• Contact
  • Abonnez-vous
  • Contribuez
Panier / 0,00 €

Votre panier est vide.

Abonnez-vous à la newsletter
Revue Politique et Parlementaire
  • Se connecter
S'abonner
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours
Contribuez aux débats
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
Aucun résultat
Voir tous les résultats
dans International

Les djihadistes doivent-ils subir la peine de mort en Irak ?

Frédéric Saint ClairParFrédéric Saint Clair
6 juin 2019
Les djihadistes doivent-ils subir la peine de mort en Irak ?

Alors que la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, évoquait ce jeudi « l’hypothèse » d’un tribunal international pour juger les djihadistes étrangers, le gouvernement français fait face à ses propres contradictions : affirmer sa position contre le principe de la peine de mort tout en s’évitant d’avoir à juger ces djihadistes français du groupe Etat Islamique. Frédéric Saint-Clair nous fait l’analyse de cette situation pour la Revue Politique et Parlementaire. 

 

Onze djihadistes français ont été jugés par des tribunaux irakiens et condamnés à la peine de mort. Plus de quatre-cents autres sont encore détenus dans les geôles kurdes syriennes, et seront possiblement transférés vers l’Irak pour subir un jugement analogue. Des oppositions diverses se sont fait entendre en France. Le Ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d’une réponse au député LREM Hubert Julien-Laferrière, a rappelé non seulement le respect de la souveraineté judiciaire de l’Irak par la France, mais il a également insisté sur le caractère équitable du procès : Audience publique, procès conduit par un magistrat du siège, assisté de deux assesseurs, réquisitoire conduit par un procureur, un greffier consignant en direct l’intégralité des débats, et l’avocat de la défense étant présent.

Le problème de l’exécution demeure cependant épineux pour Paris. Sans quoi, difficile de comprendre les raisons d’une intervention auprès de Bagdad pour que la peine de mort prononcée contre ces onze individus ne soit pas appliquée. Une intervention par ailleurs jugée insuffisante – si ce n’est entièrement disqualifiée – par deux avocats défenseurs des droits de l’homme, William Bourdon et Vincent Brengarth, dans une tribune qui a été par la suite signée par quarante-cinq avocats.

A travers ces onze individus, les avocats signataires défendent en réalité une position abolitionniste.

Répondre à la question : « La peine de mort doit-elle s’appliquer à ces djihadistes français ? » revient en réalité à répondre à la question : « L’abolition de la peine de mort peut-elle être moins qu’universelle ? »

Pour le dire autrement, prétendre contester la position de Bourdon et Brengarth concernant ces onze individus suppose de remettre préalablement en cause la seconde assertion. La nationalité française des djihadistes est en réalité un simple levier qui permet à ces deux avocats militants de faire pression sur le pouvoir politique pour qu’il se soumette entièrement à l’idéal abolitionniste. Ainsi qu’ils le rappellent dans leur tribune, le principe abolitionniste a été constitutionnalisé en France (art. 66-1). Et le protocole n°13 à la Convention européenne des droits de l’homme l’abolit en toutes circonstances, sans aucune exception. Certains pays, dont l’Irak, n’y sont pas soumis.

La situation actuelle est à ce titre une occasion pour tordre le bras diplomatique de la France de manière à ce qu’il consente à l’idéal abolitionniste, une manière de soumettre la « raison d’Etat » à ce qu’ils estiment être « l’Etat de droit », et de promouvoir leur idéologie à l’international par le canal diplomatique.

Le fait que 82 % des Français se soient prononcés contre le retour des djihadistes – et donc potentiellement en faveur d’un jugement par des tribunaux irakiens légalement autorisés à prononcer la peine de mort – n’influence pas ces hérauts des droits de l’homme. Le fait que ces 82% de Français s’indignent à l’idée que l’on puisse rapatrier des individus qui ont pris les armes contre la France, qui ont potentiellement commis des atrocités, et qui pourraient récidiver sur notre sol une fois libérés, ne les influence pas davantage. Car, pour ces avocats engagés, la peine de mort n’a pas droit de cité ; elle est un « assassinat légal » ; elle est un « traitement inhumain et dégradant ». Leur idéal est le « droit à la vie », perçu et revendiqué comme un « droit absolu et indérogeable », même pour les ennemis de la nation.

