• Contact
  • Abonnez-vous
  • Contribuez
Panier / 0,00 €

Votre panier est vide.

Lire Le dernier numéroLe dernier numéro
Revue Politique et Parlementaire
  • Se connecter
S'abonner
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Culture
  • Société
  • Science et technologie
  • La cité des débats
    • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
    • Aimons-nous encore la liberté ?
    • Savoir, pouvoir et démocratie
    • S’engager au 21ème Siècle
  • Le printemps des techno
    • Edition 2023
    • Edition 2024
    • Edition 2025
  • Boutique
    • Les numéros
    • Abonnement
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Culture
  • Société
  • Science et technologie
  • La cité des débats
    • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
    • Aimons-nous encore la liberté ?
    • Savoir, pouvoir et démocratie
    • S’engager au 21ème Siècle
  • Le printemps des techno
    • Edition 2023
    • Edition 2024
    • Edition 2025
  • Boutique
    • Les numéros
    • Abonnement
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
Aucun résultat
Voir tous les résultats
dans N°1099, Politique

Le premier contemporain

Arnaud BenedettiParArnaud Benedetti
12 juillet 2021
Statue Napoléon Bonaparte

Est-il encore possible d’écrire sur Napoléon, tant cette trajectoire hors du commun a concentré des bibliothèques entières et foisonnantes de livres, de fictions, d’articles depuis plus de deux siècles ? Que dire de plus de ce qui n’a déjà été dit, parfois répété, imaginé souvent, révélé, supputé et disséqué ? Comment écrire aussi sans céder à la grandiloquence, à cette « oppression de l’admiration » pointée par Chateaubriand et éviter ce que notre siècle de contresens induit en reconstruction aussi hâtive qu’inadéquate et parfois désolante ?

Napoléon n’en impose pas seulement ; il s’impose : par la nature de l’époque bouleversée dont il est le fils, par la polyphonie de son action et de sa présence, par la force d’un imaginaire qu’il s’est attaché à façonner de son vivant. Le surhumain croise en permanence l’humain, la complexité du bilan la puissance lisible de la destinée, le moderne l’antique.

Les atermoiements mémoriels, dont il est aujourd’hui l’objet, ont ceci de signifiant qu’ils relèvent tant d’une forme d’inquiétude empreinte d’effroi que d’une difficulté structurelle à comprendre et à aborder ce passé. Le récit napoléonien, en effet, écrase ; il est écrasant par sa dynamique propre qui, vue de la fenêtre de notre époque tissée de contraintes, suscite le vertige. Napoléon est homme de domination ; à tout le moins est-ce ainsi qu’il vient à nous. Il domine sa vie d’abord : tout juste français par aléas, latin par héritage, « outsider » par naissance, le « petit Corse » a fait de la trame de ses stigmates originels le réservoir social de son énergie. Il est l’homme si humain qui dépasse néanmoins les contingences de ce que les déterminismes auraient pu empêcher. Mais, après tout, rien de forcément surprenant dans cette genèse qui obéit aux ressources de ces conformations psychologiques qui arrachent leur promotion au prix d’une soif inextinguible de faire mentir le sort. Il incarne une méritocratie pré-républicaine que d’autres emprunteront à leur tour. Ce qui sidère, in fine, laisse sans voix, c’est ce Bonaparte qui se fait Napoléon, cette jonction d’une réussite personnelle sur soi-même, sur les circonstances, sur ses rivaux avec une aventure qui surplombe son temps et qui paraît l’envelopper de sa démesure. Cette surpuissance intrigue, elle fait bouger les hommes et les frontières, transforme les profondeurs de la société en une séquence si ramassée qu’elle suscite chez nos contemporains un désappointement où se mêle à la fascination une étrangeté absolue. Car si le despote peut nourrir l’image, la complexité de cette dernière vient aussi de ce fait qu’il porte une idée, celle qu’Hegel a entrevue et pressentie lors de l’entrée de l’Empereur à Iéna en 1806, cette « âme du monde » dont on ne sait si elle annonce les désastres à venir de l’histoire ou un saut qualitatif dans une toute autre temporalité tant politique que sociale.

Tout le problème posé par la réception de l’héritage napoléonien est qu’il ne peut se réduire au despotisme dans lequel ses contempteurs souhaiteraient l’enfermer.

Il est aussi le continuateur et l’accélérateur de ce grand mouvement de l’égalité dans lequel Tocqueville verra la marche des sociétés. Le passage de l’intrépide Bonaparte à l’Empereur absolu, qui légifère autant qu’il guerroie, qui fonde autant qu’il renverse, est tout dans ce coup de génie d’habiter toutes les contradictions de son temps. Il s’en fait le réceptacle, il en embrasse tous les partis pris, il en condense toutes les énergies, négatives et positives. Il est l’homme qui épouse bien sûr son moment, et sa prescience est de l’avoir compris. Jean-Jacques Rousseau, qu’il lût beaucoup, prédisait dans des lignes fameuses de L’Emile : « Nous approchons de l’état de crise et du siècle des révolutions ». Sans ce viatique, aveuglé confusément par notre propre sensibilité, nous nous interdisons de saisir la singularité de l’homme, de l’exceptionnelle empreinte qui demeure la sienne : celui qui, sous la pression d’évènements énormes, fait basculer la société dans la modernité que nous lui connaissons encore. Napoléon est indissociable de la forge abrasive de ce quart de siècle qui, de 1789 à 1815, césure l’histoire : des Lumières, dont il est l’un des enfants, il en porte la rationalité jusque dans ses excès, mais il en limite aussi les débordements avec cette science de la France qu’il comprend mieux, lui l’insulaire prodigue, que bien des nostalgiques de la monarchie et des frénétiques de la Révolution. Parce qu’il articule l’une à l’autre, qu’il les pense et les opère dans la continuité, il fonde le contrat national sur lequel nous vivons depuis plus de deux siècles.

