Le Japon vers la voie du désarmement ? Tentative d’amender la Constitution pacifique du Japon

Le débat sur la Constitution nipponne n’est jamais fini et il se ranime chaque année particulièrement à l’occasion de la Journée célébrant la promulgation de la Constitution le 3 mai 1947. Le retour au pouvoir de Shinzo Abe en 2012 et la situation géostratégique tendue dans la région – mouvements hostiles et agressifs de la Chine, nucléarisation de la Corée du Nord, différends territoriaux opposant Tokyo à ses voisins1 – donnent une actualité particulière à cette question d’amendement de la Constitution.

Un peu d’histoire de la Constitution du Japon

Ayant évolué dans l’ombre de la civilisation chinoise, le Japon devait, à partir du VIIe siècle, importer presque tous les ingrédients et éléments de la culture et civilisation du continent chinois. L’écriture, les arts, l’administration… mais aussi le bouddhisme, par le truchement de la péninsule coréenne, ont filtré sur l’archipel. Le prince Shotuku, converti au bouddhisme dès son apparition au Japon, a joué un rôle important dans la diffusion des nouveaux enseignements venus du continent. En 604, il promulgue la première Constitution2 en dix-sept articles. Ce document, largement inspiré des préceptes bouddhistes et des enseignements de Confucius, édicte des règles se référant plutôt à la morale et aux vertus attendues des fonctionnaires et des citoyens pour assurer le bon fonctionnement de l’État.

En 1890, la Constitution Meiji, inspirée du modèle prussien, entre en vigueur. Ce système, qui a fait sortir le Japon de la vie organisée autour du clan et des vestiges de la féodalité, qui l’a propulsé en pleine révolution industrielle et expansion coloniale, a été brutalement arrêté et remis en cause avec la défaite nipponne en 1945. Après la Seconde Guerre mondiale, une Constitution pacifique, la première en son genre au monde, va être « imposée » au Japon par l’occupant américain.

Par cette charte fondamentale, entrée en vigueur le 3 mai 1947, le Japon renonce à la force et la contrainte comme moyens de règlement des conflits entre les États3.

Cette Constitution n’a ni jamais été vraiment acceptée, ni fermement remise en cause par une classe politique trop préoccupée par la reconstruction du pays. Le Premier ministre Shinzo Abe, au pouvoir depuis 2012, est le premier chef de gouvernement à s’exprimer clairement sur la remise en cause de la Constitution pacifique de 1947. Abe, pourrait-il réussir à faire sauter ce verrou constitutionnel hérité de la guerre, mais qui est un exemple en matière de pacifisme ? Pourrait-il permettre au Japon de devenir « un pays normal » comme le souhaitent les défenseurs du « renouveau du Japon », réunis au sein de la Japan Society4, dans un contexte national et international délicat.

La succession de scandales secouant le gouvernement d’Abe accentue le rejet populaire du projet d’amendement constitutionnel. Par ailleurs, l’évolution politique régionale est incertaine pour Tokyo alors que le Président Trump, qui déclarait urbi et orbi remettre « l’homme roquette » à sa place, s’est engagé dans un rapprochement étonnamment ambigu avec Pyongyang.

Aversion des conservateurs pour la Constitution

L’idée de modifier la Constitution n’est pas récente au sein de la classe politique conservatrice nipponne puisque dès sa création, en 1955, le Parti libéral démocrate (PLD)5 souhaitait l’amender. Les  leaders du PLD avec à leur tête Nobusuke Kishi, le grand-père maternel d’Abe et Premier ministre de 1957 à 1960, voulaient doter le Japon de « sa propre » Constitution et remplacer ainsi la charte fondamentale « imposée » à leur pays.

Plusieurs membres du PLD sont restés fidèles à cette idée et Abe l’a reprise à son compte dès son retour au pouvoir en 2012, affirmant à plusieurs reprises son intention d’amender la Constitution avant 20206.

Ainsi, le 22 janvier 2018, Abe, fort du succès du PLD aux élections sénatoriales de 2016 et des indicateurs économiques favorables enregistrés au cours des derniers mois de 20177, déclare devant les membres de son parti « il est grand temps pour nous de réaliser l’amendement (de notre Constitution) ». Le 6 février dans une interview au journal The Japan Times, Abe explique ses motivations « la raison pour laquelle je suis allé aussi loin et que j’ai fait cette proposition (amender la Constitution) en mai (2016) découle de ma conviction qu’avoir une Constitution codifiant les Forces d’autodéfense – qui jouent un rôle central dans la protection et la sécurité du Japon et de son peuple – a été l’objectif du Parti libéral démocrate depuis sa création.

Déblayer le chemin et réduire les obstacles

Cependant pour réussir ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’est parvenu à réaliser et marquer l’histoire moderne du Japon, Abe doit vaincre les réticences de ses compatriotes. En effet, l’opinion publique demeure largement opposée  à tout changement de la Constitution. Un sondage de l’agence japonaise d’information Jiji, daté du 15 décembre 2017, indique que 67,5 % des personnes interrogées s’opposent à cet amendement8.

