• Contact
  • Abonnez-vous
  • Contribuez
Panier / 0,00 €

Votre panier est vide.

Abonnez-vous à la newsletter
Revue Politique et Parlementaire
  • Se connecter
S'abonner
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
Contribuez aux débats
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
Aucun résultat
Voir tous les résultats
dans Politique

L’irresponsabilité médiatique comme délit éthique et démocratique

Pierre-Antoine ChardelVirginie MartinParPierre-Antoine ChardeletVirginie Martin
17 février 2021
L’irresponsabilité médiatique comme délit éthique et démocratique

Il y a un délit d’irresponsabilité médiatique lorsque que certains médias, y compris ceux qui se disent de service public, nous imposent comme inévitable et bien avant l’échéance, une confrontation Emmanuel Macron/Marine Le Pen lors de la prochaine élection présidentielle. Cette imposition d’un tel duel s’opère alors que rien ne préfigure une telle confrontation.

Un tel état de fait énoncé de manière aussi catégorique a quelque chose d’indigne éthiquement et démocratiquement dans un moment où la société est en pleine ébullition compte tenu des frustrations qu’elle subit depuis presqu’un an, avec les restrictions que nous savons en termes de liberté de déplacement, de vie sociale et culturelle.

Une vie politique mouvante et imprédictible

Une vision aussi figée de l’avenir politique est, en outre, en parfaite contradiction avec la forte demande d’inventivité sociale qui est si manifeste ; si l’on songe, par exemple, aux participations citoyennes qui sont engagées par le biais de plateformes de pétitions en ligne, telle que Change.org notamment, et aux demandes de dynamiques politiques plus horizontales et contributives qui se font toujours plus vives. Ou encore de changement de Constitution, par exemple, ou de référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Anticiper ainsi les résultats d’un premier tour encore lointain, sur la base de quelques sondages, constitue, à nos yeux, un délit éthique et démocratique majeur, c’est passer outre le fait que la vie politique est par essence mouvante et imprédictible ; c’est également considérer les citoyens comme des êtres grégaires et dociles, incapables de faire preuve de jugement réflexif ou d’autonomie.

Un risque d’asphyxier l’espace démocratique

Nous y voyons là aussi un risque d’asphyxier l’espace politique, en bloquant le désir de changement et la volonté de renouveler les imaginaires institués, pour reprendre une formule de Cornélius Castoriadis, qui définissent en principe les conditions d’un agir commun. Le sociologue exprimait par-là l’idée que l’histoire des sociétés doit toujours impliquer de comprendre le pouvoir de création qui les caractérise, non pas en favorisant un simple écart par rapport aux formes existantes, « mais comme position d’un nouveau type de comportement (…), comme invention d’un nouvel objet ou d’une nouvelle forme – bref, comme surgissement ou production qui ne se laisse pas déduire à partir de la situation précédente… »1. On se saurait donc réduire la vie d’un Etat démocratique à des jeux d’opposition orchestrés a priori et de manière si manichéenne, en figeant ainsi les possibles de l’avenir collectif.

 Libérer les imaginaires sociaux

Enfin, réduire l’affrontement politique à des motifs sécuritaires et identitaires, alors même que nous sommes dans une période où la vie sociale devient de plus en plus délétère et appauvrissante en termes de sens, où la neutralisation de nos sphères publiques et de nos horizons de vie commune a rarement été aussi violente, c’est contribuer à saturer encore plus les espaces de renouvellement, et pas seulement idéologique, dont toute société démocratique a besoin pour continuer de respirer. C’est également courir le risque surtout d’ôter tout désir de participation lorsqu’arrivera réellement le temps de l’élection présidentielle, alors même que nous n’avons jamais peut-être eu autant besoin de libérer nos imaginaires sociaux.

