« Gilets jaunes » Les femmes en première ligne

L’une des particularités du mouvement des « gilets jaunes » est sa forte féminisation. Les femmes sont effectivement nombreuses à avoir endossé un gilet. Qui sont-elles ? Quel est leur parcours ? Qu’est-ce qui motive leur mobilisation ? Quelles sont leurs revendications ? Comment envisagent t-elles leur avenir ? Quelle évolution souhaitent-elles pour le mouvement ?

Maria Platon, 39 ans : « La droite comme la gauche nous prennent pour des imbéciles »

Je suis petite fille d’amiral de la flotte. Mes parents, soixante-huitards, se sont installés à Apt dans le Lubéron. J’ai deux filles. Je suis responsable d’un service commercial d’une entreprise de décoration d’intérieure. Mon salaire est équivalent au revenu médian mensuel après quatorze ans d’ancienneté, mais avec deux enfants je ne m’en sors pas financièrement. Après mon divorce, j’ai contracté un emprunt pour acheter une maison. 

Bien que je travaille beaucoup, y compris régulièrement à la maison le samedi et le dimanche sur des projets importants que je développe pour mon entreprise, le 15 du mois le réfrigérateur est souvent vide. En novembre dernier, alors que j’étais à la caisse d’un supermarché ma carte bancaire a été refusée et j’ai dû laisser mes  courses. Ma situation financière ne me permet pas d’aller au cinéma, de partir en vacances, d’avoir des loisirs. Comme je ne sors pas par manque de moyens financiers, il m’est difficile de rencontrer quelqu’un.

Lorsque ma voiture m’a lâchée, j’ai acheté un véhicule diesel pour pouvoir bénéficier de la prime à la casse de l’État. Mais quelques mois après, le gouvernement a décidé d’augmenter et de taxer le diesel. Cela m’a mise hors de moi. 

J’ai suivi le mouvement depuis son origine puis, très vite, j’ai décidé d’aller sur les ronds-points, seule. Ensuite j’ai vu l’un des leaders des « gilets jaunes » à la télévision. J’ai souhaité le rencontrer pour travailler avec lui. C’est ainsi que je me suis rendue le 5 janvier à la réunion de coordination nationale qui s’est tenue à Marseille. Jusqu’à cette date, je n’avais jamais eu d’engagement politique ou syndical, mais l’augmentation du diesel a été  la goutte qui a fait déborder le vase. J’ai toujours été à gauche. En 2012 j’ai voté Hollande, puis Macron en 2017. Mais je ne crois plus en la politique. La droite comme la gauche nous prennent pour des imbéciles et nous mentent. Ils font des cadeaux fiscaux aux plus riches. Emmanuel Macron est la marionnette des banques, des financiers, des lobbies. Je ne supporte plus son mépris avec ses petites phrases stupides telles que « vous n’avez qu’à traverser la rue pour trouver du travail ». Mais il ne changera pas tout comme les autres hommes et femmes politiques. 

Je ne souhaite pas la démission de Macron, car les autres ne sont pas mieux. Il faut qu’il reste jusqu’à ce que notre mouvement se structure.

Je suis pour bâtir une organisation politique qui mettrait en œuvre un changement profond de notre société.

Je veux une vie meilleure pour mes enfants, je ne veux pas qu’ils « galèrent » comme moi. 

Beaucoup de Français croient en cette révolution et soutiennent le mouvement. Je n’approuve pas les dégradations et la violence, mais les « gilets jaunes » ne lâcheront pas. 

Évelyne Meyffret, 61 ans :  « Je ne veux pas être tirée par le bas »

J’ai travaillé en qualité d’indépendante pour le Groupement européen des professionnels du marketing. Mais l’Association pour la défense de la famille et des individus, qui soupçonnait le groupement d’être une secte déguisée, l’a fait fermer. J’ai donc dû déposer le bilan de ma société. Je suis secrétaire médicale de formation, mais je n’ai pas réussi à retrouver du travail dans ce secteur. J’ai été nourrice dans un premier temps ce qui m’a permis d’élever mes deux enfants, puis pendant 27 ans j’ai travaillé dans les champs l’été et fait des ménages pour survivre. Ma vie privée était également difficile puisque mon mari me trompait. J’ai eu un cancer et fait une dépression. Au bout de 38 ans de mariage j’ai décidé de divorcer. Lorsque je me suis mariée à 20 ans j’étais heureuse, mais ce bonheur n’a duré que trois ans. 

