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dans N°1117, Politique

« L’illibéralisme n’est pas l’Autre du libéralisme, mais l’un de ses sous-produits historiques »

Marlène LaruelleParMarlène Laruelle
28 mai 2026
« L’illibéralisme n’est pas l’Autre du libéralisme, mais l’un de ses sous-produits historiques »
Analyse

 

Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, Marlène Laruelle décrypte l’essor de l’illibéralisme comme sensibilité politique plus que comme régime. Entre crise du projet libéral, mutations culturelles et fatigue démocratique, elle montre comment ce phénomène s’enracine au cœur même des sociétés contemporaines, en redéfinissant les règles du jeu et les imaginaires politiques.

Revue Politique et Parlementaire – Qu’est-ce que « la démocratie illibérale », selon vous ?

Marlène Laruelle – La « démocratie illibérale » désigne une configuration où le principe majoritaire reste revendiqué, parfois même exalté, mais où les dimensions libérales de la démocratie sont progressivement vidées de leur substance. On continue à organiser des élections et à mobiliser le langage de la souveraineté populaire, mais on affaiblit ce qui rend la démocratie plus qu’un simple mécanisme électoral : l’État de droit, l’indépendance de la justice, la liberté des médias, le pluralisme partisan, la protection des minorités, etc.

 

Ce n’est donc pas la fin de la démocratie au sens formel, mais une redéfinition de la démocratie comme autorisation permanente donnée par la majorité à un exécutif renforcé. Et cela devient rapidement un projet politique de transformation des règles du jeu pour rendre l’alternance moins probable et le pluralisme moins légitime.

 

Toutefois, de mon côté, je préfère parler d’illibéralisme plutôt que de « démocratie illibérale » parce que le cœur du phénomène n’est pas une catégorie de régime, mais une sensibilité idéologique qui peut se déployer dans des contextes institutionnels variés, y compris au sein des démocraties libérales. L’illibéralisme n’est pas une dérive institutionnelle ou un synonyme d’autoritarisme ; il est un projet politique alternatif articulant une série de préférences normatives (majoritarianisme, souveraineté, homogénéité culturelle, valeurs conservatrices). Il « relit » le libéralisme sur un mode conservateur, et d’ailleurs de nombreuses figures que l’on qualifie d’illibérales se présentent comme cherchant à retourner au libéralisme « authentique », avant ce qu’elles voient comme sa dérive progressiste.

 

Cette approche par l’idéologie et non par les catégories de régime permet de comprendre que l’illibéralisme, n’est pas l’« Autre » du libéralisme mais l’un de ses sous-produits historiques. Il émerge comme réaction à la dépolitisation néolibérale et au gouvernement par l’expertise. Et il se nourrit des tensions internes au projet libéral et de l’écart entre le libéralisme comme promesse politique et les réalités socioéconomiques des régimes qui se définissent comme des démocraties libérales.

 

C’est précisément pour cela qu’il faut saisir l’illibéralisme comme une sensibilité, une manière d’habiter le politique, qui se diffuse par des écosystèmes culturels, médiatiques et affectifs, au-delà des seules questions institutionnelles. Une approche « par le bas » permet de comprendre que l’illibéralisme circule moins comme une doctrine cohérente que comme un climat culturel, entretenu par les médias d’opinion, l’édition, des initiatives éducatives ou patrimoniales, et plus largement par l’économie de l’attention, où indignation et transgression participent à la normalisation. Autrement dit, si l’on veut comprendre pourquoi l’illibéralisme séduit, il faut suivre ses lieux de socialisation culturelle et ses mécanismes de reconnaissance symbolique, pas seulement ses leaders et ses partis.

 

RPP – Diriez-vous qu’il existe une différence entre l’illibéralisme et le populisme et, si oui, quels sont les éléments que vous retenez ?