Début 2018, face à la dégradation de la situation géopolitique et notamment le survol de l’archipel par des missiles nord-coréens, un léger fléchissement de l’opinion publique a été relevé. Mais un sondage de l’agence Kyodo News réalisé à l’occasion du 71e anniversaire de la Constitution montre que 61 % des personnes interrogées s’expriment contre l’amendement et 38 % pour. Un autre sondage de Kyodo news, réalisé le 31 mars 2018 indique qu’encore 54,8 % des sondés s’opposent à l’amendement de l’article 9 tel que proposé par le Premier ministre contre seulement 38 % en faveur de cette modification9.

Mais pour Abe, en raison de l’épée de Damoclès que font planer les Nord-Coréens sur le Japon, l’évolution de l’opinion publique en faveur de la Constitution n’est qu’une question de temps et de reformulation de l’amendement.

Abe va alors opter pour une stratégie de  conciliation avec les opposants à son projet en essayant d’infléchir l’opinion publique  tout en évitant d’entrer en confrontation avec les électeurs10. Ainsi, afin de dissiper la défiance des Japonais, Shinzo Abe propose non pas la suppression complète de l’article 9 de la Constitution comme le préconisait le PLD en 201211, mais l’ajout d’un paragraphe à cet article mentionnant la reconnaissance des Forces d’autodéfense (FAD)12.

Mais Abe est conscient qu’il doit procéder par étape, la première étant de faire accepter constitutionnellement les FAD à ses compatriotes. Il veut, ensuite, mettre fin à la controverse sur la légalité des FAD contestées par de nombreux académiciens et juristes au Japon. Il souligne notamment « je ne suis pas émotionnel, mais je pense réellement que c’est un problème qui touche les fondements de notre nation. Je veux mettre fin à la situation où la constitutionnalité d’une institution qui protège notre nation et notre peuple est regardée avec scepticisme ». Car il est regrettable que « de nombreuses personnes des FAD risquent leur vie pour mener à bien leur mission dans des cas de désastres naturels etc, mais en même temps de nombreux enfants grandissent en lisant des livres qui disent que celles-ci sont peut-être inconstitutionnelles »13.

Quant au PLD, Abe, dans la continuité de son prédécesseur, M. Koizumi, avec lequel il a travaillé un certain temps, a tenu à mettre de l’ordre dans cette formation politique structurée en factions aux intérêts parfois très contradictoires, pour en faire un vrai parti majoritaire au service de l’exécutif. Il a alors réussi à écarter tous les récalcitrants et ceux qui pouvaient entraver son projet politique. Ainsi, contrairement à l’usage, Abe n’avait aucun rival lors de l’élection à la présidence du parti en septembre 2016, ses adversaires ayant été éloignés14. Il s’est fait réélire par acclamation. Actuellement, s’il parvient à échapper aux turbulences liées aux soupçons de trafic d’influence au profit de certaines institutions culturelles15 dirigées par des proches, alors rien ne pourra l’arrêter et il y a de fortes probabilités pour qu’il se fasse élire à la tête du parti pour un troisième mandat, en septembre 2018, et donc de conserver son poste de Premier ministre. Il pourra ainsi réaliser son objectif de modification de la Constitution.

Par ailleurs, Abe a tenu à se rapprocher, dès son retour au pouvoir, d’autres forces de droite et à ainsi faire participer au gouvernement le Parti Komeito16, même si politiquement il n’a pas besoin de son appui puisque le PLD possède la majorité dans les deux chambres de la Diète.

Mais le soutien de cet allié réticent est crucial pour le projet d’Abe car, en cas de référendum populaire17, la mobilisation des électeurs du Komeito, très disciplinés en matière de vote, est importante.

De son côté, le Komeito a justifié sa coalition avec le Premier ministre, par sa volonté d’aider Abe à modérer l’ardeur « nationaliste » des éléments trop conservateurs du PLD.

Mais, pour faire passer son projet d’amendement de la Constitution Abe a besoin de mobiliser et de courtiser tous les partis qui sont politiquement proches de ses idées. Ainsi compte-t-il également sur les autres forces de droites classiques acquises au changement constitutionnel et notamment du soutien des partis régionaux et surtout de celui de l’influent lobby18 de la Japan Society.

L’opposition, qui pourrait faire barrage à Abe et à son projet, est, depuis son importante défaite aux législatives de 2012 et l’accumulation des victoires du PLD, totalement marginalisée et impuissante. Depuis 2012, le PLD a donc la mainmise sur la politique nipponne19 en contrôlant les deux tiers des sièges des deux chambres de la Diète. Seule la gouverneure de Tokyo et transfuge du PLD, Yuriko Koike, a représenté, à un moment, une menace pour Abe notamment lors des élections sénatoriales d’octobre 2017 lorsqu’elle a voulu capitaliser sur son éclatante élection au poste de gouverneure l’année précédente. Mais cette lancée va tourner court, Koike et son Parti de l’espoir se sont vus infliger une cuisante défaite aux sénatoriales due à la grande expérience d’Abe, mais également à l’arrogance de la gouverneure de Tokyo20.