Aujourd’hui, je fais des ménages et l’été je suis régisseuse pour des personnes  qui louent leur maison. Je suis payée en chèque emploi service. Je suis physiquement et mentalement épuisée, mais je ne peux pas financièrement m’arrêter de travailler et je n’ai jamais eu le réflexe de demander de l’aide. 

Les problèmes financiers entraînent des difficultés dans le couple, la famille, la santé. On m’a toujours dit que j’étais une battante, que j’étais forte, mais à un moment donné on n’y arrive plus. On garde le sourire pour préserver les enfants, mais ils comprennent les choses. Il nous est arrivé de ne manger qu’un jour sur trois pour pouvoir nourrir les enfants. On dit qu’il ne faut pas se plaindre car il y a toujours plus malheureux que soi, mais ce n’est pas une consolation. Je ne veux pas être tirée par le bas. 

Les femmes ont la capacité à encaisser beaucoup de choses mais elles réagissent avec le cœur.

Il ne faut pas toucher à la famille et surtout aux enfants. Elles se mettent souvent en retrait pour faire passer les autres avant. Mais lorsqu’il n’y a pas d’autres solutions, elles sont à l’avant garde et ne lâchent rien.

L’accumulation des choses a fait que j’ai décidé de prendre un gilet jaune et d’aller sur un rond-point. Je suis très réservée car lorsque l’on est en permanence rabaissée, on perd confiance en soi. Je ne sortais pas, mais là, je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, je n’ai pas hésité à aller rejoindre les « gilets jaunes ». Je me suis dis  que l’union faisait la force. 

On mène une vie de fou à essayer de toujours faire plus pour pouvoir s’en sortir. L’argent dirige tout. On découvre régulièrement que telle société ne paye pas de TVA, telle autre d’impôts. Ceux sont toujours les mêmes « couillons » qui payent.

Je veux que l’humain revienne au centre, qu’il puisse s’exprimer, qu’on l’écoute. Nous ne sommes pas des robots. J’ai du mal à m’adapter à cette société de plus en plus globalisée car j’aime les liens forts, l’honnêteté, la sincérité, pouvoir m’exprimer librement sans être jugée. 

Politiquement, j’étais proche des idées de Georges Marchais, je trouvais qu’il parlait avec le cœur, ce qui n’est plus le cas des hommes politiques actuels. Quand Macron fait un discours à la télévision, le regard fixe sur le prompteur, il est où le cœur ? Mais depuis quelques années, bien que la politique ne m’intéresse plus, mes idées sont plutôt à droite.Sur les ronds-points il y a des personnes de tous bords, ce qui prouve que les « gilets jaunes » ne sont pas des « moutons ». 

Nous marchons sur la tête. Nous sommes dans un pays qui créé de la richesse, mais nous n’en bénéficions pas. Si encore nos enfants en profitaient, mais même pas, seule l’élite en tire profit. 

Cependant, aujourd’hui, nous avons une conscience collective qui s’est développée, on ne peut plus accepter cette situation. Cette façon de se relier entre nous, c’est notre manière de dire stop.

Jade Escoffier, 52 ans : « Je suis à moi seule une synthèse des difficultés que vivent les « gilets jaunes » »

Je suis issue d’une famille de soyeux. Lors de la révolution des canuts mon arrière-arrière-grand-père s’est installé à Pélussin un village situé dans le parc naturel du Pilat où il a acheté une usine de moulinage. C’est  là que j’ai grandi. Mes parents, fonctionnaires, m’ont donné une éducation plutôt classique. Ma grand-mère, qui a élevée deux enfants seule pendant la guerre, s’est beaucoup occupée de moi lorsque j’étais enfant. Elle avait pour héro le Général de Gaulle et m’a donc transmis des valeurs telles que le courage, la résistance, le travail, l’engagement, cela m’a forgé le caractère. 