Pierre-Antoine Chardel, philosophe et sociologue, professeur à Institut Mines-Télécom Business School

&

Virginie Martin, politiste et sociologue, professeur à Kedge Business School 

  1. Cornelius Castoriadis, L’institution imaginaire de la société, Ed. du Seuil, 1999, p. 65. ↩
Pierre-Antoine Chardel

Philosophe de formation, sociologue, docteur de <a href="https://www.ehess.fr" target="_blank" rel="noopener">l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales</a>, titulaire d'un PhD de <a href="https://www.ulaval.ca/" target="_blank" rel="noopener">l'Université Laval</a> (Canada), habilité à diriger des recherches de l’Université de Paris (Faculté des SHS – Sorbonne), Pierre- Antoine Chardel est professeur à <a href="https://www.imt-bs.eu/" target="_blank" rel="noopener">l'Institut Mines-Télécom (IMT-BS)</a> et directeur scientique du <a href="https://lasco.wp.imt.fr/" target="_blank" rel="noopener">LASCO IdeaLab</a>, membre du Laboratoire d'Anthropologie Politique (UMR 8177, CNRS / EHESS). Il est aussi notamment co-responsable du séminaire « Socio-philosophie du temps présent » à l’EHESS et membre des comités de rédaction des revues Politique et Parlementaire, Hermès, Etudes Digitales. Derniers ouvrages : <a href="https://amzn.to/3BNkyUd" target="_blank" rel="noopener">L’empire du signal. De l’écrit aux écrans</a>, CNRS Editions, 2020 ; <a href="https://amzn.to/3DUf24Z" target="_blank" rel="noopener">Socio-philosophie des technologies numériques. Ethique, société, organisations</a>, Presses des Mines, 2022.

Partager sur LinkedinPartager sur XPartager sur Facebook

Les derniers articles

Saint John Philby Et le pétrole d’Arabie devint américain…

Saint John Philby Et le pétrole d’Arabie devint américain…

ParAlain Meininger

Nous poursuivons notre série consacrée aux écrivains-espions avec Saint John Philby, diplomate accompli et explorateur érudit dont le parcours

Sophie Bricaire, metteuse en scène

Sophie Bricaire, metteuse en scène

ParAlain Meininger

Elle court et se démultiplie aujourd’hui entre Nancy, Avignon, Luxembourg-ville et Paris où sa pièce Pinocchio Créature, tirée du célèbre...

Un acteur inattendu de la chaine d’approvisionnement dans le blocage du détroit d’Ormuz : l’hélium

Un acteur inattendu de la chaine d’approvisionnement dans le blocage du détroit d’Ormuz : l’hélium

ParJesus Del Rio Luelmo

L’offensive des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran a produit un effet attendu et redouté : la fermeture du Détroit d’Ormuz....

Justice et intelligence artificielle générative : anticiper et accompagner d’inexorables évolutions

Justice et intelligence artificielle générative : anticiper et accompagner d’inexorables évolutions

ParMarie-Pierre La Gontrieet1 autre

Les effets que le développement des outils d’intelligence artificielle générative engendre sur la justice

Retrouvez nos dernières vidéos

Sorry, there was a YouTube error.

Inscrivez-vous à notre Newsletter

Related Posts

École publique : le choix irresponsable du déclassement
Politique

École publique : le choix irresponsable du déclassement

Et si on rendait le référendum aux Français
Politique

Et si on rendait le référendum aux Français

IA et éducation
N°1116

IA et éducation

Le Conseil constitutionnel et la tentation de l’hubris
N°1116

Le Conseil constitutionnel et la tentation de l’hubris

La responsabilité pénale des politiques
N°1116

La responsabilité pénale des politiques

À quoi sert un parti politique ? La leçon social-démocrate d’Albert Thomas
N°1116

À quoi sert un parti politique ? La leçon social-démocrate d’Albert Thomas

Quand les députés ne votaient pas eux-mêmes
N°1116

Quand les députés ne votaient pas eux-mêmes

LFI ou l’écosystème de domination discursive
Politique

LFI ou l’écosystème de domination discursive

Article suivant
Libre propos droit de grâce Raphael Piastra

De l’importance d'institutions justes et efficaces

La Revue Politique et Parlementaire
10 rue du Colisée 75008 Paris
Email : contact@revuepolitique.fr
Téléphone : 01 76 47 09 30

Notre Histoire
L'équipe
Mentions légales

Culture
Economie
Faut… de la géopolitique
International
La tribune du parlementaire
Libre opinion
Politique
Science et technologie
Société
Vie du parlement
Nos vidéos

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Se connecter

Add New Playlist

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026

Revue Politique et Parlementaire