Arnaud Benedetti
Rédacteur en chef

Arnaud Benedetti
Arnaud Benedetti

Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux, Arnaud Benedetti est titulaire d’un DEA de sciences sociales et d’un DEA de sciences politiques. Il a été directeur de la communication de l’Inserm après avoir dirigé celle du CNES et du CNRS. Arnaud Benedetti est professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne. Il intervient régulièrement dans les médias. Derniers ouvrages parus : <a href="https://amzn.to/3zWfzkR" target="_blank" rel="noopener">La fin de la com’, Le Cerf, 2017</a> <a href="https://amzn.to/3zS4O36" target="_blank" rel="noopener">Le coup de com’ permanent, Le Cerf, 2018</a> <a href="https://amzn.to/3bkdAwH" target="_blank" rel="noopener">Le progrès est-il dangereux ? avec Catherine Bréchignac, humenSciences, 2019</a> <a href="https://amzn.to/3NaOoWv" target="_blank" rel="noopener">Comment sont mort les politiques ? – Le grand malaise du pouvoir, Le Cerf, 2021</a> <a href="https://www.amazon.fr/Chaos-Stéphane-Rozes/dp/2204149470" target="_blank" rel="noopener">Chaos, Essai sur les imaginaires des peuples avec Stéphane Rozès, Le Cerf, 2022<a /> <a href="https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/19567/placards-libelles-14-une-etrange-victoire" target="_blank" rel="noopener">Placards & Libelles 14 - Une étrange victoire, Le Cerf, 2022

Partager sur LinkedinPartager sur XPartager sur Facebook

Les derniers articles

L’inquiétante attaque de Donald Trump contre les institutions économiques américaines

L’inquiétante attaque de Donald Trump contre les institutions économiques américaines

ParSylvain Bersinger

Entre ses attaques contre l’indépendance de la banque centrale ou sa remise en cause des statistiques officielles, Donald Trump lance...

La situation économique et sociale de la Corse, angle mort du projet d’autonomie ?

La situation économique et sociale de la Corse, angle mort du projet d’autonomie ?

ParMichel Monier

La situation économique et sociale de la Corse semble étrangement absente du débat public sur son autonomie, un débat tout...

De l’État stratège à l’État comptable : une régression française

De l’État stratège à l’État comptable : une régression française

ParBertrand Augéet1 autre

Vu d’ailleurs, la politique française offre un spectacle pour le moins paradoxal. Celui d’une Nation qui aime se penser universelle,...

« On bloque tout » ou la gravité perdue : quand l’imaginaire remplace le symbolique

« On bloque tout » ou la gravité perdue : quand l’imaginaire remplace le symbolique

ParPierre Larrouy

La radicalisation du mot d’ordre « On bloque tout » ne peut se comprendre sans l’inscrire dans une mutation anthropologique...

Retrouvez nos dernières vidéos

«
Prev
1
/
85
Next
»
loading
play
Les conférences de 18h59 – Rassemblement de soutien à Boualem Sansal
play
Printemps des Technologies – Démocratie, technologies et souveraineté
play
Printemps des Technologies – Histoire et initiation aux cryptomonnaies et au Bitcoin
«
Prev
1
/
85
Next
»
loading

Inscrivez-vous à notre Newsletter

Related Posts

La situation économique et sociale de la Corse, angle mort du projet d’autonomie ?
Politique

La situation économique et sociale de la Corse, angle mort du projet d’autonomie ?

Politique

Interview de Frédéric Masquelier

État de droit : résistons aux tentations du court terme
Politique

État de droit : résistons aux tentations du court terme

Et si le 8 mai et le lundi de Pâques devenaient les « Jours de la Défense » ?
Politique

Et si le 8 mai et le lundi de Pâques devenaient les « Jours de la Défense » ?

La Nouvelle Calédonie : premier essai pour la subsidiarité ascendante
Politique

La Nouvelle Calédonie : premier essai pour la subsidiarité ascendante

Le suicide politique programmé de François Bayrou : mourir debout pour que la France cesse de vivre à crédit 
Politique

Le suicide politique programmé de François Bayrou : mourir debout pour que la France cesse de vivre à crédit 

Le DOGE : une source d’inspiration pour la France ?
Politique

Le DOGE : une source d’inspiration pour la France ?

Le plan Bayrou entre risque politique et mesures paramétriques : une occasion manquée ?
Politique

Le plan Bayrou entre risque politique et mesures paramétriques : une occasion manquée ?

Article suivant
Esthétique de l’imposture – Une expérience humaine

Esthétique de l’imposture - Une expérience humaine

La Revue Politique et Parlementaire
10 rue du Colisée 75008 Paris
Email : contact@revuepolitique.fr
Téléphone : 01 76 47 09 30

Notre Histoire
L'équipe
Mentions légales

Culture
Economie
Faut… de la géopolitique
International
La tribune du parlementaire
Libre opinion
Politique
Science et technologie
Société
Vie du parlement
Nos vidéos

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Se connecter

Add New Playlist

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Culture
  • Société
  • Science et technologie
  • La cité des débats
    • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
    • Aimons-nous encore la liberté ?
    • Savoir, pouvoir et démocratie
    • S’engager au 21ème Siècle
  • Le printemps des techno
    • Edition 2023
    • Edition 2024
    • Edition 2025
  • Boutique
    • Les numéros
    • Abonnement

Revue Politique et Parlementaire