsque Napoléon III se portait au secours des chrétiens du Proche-Orient et s’intéressait au Liban

En 1860, le massacre des chrétiens du Proche-Orient (Liban et Syrie) perpétré par les musulmans druses et sunnites donnait lieu à la première grande expédition humanitaire d’interposition de l’histoire. La France de Napoléon III y jouait un rôle central. Elle était à la fois mandatée par l’Europe pour intervenir et limitée par celle-ci dans son action. Cet événement qui a 160 ans est d’une incroyable résonance aujourd’hui1.

La « Constitution sociale » de la Ve République

Lors du colloque anniversaire de la Constitution de la Ve République organisé en septembre 2018 à l’ENA par la Fondation Charles de Gaulle et l’Université PSL, j’ai été invité à répondre à la question de savoir s’il existe une « constitution sociale implicite de la Cinquième République ». La réponse à cette question tient en deux mots : oui, mais… Oui, une telle constitution sociale existe indéniablement. Mais elle a perdu de sa robustesse.

Le Grand Liban dans l’opinion publique – Éclairage sur les pétitions des archives françaises

Né suite à une série d’évènements allant de 1918 jusqu’au premier septembre 1920, date de sa déclaration par le Général Gouraud, le Grand Liban a été le fruit de concordance de faits, de volontés et de conflits. Autant de circonstances qui ont impliqué les groupes socio-politiques locaux et les instances politiques de l’époque, à l’échelle […]

Le Grand-Liban 1920-2020… Un très triste centenaire

« C’est en guenilles noires et sur un air de requiem que la République libanaise s’apprête à fêter dans quelques jours l’anniversaire de la proclamation du Grand-Liban par la France du général Gouraud, le 1er septembre 1920 »1. C’est par ces mots sombres que décrit Michel Hajji Georgiou, le Liban à la veille du Centenaire. En effet, c’est le ressenti général trois semaines après l’explosion cataclysmique du 4 août 2020 qui a meurtri Beyrouth, son port, ses fenêtres, ses sourires, ses couleurs et son âme… Le Centenaire est donc placé sous le signe de la tristesse et du deuil. Le président français Emmanuel Macron qui devait se rendre au Liban pour les festivités du Centenaire, s’est finalement retrouvé sur les ruines de Beyrouth, deux jours seulement après l’explosion, désormais désignée comme « Beirutshima ». Un très triste Centenaire… mais comment en sommes-nous arrivés là ?