Raisi – Le bras droit de Khamenei prend la présidence

Le 3 août, Ebrahim Raisi, un homme des plus proches de Khamenei, devient officiellement président du régime iranien, en succédant au président sortant Hassan Rouhani. Les Nations Unies et Amnesty International ont officiellement déclaré que Raisi a été impliqué dans le massacre de dizaines de milliers de prisonniers politiques en 1988 et doit être traduit en justice. Son sort serait comme celui de Radovan Karadzic et Ratko Mladic, qui ont été jugés pour le massacre de Srebrenica de juillet 1995.

On se demande pourquoi le Guide Suprême de Téhéran, Ali Khamenei, a utilisé le Conseil des gardiens pour disqualifier tous les autres candidats sérieux, en en laissant quelques-uns qui n’avaient aucune chance de vaincre Raisi. L’histoire a montré que lorsque les régimes dictatoriaux se sentent vulnérables et fragiles, ils comptent sur leurs fonctionnaires les plus fidèles pour rationaliser leur machine oppressive. La nomination plutôt que l’élection de Raisi en tant que nouveau président suit la même politique. Pour Khamenei, le régime vit un moment critique à cause de troubles croissants dans tout l’Iran, qui se sont suivis avec un soulèvement au Khuzestan et dans d’autres provinces en juillet.

Le 10 août 2021, un tribunal suédois jugera Hamid Nouri qui était impliqué dans le massacre des prisonniers politiques en 1988. Hamid Nouri, 60 ans, était alors procureur adjoint à la prison de Gohardasht à Karaj.

Il est poursuivi sous la juridiction universelle de la justice suédoise, notamment pour « crimes de guerre » et « meurtre ».

La grande majorité des victimes du massacre étaient des partisans des Moudjahidine El-Khlaq (MEK), les ennemis jurés du régime iranien.

Le régime était-il mécontent de Nouri ? Ce dernier a choisi de se rendre en Suède, où quelqu’un a découvert sa présence, entraînant son arrestation. Était-ce un complot ? Une source proche du dossier dit qu’il est douteux qu’un procureur adjoint iranien ait choisi de se rendre seul en Suède, et il se trouve que quelqu’un l’a dénoncé aux autorités. Nouri a déjà voyagé à l’étranger avec le même nom à plusieurs reprises.

Son histoire ressemble à celle de Ruhollah Zam, qui avait des liens avec le ministère du Renseignement et de la Sécurité (VEVAK), et est allé à l’étranger pour jouer le rôle d’un « adversaire » du régime iranien. Mais Zam semble être allé au-delà de ce qu’il était censé faire dans sa mission. Selon certaines sources, il a été pris dans un conflit entre l’unité de renseignement du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et le VEVAK. Finalement, les Gardiens de la révolution l’ont attiré en Iran et l’ont ensuite exécuté. De tels conflits internes ont été signalés par l’actuel ministre du Renseignement du régime. Il convient de noter que le père de Zam était un fonctionnaire du régime et un ancien membre du VEVAK.

Même s’il n’en est pas conscient, Hamid Nouri a été utilisé comme conspirateur par le régime iranien. Son arrestation en Suède appuie cette hypothèse. Le régime prévoit d’orienter les regards vers Nouri en le présentant comme l’une des figures importantes du meurtre de plus de 30 000 prisonniers au cours de l’été 1988 en Iran. En amplifiant le rôle de Nouri, le régime compte détourner la responsabilisation populaire de Raisi dans ce massacre vers une autre figure. Et ainsi, au moins dans une certaine mesure, Raisi échappera au fardeau de massacrer 30 000 prisonniers politiques.

Le régime use aussi de la propagande pour attaquer l’OMPI et l’accuser du meurtre de milliers de personnes en Iran. Cette propagande vise uniquement à discréditer l’organisation. Les mollahs espèrent détourner l’attention de la communauté internationale des crimes commis en Iran et diffuser à la place de fausses informations sur l’OMPI, qui constitue une menace existentielle pour eux, comme le montre son activité organisée dans la direction des récents soulèvements en Iran.

Aucun chef d’État ne peut serrer la main de quelqu’un dont les mains sont trempées dans le sang de jeunes, dont le seul péché a été de proclamer la liberté et la laïcité.

La plupart des personnes exécutées étaient des jeunes musulmans ayant défié l’autorité de Khomeiny en présentant un islam moderne, pacifique et tolérant que lui n’a pas toléré. Khomeiny a publié un décret religieux ordonnant d’exécuter immédiatement les opposants du régime. Lors du massacre de 1988, des membres de nombreuses minorités ethniques, comme les Kurdes ou les minorités religieuses, ont également été exécutées.

Raisi et Khamenei ont été directement impliqués dans ce massacre, et doivent être traduits en justice. L’impunité injuste qui règne en Iran depuis 42 ans doit cesser une bonne fois pour toutes.

Hamid Enayat, Ecrivain et expert de l’Iran