Marlène Laruelle – Oui, et la distinction est utile parce qu’elle permet de ne pas confondre une manière de faire de la politique avec un contenu idéologique structuré. Le populisme renvoie d’abord à une logique discursive et à un style de mobilisation : il met en scène une opposition morale entre le peuple et les élites, recourt à une rhétorique émotionnelle anti-système, et sert de stratégie tactique de conquête ou de consolidation du pouvoir, ce qui explique qu’il puisse exister à gauche comme à droite, selon les contenus qu’il articule.

 

L’illibéralisme, au contraire, désigne davantage un projet de réorganisation nor mative : il ne se contente pas d’exprimer une colère contre les élites, il propose de redéfinir l’ordre moral et institutionnel en contestant des principes libéraux (universalité des droits, primat des contre-pouvoirs, pluralisme) et en hiérarchisant plus explicitement les appartenances et les valeurs au nom de l’appartenance et d’une cohésion morale.

 

Distinguer populisme (cadre discursif) et illibéralisme (idéologie de reconfiguration) aide donc à mieux identifier ce qui relève de la surface expressive du mécontentement ou d’une transformation durable des normes qui organisent la démocratie.

 

Les deux peuvent bien sûr se recouper, parce que le populisme fournit souvent l’énergie politique, l’imaginaire moral et la légitimation (« nous » contre « eux »), tandis que l’illibéralisme fournit la direction programmatique.

 

Mais l’articulation n’a rien d’automatique : on peut avoir du populisme sans illibéralisme lorsque la rhétorique anti-élite ne débouche pas sur un nouvel ordre social et politique, et on peut avoir de l’illibéralisme sans populisme lorsque la transformation se fait de manière technocratique, au nom de la sécurité ou de l’efficacité. En outre, l’illibéralisme n’exige pas nécessairement une figure charismatique ni un anti-intellectualisme ; il peut aussi se présenter comme une production élitaire, doctrinale, là où le populisme est plus fortement associé à une performativité de crise et à l’immédiateté de la communication.

 

RPP – On parle aussi de démocratures ou d’autocraties, y a-t-il des moments de bascule d’un pays vers la tentation autoritaire ou définiriez-vous ce processus comme graduel et insidieux ?

Marlène Laruelle – Je le définirais le plus souvent comme un processus graduel, même s’il peut connaître des accélérations. Dans beaucoup de cas, il n’y a pas de rupture spectaculaire, mais une accumulation de petits déplacements qui, pris isolément, peuvent paraître techniques ou circonstanciels. Ce qui compte, c’est l’effet cumulatif : le pluralisme devient asymétrique ; l’opposition existe, mais elle se voit privée de ressources, de visibilité, ou de garanties juridiques ; l’alternance reste théoriquement possible mais improbable.

 

En outre, au sein même des démocraties libérales on se « délibéralise » progressivement sur certaines questions, par exemple les droits des migrants ; on met en place des formes de libéralisme autoritaire, plus policier ; on renforce l’exécutif contre les institutions intermédiaires, etc.

 

Il y a néanmoins des moments qui accélèrent la dynamique. Une élection, une crise sécuritaire, une guerre, un choc économique, une crise migratoire ou un épisode de polarisation extrême peuvent servir de fenêtre d’opportunité. Ces séquences permettent de justifier des mesures d’exception, de suspendre des procédures, d’élargir les pouvoirs de l’exécutif, et surtout de présenter les contre-pouvoirs comme des entraves irresponsables. La crise ne crée pas toujours « l’autoritarisation », mais elle la rend socialement acceptable et politiquement rentable.

 

RPP – Vous avez beaucoup écrit sur le poutinisme, quelle idéologie raconte-t-il et qu’est-ce que cela nous enseigne de l’illibéralisme ?

Marlène Laruelle – Le poutinisme raconte une idéologie de restauration et de souveraineté après une expérience vécue comme traumatique des années 1990, où le « libéralisme » est associé à la désintégration sociale, à l’humiliation géopolitique, à la captation oligarchique et à la perte de repères collectifs. Son récit central est celui du retour à l’État comme protecteur, arbitre et incarnation de la continuité historique.