Très tôt j’ai compris que je ne supportais pas la société dans laquelle je vivais, le modèle français ne me convenait pas. À 18 ans, je suis donc partie travailler en Suisse, au Canada puis aux États-Unis. Mais lorsque j’ai eu ma fille en 1990, j’ai décidé de m’installer en France en me disant que je ferais au mieux. Je me suis très vite séparée de son père démissionnaire et irresponsable. J’ai donc élevée ma fille seule. Beaucoup de femmes se retrouvent aujourd’hui sur les ronds-points car elles ont des vies difficiles, sans aide. Par exemple, je n’ai jamais réussi à percevoir la pension alimentaire à laquelle j’avais droit. Il aurait fallu que je prenne un avocat, que je rentre en conflit avec le père de ma fille ce qui n’aurait pas été bon psychologiquement pour elle. J’ai fait le choix de l’harmonie, de la liberté plutôt que celui de l’argent. Mais cela n’a pas été facile. J’ai créé un centre de formation ce qui me permettait d’adapter mes horaires à ceux de ma fille, mais financièrement c’était difficile. Lorsqu’elle est entrée au collège, j’ai rejoint le secteur immobilier avec le statut de travailleur indépendant. Je gagnais de l’argent, j’ai donc acheté une maison. Même si mon statut de maman célibataire n’était pas toujours évident à assumer, je m’en sortais plutôt bien. Mais en 2007 j’ai eu des douleurs dans tout le corps, à 12 ans j’avais déjà été hospitalisée pour des douleurs inexpliquées. J’ai consulté de nombreux médecins mais aucun n’a été capable de diagnostiquer ce que j’avais. Comme beaucoup d’entre eux, j’ai fini par penser que c’était dû au stress. Mais en 2010, les douleurs devenant trop handicapantes et ayant des économies, j’ai décidé d’arrêter de travailler pour essayer de me rétablir.  Mais ma santé a continué de péricliter. En 2011, une amie m’a envoyée aux États-Unis où un médecin a découvert que j’étais empoisonnée aux métaux lourds. De retour en France, j’ai fait des tests génétiques qui ont révélé que j’étais porteuse d’un gêne ne me permettant pas d’éliminer les métaux lourds que l’on trouve dans l’eau, l’air, la nourriture, les vaccins. Ils se fixent sur les nerfs entraînant des tendinites. Mon médecin m’a immédiatement prescrit un arrêt de travail que j’ai envoyé au RSI. Quelques jours plus tard, celui-ci m’a répondu qu’aucune indemnité journalière n’était prévue pour la maladie dont je souffrais, puis un mois après j’ai été radiée me retrouvant ainsi sans couverture sociale. À partir de là tout s’est enchaîné, l’assurance souscrite pour mon prêt n’a pas fonctionné, la banque a saisi ma maison, ma voiture. Alors qu’on avait enfin découvert la maladie dont je souffrais et que toutes les conditions étaient réunies pour que je guérisse, je me suis retrouvée dans une situation financière catastrophique. Heureusement, pendant toute cette période j’ai été très soutenue par mes amis et mon élection en 2014 au conseil municipal de mon village m’a aidée à aller mieux. 

J’ai toujours payé mes impôts, mes prêts, mes assurances, mes charges, mes cotisations et le jour où j’ai besoin d’aide, le RSI me radie et la banque saisit mes biens. En décembre dernier, j’ai déposé une plainte contre ma banque et son assureur.

Nous sommes dans une société qui met les gens à mort.

Il n’est pas admissible que dans un pays riche beaucoup de Français ne puissent pas se nourrir correctement, vivre décemment. Cela fait trente ans que j’attends que la société change.