Ayant stabilisé son front intérieur en marginalisant l’opposition et en s’assurant une importante mainmise sur le PLD, Abe va alors utiliser l’outil diplomatique pour caresser l’orgueil de ses compatriotes et essayer de dissiper leur méfiance à l’égard de son projet.

La diplomatie : un levier pour le projet d’Abe

Regarder au-delà de ses frontières était et reste toujours un outil commode utilisé par les politiciens pour promouvoir leur pays et son image à l’étranger, mais également pour asseoir leur pouvoir à l’intérieur. Abe n’est pas une exception et il semble trouver dans la diplomatie un levier pratique pour convaincre ses compatriotes de la justesse et du calendrier de son plan d’amender la Constitution.

Ainsi Abe est parmi les rares Premiers ministres japonais, à l’exception toutefois de son mentor Koizumi, à faire de la diplomatie un instrument efficace au service de sa politique. Sa continuité (bientôt six ans) à la tête du gouvernement l’a certainement aidé à projeter et à façonner une stratégie claire en matière de relations étrangères. Car l’instabilité politique habituelle des chefs de gouvernement nippons n’est pas favorable pour une telle entreprise à long terme. En l’espace de cinq ans entre 2007 (après le départ d’Abe) et 2011, six Premiers ministres se sont succédé à la tête du gouvernement, soit un mandat moyen par Premier ministre d’un an et deux mois !

La constance d’Abe à la tête du gouvernement lui a permis de sillonner le monde pour promouvoir son pays et ses idées. Gaku Shimada écrit justement que pour Abe la diplomatie peut même être considérée comme la « quatrième flèche » de son plan de redressement économique lancé après son retour au pouvoir en 201221.

Le livre Bleu 2017 du ministère des Affaires étrangères indique que jusqu’en février, le Premier ministre Abe s’est rendu dans 66 pays et en janvier 2018 ce chiffre atteint 76 pays. C’est du jamais enregistré dans les annales du ministère. Au cours de la même période, son chef de la diplomatie a visité 49 pays et régions du monde (jusqu’en février 2017). Ceci n’est pas dans la tradition des politiciens nippons qui sont davantage centrés sur les affaires intérieures que sur la politique internationale. Il faut également noter que, dans le passé, la compétition inter-factionnelle au sein du PLD limitait énormément la marge de manœuvre de son président et donc du Premier ministre en le cantonnant à surveiller les « magouilles » politiciennes de ses collègues et leurs intrigues pour prendre sa place.

Fidèle à sa démarche par étape et après avoir entamé le grignotage de l’article 9 de la Constitution en permettant aux FAD de participer à une défense collective avec ses alliés en cas d’agression22, Abe souhaite à présent modifier la loi fondamentale pour permettre à son pays de se défendre et d’assurer l’intégrité de son territoire « face à la gravité de la situation géopolitique entourant le Japon »23.

Les facteurs de préoccupation aggravant l’environnement du Japon et justifiant les tentatives de son renouveau stratégique émanent de la menace nucléaire que fait peser Pyongyang sur l’archipel24 et la poursuite du renforcement militaire de la flotte chinoise et ses « incursions » récurrentes dans les zones nippones près des îles Senkaku contestées25.

Bien que moins exposées aux radars de Tokyo, il n’en demeure pas moins vrai que les difficultés dans ses relations avec Séoul et Moscou sont les deux autres éléments de préoccupation des responsables nippons l’incitant à poursuivre sa trajectoire de recherche pour se libérer des contraintes militaires imposées par la Constitution.

Les déclarations fracassantes du candidat républicain Donald Trump, semant le doute sur la protection du Japon ou sur l’obligation de payer le prix de cette protection sous peine de retirer les soldats américains de l’archipel, n’ont fait que conforter la position d’Abe sur les dangers entourant le pays. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et même si le Japon a cru que sa relation avec les États-Unis constituait « la pierre angulaire » de sa politique étrangère, il vient de découvrir avec Trump « que celui qui se vêtit des vêtements des autres est nu » en paraphrasant un proverbe arabe.

C’est vraisemblablement dans ce cadre et pour déceler les intentions de Trump, qu’Abe a été le premier chef de gouvernement étranger à rencontrer le président américain juste après l’installation de ce dernier à la Maison Blanche. Cependant, il a rapidement compris, comme de nombreux dirigeants étrangers d’ailleurs, que le nouveau locataire de la Maison Blanche est très versatile et peu enclin à écouter des conseils ou à satisfaire des sollicitations étrangères.

