Edito – Combien coûte un ticket de Métro ? Une question que nous n’avons pas posée !

Dans le cadre de notre rubrique « Faut des idées ! » Virginie Martin s’est entretenue avec les principales têtes  de  liste aux élections européennes. Bilan à trois jours  du scrutin.

Donner la parole, être un miroir neutre pour comprendre les pensées, saisir les idées et les cheminements intellectuels des responsables politiques

Dans cette aventure humaine et politique la plupart se sont livrés avec grande envie et appétence.

Et les visions du monde se sont révélées. Pas de scoop – ce n’était pas l’idée – mais une pensée posée pouvant se déplier lentement.

 Francois Asselineau a commencé son entretien en japonais et nous a conté le monde pendant 3 heures !

Un seul a refusé. Il y a eu quelques rendez-vous manqués, mais la plupart se sont livrés, en nous offrant du temps ! Cette chose si précieuse actuellement :

« Ça fait bientôt deux heures que je suis là, j’ai pas mal d’autres rendez-vous après ! », s’excuse Jordan Bardella ; « Oups, mais il est déjà 16 heures il faut que je file ! » s’exclame Benoit Hamon.

C’est ce temps long qui a fait cette série d’entretiens.

Grand déficit démocratique

Des entretiens qui disent combien aujourd’hui le déficit démocratique, la méfiance démocratique est un constat, une analyse partagée par tous, sauf peut-être par Nathalie Loiseau.

« Nous sommes en plein dérèglement démocratique » affirme Nicolas Dupont-Aignan ; « Démocratie ? quelle démocratie ? » ironise Françis Lalanne.

« Notre démocratie recule parce que le pouvoir est entre un nombre de mains de plus en plus réduit » estime Ian Brossat ; une analyse qu’étend Jordan Bardella aux médias « détenus par quelques uns ».

Le traitement qui a été réservé au référendum de 2005 est critiqué par beaucoup, Florian Philippot et François Asselineau en tête.

« Le résultat du dernier referendum de 2005 a été tout simplement nié » critiquent le patron des Patriotes et le partisan du Frexit.

De même que Manon Aubry : « Il y a quand même 55 % de gens qui ont voté Non, et les différents dirigeants ont pris ce Non pour un Oui ! ».

Magie de ces entretiens que de voir les convergences d’analyses d’ennemis politiques !

L’économie et sa financiarisation

On le voit, de gauche comme de droite, la démocratie subit des critiques, de gauche comme de droite, l’économie et sa financiarisation sont aussi très interrogées, parfois vertement critiquées.

 « Il y a une dérive vers un système de monopoles privés qui n’a rien à voir avec l’économie de marché organisée et régulée » regrette Nicolas Dupont-Aignan.

« C’est aujourd’hui la logique de concurrence qui l’emporte dans ces secteurs clés. Est-ce que cette mise en concurrence a été bénéfique ? Non » Assure Ian Brossat en défenseur d’un retour de l’Etat.

« Ce qu’il faut remettre en cause c’est la financiarisation de l’économie, le fonctionnement du système capitaliste, le libre-échange et préparer ce que j’appelle l’écologie de rupture » conclue, plus radical Benoit Hamon.

Nathalie Arthaud insiste sur le fait que ce sont les travailleurs, pourtant si peu reconnus, qui permettent à toute la société de fonctionner.

Défendant le système actuel, Nathalie Loiseau rappelle malgré tout que « l’Union européenne avec tous ses défauts est l’endroit au monde où les inégalités sont les moins marquées et où la redistribution est la plus forte ».

 

Une écologie plus ou moins radicale

C’est justement via l’économique que chacun a parlé écologie, spontanément, puisqu’aucune question n’était sur ce sujet – sciemment !

Certains parlent de « localisme » comme Jordan Bardella, d’autres dénoncent des « écocides » comme on parle de génocides, tel Benoit Hamon.

Manon Aubry affirme que l’écologie n’est par essence pas compatible avec le capitalisme : « l’écologie est compatible uniquement avec des logiciels de gauche ».

Quand Nathalie Loiseau, elle, se méfie d’une écologie de secte.

Enfin, ils ont parlé culture, ils ont parlé perso

Benoit Hamon évoque Oxmo Puccino et le jazz, Nathalie Loiseau reste aux côtés de Chopin, quand Bardella écoute Aznavour.

Ian Brossat évoque la société de consommation via American Psycho de Brest Easton Ellis, et Francis Lalanne parle terreur façon 1984 de George Orwell.

Nicolas Dupont-Aignan admire tout autant Léonard de Vinci que Soulages, quand Florian Philippot dit aimer plonger dans une biographie.

La passion des cultures et les civilisations étrangères se lit dans les yeux de François Asselineau pendant que Manon Aubry nous dit s’inspirer de l’Afrique et avoir besoin de sport version water-polo et que Nathalie Arthaud est fascinée par le bâtiment de Franck Gehry à la fondation LVMH

Tous aimeraient que les questions culturelles reviennent un peu plus au cœur des débats …

Du coup, pour se mettre dans une tradition culturelle – certes version light ! – nous leur avons décernés des palmes !

Et donc, voici notre palmarès… par ordre alphabétique !

La palme des sans voix à Nathalie Arthaud

La palme de la culture encyclopédique à François Asselineau

La palme de l’écologie à Manon Aubry

La palme de l’ultra-précocité à Jordan Bardella

La palme du secteur public à Ian Brossat

La palme de la nation à Nicolas Dupont-Aignan

 

La palme des idées prospectives à Benoit Hamon

La palme de l’émotionnel en politique à Francis Lalanne

La palme du légitimisme à Nathalie Loiseau

La palme de la souveraineté à Florian Philippot

 

Virginie Martin
Politiste