Or, c’est justement là, dans le concept d’« ennemi de la nation », que se trouve la faille de leur raisonnement. C’est là le pied d’argile du colosse droit-de-l’hommiste qu’ils ont élaboré.

Le pilier central de leur argumentaire n’est pas seulement juridique, mais moral ; il relève de la philosophie du droit. Il porte d’ailleurs un nom : Cesare Beccaria. Un nom auquel leur mentor français en matière d’abolitionnisme, Robert Badinter, fait régulièrement allusion, justifiant sa position comme celle d’un héritier de cet illustre pionnier italien qui, dans son ouvrage cardinal, Des délits et des peines, §XXVIII, écrit que la peine de mort n’est « ni utile ni nécessaire ». Le philosophe italien est brillant cependant, plus brillant que ce que croient ses épigones, et à ce titre, il n’ignore pas l’importance de l’exception en matière de droit.

Dans le cas qui nous occupe, c’est la guerre, la « menace pour la sécurité de la nation », qui joue ce rôle de situation exceptionnelle et permet aux Etats de déroger à la règle abolitionniste.

Une exception que l’on trouvait d’ailleurs dans le protocole n°6 à la Convention des droits de l’homme, défendu devant l’Assemblée nationale par Robert Badinter himself en juin 1985, et que Bourdon et Brengarth se sont bien gardés de mentionner. Ce protocole daté de 1983, qui stipule en son article 1 que « la peine de mort est abolie », comporte un article 2 qui sera supprimé dans le protocole n°13. Un article 2 pourtant essentiel pour que les situations d’exception telles que la guerre puissent être prises en compte : « Un Etat peut prévoir dans sa législation la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre ».

Ces onze djihadistes sont des ennemis de la nation ; ils constituent à ce titre une « menace pour la sécurité de la nation », selon les termes de Beccaria. Le combat politique à mener aujourd’hui ne se limite donc pas à respecter la souveraineté juridique de l’Irak et à laisser entièrement libre le pouvoir politique irakien d’appliquer le droit en vigueur, mais de retrouver la raison, une capacité d’action en cas de situation exceptionnelle. C’est-à-dire permettre à notre législation de retrouver l’équilibre entre humanité et sécurité qui était contenu dans le protocole n°6 à la Convention européenne des droits de l’homme.

L’idéologie de Bourdon et Brengarth est une idéologie mortifère qui protège de la mort les ennemis de la nation, mais qui se révèle impuissante à protéger la nation contre ses ennemis.

Une idéologie qui, drapée dans des valeurs abstraites, refuse de regarder en face l’assassinat collectif de citoyens français désormais comptés par centaines, le carnage terroriste qui sévit dans notre pays depuis plusieurs années et qui, nous le savons sans nul doute, continuera de sévir dans les années à venir. Leur morale abstraite n’est ni celle de Kant, ni celle de Beccaria. Elle n’est donc pas autorisée à se réclamer légitimement des Lumières. Elle est tout l’inverse des Lumières : une morale de soumission mortifère aux formes les plus violentes du Mal politique. Si cette morale s’est montrée suffisamment influente pour qu’une législature composée d’esprits faibles et ignorants lui accorde en février 2007 une place suprême au sein de notre Constitution, il est temps désormais de lui ôter son influence, c’est-à-dire sa légitimité. Non seulement ces onze djihadistes doivent mourir, ainsi que les 400 autres, et tout individu qui constitue « une menace pour la sécurité de la nation », mais une réforme constitutionnelle doit suivre, afin que la France ne dépende plus de l’Irak pour accomplir ce qu’elle, en tant qu’Etat de droit proprement constitué, devrait être en mesure de faire, ce que le grand esprit abolitionniste, Cesare Beccaria, lui accorde légitimement : se défendre.