Même si la diplomatie nipponne reste très influencée par Washington, il faut noter qu’on discerne dans la démarche d’Abe une certaine volonté d’indépendance de décision, rarement remarquée au sein de la classe politique nippone et qui sera certainement accentuée avec Trump. Ainsi son conservatisme politique ne doit-il pas être mal interprété car, même s’il est membre du Club occidental, Abe est doté d’un fort « ego » politique et il est peu probable qu’il suive aveuglement la politique ou les conseils de ses alliés américains dans des domaines qu’il considère cruciaux pour son pays.

Plusieurs de ses actions attestent de cette forte volonté de se démarquer du Club occidental, auquel il reproche d’ailleurs de ne pas l’associer à la prise de certaines décisions graves et touchant parfois les intérêts stratégiques du Japon : de la décision de la libération du Koweït, où il était appelé à signer un chèque portant sur des milliards de dollars sans avoir voix au chapitre, en passant par l’accord sur le nucléaire iranien et à l’embargo décrété contre la Russie pour ne citer que ces exemples.

La mise à l’écart de Tokyo par Washington et Séoul dans les tractations avec Pyongyang pour la préparation du Sommet entre les présidents américain et nord-coréen ne fait qu’augmenter les frustrations nipponnes vis-à-vis de la politique internationale et renforce Abe dans sa démarche de chercher à se libérer des contraintes constitutionnelles résultant de la guerre.

Ceci explique d’ailleurs certaines actions très osées d’Abe telles que le vote aux Nations unies condamnant la décision américaine sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël ou encore le non rappel des diplomates japonais de Moscou, après l’empoisonnement d’un ex-espion russe et sa fille en Angleterre. Cette action de désolidarisation avec le Club occidental, tout en montrant un certain désenchantement vis-à-vis de celui-ci, peut être interprétée également comme une certaine indépendance de décision d’Abe.

Corroborant cette volonté d’indépendance, Abe a décidé, malgré la « froideur » des relations entre Tokyo et Séoul26, d’assister à l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver le 8 février 2018, de Pyeongchang en Corée du Sud et de prendre de vitesse aussi bien ses amis que ses détracteurs.

Dans le même sens et contrairement à Mike Pence, le secrétaire d’État américain, Abe n’a pas esquivé  la rencontre avec le président  nord-coréen Kim Yong-Nam présent à Pyeongchang.

Expliquant son geste, qui a étonné au Japon, le Premier ministre Abe a déclaré devant la Commission budgétaire de la Chambre basse27, qu’il « a fermement et directement demandé au leader nord-coréen de résoudre la question des kidnappés et de les renvoyer tous chez eux (au Japon) »28. Il s’agit là d’un signal très fort adressé à sa base électorale pour laquelle cette question est très importante sur le plan émotionnel.

Cette attitude n’est pas le résultat du moment, mais elle paraît contenir les germes d’une stratégie bien mûrie et très personnelle d’Abe. Pour en cerner les contours il convient de suivre la trajectoire de sa politique étrangère depuis son arrivée au pouvoir et dont certains indices sont révélateurs.

En effet, dès sa première accession au pouvoir en 2006, sa première visite, dite de « bris de glace », a été réservée à Pékin et non à Washington, contrairement à la pratique. Cette rencontre a été suivie par la visite du président chinois, Hu Jintao, au Japon, la première depuis une décennie, au cours de laquelle il a signé une déclaration conjointe avec le Premier ministre Yasuo Fukuda, sur la promotion des relations stratégiques entre le Japon et la Chine.

Le retour d’Abe au pouvoir, en 2012, est marqué par une certaine tension dans la région due à l’expansion de l’activité maritime chinoise et à l’orientation de la stratégie américaine vers la région. C’est dans cette atmosphère qu’Abe se rend au temple Yasukuni shintoïste, lieu de culte devenu pour la Chine et la Corée du Sud un symbole des atrocités subies durant la Seconde Guerre mondiale provoquant ainsi une réaction très vive des Chinois et des Coréens. Après cette controverse, il se contente d’envoyer des offrandes et ne se rend plus au sanctuaire annuellement.

Depuis la reprise de l’envoi des missiles dans le ciel du Japon par Pyongyang, mais surtout depuis que Pékin a rejoint la communauté internationale pour imposer des sanctions à la Corée du Nord, Abe a souhaité, a plusieurs reprises, améliorer les relations avec la Chine, très tendues ces cinq dernières années, et a montré sa disposition à développer le dialogue avec le président chinois Xi Jinping. Au moins deux raisons le poussent dans ce sens. Il estime que Pékin est la seule capitale qui puisse encore raisonner Pyongyang, par le dialogue en tant qu’allié ou par la dissuasion en raison de la forte dépendance économique de celui-ci vis-à-vis de Pékin. Par ailleurs, Abe a réalisé que la protection de Washington ne peut plus, comme par le passé, être considérée comme indéniable en raison de la forte contradiction et incohérence des signaux en provenance de la Maison Blanche depuis l’arrivée de Trump.

