Les lectures nietzschéennes : Le wokisme ou l’égalitarisme à l’ère de l’abolition de la volonté de puissance

Avec ses « lectures nietzschéennes », François-Xavier Roucaut propose une suite de plusieurs textes d’analyse croisée entre Francis Fukuyama et F. Nietzsche (voir ici la première partie). Le thème en arrière-plan étant le livre de F. Fukuyama, « La fin de l’Histoire et le dernier homme ». Dans cette deuxième partie, il évoque le wokisme.

Mais cette croyance n’est que la conséquence d’une dépravation inouïe due à l’idéal chrétien, que l’on retrouve toujours quand on exprime avec circonspection le « type idéal ». On croit savoir, d’abord, qu’il est désirable de se rapprocher d’un type unique ; deuxièmement, on croit savoir de quelle sorte est ce type ; troisièmement, que tout ce qui nous écarte de ce type est une régression, une entrave, une perte de force et de puissance chez l’homme… Rêver des circonstances où cet homme accompli a pour lui l’immense majorité du nombre : nos socialistes et même messieurs les utilitaristes ne sont pas allés plus loin. – Cela semble donner un but à l’évolution humaine ; en tout cas la croyance vers un progrès vers l’idéal est la seule forme sous laquelle on puisse imaginer de nos jours une manière de finalité dans l’histoire de l’humanité. En somme, on a reporté le « Royaume de Dieu » dans l’avenir, sur la terre, dans l’humain – mais on a gardé au fond la croyance au vieil idéal. 

     NIETZSCHE, La volonté de puissance, XI 1887 – III 1888 (XV, §339).

La forme que peut prendre un futur défi de gauche à notre libéralisme actuel pourrait donc être considérablement différente de celles avec lesquelles nous sommes familiarisés dans notre siècle […]. Une future menace de gauche contre la démocratie libérale empruntera beaucoup plus vraisemblablement les dehors du libéralisme en changeant sa signification de l’intérieur, au lieu de mener une attaque frontale contre les institutions et les principes démocratiques de base. 

     FUKUYAMA, La fin de l’Histoire et le dernier homme, Au royaume de la liberté, 1992.

Le wokisme s’infiltre doucement mais sûrement dans toutes les strates de la société.

Ce concept hétéroclite, aux principes souvent abscons, est aujourd’hui la principale force idéologique de la conscience collectiviste. Les actions souvent ostensiblement clivantes posées par ses thuriféraires choquent, mais installent, grâce à leurs excès qui frappent l’imagination, ce logiciel de pensée au cœur des sociétés occidentales. Cette idéologie, qui enivre et submerge les consciences, surtout (et comme toujours) au sein des universités, suscite toutefois un sentiment de perplexité. Pourquoi tant de hargne révolutionnaire au sein de sociétés qui n’ont jamais été autant pacifiées, pour lesquelles le credo ambiant est celui de la compassion, de l’écoute empathique ? Pourquoi voit-on renaître les figures sévères et austères des tribunaux de l’Inquisition, et luire à nouveau les bûchers des autodafés, à l’ère des politiques ouvertes et inclusives ?

La dynamique de la « fin de l’Histoire », de l’aversion pour la puissance, explique cette forme d’idéologie collectiviste qu’est le wokisme. Le concept de « fin de l’Histoire », dans sa version théorisée par Francis Fukuyama,correspond à cette phase dans le développement de l’humanité qui marque la fin des conflits entre les nations, grâce au triomphe de la démocratie libérale et du droit international. Le germe sociétal de ce processus, c’est l’extinction volontaire et consentie d’une volonté de puissance collective, celle de la nation, désormais perçue, selon l’adage mitterrandien, « le nationalisme c’est la guerre », comme étant à jamais suspecte de pulsions de prédation et d’agressivité. Suppression de la volonté de puissance de la nation, orbi, via sa mise sous tutelle, sous l’autorité d’instances juridiques internationales et de méta-structures pseudo-étatiques (dénuées elles de volonté de puissance, à l’image du fédéralisme européen). Mais aussi urbi, via son affaiblissement culturel, grâce au pouvoir d’homogénéisation de la culturemainstream, et à l’action du multiculturalisme libéral, qui tend à nier toute prééminence aux cultures nationales au nom des libertés individuelles (le « il n’y a pas une culture française mais il y a une culture en France et elle est diverse » macronien). Cette dynamique d’extinction de la volonté de puissance du cadre national, voulue par les libéralismes sociétal et économique, et encouragée par la globalisation marchande, s’est progressivement, et naturellement, du fait de l’installation insidieuse d’une aversion pour l’adversité chez les modernes, étendue à la volonté de puissance en elle-même ; étant entendu par ailleurs que l’exercice de la puissance peut être toxique à tout niveau, et que les pulsions de prédation et d’agressivité ne sont pas l’apanage des masses.