 

Sur le plan idéologique, le poutinisme opère une fusion entre conservatisme culturel, étatisme politique et souverainisme international. La nation y est conçue moins comme une communauté civique de citoyens que comme une communauté de destin, avec une insistance sur la mémoire, la tradition, la normalité morale et une lecture civilisationnelle qui oppose la Russie à un Occident décrit comme à la fois hégémonique et décadent.

 

Ce que le cas russe nous enseigne, c’est que l’illibéralisme est un projet de production de sens autant qu’un répertoire de techniques de pouvoir. Il a la capacité d’offrir une explication globale du monde et une promesse de dignité retrouvée. Ensuite, le cas russe montre que l’illibéralisme se nourrit de la disqualification du libéralisme sur plusieurs plans à la fois : libéralisme politique (contre-pouvoirs), libéralisme culturel (valeurs) et libéralisme international (normes et institutions). Cette polyvalence lui donne une grande plasticité et lui permet d’agréger des publics différents autour d’un même rejet, et garantit à la Russie une image de marque de résistance, voire de rébellion, contre l’ordre établi.

 

RPP – La notion de « récit », qui l’emporte sur la vérité et sur le droit, est-elle un indicateur de bascule des démocraties ?

Marlène Laruelle – Ce n’est pas le fait qu’il y ait un récit qui est inquiétant, parce que toutes les démocraties vivent aussi de récits. Le signal de bascule, c’est quand le récit surplombe systématiquement les faits et quand ceux qui sont en désaccord avec le récit sont disqualifiés comme ennemis.

 

Dans une démocratie libérale, le récit politique est censé être contraint par deux types de garde-fous. D’abord par des médiations épistémiques : presse pluraliste, expertise administrative, universités, institutions statistiques, contre-enquêtes, fact-checking, débats contradictoires. Ensuite par des médiations juridiques : l’État de droit, le contrôle des juges, des règles de procédure et l’idée que même la majorité ne peut pas tout. Le récit devient dangereux quand il devient un test de loyauté.

 

L’enjeu pour le libéralisme, c’est donc d’arriver à recréer un récit qui fasse sens et de re-« narrativiser » la nation. Ce travail de récit vise à reconnecter l’expérience vécue et les institutions, à redonner une grammaire de dignité, de protection et de projection collective, afin que la critique de la dépolitisation et du gouvernement par l’expertise ne soit plus captée par des acteurs illibéraux.

 

RPP – Quelles sont les données qui expliquent la bascule illibérale que beaucoup d’États choisissent ?

Marlène Laruelle – Je parlerais d’un faisceau de facteurs plus que d’une cause unique. Les trajectoires de « dé-libéralisation » sont très différentes selon les régions, mais on retrouve des mécanismes récurrents, tous très bien étudiés.

 

D’abord, il y a un socle socioéconomique. Dans beaucoup de pays, la bascule illibérale se nourrit de la crise de la promesse libérale due à un demi-siècle de néolibéralisme : stagnation des revenus, précarisation, inégalités territoriales, sentiment d’abandon des classes moyennes et populaires et perception que la mondialisation a créé des gagnants protégés et des perdants invisibles. Ce n’est pas la pauvreté qui produit l’illibéralisme, mais l’écart entre attentes et trajectoires vécues et l’impression que les institutions ne corrigent plus ces écarts.

 

Ensuite, il y a une dimension culturelle et démographique. Les transformations rapides des normes de genre, de famille, de religion, de diversité ou de rapport à l’histoire nationale produisent, dans certains segments sociaux, une demande d’ordre moral et de continuité. L’individualisme absolutisé crée un vide de sens, une demande de communauté et de réapprentissage du bien commun. L’illibéralisme offre une solution partielle et partiale à cela, il promet une réparation symbolique en rétablissant une hiérarchie des valeurs.

