Aujourd’hui, l’entrée en guerre en 1914 constitue, a posteriori, une césure majeure pour l’historien, habitué à reconstruire le passé. Pour autant, l’entrée dans ce qui devient « la Grande Guerre », dès 1915, n’est pas perçue, sur le moment, comme une rupture fondamentale, mais comme un temps où doivent se conjuguer l’imaginaire des dirigeants et des élites et celui des combattants de terrain, exprimés par les discours des premiers et les écrits privés des seconds. Quelles sont les évolutions des imaginaires des uns et des autres au cours de la guerre ? Selon quels rythmes et quelles scansions ? Peut-on mesurer des adhésions permanentes ou des ruptures éventuelles dans l’expression des deux imaginaires ?