Les forces collectivistes s’expriment donc désormais dans le contexte de ce paradigme civilisationnel contemporain qu’est la recherche active de l’abolition de la volonté de puissance.

Paradigme déjà rencontré au cours de l’histoire, puisque c’était, selon Nietzsche, celui dans lequel évoluait le christianisme antique, au sein de cette mondialisation de l’époque qu’était alors l’empire romain : « Le christianisme est la forme décadente du monde ancien tombé dans une impuissance profonde, au point que les couches et les besoins les plus malsains remontent à la surface»[i.La volonté de puissance, E.A 1888 (XV, §173).]( Les chrétiens, qui regroupaient les opprimés et les épuisés de l’imperium romanum, « un conglomérat de formes de décadence » selon ses termes, cherchaient à mettre à terre l’empire en le sapant de ses saines valeurs aristocratiques : « La base du christianisme c’est la rancune des malades, leurs instincts dirigés contre les bien-portants, contre la santé […]. Cet imperium romanum qui se dressait aere perennius, forme d’organisation dans des conditions difficiles la plus grandiose jamais atteinte jusque-là, et en comparaison de quoi tout ce qui précède, tout ce qui suit, n’est qu’inachevé, bâclé, dilettante – voilà ce que ces saints anarchistes se sont fait un devoir de « piété » de détruire « le monde », c’est-à-dire l’imperium romanum, au point de n’en laisser pierre sur pierre, – au point que même des Germains et d’autres rustres purent s’en rendre maîtres… »[ii.L’Antéchrist, 1896.]

Il s’agissait donc d’un mouvement révolutionnaire, animé selon les mots de Tacite, par « la haine pour le genre humain », et incarné par la figure d’un Saint Paul liguant les forces du « ressentiment » à des fins de table rase, selon les propres mots de l’apôtre des gentils : « ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ». Ce paléochristianisme était, comme le wokisme d’aujourd’hui, un égalitarisme absolutiste (puisque toutes les âmes sont égales devant Dieu),  qui offrait donc déjà une prime au « ressentiment », et la promesse d’inverser les hiérarchies (« Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers » selon le proverbe mathéen). Mais avec cette différence fondamentale, qu’il « dé-essentialisait » (« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ », selon les mots de Saint Paul), façonnant ainsi une nouvelle communauté unifiée, à l’exact inverse du wokisme, qui en génère lui une kyrielle.

C’est finalement cette particularité, la recherche de suppression de la volonté de puissance, disparue au cours des siècles, qui frappe d’incompréhension les consciences actuelles, qui n’y étaient plus habituées. Jusque-là, les forces collectivistes ne reniaient pas la volonté de puissance, bien au contraire. Le marxisme contestait le règne de la bourgeoisie, mais voulait lui substituer celui du prolétariat (avant d’instaurer finalement celui de la bureaucratie). Habillée du rouge vif du communisme, une volonté de puissance vorace, obstinée, parfois fanatisée, aiguillonnée par la menace existentielle libérale, a régné sur une vaste partie du monde. L’idéologie libertaire faisait quant à elle exploser le carcan sociétal de son époque, productif et conservateur, afin de libérer les énergies créatrices et hédonistes de l’individu. Ces mouvements collectivistes aspiraient donc encore à la puissance, celle de la masse pour les marxistes, celle de l’individu pour les libertaires.

Notons que ces courants ont été de profonds générateurs de culture.

Le communisme a enfanté un patrimoine culturel dont le parfum subversif flotte encore dans l’air d’aujourd’hui, ce qui l’a peut-être sauvé de la damnatio memoriae qu’a subi le fascisme. La parenthèse libertaire, toute à son hystérie revendiquée et ses personnalités charismatiques, a été une formidable période d’émulation artistique. Le wokisme est lui, à l’inverse, un retour à la négation de volonté de puissance. C’est pour cela qu’il revêt la bure de l’austérité et qu’il brandit le fouet de la mortification. Et c’est aussi pour cela qu’il s’attaque à ses aînés collectivistes, que ce soit à l’universalisme normatif et productif des communistes, ou à la prédation sociale (et sexuelle pour le dire) des libertaires. Le wokisme c’est finalement la figure de Savonarole, qui vient suivre et punir la volonté de puissance exubérante de la Florence des Médicis.