 

Troisièmement, il y a une crise de représentation et de confiance due à des décennies de pouvoir technocratique affirmant qu’il n’y a plus de choix idéologique à faire, juste des ajustements mineurs au système tel qu’il existe. Les partis traditionnels s’épuisent, les scandales à répétition délégitiment les élites et l’État apparaît à la fois trop faible (incapable de protéger) et trop lointain (technocratique). L’illibéralisme prospère sur cette fatigue démocratique en proposant une personnalisation du pouvoir et une simplification des médiations au nom de l’efficacité.

 

Quatrièmement, dans certains pays, la variable géopolitique compte. Face à un ordre international libéral qui apparaît moins crédible et plus hypocrite, l’illibéralisme se présente comme une reprise de contrôle de sa souveraineté nationale face à des contraintes externes. Et la souveraineté est vue comme le moteur à la fois de la démocratie et de la reprise en main de son destin dans un monde trop globalisé.

 

Enfin, il y a bien évidemment l’accélérateur technologique et médiatique. Les chaînes d’information en continu et les réseaux sociaux favorisent la polarisation, la politique de l’indignation, la segmentation des publics et la délégitimation des médiations (journalisme, expertise, justice). Cela ne crée pas mécaniquement l’illibéralisme, mais cela polarise les opinions publiques et accélère la politique de l’affect. La question temporelle joue également : la demande d’immédiateté contredit le temps long de la prise de décision démocratique.

 

RPP – Y a-t-il un illibéralisme ou un populisme de gauche ou de droite, et les deux peuvent-ils se rejoindre ?

Marlène Laruelle – Oui pour le populisme, de manière assez évidente, parce que le populisme décrit d’abord une façon de construire le conflit politique. On peut mobiliser le peuple contre les élites au nom de la justice sociale, de la redistribution et de l’anti-oligarchie ou au nom de l’identité nationale, des frontières et de l’ordre moral. La grammaire est la même mais les contenus changent.

 

Pour l’illibéralisme, c’est plus compliqué. L’illibéralisme, tel que je l’entends, s’appuie sur une vision de la communauté politique comme corps culturel homogène et sur une hiérarchie des valeurs que l’on dit « naturelle » ou « traditionnelle », ce qui relève plutôt d’une culture conservatrice. Mais il peut exister des formes d’illibéralisme à gauche si, au nom de la volonté populaire, on relativise durablement les contre-pouvoirs et les garanties procédurales ou si l’on veut faire taire les opinions divergentes et leur interdire l’accès au champ public.

 

Peuvent-ils se rejoindre ? Oui, ils se rencontrent sur la critique des élites technocratiques, le rejet de la mondialisation, la dénonciation des effets du néolibéralisme, ou la défense d’un souverainisme économique et politique. Mais il faut être attentif à la limite de cette jonction. Dès qu’on touche à la définition de la communauté politique, à l’inclusion des minorités, aux droits civiques, ou à la hiérarchie des normes, les oppositions dominent.

 

RPP – Assiste-t-on à une bataille des discours « identitaires » ?

Marlène Laruelle – Oui, parce que l’identité est devenue une manière de structurer l’ensemble de la conflictualité politique et de hiérarchiser les priorités publiques. Les guerres culturelles fonctionnent comme un langage politique : elles simplifient et polarisent, permettant d’éviter des arbitrages socioéconomiques difficiles dans des sociétés où les solutions viennent principalement du logiciel néolibéral. La politique devient identité : on ne peut pas négocier de compromis sur une politique publique avec l’autre camp si l’on considère que la question en jeu relève de la conviction philosophique profonde de chacun.

 

Ce qui se joue, c’est d’abord une bataille sur la définition du « nous ». Les discours illibéraux proposent un nous substantiel, enraciné, présenté comme naturel et menacé, tandis que les discours libéraux ou progressistes proposent un nous civique, pluraliste et fondé sur des droits. La tension porte sur la nature même de la communauté politique. Ensuite, il y a une bataille des cadres interprétatifs. Les mêmes objets (immigration, diversité, religion, rapports de genre, mémoire nationale, écriture de l’histoire, etc.) sont racontés soit comme une extension des libertés et reconnaissance de droits individuels, soit comme une histoire collective enracinée dans l’espace et le temps que l’on se doit de protéger.

 

RPP – Comment qualifieriez-vous l’Amérique de Trump ?

Marlène Laruelle – C’est une démocratie polarisée, entrée dans une phase de durcissement illibéral, où la conflictualité s’est déplacée vers la mise sous tension des médiations libérales : la justice, l’expertise administrative, certains médias et, plus largement, l’idée que le pouvoir doit être contenu par des procédures et des arbitres indépendants.

 

Il faut comprendre que le trumpisme est l’aboutissement de dynamiques longues de mécontentement socioéconomique et de désajustements culturels. Au niveau idéologique, le trumpisme s’inscrit dans une généalogie paléoconservatrice (nationalisme culturel, protectionnisme, « America First », populisme anti-élites). Après l’assaut sur le Capitole du 6 janvier 2021, l’illibéralisation progressive du Parti républicain s’est accélérée, renforcée par une dynamique quasi prophétique autour de Trump et par l’idée qu’un moment révolutionnaire autorise des contournements institutionnels (on le retrouve par exemple dans la théorie de l’exécutif unitaire). Dans cette perspective, le trumpisme vise une stratégie de long terme : gagner, contester, voire neutraliser les prochaines échéances électorales, mener la bataille sur les terrains culturel, institutionnel, judiciaire et technologique, et survivre à Trump lui-même, sans possibilité de retour en arrière. Et qui gagnera les mid-terms ne changera que peu les dynamiques de fond.

 

RPP – L’Europe est-elle mieux armée face aux tentations illibérales ou peut-elle vivre cette bascule ?

Marlène Laruelle – Sur le papier, l’Europe est mieux armée que beaucoup d’autres espaces parce qu’elle dispose d’un « filet » supranational qui combine normes, surveillance et sanctions potentielles. Ce « filet » ne fonctionne pas parfaitement : il ne permet pas vraiment de punir les dissidents idéologiques comme la Hongrie de Viktor Orbán, mais il limite malgré tout les dérives autoritaires en son sein. Il force également à la socialisation des figures comme Giorgia Meloni en Italie, dont le logiciel idéologique peut être défini comme illibéral mais qui, en pratique, s’accommodent bien des normes libérales européennes.

 

Mais être mieux armée ne veut pas dire être immunisée. L’Europe est en effet particulièrement vulnérable aux arguments illibéraux, car elle combine plusieurs anxiétés structurelles qui se renforcent mutuellement. Le déclin démographique d’une société âgée, la peur de l’immigration qui empêche d’envisager la relève démographique sous une autre forme, un fort sentiment d’effacement géostratégique sur la scène internationale dû au ralentissement économique et au fait que l’Europe est une colonie technologique des États-Unis et un marché pour les produits chinois et, enfin, la difficulté à projeter un projet socioéconomique convaincant et désirable au niveau européen.

 

Là encore, sans profonde remise en cause du statu quo par ceux qui veulent sauver la démocratie libérale, on risque de laisser le champ libre aux acteurs illibéraux, qui ont le pouvoir de l’imagination de leur côté. Le travail est immense, car le libéralisme se pense comme le système normatif par défaut ; il ne sait donc plus séduire, ni offrir d’imaginaire politique alternatif. Il lui faut réapprendre la bataille idéologique.

 

Marlène LARUELLE
Professeure au département de science politique LUISS, Université Guido Carli à Rome. Autrice de Ideology and Meaning-Making under Putin Regime (Stanford University Press, 2025)

(Propos recueillis par Anne-Charlène Bezzina et Bruno Cautrès)

crédit photo:  Azulblue / Shutterstock.com

Marlène Laruelle

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