Les liens assumés entre l’organisation antifasciste la Jeune Garde et le mouvement créé par Jean-Luc Mélenchon fragilisent le discours du candidat LFI à la présidentielle et de toux ceux qui qui aliment la haine en politique.
Quelles que soient les nuances, les angles de vue, les motivations politiques des uns ou des autres ou ce qui a pu se passer avant le tabassage de Quentin Deranque, ce qui s’est passé pendant demeure inqualifiable : un jeune militant politique est mort d’avoir été violemment et plusieurs fois frappé à la tête alors qu’il se trouvait à terre. De la violence pure que rien ne peut justifier.
Jean-Luc Mélenchon prend ses distances avec la violence meurtrière survenue à Lyon. Mais il est cependant celui qui a choisi de s’associer à La Jeune Garde, réputée affronter physiquement ses adversaires politiques. C’est Jean-Luc Mélenchon qui a adoubé Raphael Arnault, ancien porte-parole de ce mouvement antifasciste, et qui a voulu qu’il entre à l’Assemblée nationale sous ses couleurs. Un député poursuivi puis condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violences volontaires en réunion. C’est ce même mouvement dont huit membres ont été mis en examen en 2024, soupçonnés d’avoir agressé un adolescent qu’ils pensaient membre de la Ligue de Défense Juive.
Jean-Luc Mélenchon ne fait pas l’apologie de la violence en politique, mais il s’en est au moins bien accommodé. C’est lui qui pratique la gestion par le bannissement brutal de ceux qui osent le contredire. La violence verbale ne l’effraie pas. Il en est un expert reconnu. Il a théorisé la conflictualisation comme mode opératoire. Il est l’un de ceux qui ont introduit la brutalité des mots jusque dans l’hémicycle, réduisant le débat parlementaire à une multiplication de postures et de conflits irréconciliables.
« On se déshonore quand on ne calcule plus la portée de ses propres actes » assure Jean-Luc Mélenchon à propos de ceux qui « ont frappé d’une manière qui de toute évidence comport[ait] le risque d’infliger la mort ».
La mort de Quentin Deranque interroge Jean-Luc Mélenchon et tous ceux qui prétendent occuper la fonction présidentielle mais refusent de mesurer les conséquences de la brutalité de leur discours. Peut-on prétendre diriger le pays, dans toute sa diversité, quand on n’a cessé de dresser ses habitants les uns contre les autres ? La question se pose à tous ceux qui continuent à tenir un discours de haine après ce qui s’est passé à Lyon, et en premier lieu à Jean-Luc Mélenchon.
Marie-Eve Malouines
Editorialiste