Il était alors attendu que ce mouvement voit le jour, en réaction, sur le continent nord-américain, dont l’histoire est justement faite de rivalités, d’affrontements, et de rapports de domination (en un mot de compétition) entre les ethnies et les cultures, dans une sorte de mondialisation en miniature. Et qu’il trouve son berceau dans une nation, les États-Unis d’Amérique, incarnation des libéralismes économique et sociétal ; un pays par ailleurs animé sur ses terres de la plus insatiable et débridée volonté de puissance, et à l’origine, hors de ses frontières, d’un imperium americanumhégémonique. Il était aussi écrit que ces forces collectivistes rejoindraient celles de l’écologisme radical, l’autre grand fossoyeur contemporain de la volonté de puissance. Puissance égale prédation, voilà en effet l’équation qui lie le wokisme et l’écologisme radical, qui ont déclaré la guerre à la première sous prétexte de lutter contre la seconde. A l’exacte inverse de Nietzsche, pour lequel : « L’humanité, c’est la somme de puissance dont les individus se disputent l’utilisation et la direction. C’est une part de domination sur la nature : il faut avant tout connaitre la nature, puis la diriger et l’utiliser. Mon but est donc, bien au fond, la connaissance ; mettre au service de la connaissance une somme considérable de puissance ! »[iii.La volonté de puissance, 1881-1882 (XII, 1ère partie, §245).].

Malgré cette particularité liée au contexte, les forces collectivistes suivent toutefois les schémas d’influence qu’elles ont toujours suivi, et que Nietzsche décortiquait dans ses analyses.

Sur le plan structurel, on retrouve tout d’abord la place prépondérante donnée à l’idéologie, cette simplification tyrannique du réel. L’idéologie est chez les collectivistes dominée par l’égalitarisme, qui est la force antagoniste de l’éthique aristocratique que défend Nietzsche : « La mentalité aristocratique est ce qui a été miné le plus souterrainement par le mensonge de l’égalité des âmes »[iv.L’Antéchrist, 1896.]. L’idéologie égalitariste est d’ailleurs pour Nietzsche (qui en consommait lui-même), un stupéfiant, ce qui explique les actes déroutants des activistes les plus engagés : « Les beaux sentiments, les mouvements sublimes font partie, physiologiquement, des narcotiques ; l’abus en a exactement la même conséquence que l’abus de tout autre opium – la débilité nerveuse »[v.La volonté de puissance, 1888 (XV, §454).].Vient ensuite le poids de l’esprit critique, hypertrophié, hégémonique, développé pour sa seule fin, au détriment des conséquences pour le corps social : « Les fondements de tout ce qui est grand et vivant reposent sur l’illusion. La passion de la vérité mène à la ruine […]. Avant tout à la ruine de la civilisation. Le « laisser-faire », de la science comme du marché, ne conduit pas au bien-être général, au contraire : l’humanité a dans la connaissance un beau moyen de se détruire »[vi.Les philosophes préplatoniciens, 1994.].

Sur le plan des acteurs, on retrouve la volonté de puissance propre des intellectuels, ces individualités qui usent de leur organe cérébral afin de capter et canaliser à leur propre compte le flot des pulsions collectivistes, les « attrapeurs de rats » selon Nietzsche, s’inspirant du titre en allemand du conte de Grimm (le joueur de flûte en français). C’était à l’époque communiste, le philosophe, dont l’archétype était Sartre : « Le philosophe, développement ultérieur du type sacerdotal, dont il porte en lui l’héritage ; même comme rival, il est contraint de lutter pour les mêmes fins, avec les mêmes moyens, que le prêtre de son époque ; il aspire à l’autorité suprême »[vii.La volonté de puissance, III-VI 1888 (XV, §140).]. C’est aujourd’hui le sociologue, qui est moins dans le charisme intellectuel, refus de la volonté de puissance oblige, mais qui se pare désormais de la vertu de l’objectivité, celle des études scientifiques (tout du moins présentées comme telles), derrière lesquelles l’égo (et la volonté de puissance qui l’anime), peut donner l’illusion de disparaitre : « La vérité, c’est-à-dire la méthode scientifique, a été comprise et perfectionnée par ceux qui devinaient en elle un instrument de combat – une arme destructive »[viii.Ibid, 1888 (XV, §457).]. Une sociologie déjà à l’époque toute vendue à l’idée de la suppression de la volonté de puissance, selon Nietzsche : « Ce que j’ai à objecter à l’encontre de toute la sociologie française et anglaise, c’est qu’elle ne connait d’expérience que les produits de décomposition de la société et prend en toute naïveté ses instincts de décomposition pour norme du jugement de valeur sociologique. La vie déclinante, le déclin de toute force d’organisation, c’est-à-dire de différenciation, de toute force capable de creuser des fossés, d’imposer une stricte hiérarchie, ce déclin est programmé par la sociologie actuelle comme un idéal »[ix.Crépuscule des idoles, Divagations d’un « inactuel », 1889.].

Ensuite interviennent les techniques d’artifices et de manipulation mentale, pratiquées jadis par les prêtres, puis par les psychanalystes (qui les ont remplacés), et reprises par les militants du wokisme.

