• Contact
  • Abonnez-vous
  • Contribuez
Panier / 0,00 €

Votre panier est vide.

Abonnez-vous à la newsletter
Revue Politique et Parlementaire
  • Se connecter
S'abonner
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours
Contribuez aux débats
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Revue Politique et Parlementaire
Aucun résultat
Voir tous les résultats
dans International

De Tocqueville à Trump : l’effondrement d’une démocratie conçue comme infaillible

Virginie MartinParVirginie Martin
14 mars 2025
De Tocqueville à Trump : l’effondrement d’une démocratie conçue comme infaillible
Analyse

Quand Alexis de Tocqueville découvre l’Amérique en 1831, il y voit le laboratoire le plus avancé de la démocratie moderne. À ses yeux, les États-Unis sont un modèle inédit d’équilibre entre la liberté individuelle et le gouvernement représentatif, soutenu par une structure institutionnelle qui garantit la stabilité du système. Il admire cette démocratie naissante, qu’il considère presque comme parfaite, précisément parce qu’elle repose sur des contre-pouvoirs puissants et une société civile engagée. Mais dans De la Démocratie en Amérique, Tocqueville perçoit aussi, en creux, les germes d’un basculement possible vers une forme de despotisme démocratique, où l’opinion publique, une majorité écrasante et un pouvoir exécutif débridé pourraient à terme annihiler l’équilibre des forces. Ce qu’il décrit alors comme un risque théorique est devenu, près de deux siècles plus tard, une réalité brutale sous Trump 2024-2025, qui marque un point de rupture inédit dans l’histoire politique américaine.

Trump 2016-2020 : la rupture initiale, mais encore contenue

L’élection de Donald Trump en 2016 a été perçue comme un séisme politique, une violation des codes établis, une gifle aux élites traditionnelles. Mais il restait encore inscrit, malgré lui, dans la matrice institutionnelle du Parti républicain. Son mandat, aussi chaotique fût-il, était encore freiné par les institutions, et Trump, bien qu’il ait cherché à contourner le Congrès et à faire pression sur la Justice, se heurtait à des limites.

À cette époque, il incarne déjà un populisme brut, fondé sur le rejet du « deep state » et des élites bureaucratiques. Mais il n’a pas encore réussi à renverser complètement l’architecture institutionnelle. Il doit composer avec un Congrès républicain encore relativement traditionnel, une Cour suprême qui ne lui est pas entièrement acquise et un appareil militaire qui reste prudent. Le Trump 2016-2020 est donc un président disruptif, mais encore contraint par les structures existantes.

Toutefois, son discours sur l’Amérique assiégée, menacée par l’immigration, la mondialisation et une élite corrompue, commence à produire un effet radicalisant dans l’opinion publique. Il donne naissance à un mouvement bien plus vaste que lui, où le culte du chef prend progressivement le pas sur toute réflexion politique construite.

Trump 2024-2025 : l’effondrement du modèle tocquevillien

Si Trump 2016-2020 était une anomalie au sein du système, Trump 2024-2025 en est la réécriture complète. Le système qui devait le contenir a, en grande partie, cédé sous la pression.

Ce qui a changé en 2024-2025, c’est que les Républicains ont cessé d’être un parti traditionnel pour devenir un instrument entièrement dévoué à Trump. Tous ceux qui lui opposaient une résistance interne (McCain, Cheney, les Bush…) ont été écartés ou réduits à l’impuissance. Les institutions sont affaiblies : Trump a appris de ses erreurs et ne tolère plus aucun frein à son pouvoir, il place des loyalistes à tous les postes stratégiques. Le pays est plus divisé que jamais : les États-Unis de 2025 ne sont plus un pays où l’on débat politiquement, mais une société polarisée au point de la rupture, où chaque camp considère l’autre comme une menace existentielle.

Le modèle démocratique tocquevillien, basé sur la pluralité et l’équilibre des pouvoirs, est en train d’imploser.

Ce basculement ne s’est pas fait en un jour. Il résulte d’un long processus de fragmentation sociale, d’effondrement du bien commun et de destruction méthodique des liens sociaux.

Tocqueville avait vu venir ce danger : la fin du commun, la tyrannie de la majorité et l’homme fort

Tocqueville pensait que les démocraties modernes étaient menacées par trois forces corrosives.

La première est la disparition du lien social et du bien commun. Plus une société devient individualiste, plus elle se désagrège. Il anticipait que les citoyens se replieraient sur eux-mêmes, perdraient tout intérêt pour la chose publique et cesseraient de défendre les institutions, les abandonnant aux mains des plus rusés. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est que les Américains ne se perçoivent plus comme une communauté unie : ils vivent dans des “bulles idéologiques” séparées, nourries par des médias partisans et les algorithmes des réseaux sociaux.

Le deuxième danger est celui de la tyrannie de la majorité, où la démocratie se suicide elle-même. Tocqueville avait anticipé qu’une démocratie peut détruire ses propres principes si la majorité choisit de le faire. Il voyait que si une masse critique de citoyens, poussée par la peur ou la colère, décidait de sacrifier la liberté au profit de l’ordre, les institutions deviendraient impuissantes. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est que Trump ne gouverne plus en tant que président d’un pays, mais en tant que chef d’un camp, qui considère l’autre comme illégitime. La majorité qui le soutient veut imposer un ordre sans partage.

Enfin, Tocqueville avait pressenti l’arrivée de l’homme fort destructeur du politique. Il savait que la démocratie repose sur un équilibre fragile entre liberté et autorité. Si les institutions deviennent trop lentes et inefficaces, les citoyens finissent par vouloir un leader “fort”, qui “règle les problèmes” sans passer par les lourdeurs du système. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est que Trump est ce leader autoritaire que ses partisans veulent voir agir “sans entraves”.

