L’Amérique latine : le continent oublié des relations internationales ?

Avec 46 millions de cas et 1,5 de victimes de la Covid-191, dont près de 610 000 pour le seul Brésil2, l’Amérique latine est un des continents les plus touchés par la pandémie qui ravage le monde depuis les premiers mois de l’année 2020. Malgré une reprise en 2021, la baisse historique de son PIB de près de 7,1%, pendant cette année noire a des conséquences à long terme.

Sur le plan économique, elle a mis en relief les fractures provoquées par l’ampleur du travail informel qui représentait 54% des emplois avant la crise : or, « environ 70% des emplois récupérés entre la mi-2020 et le premier trimestre de 2021 étaient constitués de professions informelles », ce qui est « inquiétant » car le signe d’une économie qui n’est pas assez inclusive3. La baisse de l’activité économique a entraîné une hausse de la pauvreté qui touche désormais plus de 33,7 % de la population du continent. Ce sont 200 millions de personnes qui sont concernées. Elles vivent dans des conditions de plus en plus précaires. Cette situation a alimenté des tensions sociales et des soubresauts politiques qui laissent apparaître le spectre d’une crise durable.

Ce sentiment est d’autant plus fort que l’une des grandes victimes de la pandémie a été l’intégration régionale et la coopération entre les États. La Covid-19 a eu pour effet de renforcer les entités nationales et une forme de repli sur soi. En quelques mois, une fragmentation nationale est apparue, avec des effets évidents en matière de présence internationale d’un continent pourtant à la croisée du monde. Les organisations régionales ne sont pas parvenues à construire des plans de relance ou de soutien aux secteurs économiques. Elles ont laissé les différents pays appliquer autant de solutions diverses à l’intérieur de leurs frontières nationales, sans aucune coordination régionale.

Pour l’heure, la diversité a gagné sur la recherche d’unité : par exemple, l’Amérique centrale ne parvient pas à se mettre d’accord sur le nom du futur Secrétaire général du Système d’intégration centraméricain4 qui devrait revenir à un nicaraguayen, après le mandat du guatémaltèque et ancien Chef de l’État Vinicio Cerezo. L’Alliance du Pacifique, créée en 20115, souffre aujourd’hui du manque de cohésion politique de ses États membres. Ces divergences se sont vérifiées aussi à Mexico, lors du Sommet de la Communauté des États latino-américains et Caraïbes (CELAC)6, au cours duquel le Président mexicain a proposé que l’Organisation des États américains soit remplacée par « un organisme vraiment autonome » de Washington7. Appel d’air politique pour des pays comme le Vénézuéla, le Nicaragua ou Cuba qui tentent de construire une alternative politique à l’échelle du continent, la démarche pourrait bénéficier de la crise socio-économique qui engendre des protestations contre le système d’économie de marché. Dans ce contexte, l’Amérique latine court le risque d’être marginalisée ou, au mieux, instrumentalisée dans un environnement international marqué par le renforcement du multilatéralisme et de la rivalité entre les États-Unis et la République populaire de Chine.

Plus que jamais, la place du continent dans le monde, au sortir de la crise sanitaire, est en jeu sur tous les fronts : développement économique, égalité sociale, mais également accès à la culture, et place sur la scène internationale.

1) La Covid-19 et le retour des turbulences

Au sortir de plus de 18 mois de pandémie, les chiffres bruts sont éloquents : le monde recense près de 246 millions de cas de contaminations et 5 millions de décès. L’Amérique latine compte à elle seule 30% du total mondial des victimes8. Dans cette région, les pays les plus touchés sont le Brésil, le Mexique, Cuba, la Colombie, le Chili, le Guatemala, l’Argentine, le Costa Rica et le Pérou.

Accélération du découplage entre les secteurs formel et informel de l’économie, décrochage du commerce régional, hausse de la pauvreté, régression environnementale, autant de conséquences de la crise qui se traduisent par un renforcement des tensions politiques. Comment peut-il en être autrement alors même que le nombre de pauvres a augmenté de plus de 20 millions de personnes sur l’ensemble du continent en moins de deux ans9 ? 

Ce sont désormais plus de 210 millions d’habitants qui vivent dans des conditions précaires. L’extrême pauvreté atteint 12.5%, c’est-à-dire 78 millions de personnes, renvoyant aux niveaux des années 2000. Comme le constatait déjà l’an dernier le quotidien espagnol El País, le développement de l’Amérique latine a reculé de vingt ans à cause de la récession10. Près de la moitié de la classe moyenne a été affectée par la crise, basculant dans une précarité économique qui ne peut que renforcer la colère sociale. La destruction des emplois s’est concentrée pendant cette période, sur les salariés du secteur privé (45%), les indépendants (31%) et les emplois à domicile. Les secteurs liés au tourisme et aux transports sont particulièrement impactés. Par exemple, le Pérou est toujours affecté par le ralentissement économique, le secteur de l’hôtellerie étant dévasté depuis les premières mesures de confinement en mai 2020.

Et pourtant, l’Amérique latine dispose de ressources pour se redresser.

Mais, la crise qui perdure a mis à jour les défaillances structurelles des pays. Le monde du travail reste marqué par la force du secteur informel. Officiellement, plus de 54% des emplois en dépendent. En fonction des secteurs d’activités ou des zones concernées sur le continent, il peut représenter plus de 60% des emplois.

Cette réalité renvoie à la problématique de la formation technique et professionnelle, de l’insertion ou encore de la protection sociale, autant de sujets difficiles dans la majorité des pays. La situation est inquiétante car le continent latino-américain reste marqué par un faible niveau de prélèvements obligatoires, ce qui limite les moyens d’action des pouvoirs publics nationaux. Environnement économique instable, ébullition politique, autant d’ingrédients qui expliquent les interrogations sur la présence internationale du continent.

2) Un continent à la croisée des chemins

Réalité qui a nourri les combats révolutionnaires des années 1960-1970 et 1980 sur fond de guerre froide entre l’Est et l’Ouest, le continent s’est retrouvé au centre du jeu international. Selon l’expression consacrée, « la décennie perdue » des années 198011 a été accompagnée de son lot d’hyperinflation, de crise économique, de surendettement, d’instabilité institutionnelle, de conflits internes, de lutte contre le narcotrafic qui débordait sur les espaces publics. Les accords de paix des années 1990 et la disparition du monde bipolaire d’après guerre devaient permettre la mise en place d’un nouveau contrat social, qui a contribué au développement du continent pendant la « décennie dorée » des années 2000.

La hausse des matières premières a permis à de nombreuses économies d’entrer dans « le club » des pays émergents. Des dizaines de millions de personnes ont pu ainsi intégrer les classes moyennes et prendre goût à la société de consommation. