Lorsque Napoléon III se portait au secours des chrétiens du Proche-Orient et s’intéressait au Liban

En 1860, le massacre des chrétiens du Proche-Orient (Liban et Syrie) perpétré par les musulmans druses et sunnites donnait lieu à la première grande expédition humanitaire d’interposition de l’histoire. La France de Napoléon III y jouait un rôle central. Elle était à la fois mandatée par l’Europe pour intervenir et limitée par celle-ci dans son action. Cet événement qui a 160 ans est d’une incroyable résonance aujourd’hui1.

Le rôle du Patriarcat maronite dans la création de l’Etat du Grand Liban

Le Liban a célébré dans la tourmente le premier centenaire de sa fondation. Il est actuellement secoué par une crise profonde, à facettes multiples, qui remet en question son régime politique, le confessionnalisme, et même son existence. Les promoteurs de cet État, créé en 1920 sous le nom de Grand Liban, étaient, d’un côté, le Conseil administratif de la moutaçarrifiyyat de 1861 et ses habitants, à leur tête le patriarche maronite, et de l’autre, la France, puissance mandataire et amie séculaire. C’est le concours de tous ces acteurs qui a permis au projet d’aboutir. Mais le patriarche maronite, Elias Houayek, y a joué un rôle décisif auquel nous consacrons cette étude.