Le jour où on a la possibilité de faire évoluer les  choses on y va. C’est pour cela que j’ai rejoint le mouvement des « gilets jaunes » le 17 novembre. Entre la médecine, le RSI, les banques, les assurances, les problèmes liés à la monoparentalité, je suis à moi seule une synthèse des difficultés que vivent les « gilets jaunes ». Nous sommes dans une société qui ne prend pas en compte la personne, c’est la raison pour laquelle on retrouve des gens de toute tendance politique dans ce mouvement. Les femmes sont particulièrement nombreuses à se mobiliser car elles veulent un monde meilleur pour leurs enfants. Elles  ne bougeront pas tant que les choses n’évolueront pas, c’est viscéral.

Mais je ne pense pas qu’il faille aujourd’hui maintenir les opérations dans la rue car cela nuit à certains Français et à l’économie. Les ronds-points s’étaient bien pour donner de la visibilité au mouvement, maintenant il faut trouver d’autres moyens de pression. La TVA représentant plus de 50 % des recettes fiscales, on peut, par exemple, imaginer la séquestrer. Les personnes qui estimeraient que l’État n’utilise pas de façon judicieuse l’argent collecté au titre de la TVA pourraient la mettre sous séquestre. Je pense que des avocats peuvent réfléchir à des moyens légaux de mettre ce système en pratique. Même si beaucoup pensent que cela est utopiste, nous pourrions également supprimer la dette. Alors les entreprises ne seraient plus taxées qu’à 30 %, ce qui leur permettrait d’embaucher du personnel, les jeunes qui souhaiteraient créer leur entreprise seraient exonérés de charges les trois premières années, les hommes et femmes qui voudraient rester à la maison pour élever leurs enfants pourraient percevoir un revenu universel. Si nous supprimions la dette, nous pourrions mettre en place toutes les revendications des « gilets jaunes ».

Aujourd’hui nous ne voulons plus de partis politiques. J’ai toujours voté à droite, mais si demain un groupe de personnes propose des changements structurels fondamentaux de notre société où l’on prend on compte l’être humain alors je vote pour lui. Les partis politiques n’ont plus d’avenir, car je crois que nous allons assister à des unions improbables, des personnes votant pour l’extrême droite s’associeront à des personnes partageant les idées de l’extrême gauche tout simplement parce qu’elles auront des affinités.

Je ne suis pas favorable à la démission de Macron car le problème ce n’est pas uniquement lui, c’est le système qui fondamentalement ne fonctionne plus.

Il faut procéder à un changement structurel de notre société. C’est pourquoi, je pense qu’il faut des « gilets jaunes » salariés, fonctionnaires, retraités, rmistes, travailleurs indépendants, handicapés, politiques, élus, etc. Je souhaiterais profondément que des députés se rapprochent de notre mouvement car ils connaissent parfaitement les rouages politiques de notre pays, ce qui n’est pas le cas des « gilets jaunes ». Bref, il faut que nous devenions tous « gilets jaunes ».

Par ailleurs, je pense que le mouvement manque de liant. Et le liant ce sont les femmes parce qu’elles n’ont pas d’égo surdimensionné. Leur structure et leur fonctionnement sont très différents de celui des hommes. Mais quand je dis les femmes, je devrais plutôt dire le féminin car il y a des hommes très féminins et des femmes très masculines. Les femmes vont unifier les gens justement parce que leur seul intérêt c’est l’union et l’avancement de l’humanité, le reste leur importe peu. Mais les femmes ont besoin des hommes pour construire avec elles ce projet et les protéger. Il faut arrêter d’opposer les hommes et les femmes. Ils sont complémentaires. Il faut construire une humanité avec le meilleur des deux genres. 

Le mouvement doit également se structurer. Pour moi, la forme la plus judicieuse est celle d’une gouvernance partagée et les assemblées citoyennes sont la pierre angulaire qui va nous permettre d’y parvenir. Chaque commune élira son référent, les référents communaux désigneront leur référent départemental et les référents départementaux éliront leur référent régional. Cela veut dire qu’avec quatorze régions, nous aurions quatorze personnes qui gouverneront. Ce n’est plus une seule personne qui gouverne, mais quatorze, cela représente une sécurité importante.