Tout cela était écrit. Ce qui est frappant, c’est la vitesse à laquelle ces mécanismes se sont mis en place.

L’Amérique peut-elle revenir en arrière ?

La question centrale est de savoir si ce cycle de destruction démocratique peut être inversé.

Trois scénarios sont envisageables. L’Amérique peut s’adapter à cette nouvelle réalité et devenir un régime hybride, entre démocratie et autoritarisme électif, où un leader fort impose son ordre sans que les institutions puissent réellement le freiner. Une crise majeure pourrait provoquer un réveil démocratique et un contre-mouvement politique pourrait se structurer pour reconstruire un modèle de pluralité. Enfin, le pays pourrait continuer à se fragmenter, jusqu’à un point où une forme de guerre civile idéologique, voire réelle, devient inévitable.

Et l’Europe dans tout ça ? Elle ne peut plus compter sur les États-Unis comme modèle ni comme allié sûr. Elle doit tirer les leçons de ce qui se passe et éviter le même effondrement de ses institutions. Si elle n’agit pas vite, elle risque d’être broyée dans un monde où les rapports de force remplacent les principes démocratiques.

Tocqueville croyait en la capacité d’une démocratie à se régénérer. Mais ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est plus seulement un cycle électoral : c’est la survie même de l’idéal démocratique.

Alors, l’Amérique pourra-t-elle retrouver son équilibre, ou a-t-elle déjà franchi le point de non-retour ?

Virginie Martin,
Docteur en science politique, HDR sciences de gestion
Professeure et chercheuse à Kedge Business School
Politiste et sociologue

Auteur de Vertigineux réseaux – Enjeux éthiques, cliniques et politiques qui vient de paraître aux éditions Management & Société (février 2025). Co dirigé avec Pierre-Antoine Chardel

Virginie Martin

Partager sur LinkedinPartager sur XPartager sur Facebook

Les derniers articles

Y’a qu’à taxer les riches !

Y’a qu’à taxer les riches !

ParSylvain Bersinger

Le contre-budget présenté par LFI repose sur une idée simpliste : les plus riches et les entreprises sont une source...

Le Blue Labour et l’avenir des gauches européennes

Le Blue Labour et l’avenir des gauches européennes

ParRedaction

La Revue politique et parlementaire et la Fondation Jean-Jaurès organisent deux journées de réflexion et de débat consacrées au Blue...

Faut-il supprimer Parcoursup ?

ParCarole Barjon

Cette clé d’entrée dans l’enseignement supérieur concentre de nombreuses critiques. Pourtant sa suppression ne répondrait pas forcément aux revendications des...

Relever les défis contemporains de la liberté d’expression

Relever les défis contemporains de la liberté d’expression

ParDavid Lacombledet1 autre

La liberté d’expression connaît une expansion historique. Contrairement à une idée largement répandue, elle ne traverse pas une phase de...

Retrouvez nos dernières vidéos

Sorry, there was a YouTube error.

Inscrivez-vous à notre Newsletter

Related Posts

Une amitié à l’épreuve des faits : lecture indienne des dix-huit premiers mois de la présidence Trump
International

Une amitié à l’épreuve des faits : lecture indienne des dix-huit premiers mois de la présidence Trump

La rivalité sino-américaine ou la confrontation de deux régimes de gestion du capital
International

La rivalité sino-américaine ou la confrontation de deux régimes de gestion du capital

Géopolitique de Bab el-Mandeb : le défi houthi aux intérêts stratégiques français
International

Géopolitique de Bab el-Mandeb : le défi houthi aux intérêts stratégiques français

Comment les Chinois perçoivent-ils le second mandat de Donald Trump ?
International

Comment les Chinois perçoivent-ils le second mandat de Donald Trump ?

Trump II : la démocratie américaine à l’épreuve des contre-pouvoirs
International

Trump II : la démocratie américaine à l’épreuve des contre-pouvoirs

Washington sans caméras, la presse fait bloc
International

Washington sans caméras, la presse fait bloc

Le moment trumpien, ou l’Amérique qui vient
International

Le moment trumpien, ou l’Amérique qui vient

Déconstruire les préjugés pour une paix durable entre le Liban et Israël
International

Déconstruire les préjugés pour une paix durable entre le Liban et Israël

Article suivant
PROJET DE PAIX POUR ECONOMIE DE GUERRE

PROJET DE PAIX POUR ECONOMIE DE GUERRE

La Revue Politique et Parlementaire
10 rue du Colisée 75008 Paris
Email : contact@revuepolitique.fr
Téléphone : 01 76 47 09 30

Notre Histoire
L'équipe
Mentions légales

Culture
Economie
Faut… de la géopolitique
International
La tribune du parlementaire
Libre opinion
Politique
Science et technologie
Société
Vie du parlement
Nos vidéos

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Se connecter

Add New Playlist

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • Politique
  • International
  • Economie
  • Société
  • Tech
  • Événements
    • La cité des débats
      • Faut-il avoir peur de l’avenir ?
      • Aimons-nous encore la liberté ?
      • Savoir, pouvoir et démocratie
      • S’engager au 21ème Siècle
      • Nouveaux mondes, nouvel Occident ?
      • La France attaquée ?
    • Le printemps des technologies
      • Edition 2023
      • Edition 2024
      • Edition 2025
      • Edition 2026
  • Archives et Discours

Revue Politique et Parlementaire