Cependant, il faut relever que la rencontre historique entre les Présidents Kim Jong Un et Moon Jin et l’annonce de celui-ci de dénucléariser la péninsule coréenne ainsi que les tractations americano-nord-coréennes pour préparer le sommet Trump-Jong Un, ont, par enchantement, relancé en quelque sorte les relations nippo-chinoises, distendues depuis au moins cinq ans, malgré les tentatives d’Abe pour les raviver.

En qualité de membres des pourparlers à six sur la péninsule coréenne, le Japon et la Chine se sentent frustrés face à l’évolution rapide des relations entre les deux Corées et les États-Unis et craignent d’être écartés.

Même si Jong Un s’est rendu, pour sa première visite à l’étranger, à Pékin pour des discussions avec le Président chinois Xi  Jinping, avant sa rencontre avec son homologue du sud, et à effectuer une seconde visite à Dalian, en Chine, le 8 mai 2018, il n’en demeure pas moins vrai que la Chine, en tant qu’alliée de Pyongyang, souhaite être impliquée dans tout le processus de normalisation des relations de son protégé avec les États-Unis et le Japon et s’assurer de l’intégration de ce dernier dans la région.

De son côté, le Japon, pays le plus concerné par l’abandon des armes nucléaires par la Corée du Nord et son intégration dans la région au regard de la menace directe qu’elle fait peser sur lui, craint que certaines de ses demandes (par exemple, l’élimination des missiles nucléaires de courte et moyenne portées) ne soient pas prises en compte dans les négociations américano-nord-coréennes.

Les visites à Tokyo du Premier ministre chinois Li Keqiang, le 8 mai, la première depuis 2010, et celle du président sud-coréen Moon Jae-in ainsi que la réunion tripartite des trois hauts responsables concernés par le processus de l’intégration de Pyongyang, entamé durant les Jeux olympiques d’hiver, semblent répondre à ce souci d’inclure toutes les parties.

Cependant, certains s’interrogent sur le crédit à donner à un président américain qui promet une chose dans un cas (pour Pyongyang) et préconise son contraire dans un autre cas (pour Téhéran).

Le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire iranien, malgré la sollicitation des principaux signataires européens de cet accord, a brouillé les cartes et a obscurci davantage la visibilité politique au Moyen-Orient d’où le Japon importe l’essentiel de ses approvisionnements en énergie et où les entreprises nipponnes sont omniprésentes y compris en Iran, depuis la signature du dit accord nucléaire en 2015.

De même, les relations nippo-russes permettent de nous éclaircir sur la politique étrangère de Shinzo Abe. En 2013, il était reçu au Kremlin pour « établir des relations de confiance avec le Président Poutine et donner un nouvel élan aux négociations sur la signature d’un accord de paix » a-t-il précisé29. Il s’agissait de la première visite d’un chef de gouvernement japonais à Moscou depuis dix ans. En septembre 2016, et en dépit de la haute tension dans les relations entre la Russie et l’Ouest, Abe a été le seul membre du G7 à prendre part à la Conférence économique de l’Extrême-Orient tenue à Vladivostok. Dans son intervention et dans un geste très symbolique il s’est adressé au Président Russe par son prénom en ces termes : « Comme leader du Japon, je suis fermement convaincu de la justesse de la position japonaise, comme vous, Vladimir, comme leader de la Russie, vous êtes complètement certain de la justesse de la position russe ». La presse japonaise rapporte que fin avril 2017, et malgré les pressions américaines exercées auprès d’Abe pour qu’il renonce à son voyage à Moscou, il a tenu à faire le déplacement et à rencontrer Poutine. Quelque quatre-vingts accords entre les organisations aussi bien publiques que privées ont été signés entre les deux pays30. Politiquement la visite est un petit satisfecit pour Abe car les deux leaders ont condamné les essais et agissements de Pyongyang dans la région. Avant même cette rencontre, Abe s’était exprimé sur l’éventualité d’une réinvitation de Moscou au sommet du G7 que Tokyo préparait pour juillet 2017. Le « niet » des autres membres du G7 a convaincu Abe de poursuivre sa logique et de se forger un petit chemin dans le glacier Moscou-Ouest.

Le Sommet du G7 en juillet 2017, à Ise-Shima, a été bien utilisé par Abe et le PLD pour convaincre l’opinion publique japonaise et obtenir la compréhension de ses alliés occidentaux sur son projet d’amender la Constitution.

Pour s’en convaincre, il faut remonter au début du mois d’avril lors des préparatifs du sommet, lorsque le ministre des Affaires étrangères, Fumio Kishida, a convaincu ses collègues du G7 de se réunir à Hiroshima, sa circonscription électorale d’ailleurs. C’était la première fois que les chefs de la diplomatie des trois puissances nucléaires occidentales (France, Grande-Bretagne et USA) se rendaient dans la ville martyre. La photo, publiée dans la presse, des ministres des Affaires étrangères se recueillant à Hiroshima a été accueillie par les Japonais avec satisfaction et émotion.