Nous souffrons beaucoup depuis très longtemps, mais nos difficultés nous ont enrichis, ont développé notre liberté de penser. Ce mouvement est une vague de fond qui s’est levée d’un coup et les personnes qui restent aujourd’hui sont celles qui sont destinées à faire changer les choses parce qu’elles sont prêtes. C’est pourquoi, je pense que le grand débat national d’Emmanuel Macron est une fumisterie.

Les élections européennes nous obligent à nous structurer rapidement, mais nous sommes en train de vivre un moment historique. 

Kristel Poli – 55 ans : « Nous devons bâtir une alternative politique »

J’ai quitté mes parents, d’origine sicilienne, à l’âge de 13 ans car je ne supportais pas leur mentalité et je voulais choisir ma vie. J’ai toujours travaillé et ne leur ai jamais rien demandé. Je suis célibataire et mère de trois enfants, je n’ai jamais voulu me marier ni dépendre de quelqu’un.  

Très tôt j’ai été rebelle et militante. À 18 ans je suis devenue membre du service de sécurité du président du Front national (DPS) et je le suis restée pendant plusieurs décennies. Aujourd’hui, bien que n’étant pas adhérente du Rassemblement national, je le soutiens. 

La détresse des gens qui ne travaillent pas, comme les handicapés, les chômeurs, les malades, m’a toujours révoltée, je ne supporte pas les injustices. Je n’ai jamais cru que la gauche s’intéressait vraiment aux personnes en difficulté. C’est pourquoi, j’ai préféré militer dans un mouvement qui parlait des vrais problèmes des citoyens et qui n’avait pas peur d’évoquer les questions d’immigration.

J’ai rejoint les « gilets jaunes » dès l’origine du mouvement. Je tenais un rond-point et dirigeait l’équipe. Je n’ai pas hésité à évincer des personnes violentes ou qui arrêtaient les automobilistes pour les obliger à porter un gilet jaune. 

Pour le moment notre combat n’a rien apporté, rien n’a bougé.

Je souhaite qu’après le grand  débat national, qui est une farce, le mouvement reprenne de plus belle ses actions.

Tant que nous n’aurons pas de véritables solutions à nos problèmes, nous ne lâcherons rien. Ne pas toucher aux pensions des retraités et baisser les prix des produits de première nécessité sont pour moi les priorités. 

Je ne pense pas judicieux de présenter une liste « gilets jaunes » aux élections européennes, c’est trop tôt. Nous devons bâtir une alternative politique en prenant notre temps. C’est pourquoi, il n’est pas nécessaire de pousser Macron à la démission.  Mais nos futurs représentants doivent être des personnes qui vivent nos problèmes.

Aline Marin, 58 ans : « On n’y arrive plus ! »

Je suis issue d’une famille d’immigrés espagnols plutôt à gauche. Je suis divorcée et j’ai une fille autiste. Je vis avec une pension d’invalidité. Pendant vingt ans, je me suis battue pour l’ouverture d’un foyer pour autistes. 

J’ai toujours voté. J’ai  rejoint les « gilets  jaunes » pour différentes raisons. Pendant la campagne électorale, Macron s’était engagé à mettre en place des mesures en faveur des autistes. Mais il n’a pas tenu ses promesses. Mon ras-le-bol de la société et de l’augmentation incessante des prix se sont ajoutés à mon exaspération.  

Le 17 novembre, en revenant de courses, j’ai vu du monde réuni à un péage. J’ai déposé mes achats chez moi et suis retournée immédiatement rejoindre le rassemblement. 

Le gouvernement a augmenté ma pension d’invalidité de 15 €, mais m’a supprimé 20 € d’allocation logement. Je veux bien manger cinq fruits et légumes par jour, mais je ne peux pas, c’est trop cher. De même, j’aimerais aller boire un verre et déguster une glace avec ma fille sur la plage, mais cela coûte 25 €, je ne peux pas me le permettre ou alors tous les six mois. Sur les ronds-points, j’ai rencontré des personnes en grande difficulté. On n’y arrive plus !

Pour le moment rien n’a bougé. Je pense qu’il faut faire la révolution pour faire changer les choses.

Jade Escoffier, Aline Marin, Évelyne Meyffret, Maria Platon et Kristel Poli
Gilets jaunes