Drapeau libanais se décomposant sous forme d'oiseaux

Par-delà la volonté de puissance…

Le Centenaire de la naissance de l’État du Grand Liban s’est vu précédé par la tragédie de la double explosion du 4 août à Beyrouth. Comment ne pas y voir une propédeutique à la si difficile – sinon quasiment impossible – renaissance d’un pays qui n’a pas fini, depuis les années de la guerre civile, de tenter de se remettre debout ? Comment ne pas y voir surtout comme une condamnation à la pérennité de la mémoire traumatique, ou encore à cet absurde mythe du phénix dont les Libanais ont, très étrangement, toujours tiré fierté ?

Illustration drapeau libanais et éruption volcanique

Le particularisme libanais à l’épreuve d’un contexte géopolitique complexe

2020, le centenaire de la naissance du Grand Liban, a été un tournant tragique dans l’histoire du pays, éprouvé par un environnement géopolitique troublé et plutôt hostile. Cent ans après sa fondation, le pays subit une crise structurelle multiple conduisant à l’effondrement économique et mettant l’existence de son identité en question. Le retour à la genèse du Liban nous permet de mieux saisir les enjeux d’aujourd’hui.

Le Grand-Liban 1920-2020… Un très triste centenaire

« C’est en guenilles noires et sur un air de requiem que la République libanaise s’apprête à fêter dans quelques jours l’anniversaire de la proclamation du Grand-Liban par la France du général Gouraud, le 1er septembre 1920 »1. C’est par ces mots sombres que décrit Michel Hajji Georgiou, le Liban à la veille du Centenaire. En effet, c’est le ressenti général trois semaines après l’explosion cataclysmique du 4 août 2020 qui a meurtri Beyrouth, son port, ses fenêtres, ses sourires, ses couleurs et son âme… Le Centenaire est donc placé sous le signe de la tristesse et du deuil. Le président français Emmanuel Macron qui devait se rendre au Liban pour les festivités du Centenaire, s’est finalement retrouvé sur les ruines de Beyrouth, deux jours seulement après l’explosion, désormais désignée comme « Beirutshima ». Un très triste Centenaire… mais comment en sommes-nous arrivés là ?