• Contact
  • Abonnez-vous
  • Contribuez
Panier / 0,00 €

Votre panier est vide.

Abonnez-vous à la newsletter
Revue Politique et Parlementaire
  • Se connecter
S'abonner
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
Contribuez aux débats
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
Aucun résultat
Voir tous les résultats
dans L'édito de Myriam Benraad

Stabiliser par les « nouvelles routes de la soie »

Myriam BenraadParMyriam Benraad
7 avril 2026
Kharg, épineuse île du golfe Persique

Depuis le début de la guerre contre l’Iran, la Chine adopte une posture de prudence qui n’en révèle pas moins une stratégie ambitieuse au Moyen-Orient. Entre médiation diplomatique, sécurisation énergétique et consolidation de ses alliances, Pékin mise en effet sur le déclin au long cours de l’influence américaine.

 Pour la Chine, il n’existe pas de solution militaire au conflit et sa diplomatie s’est ainsi employée à réclamer une fin immédiate des hostilités, tout en critiquant publiquement les frappes israélo-américaines comme la « cause première » de l’embrasement régional et, plus particulièrement, des violences dans le détroit d’Ormuz. L’objectif est limpide : apparaître comme une puissance stabilisatrice, protectrice du commerce international et opposée aux interventions occidentales. La Chine entend tirer profit de la confrontation présente en vue de promouvoir ses intérêts, tout en évitant de s’impliquer directement au niveau militaire. Consolidant son rôle de partenaire clé de l’Iran, elle avance aujourd’hui aux côtés du Pakistan – inquiet du désengagement américain et dépendant de son puissant voisin pour son économie comme sa sécurité – un « plan de paix » en cinq points destiné à mettre fin à la guerre.

Il faut bien reconnaître que le vide stratégique laissé par Washington depuis des années a ouvert un espace à occuper, dans le contexte de surcroît du projet des « nouvelles routes de la soie » (Belt and Road Initiative) qui nécessite un environnement géopolitique stable du Golfe à l’Asie. La conflagration armée de 2026, qui pourrait notamment créer un effet de contagion vers le Xinjiang, est donc un moment charnière pour la politique étrangère chinoise qui mobilise sans surprise ces routes comme cadre structurant de son action au Moyen-Orient. Rappelons en outre que la Chine est la première importatrice mondiale de pétrole et que cette crise représente par conséquent un risque systémique. Dans le même temps, soucieuse de démontrer sa capacité pacificatrice, la Chine saisit ici l’opportunité d’un renforcement de la vaste architecture commerciale qui lui sert depuis plus d’une décennie de matrice stratégique. 

 Considérons de plus près le « corridor économique Chine-Pakistan » (China Pakistan Economic Corridor, CPEC) en construction depuis 2017. Celui-ci est central car il procure un accès terrestre à la mer d’Arabie, réduit la dépendance au détroit de Malacca et permet à la Chine d’exercer son influence sur le Pakistan, lequel s’est donc naturellement tourné vers ce partenaire pour sécuriser ses investissements. Depuis leur lancement, les nouvelles routes de la soie fonctionnent comme un outil fondamental de légitimation de la présence chinoise au Moyen-Orient, se distinguant de l’interventionnisme militaire américain dont tout un chacun connaît le bilan désastreux, Pékin se présente non seulement comme fournisseur d’infrastructures et de biens, mais aussi désormais comme garant de paix.

 Trois hypothèses peuvent être formulées concernant la place des nouvelles routes de la soie dans la réponse chinoise au conflit actuel, articulant économie politique internationale, théories de la puissance et recherches sur les infrastructures comme dispositifs géopolitiques. Elles montrent que ces routes ne se limitent pas à un réseau physique, mais constituent un cadre cognitif par le biais duquel Pékin redéfinit son influence dans l’ordre régional et ancre la notion d’une alternative possible et crédible au leadership américain. Si pendant longtemps, les réactions chinoises ont été analysées comme de simples calculs économiques opportunistes, il devient de plus en plus manifeste que ces routes de la soie renvoient en réalité à une mécanique plus ample et profonde. 

De fait, les infrastructures ne sont pas neutres. Elles produisent des formes de gouvernance, de dépendance et de spatialité politique inédites. Elles doivent être appréhendées comme un outil de puissance structurelle conduisant la Chine à façonner des règles, des flux et des interactions. Dans l’absolu, la dépendance de Pékin aux hydrocarbures de la péninsule arabo-persique inscrit ces routes dans une logique de sécurisation des approvisionnements et de diversification des accès. Une première hypothèse pouvant être avancée est qu’elles orientent ainsi l’interprétation de la guerre comme une menace existentielle envers l’architecture hyperconnectée que la Chine s’évertue inlassablement à édifier et à consolider depuis 2013.

Une deuxième hypothèse envisage ces nouvelles routes de la soie comme un outil opérationnel de gestion de la crise et de projection de puissance. À ce titre, la médiation avec le Pakistan, les appels à la stabilisation maritime et la coopération avec l’Iran répondent des impératifs de cette « diplomatie infrastructurelle ». Au prisme des bouleversements géopolitiques récents au Moyen-Orient, une troisième hypothèse peut être avancée, soit celle d’une transformation accélérée des nouvelles routes de la soie comme un mécanisme hybride combinant infrastructures, diplomatie et militarisation. En témoignent les négociations avancées pour la vente de missiles antinavires CM-302 à Téhéran, Pékin acceptant de jouer un rôle sécuritaire à présent plus affirmé et bâtissant un faisceau de coopérations militaires régionales. D’une certaine manière, la guerre de 2026 a agi comme un révélateur de ces reconfigurations.