L’annonce, puis la visite d’Obama à Hiroshima, le 28 avril 2017, a constitué pour Abe une aubaine dans sa stratégie de reconquête de l’opinion publique nipponne et son processus pour réaliser son objectif d’amender la Constitution. C’est dans le même sens qu’il convient d’inscrire sa visite à Hawaï à l’occasion des commémorations du 75e anniversaire de la bataille de Pearl Harbor.

Abe à la croisée des chemins

Les débats dans les commissions parlementaires depuis le début de janvier 2018 et les différentes révélations publiées dans les journaux ont fait ressurgir les scandales liés aux soupçons de favoritisme au profit des personnes ayant des liens avec Abe ou son épouse.

Les épisodes quotidiens de ces débats et révélations ont également entaché d’autres ministères et notamment les ministères de la Défense qui a dissimulé des données sur la participation des troupes en Irak, et celui des Finances dont certains fonctionnaires sont impliqués dans la manipulation de données et soupçonnés d’harcèlement sexuel. Ces tumultueuses affaires et révélations vont certainement avoir des conséquences sur les desseins politiques d’Abe, de ses rivaux au sein du PLD ainsi que ceux de ses adversaires de l’opposition qui souhaitent voir avorter le projet d’amendement de la Constitution.

Va-t-il être amené à démissionner ? Ou va-t-il se retirer de la course à sa propre réélection à la tête du PLD en septembre prochain ? Rien n’est moins sûr.

Mais force est de constater que les derniers sondages d’opinion indiquent que la  popularité d’Abe, qui a enregistré 42,4 % d’opinions favorables en février, a connu une nouvelle et importante chute pour se situer à 26,7 % dans un sondage réalisé le 13 avril 2018 par la chaîne de télévision Nippon TV, soit le taux le plus bas depuis son retour au pouvoir en décembre 201231. De même, un autre sondage de l’agence d’information Kyodo News du 13 avril 2018, portant sur le candidat le plus apte à présider le PLD et donc à devenir Premier ministre, place Shigeru Ishida, ancien ministre de la Défense, en tête avec 26,6 % de réponses favorables, suivi du jeune Shinjiro Koizumi, fils de l’ancien Premier ministre, avec 25,2 %, Abe arrivant en troisième position avec 18,3 %.

Toutefois au sein de son parti, le Premier ministre demeure populaire et continue de bénéficier du soutien d’une large frange des députés du parti qui, rappelons le, élisent leur président et par voie de conséquent le Premier ministre. Dans le système parlementaire japonais ce dernier est désigné par la majorité dans les deux chambres de la Diète, mais s’il y a désaccord, c’est la voix de la Chambre basse qui prime.

Comme dans de nombreuses démocraties parlementaires indirectes c’est le Parlement qui, au nom du peuple, choisit le Premier ministre. Ainsi, avec une majorité confortable dans les deux chambres de la Diète, le Parti libéral démocrate procèdera en septembre prochain soit à la reconduction de  son président actuel, soit choisira un autre candidat au poste de Premier ministre.

Mais, si la pression populaire augmente, si Abe n’arrive pas à stopper la chute de sa cote de popularité et à se réconcilier avec les médias32, qu’il avait malmenés au début de son mandat à la suite du vote par la Diète de la loi sur le secret de l’État (ou Acte pour la protection des secrets spécialement désignés – SDS) en décembre 2013, la donne risque de changer.

Les sondages ne semblent pas entamer la détermination d’Abe et toutes ses déclarations et dénégations sur les soupçons pesant sur lui et son épouse indiquent qu’il compte rester au pouvoir. Cependant, cette chute de popularité ne peut que l’inquiéter car, selon la loi fondamentale en vigueur, l’amendement constitutionnel ne peut se faire que par référendum populaire.

Tout indique donc qu’Abe peinera à rester au pouvoir et à réaliser son objectif d’amender la Constitution de 1947.

Les jours et mois à venir vont l’obliger à modérer son ambition et à choisir entre ces deux objectifs d’autant que de nombreux Japonais, même s’ils s’opposent à son projet d’amendement constitutionnel, ne seraient pas mécontents de le voir reconduit à la tête du gouvernement. Beaucoup estiment, en effet, qu’il est parmi les seuls politiciens capables de faire face à la situation difficile qui entoure actuellement le Japon. Abe, tout le monde le concède, est conservateur dans le sens où il est prêt à défendre les intérêts de son pays aussi bien contre ses amis que contre ses ennemis, mais il est en même temps jugé politiquement raisonnable et acceptable – s’il renonce à amender la Constitution – aussi bien par les Japonais que par les pays voisins.

