Des clivages forts et deux France – Week-end à Rome ou à Lidl ?

Dans le contexte d’une nouvelle donne politique que nous connaissons maintenant depuis la présidentielle de 2017, Virginie Martin tente, dans un travail de première approximation – ou travail exploratoire – de mettre en schéma, afin de mieux mettre en lumière, les clivages, les saillances qui font sens aujourd’hui dans l’espace politique.

Qui sont les alchimistes de la colère ?

Spontanément, quelque jugement que l’on émette à leur endroit, on s’imagine que les populistes constituent l’émanation pure et parfaite de la vox populi. On croit, autrement dit, que ces politiciens au verbe cru et à l’effronterie légendaire dériveraient en droite ligne de la volonté générale, qu’ils en traduiraient pour ainsi dire authentiquement les décrets. 

Européennes : bien-pensants progressistes contre ennemis populistes, une dialectique politiquement faible

Lors de ces élections européennes, les principes du néolibéralisme s’affirment au grand jour comme une valeur sûre et incontestée en France. Pourtant, ses caractéristiques que sont la mise en place de politique de sacrifice, bien plus que d’austérité comme l’écrit Wendy Brown1 et d’effondrement des solidarités sociales – dues en grande partie à la désindustrialisation et au chômage – sont le reflet d’une réalité dommageable pour la communauté sociale et politique en Europe.

La crise de la conscience européenne et le progrès

L’Europe est à un tournant de son histoire. Depuis le vote britannique sur le Brexit, l’implosion frappe aux portes de l’Union européenne. Les résultats des élections au Parlement européen du 26 mai dernier confirment l’état de vulnérabilité critique de l’Union. Les votes en faveur des forces populistes, nationalistes et souverainistes n’ont jamais été aussi importants, installant davantage l’idée que la construction politique supra-nationale la plus avancée au monde est si fragile qu’elle peut se briser à tout moment.

Europénnes : les « populistes » ont-ils gagné ?

Après le Brexit et l’élection de Donald Trump, la vague dite « populiste » promettait de tout emporter. Puis l’élection de Macron a laissé espérer à certains observateurs un reflux : sous l’impulsion d’un jeune président europhile, ces derniers croyaient même que l’ouverture européenne pourrait connaître une nouvelle étape. Leur soulagement et leurs espoirs furent cependant de courte durée.

Abstention aux élections européennes de 2019 : la divine surprise

Plus de 400 millions de citoyens étaient appelés aux urnes, du 23 au 26 mai, dans les 28 pays de l’Union, dont la Grande-Bretagne, pourtant engagée dans un processus de sortie ! Ce scrutin pour élire le Parlement européen était évidemment très important car l’Union a un pouvoir de plus en plus fort sur les politiques suivies dans chaque pays et parce que le Parlement lui-même a vu son rôle se renforcer dans le processus de décision : il co-décide dans beaucoup de domaines avec les chefs d’État et de gouvernement, et il a maintenant un pouvoir sur la nomination du président de la Commission.