« Brexit » or not « Brexit »

Le 23 juin, nous saurons si le Royaume-Uni reste, ou non, dans l’Europe. Ce référendum est capital pour l’avenir du pays, mais aussi pour celui de l’Europe. Une question simple qui pourrait aboutir à une situation inédite : l’Angleterre serait le premier État à quitter l’UE. À une semaine du scrutin, rien n’est encore décidé. Une forte partie des électeurs britanniques n’ont toujours pas choisi entre le camp du « oui » et celui de « non ». 

Le « Brexit », pour « British exit », est le référendum que David Cameron avait promis en 2013 pour être reconduit au poste de Premier ministre. Cela lui avait permis de récupérer des votes chez le parti populiste (Ukip) et d’assoir sa légitimité dans son propre camp où de plus en plus de voix eurosceptiques s’élevaient à l’époque. Son engagement est donc respecté puisque le 23 juin prochain les Britanniques devront répondre à la question : « Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l’Union européenne ou quitter l’Union européenne ? » Ils auront le choix entre deux propositions simples, mais à la signification très lourde. Soit « rester membre de l’Union européenne », soit « quitter l’Union européenne ».

Ils sont contre le « Brexit »

Le camp du « non » est celui soutenu par une importante partie des conservateurs et par les travaillistes. Dans la majorité, c’est le Premier ministre David Cameron qui mène la campagne, avec derrière lui la plupart des membres de son gouvernement. Du côté des travaillistes, le refus de quitter l’Union européenne a été officiellement annoncé par Jeremy Corbin qui est pourtant loin d’être le plus grand supporteur de l’Europe. Il peut compter sur la majorité des élus de son parti.

Les indépendantistes écossais et les syndicats ont eux aussi appelé à voter « non ». Ils estiment que « les avantages sociaux et culturels d’un maintien dans l’UE l’emportent largement sur les avantages d’une sortie ».

Sur le plan international, la plupart des pays ont déclaré qu’ils souhaitaient voir le Royaume-Uni rester dans l’Union européenne. En France, François Hollande, comme Nicolas Sarkozy, a exprimé son opposition à un tel projet.

Ils sont pour le « Brexit »

Outre le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip) dont le projet politique implique une nécessaire sortie de l’Union, quelques travaillistes et un certain nombre de conservateurs se sont déclarés pour un « Brexit ». On remarque ainsi les interventions à répétition de John Mills, l’un des principaux donateurs  travaillistes, ou encore la campagne médiatique de Boris Johnson, l’ancien maire de Londres. Au niveau international, le camp de « Brexit » est soutenu par des partis comme le Front National ou par des personnalités comme Donald Trump.

Les raisons avancées pour justifier une sortie de l’UE sont diverses. La question de l’immigration est centrale pour certains. Pour d’autres, comme les pêcheurs, ce sont les trop nombreuses réglementations imposées par Bruxelles qui motivent un tel choix. Enfin, une partie des Britanniques estiment que l’Union européenne leur prend plus qu’elle ne leur rapporte.

À quoi doit-on s’attendre ?

Les sondages sont totalement incertains pour l’instant. Depuis une semaine, les chiffres sont contradictoires d’un jour à l’autre ou d’un institut à l’autre. Tous révèlent cependant qu’une partie des électeurs, entre 10 % et 15 %, n’ont pas encore fait leur choix. Il semble donc que ce sont ces électeurs qui tiennent entre leurs mains l’avenir de leur pays et de l’UE.

L’OCDE a prévenu, les conséquences devraient être importantes pour le Royaume-Uni, qui pourrait subir de profonds changements et voir son économie reculer. Pour l’Union européenne et les États membres  les retombées pourraient aussi être fâcheuses. Même si personne ne peut avec certitude savoir à quoi nous devons nous attendre, on peut aisément imaginer un impact économique important, ou encore que certains pays pourraient suivre le Royaume-Uni, et ainsi envisager de quitter l’UE ou au moins de renégocier de nombreux accords. Dans tous les cas, le paysage européen risque d’être fortement marqué par les résultats de ce référendum.

Alexandre Gavard

@alexandregavard