La « violence », son instrumentalisation politico-médiatique et sa problématisation sociologique

Le 28 juillet 2021, le quotidien Le Figaro titrait : « Hausse spectaculaire des violences en France », prétendant révéler le « bilan analytique de la délinquance pour les six premiers mois de l’année ». La réalité serait catastrophique : « un tableau saisissant, où l’on découvre que le degré de violence dépasse déjà, en ce milieu d’année, le niveau atteint durant la séquence pourtant agitée des gilets jaunes au premier semestre 2019 ». En effet, « les homicides et agressions dépassent, de janvier à juin, le niveau d’avant la crise sanitaire sur la même période, alors que le climat de tension sociale s’est encore accru dans le pays ».

Maintien de l’ordre « à la française »  : le lien de confiance Police/population en question

Bénéficiant d’un haut niveau d’opinions favorables après les attentats de 2015, la Police a vu sa cote s’éroder au point, qu’en février 2020, un Français sur trois ne la jugeait plus digne de confiance. Dans l’intervalle, les manifestations de Gilets jaunes, en mettant en scène des affrontements d’une particulière violence, ont dégradé le lien de confiance Police/population.

Le wokisme ou le grand retournement de la « violence symbolique »

S’il est un terme dont le mouvement woke fait grand usage, c’est bien celui de « violence ». Ces « éveillés » (woke en anglo-américain familier) aux discriminations qui structureraient nos sociétés par leur multiplicité et leur recoupement (c’est le sens de la fameuse « intersectionnalité ») dénoncent en effet toutes sortes de violences : de la brutalité meurtrière contre George Floyd à la marginalisation des minorités, en passant par les « microagressions » subies, au détour d’un mot ou d’un geste « inapproprié ».

Violence(s) en Grèce antique : quels enseignements aujourd’hui ?

Que les sociétés de l’Antiquité grecque soient, ou ne soient pas, tout du moins totalement, des sociétés de violence est une question avec laquelle on ne peut que difficilement trancher, tant cette dernière, la violence, s’y exprimant pourtant de manière structurante – nous y reviendrons – et diffuse, ne cesse d’être à la fois affirmée, justifiée, exaltée et, dans le même mouvement, critiquée, niée et conjurée. Du reste, encore faut-il être capable de définir la notion ô combien problématique de violence que la présente publication entend interroger, à partir de ses manifestations diverses, et à l’aune des enjeux socio-politiques actuels.

Violence : un mot et des réalités

Omniprésente. Intemporelle. Partout et tout le temps : ainsi va la violence. Ce n’est pas se payer de mots que de considérer qu’elle est consub­stantielle à l’humanité. Elle est visible et invisible, elle s’infiltre dans les moindres recoins de nos cités et prend des formes aussi diverses qu’il existe d’interactions sociales. Elle peut être fondatrice ; les mythes nous le disent ; elle est le plus souvent destructrice, quand bien même serait-elle créatrice.

En finir avec l’afro-pessimisme

Longtemps victime d’une image négative dans les opinions publiques des pays occidentaux, l’Afrique subsaharienne, taux de croissance économique obligent, suscite aujourd’hui un intérêt grandissant auprès de leurs gouvernements et de leurs entreprises. Comme si au temps de l’afro-pessimisme succédait celui de l’afro-optimisme !