Perseverance, une lueur dans les mois noirs ?

Lancé le 30 juillet dernier, le nouveau rover de la Nasa Perseverance doit se poser ce soir sur Mars. Par Eric Cerf Mayer.

Dans la mer des Sargasses des informations dont nous abreuvent les médias  au fil des épisodes de la pandémie, il subsiste quelques rares lueurs pour jeter une lumière moins altérée sur la trame des jours de plomb qui s’écoulent depuis l’apparition d’un virus et de ses mutants en passe de changer la face du monde.
 
Et certainement, c’est à nouveau en provenance du pays de la bannière étoilée, que nous viendra cette nuit le signal d’une avancée dans notre connaissance de l’univers avec la descente sur la surface de Mars d’un rover né de l’ingéniosité humaine et de la quête inlassable du savoir et de la réponse à cette grande interrogation qui taraude les mortels depuis des lustres, y a-t-il une vie en dehors de notre planète ?
 
Dans le kaléidoscope des informations qui nous pilonnent sans répit ni mesure, entre le pari des politiques face aux assauts et mutations d’un virus qui nous renvoie à nos angoisses les plus intimes, les incertitudes des campagnes de vaccination, otages d’une communication politique sans scrupules ni gouvernail digne de confiance, la perspective repoussée d’un reconfinement et l’angoisse suscitée par des situations épidémiques locales contrastées et lourdes de menaces, il demeure peu de motifs de se réjouir ou simplement d’espérer en des jours meilleurs et de retour à la vie d’avant, dans une perspective calendaire raisonnable.
 
Un robot cette nuit permettra peut-être de renouer avec une actualité moins mortifère, et c’est là un des signes qu’il faut toujours regarder à la fois en arrière et en avant, une des rares forces de l’humanité face aux défis de sa survie, pour progresser dans la lumière.
 
Les civilisations sont mortelles, les Empires grandissent et s’effondrent dans le fracas de la décomposition des mœurs et la transgression des limites que la nature et la décence, sans parler du respect de soi-même, nous dictent habituellement. Rien de nouveau sous le soleil, de tous temps, les égarés ont alimenté la chronique des errements et de la part sombre de l’humanité, les roués et les cyniques ont méprisé leurs semblables et défié la raison pour finir dans les égouts de l’Histoire, sans pour autant entraver la marche des étoiles.
 
Alors cette nuit, sept minutes dans l’éternité feront battre le cœur de l’Amérique et du monde et nous feront oublier l’espace d’un court moment la fange du quotidien en ces temps de pandémie et d’incertitude, et c’est encore une fois du ciel et du vaste univers que nous viendra un signal d’espérance, de Perseverance et de résilience Somme toute..
 
Eric Cerf Mayer