La téléologie du paradis, du monde parfait, ici multiculturel, vendu comme le seul horizon désirable, par contraste avec le purgatoire sociétal actuel dont il faudrait sortir au plus vite. La novlangue, qui cherche à assoir l’autorité. Les changements de la sémantique, qui viennent décontenancer. Les éléments de discours, rabâchés et repris par divers canaux, à des fins de propagande. La dichotomie « bien et mal », pour faciliter les conditionnements et escamoter l’esprit critique. L’aiguillon de cette puissante émotion sociale qu’est la culpabilité, ainsi que le recours au « péché originel», afin de soumettre les consciences ; et l’euphorie libératoire et communicative de la rédemption, pour les convertis. La vanité ostentatoire de la supériorité morale, faux-nez du sentiment de supériorité sociale, offerte aux fidèles. Et le châtiment de l’excommunication, devenue la culture de l’effacement, promise aux mécréants. Enfin, le recours perfide à l’inconscient, afin d’invalider les oppositions conscientes.

Pour finir, on retrouve les forces telluriques des mouvements collectivistes, les pulsions sociétales, brutes et émotionnelles, dont la plus féconde en termes d’activisme est celle du « ressentiment ». Animés par la jalousie et la volonté de revanche, avant-hier les chrétiens, hier le prolétariat, aujourd’hui les minorités victimaires auto-proclamées, font payer à un ordre établi leurs maux dont il serait l’unique responsable, s’enivrant ainsi à leur tour de l’exercice d’une puissance qui leur paraissait jusque-là interdite.

Par ailleurs, chez ceux qui s’estiment comme étant les héritiers des maîtres d’hier, un néo-rousseauisme s’est installé : puisque c’est l’exercice de la puissance qui crée le mal, alors les minorités qui l’ont subi en sont forcément exemptes… elles sont même la solution au mal restant. Abdiquer sa volonté de puissance propre mais reconnaître celle d’autrui à des fins de réparation, voir dans les minorités l’avenir désirable de l’Homme (avec pour paroxysme ces militants qui s’inventent des ascendances « racisées »), et dans la tradition un monde à abolir ; pour cette bourgeoisie satisfaite, celle du « dernier homme » de Nietzsche, obnubilée par le confort et la sécurité, l’exercice de la puissance est un anachronisme dangereux, le cadre national, le vestige pittoresque d’un passé toxique. Pour elle, se consacrer aux classes populaires, plutôt qu’aux minorités, est donc désormais non seulement suspect d’ethnocentrisme, mais c’est encore promouvoir la coercition d’un cadre normatif, qu’il soit celui du prolétariat, ou celui de la nation.

On assiste donc au retour de l’alliance, déjà entrevue dans le christianisme antique, entre les lassés de l’exercice de la puissance, et ceux qui cherchent à l’exercer à leur tour.

Égalitarisme et abolition de la volonté de puissance sont donc sur le plan dogmatique les deux mamelles du wokisme. Tout son esprit de table rase, de démolition systématique des symboles passés ou fantasmés de la puissance, en découle. Du cadre normatif biologique au cadre normatif sociétal, des conquêtes humaines à celles de la nature, des identités nationales aux identités sexuelles, des figures historiques aux figures grammaticales, toutes les emprises sont abolies, et remplacées par de nouvelles et féroces affirmations.

En conclusion, le surmoi collectiviste né à des fins de survie du groupe dans le judaïsme, et repris dans le christianisme qui en découle, puis dans le socialisme, est une constante sociologique dans la culture occidentale. Ce qui varie en revanche au cours du temps, c’est son rapport à la volonté de puissance, qu’il la fasse sienne (communisme, idéologie libertaire) ou qu’il cherche à l’annihiler (paléochristianisme, wokisme). Le wokisme est l’expression de l’idéologie égalitariste dans le contexte contemporain, celui de « la fin de l’Histoire », l’ère de l’abolition de la volonté de puissance in extenso, instaurée selon les mots de Nietzsche par l’union des « socialistes et des utilitaristes » (cf. incipit). C’est en cela qu’il est si difficile à combattre, puisqu’il épouse en plein les aspirations à la pacification et à la concorde perpétuelle des contemporains, et qu’il revêt les atours d’un libéralisme devenu hégémonique, comme le prédisait Fukuyama…

Le wokisme est l’une des deux faces du Janus grimaçant de ce mécanisme dégénératif civilisationnel qu’est devenue « la fin de l’Histoire ». L’autre figure, haïe, mais néanmoins liée au wokisme par ce processus historique qui les a fait naître, étant sa sœur siamoise individualiste, le trumpisme.

François-Xavier Roucaut 
Psychiatre
Professeur adjoint de clinique à l’université de Montréal