Ils clament tous qu’il faut un seul candidat de la droite et du centre pour espérer figurer au second tour de la présidentielle. Mais ils jouent tous perso…
C’est le moment de vérité pour la droite. Le second tour des municipales a en effet quelque peu rebattu les cartes. Loin de s’effondrer, et notamment grâce à ce qu’il avait baptisé « les alliances de la honte » entre le Parti socialiste et La France insoumise, le parti Les Républicains peut se féliciter d’avoir gagné, à Toulouse, Brest, Limoges, Cherbourg et même Clermont-Ferrand, ville socialiste depuis 1944. Bruno Retailleau n’a du reste pas manqué de souligner que LR avait remporté 638 villes de plus de 9 000 habitants.
« Ces résultats montrent que la France n’est pas condamnée à une fausse alternative entre les idéologues de LFI et les démagogues du RN », a ainsi relevé le président des LR au soir des résultats de ce second tour. Sur le constat, tout le monde est à peu près d’accord : entre la gauche et le Rassemblement national, il y a un espace de victoire possible pour un candidat de droite et centre droit à l’élection présidentielle de 2027. La suite s’avère plus compliquée, comme on pouvait s’en douter.
Les conclusions du groupe de travail sur la meilleure manière de désigner d’abord le candidat LR, présidé par le président du Sénat Gérard Larcher, ont été dévoilées mardi soir : 1) primaire interne réservée aux seuls adhérents ; 2) primaire ouverte aux adhérents et aux sympathisants ; 3) désignation par les 120 000 adhérents du président du parti comme candidat. Cette solution ne concernant que le candidat des Républicains, elle ne règle en rien la question de la possible multiplicité des candidatures à droite et au centre. Seul un candidat unique de la droite et du centre à la présidentielle pourrait barrer la route du second tour à Jean-Luc Mélenchon.
Là encore, tout le monde est d’accord. Mais chacun joue sa partition, chacun a sa petite idée du périmètre que devrait embrasser : d’Edouard Philippe à Sarah Knafo, pour Laurent Wauquiez ; de droite et du centre jusqu’à la gauche républicaine, pour Gérald Darmanin ; de droite toute pour Bruno Retailleau qui caresse le rêve de réitérer l’exploit de Nicolas Sarkozy qui avait réussi en 2007 à siphonner l’électorat du Front national, et on en passe…
Quant à la manière de parvenir à cette candidature commune, autrement dit au fameux « système de départage », ce n’est pas mieux : Darmanin a longtemps plaidé pour une primaire ouverte de la droite et de Renaissance… dont ni Gabriel Attal, ni Edouard Philippe, brillamment réélu au Havre et actuellement favori dans les sondages, ne veulent entendre parler. Pas plus que Bruno Retailleau. Preuve que les ambitions personnelles priment toujours sur les discours d’union : lors du bureau politique de LR mardi soir, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez brillaient par leur absence. Quant au maire de Cannes David Lisnard, il a annoncé dès le lendemain de cette réunion qu’il quittait Les Républicains. En clair, il entend se présenter sous les couleurs d’« Energie », le mouvement qu’il a créé.
Autant dire que l’union semble mal partie. Du moins, lors de la pré-campagne qui s’ouvre aujourd’hui. Il y a fort à parier que ce sont les sondages qui départageront les prétendants. Il restera alors au favori à rassembler derrière lui tous ceux qui voulaient le concurrencer. On lui souhaite bien du courage.
Carole Barjon,
éditorialiste politique