L’emprise exercé par Abe sur le PLD fragilise ce dernier et ne lui permet pas de faire émerger sur la scène politique une personnalité de la stature d’Abe. Les personnes qui peuvent prétendre le remplacer à la tête du parti sont Shinjiro Koizumi mais, âgé de 37 ans, il est estimé trop jeune et n’a jamais été ministre, et Shigeru Ishiba, ancien ministre de la Défense, mais jugé beaucoup plus nationaliste et défenseur acharné de la refonte complète de l’article 9 de la Constitution.

Sur la liste des aspirants à devenir Premier ministre, on compte deux autres personnalités, mais elles ont été neutralisées par Abe. Il s’agit de Taro Kono, actuel ministre des Affaires étrangères et Fumio Kishida, son prédécesseur au même poste et qui occupe la présidence du Conseil de la recherche politique du PLD. Même si ce dernier est qualifié de plutôt libéral, il lui est toutefois reproché « de regarder trop le visage des autres » avant de bouger.

Au cours d’un déplacement en province33, le 20 avril 2018, dans ce qui ressemble à une campagne électorale pour sa réélection à la tête du parti, Abe a réitéré son vœu d’amender la Constitution.

Cependant, cette insistance vise apparemment à rassurer le camp conservateur et ses supporters, comme d’ailleurs les offrandes qu’il a envoyées au temple Yasukuni à Tokyo à l’occasion du Festival du printemps du temple34 débutant le 21 avril 2018.

Si le tumulte provoqué par les scandales qui ébranlent son gouvernement s’estompe et ne l’oblige pas à démissionner, Abe va réfléchir à deux fois avant d’organiser un référendum sur l’amendement de la Constitution, car un « non » populaire anticiperait, à coup sûr, la fin de sa carrière politique. C’est pourquoi, il est fort probable qu’il trouve un moyen de reporter ce dossier et laisser ainsi son successeur le gérer. Le bruit fait, ces dernier temps, autour de l’amendement constitutionnel n’est autre chose qu’une subtilité d’Abe d’aller dans ce sens.

L’important événement que prépare le pays avec beaucoup d’émotion, l’abdication35 de l’Empereur Akihito et l’avènement de son fils Naruhito en avril 2019, peut constituer, pour Abe, un prétexte auprès de sa base politique conservatrice comme de la majorité des Japonais, très respectueux à l’égard de leur monarque, pour abandonner le projet de modification de la Constitution tout en restant au pouvoir.