La médiation sino-pakistanaise est d’ailleurs loin d’être abstraite et pointe vers la territorialisation déjà poussée de ces routes, lesquelles comportent une ligne ferroviaire Xi’an-Téhéran. Le plan proposé vise explicitement la sauvegarde des infrastructures et des échanges commerciaux, au nom de laquelle le Pakistan, pivot du CPEC, était un comédiateur tout trouvé. Ces routes évoluent vers un cadre permettant à la Chine de mieux asseoir ses priorités diplomatiques, de justifier son influence accrue, de redéfinir les équilibres régionaux et de contribuer, bien entendu, à l’érosion de l’influence américaine au Moyen-Orient. Elles ne sont plus un simple projet économique mais une composante centrale de la grammaire du pouvoir chinois, modelant les interdépendances et les alliances, et dont Pékin entend par conséquent garantir la continuité par tous les moyens.

Myriam Benraad,
professeure honoraire à l’Université d’Exeter

Myriam Benraad

Politiste de formation, Myriam Benraad est titulaire d’un doctorat de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po, 2011) et s’est spécialisée dans les relations et la négociation internationales, les études sur la paix et les conflits, ainsi que la géopolitique mondiale et l’économie politique internationale, avec un accent particulier sur les transitions et émotions politiques au Moyen-Orient et dans le monde arabe en général. Elle a été associée à divers centres de recherche et a régulièrement exercé en tant que consultante et experte/conseillère technique pour l’Union européenne et plusieurs organisations internationales et agences de développement (notamment la Banque européenne d’investissement et la Banque mondiale). Outre ses nombreuses années d’expérience dans l’enseignement supérieur, Myriam Benraad est une chercheuse chevronnée ainsi que la fondatrice du Réseau interdisciplinaire d’études sur la vengeance (TNRS) et de l’Institut Delphes. Parmi ses dernières publications : Mécanique des conflits : cycles de violence et résolution et L’Irak par-delà̀ toutes les guerres. Idées reçues sur un État en transition.

Partager sur LinkedinPartager sur XPartager sur Facebook

Les derniers articles

Révision de la loi de 1989 sur les rapports entre propriétaires et locataires: un début malheureux

Révision de la loi de 1989 sur les rapports entre propriétaires et locataires: un début malheureux

ParHenry Buzy-Cazaux

Coup de théâtre dans le monde du logement. La mission décidée par le ministre Vincent Jeanbrun pour actualiser la loi...

Kharg, épineuse île du golfe Persique

Stabiliser par les « nouvelles routes de la soie »

ParMyriam Benraad

Depuis le début de la guerre contre l’Iran, la Chine adopte une posture de prudence qui n’en révèle pas moins...

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 dans la France urbaine : dénationalisation, défaite de la gauche classique, percée des forces radicales

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 dans la France urbaine : dénationalisation, défaite de la gauche classique, percée des forces radicales

ParFlorent Gougou

Dernières élections intermédiaires du second quinquennat d’Emmanuel Macron, les municipales des 15 et 22 mars ont été marquées par l’absence...

OTAN, Europe, Moyen-Orient : le temps du réexamen stratégique est-il venu ?

OTAN, Europe, Moyen-Orient : le temps du réexamen stratégique est-il venu ?

ParKambiz Zare

La guerre autour de l’Iran ne révèle pas seulement un désaccord tactique entre les États-Unis et l’Europe. Elle met au...

Retrouvez nos dernières vidéos

«
Prev
1
/
95
Next
»
loading
play
Les conférences de 18h59 - Viviane Chaine-Ribeiro
play
Printemps des Technologies – La Liberté d’expression à l’ère du numérique
play
Printemps des Technologies – l'IA dans l'économie
«
Prev
1
/
95
Next
»
loading

Inscrivez-vous à notre Newsletter

Related Posts

Groenland et « hyper-symbolisation » des marges
L'édito de Myriam Benraad

Le Parlement et la guerre au Moyen-Orient

Kharg, épineuse île du golfe Persique
L'édito de Myriam Benraad

Kharg, épineuse île du golfe Persique

Groenland et « hyper-symbolisation » des marges
L'édito de Myriam Benraad

Dubaï : la fin d’un mirage global ?

Groenland et « hyper-symbolisation » des marges
L'édito de Myriam Benraad

Turbulences en Méditerranée orientale

Groenland et « hyper-symbolisation » des marges
L'édito de Myriam Benraad

Iran : quel avenir en cas de regime change ?

Groenland et « hyper-symbolisation » des marges
L'édito de Myriam Benraad

La Syrie face au FMI : l’épreuve de vérité

Groenland et « hyper-symbolisation » des marges
L'édito de Myriam Benraad

« Rendre à l’Argentine sa grandeur d’antan »

Groenland et « hyper-symbolisation » des marges
L'édito de Myriam Benraad

Pour une lecture géoéconomique des crises

Article suivant
Révision de la loi de 1989 sur les rapports entre propriétaires et locataires: un début malheureux

Révision de la loi de 1989 sur les rapports entre propriétaires et locataires: un début malheureux

La Revue Politique et Parlementaire
10 rue du Colisée 75008 Paris
Email : contact@revuepolitique.fr
Téléphone : 01 76 47 09 30

Notre Histoire
L'équipe
Mentions légales

Culture
Economie
Faut… de la géopolitique
International
La tribune du parlementaire
Libre opinion
Politique
Science et technologie
Société
Vie du parlement
Nos vidéos

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Se connecter

Add New Playlist

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026

Revue Politique et Parlementaire