L’édito d’Arnaud Benedetti avec notre partenaire Radio Orient

    Dans un contexte de reprise de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement tente d’apporter des réponses ciblées pour éviter un autre confinement général. Il reste à savoir si ces mesures seront suffisantes.

Alors que le virus circule à nouveau, et ce, de manière accélérée , les interrogations réapparaissent sur la stratégie de l’exécutif. Faut-il aller plus loin dans les mesures de contrôle de la vie sociale ou devons-nous gérer de manière différenciée une situation qui d’un département à l’autre peut varier ? La réalité est que le gouvernement a fait le pari d’une gestion « sur-mesure » selon les territoires et qui ne puisse d’une manière ou d’une autre entraver le fonctionnement de l’économie dont un nouvel arrêt brutal engloutirait les amortissements sociaux et budgétaires mis en place depuis le début de la crise.

    Le choix gouvernemental est facilement raisonnable mais sa réussite est conditionnée par la possibilité de tenir sur le plan sanitaire . Le délai d’attente pour les résultats des tests est un premier signe de tension. Une « surchauffe » sur l’offre hospitalière en viendrait très rapidement à nouveau à interroger les mesures prises par les pouvoirs publics qui se verraient alors vraisemblablement reprocher leur sous-estimation de l’évaluation du contexte épidémique. Déjà des voix médicales se font entendre pour aller plus loin dans le resserrement des contraintes. Le bio-pouvoir se fait ainsi nécessairement plus injonctif dès lors qu’il considère que l’enjeu sanitaire n’est plus traité à la hauteur où il devrait l’être. Au mois de Mars, la santé avait constitué l’arbitre de toutes choses, non seulement de l’économie, mais également d’une partie de nos libertés publiques. Depuis le mois de Mai et la sortie du confinement, le politique s’efforce de limiter les entraves au fonctionnement normal de la société. C’est évidemment une bonne chose, mais sa crédibilité dépendra de sa capacité à fournir les moyens indispensables et à les organiser de telle manière que l’ordre sanitaire ne se transforme pas en nouvel « ordre moral ».