 

Frédéric Saint Clair
Analyste politique

Frédéric Saint Clair

Partager sur LinkedinPartager sur XPartager sur Facebook

Les derniers articles

Nos lycéens doivent être écoutés , mais surtout entendus.

Nos lycéens doivent être écoutés , mais surtout entendus.

ParYannick Trigance

Quand nos lycéennes et nos lycéens se mobilisent pour réclamer des conditions d’études dignes,des équipes éducatives complètes, des établissements correctement...

Pourquoi la monnaie est l’influence invisible dont personne ne parle

Pourquoi la monnaie est l’influence invisible dont personne ne parle

ParRonny Ktorzaet1 autre

Les sciences sociales contemporaines se sont passionnées pour les influences visibles. Elles analysent les médias, les réseaux sociaux, les leaders...

Le second mandat de Donald Trump : une discrimination positive au bénéfice des hommes blancs

Le second mandat de Donald Trump : une discrimination positive au bénéfice des hommes blancs

ParDavid B. Oppenheimer

Que ferait un président des États-Unis désireux de renforcer encore la présence des hommes blancs aux postes de pouvoir, d’influence...

Entre flemme et sens du devoir

Le mouvement lycéen ne se résume pas à sa récupération par LFI

ParMarie-Eve Malouines

La récupération du mouvement des lycéens est évidente. Le procédé est condamnable surtout quand il conduit des élèves à affronter...

Retrouvez nos dernières vidéos

«
Prev
1
/
99
Next
»
loading
play
La cité des débats - Intervention de la ministre Alice Rufo
play
La cité des débats - Guerre et recomposition au Proche et Moyen-Orient
play
La cité des débats - Table ronde : Le renseignement, instrument de puissance dans la guerre hybride
«
Prev
1
/
99
Next
»
loading

Inscrivez-vous à notre Newsletter

Related Posts

Le second mandat de Donald Trump : une discrimination positive au bénéfice des hommes blancs
International

Le second mandat de Donald Trump : une discrimination positive au bénéfice des hommes blancs

La politique de santé de Donald Trump : entre liberté individuelle et défiance scientifique
International

La politique de santé de Donald Trump : entre liberté individuelle et défiance scientifique

La doctrine Trump : une reconfiguration unipolaire pour l’Amérique ?
International

La doctrine Trump : une reconfiguration unipolaire pour l’Amérique ?

Un an de présidence et un bilan controversé : vers une mutation du pouvoir exécutif américain
International

Un an de présidence et un bilan controversé : vers une mutation du pouvoir exécutif américain

Le Congrès des États-Unis et son pouvoir d’enquête
International

Le Congrès des États-Unis et son pouvoir d’enquête

L’état de l’Union est… confus !
International

L’état de l’Union est… confus !

Quel bilan dresser de la première année du second mandat de Donald Trump ?
International

Quel bilan dresser de la première année du second mandat de Donald Trump ?

Et si Trump brisait la malédiction des midterms ? Les élections de mi-mandat comme test du réalignement républicain de 2024
International

Et si Trump brisait la malédiction des midterms ? Les élections de mi-mandat comme test du réalignement républicain de 2024

Article suivant
Plages de mémoire

Plages de mémoire

La Revue Politique et Parlementaire
10 rue du Colisée 75008 Paris
Email : contact@revuepolitique.fr
Téléphone : 01 76 47 09 30

Notre Histoire
L'équipe
Mentions légales

Culture
Economie
Faut… de la géopolitique
International
La tribune du parlementaire
Libre opinion
Politique
Science et technologie
Société
Vie du parlement
Nos vidéos

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Se connecter

Add New Playlist

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours

Revue Politique et Parlementaire