"Woke" dans un dictionnaire

« Wokisme » contre conservatisme ou le conflit des deux cultures dans l’Amérique actuelle

Certes, il a toujours existé aux États-Unis une nette opposition entre démocrates et républicains, ce qui fut sans doute, remarquons-le, un signe de vitalité de la démocratie américaine : c’est en effet dans les pays autoritaires, à plus forte raison totalitaires, que le parti au pouvoir ne trouve pas face à lui un ou plusieurs vrais partis d’opposition, à même d’exprimer sans retenue, fût-ce parfois avec excès, une critique de la politique gouvernementale conduite. Toutefois, cela n’avait pas empêché démocrates et républicains d’entreprendre de définir une politique dite « bipartisane », lorsque l’intérêt de la nation était en jeu.

François Guizot

François Guizot, critique acerbe de Bonaparte et du système bonapartiste

Dans cet article, Matthieu Creson rappelle comment François Guizot (1787-1874) dressa, dans l’un des chapitres de son ouvrage Des moyens de gouvernement et d’opposition (1821) un réquisitoire accablant contre « Buonaparte » et le « buonapartisme », dont l’ampleur des méfaits doit être clairement perçue selon Guizot par la jeune génération si celle-ci souhaite se doter d’institutions réellement libres et modernes. Retour sur un texte écrit voilà deux siècles, et dont la substance est encore riche d’enseignements aujourd’hui.    

Gustave Le Bon

Napoléon vu par Gustave Le Bon (2/2) : un meneur de foules autoritaire et divinisé, en quête permanente de prestige

Dans cet article (dernier des deux volets sur cette question), Matthieu Creson tente de relire l’épopée napoléonienne à la lumière des écrits de Gustave Le Bon (1841-1931), auteur notamment de la Psychologie des foules (1895), ouvrage habituellement considéré comme le texte fondateur de la psychologie collective.

Recherche scientifique

Pourquoi la crise de la Covid-19 doit nous conduire, selon John Ioannidis, à améliorer toujours davantage l’efficacité de la recherche scientifique

Professeur de médecine, d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Stanford, également co-directeur du Meta-Research Innovation Center at Stanford (METRICS), John Ioannidis est considéré comme l’un des plus brillants chercheurs scientifiques au monde dans les domaines d’études qui sont les siens. Il a récemment co-écrit une étude, largement relayée dans les médias, concluant à l’impossibilité d’établir de manière absolument irréfutable l’efficacité plus grande des mesures les plus coercitives (confinements, fermetures de commerces, etc.) par rapport aux mesures moins contraignantes pour lutter efficacement contre la Covid-19.

Les tyrannies de l’épidémie : pourquoi il faut lire le dernier livre de Christophe Barbier

Plusieurs détracteurs de l’idéologie du tout sanitaire et de l’hygiénisme intégral dénoncent depuis maintenant un an environ l’existence, en France comme ailleurs dans le monde, d’une « dictature sanitaire » ou d’une « tyrannie médicale ». Dans son dernier livre, Les tyrannies de l’épidémie (Paris, Fayard, 2021), sous-titré Nos libertés sacrifiées et dédié entre autres à « toute la […]

Ayn Rand et la Covid-19 : peut-on agir dans l’urgence de manière « non sacrificielle » ?

La philosophe Ayn Rand (1905-1982) reste peu connue en France, en dépit du travail remarquable d’Alain Laurent visant à permettre au public français de mieux se familiariser avec son œuvre[1.Alain Laurent, Ayn Rand ou la passion de l’égoïsme rationnel (Paris, Les Belles Lettres, 2011). Voir aussi la traduction française de La Grève (Atlas Shrugged en anglais), ou encore la traduction récente d’un ensemble de textes de Rand sous le titre Une Philosophie pour vivre sur la Terre (Paris, Les Belles Lettres, 2020).]. La relative méconnaissance d’Ayn Rand en France – ou notre refus de ne pas mieux la connaître – tient certainement à la résonance, forcement négative, dans un pays qui a érigé la « solidarité » comme valeur sociale suprême, de l’un des concepts phare de sa philosophie – l’objectivisme –, à savoir celui d’ « égoïsme » qualifié par elle de « rationnel ». Par Matthieu Creson.

Retrouver une sphère d’autonomie individuelle avec Dos Passos

Il y a 50 ans (le 28 septembre) s’éteignait John Dos Passos, dont l’œuvre la plus célèbre reste sa trilogie USA – 42e parallèle (1930), 1919 (1932) et La Grosse Galette (1936). Dans ce dernier volet notamment, Dos Passos s’en prenait sévèrement au capitalisme des années 20, qui, par la prégnance de sa bureaucratie, par l’ampleur de la mécanisation de son industrie, constituait selon lui un frein à l’épanouissement de l’individu. Par Matthieu Creson.

Moins d’État infantilisant, plus de responsabilité individuelle

Depuis le début de la crise sanitaire, l’État a pris tout un ensemble de mesures attentatoires aux libertés publiques au nom d’un impératif sanitaire dont on ne peut contester la noblesse : sauver le plus possible de vies. Aussi nous a-t-il abreuvé de conseils sanitaires, inlassablement répétées par ses innombrables relais médiatiques. Or ces injonctions médicales ne doivent pas seulement être vues comme des contraintes imposées d’en haut, elles doivent aussi et surtout être intériorisées par les individus eux-mêmes. (« Il faut que la distanciation sociale entre dans les gènes », ai-je ainsi entendu récemment de mes propres oreilles.). Par Matthieu Creson.

La forge de la liberté plus efficace que le Léviathan : les leçons de l’adaptabilité et du dynamisme extraordinaires de l’économie américaine durant la Deuxième Guerre mondiale

En 2012, l’historien américain Arthur Herman fit paraître un ouvrage intitulé Freedom’s Forge: How American Business produced victory in World War II (New York, Random House). Au terme d’une minutieuse investigation des sources, l’auteur tordait le cou à une idée reçue : celle selon laquelle la conversion de l’économie américaine sous la Deuxième Guerre mondiale vers une économie de guerre serait due au volontarisme de l’État fédéral, lequel aurait dicté d’en haut aux acteurs de l’économie la marche à suivre à travers l’appel à la « mobilisation des ressources ».