Mohamed Chourak
Professeur à l’Université d’Hiroshima 

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  1.  Le Japon a des différends territoriaux avec la Russie sur les Territoires du Nord, (îles Kouriles sous autorité russe depuis la Seconde Guerre mondiale, avec la Corée du Sud sur l’îlot Takeshima (Dokdo pour Séoul) et les îlots Senkaku (ou Diaoyu pour Pékin) contrôlés par Tokyo mais revendiqués par Taiwan et Pékin.
  2.  La question de qualifier ce document de Constitution est toujours débattue entre les constitutionnalistes.
  3. En effet l’article 9 de la Constitution nipponne énonce : « Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l’ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ainsi qu’à la menace ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux. Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l’État ne sera pas reconnu ».
  4.  Une organisation révisionniste très ancrée à droite qui a une grande influence dans la sphère politique nipponne et qui a fait du retour aux traditions ancestrales nipponnes et le changement constitutionnel son leitmotiv d’existence. Voir The Economist, 4 juin 2014, economist.com.
  5.  Le Parti liberal démocrate (PLD) a été créé en 1955 par la réunion des forces conservatrices en vue de faire face au Parti socialiste. 
  6.  Bien qu’à plusieurs moments, il était tactiquement revenu sur cette promesse, notamment lorsqu’il a connu une importante baisse de sa popularité en automne 2017.
  7.  La croissance économique était entrée dans son huitième semestre de croissance ininterrompue réalisant ainsi sa plus longue période depuis 1997. Certains économistes n’ont pas hésité à prédire la fin de la déflation avant la fin de 2019.
  8.  The Japan Times, 17 décembre 2017.
  9.  Mainichi Japan, 26 février 2018. Le sondage a été réalisé par mail, le 7 mars 2018, sur un échantillon de 3 000 personnes. 
  10.  Sa maladresse, durant la campagne électorale de juillet 2017, lui a appris à être très prudent avec les électeurs. En effet, suite à une réflexion adressée à des manifestants contre sa politique, Abe a été sévèrement critiqué l’obligeant a sillonner le pays pour s’excuser de sa faute. Mais c’était trop tard, et c’est l’une des raisons de sa défaite aux élections de Tokyo. Voir M. Chourak, « Duel Abe – Koike », La Revue nouvelle, n° 1, 2018, Bruxelles.
  11.  Site du PLD, jimin.jp (projet de révision constitutionnel de 2012).
  12.  Lors de sa réunion de fin mars 2018, le Comité de modification de la Constitution du PLD a répondu au vœu d’Abe et a repris sa proposition. 
  13.  The Japan Times, 6 février, 2018.
  14.  Une seule candidate a osé lui tenir tête mais elle n’a pas obtenu les vingt cooptations – des députés du parti – nécessaires pour se représenter.
  15.  Il s’agit de l’école vétérinaire, Kake Gakuin dirigée par Kotaro Kake, un ami de Abe, et la vente, par le ministère des Finances, d’un terrain de l’État à un prix très bas en faveur du gérant de l’école Morimoto Gakuen ayant des liens avec l’épouse du Premier ministre.
  16.  Le Parti du gouvernement éclairé ou de la justice est de tendance bouddhiste. Il est lié à la secte bouddhiste Soka Gakkai, dont les membres sont très disciplinés lorsqu’il s’agit de voter.
  17.  Selon l’article 96 de la Constitution, l’amendement de celle-ci passe obligatoirement par un  référendum populaire positif (majorité de oui). L’article est rédigé ainsi : « Les amendements à la présente Constitution sont introduits sur l’initiative de la Diète, par vote des deux tiers au moins de tous les membres de chaque chambre ; après quoi ils sont soumis au peuple pour ratification, pour laquelle est requis un vote affirmatif d’une majorité de tous les suffrages exprimés à ce sujet, lors d’un référendum spécial ou à l’occasion d’élections fixées par la Diète ».
  18.  The Japan Times, 8 juin 2016. Le journal rapporte que l’Association est présente sur tout le territoire et compte 38 000 membres payants, 47 bureaux préfectoraux et 240 branches avec 1 700 membres des assemblées dont de nombreux politiciens nationaux. 
  19.  Voir Dominique Andolfatto et Mohamed Chourak, « Démocratie à la japonaise », Revue Politique et Parlementaire, n° 1080, juillet-septembre 2016.
  20.  Voir Mohamed Chourak , « Duel Abe-Koike », La Revue Nouvelle n° 1, 2018, Bruxelles.
  21.  Gaku Shimada « Abe’s Fourth Arrow », Nikkei, 24 janvier 2018. 
  22.  La Diète a adopté, en avril 2015, une loi réinterprétant l’article 9 dans ce sens.
  23.  Dans plusieurs de ses déclarations, le Premier ministre Abe décrit ainsi la situation actuelle entourant le Japon.
  24.  Pyongyang ne fait pas mystère de ses menaces d’attaquer le Japon.
  25.  Les îles Senkaku, ou Diaoyu pour la Chine, sont contrôlées par Tokyo, mais sont contestées par Pékin et Taipei. 
  26.  Liée à la demande en 2017 de la Corée de renégocier l’accord signé en 2015 entre les deux pays relatif à « la résolution définitive » de la question des Coréennes exploitées dans des maisons closes par l’armée impériale avant et durant la guerre.
  27.  Journal Mainichi, 15 février 2018.
  28.  Dans les années 1970 et 1980 plusieurs Japonais ont été portés disparus au Japon. Des suspicions pesaient sur Pyongyang qui, en 2002, a admis avoir kidnappé des Japonais. Cinq victimes sont libérées après la visite du Premier ministre Koizumi à Pyongyang en 2002. Tokyo maintient qu’au total dix-sept Japonais ont été kidnappés et qu’il en resterait donc douze. La Corée du Nord indique que huit sont morts et que quatre autres ne sont jamais entrés sur son territoire.
  29.  Agence nipponne Kyodo news et aussi www.russieinfo.com. Rappelons que les deux pays restent formellement en état de guerre depuis la Seconde Guerre mondiale car aucun traité n’a été conclu entre les deux belligérants au terme de ce conflit.
  30.  The Japan Times, 16 décembre 2016.
  31.  Japantoday, 14 avril 2018, Japantoday.com
  32.  Hakubun Shimamura, un vétéran du PLD et ancien ministre de l’Éducation du gouvernement Abe, a accusé les médias de vouloir détruire le pays en déclarant : « la plupart des télévisions sont en train de forcer le Premier ministre Abe à quitter le pouvoir… je suis vraiment tenté de penser que les médias japonais sont en train de briser le Japon », journal Mainichi, 24 avril 2018, mainichi.jp
  33.  Pour courtiser les membres des assemblées préfectorales du parti qui ont droit de voter aux élections pour le choix du président du PLD en septembre 2018.
  34.  Le temple Yasukuni, au centre de Tokyo, est considéré parmi les plus importants de la religion shinto et le plus controversé car il abrite les condamnés par le tribunal international de Tokyo. Ses visites sont considérées comme des provocations par les Chinois et les Coréens. D’ailleurs, Séoul n’a pas tardé à réagir par un communiqué appelant Tokyo « à réfléchir pour réparer les actions passées et pour intensifier les efforts afin de gagner la confiance des pays voisins et de la communauté internationale », journal Mainichi, 21 avril 2018.
  35.  Il s’agit de la première abdication impériale dans le pays depuis 200 ans.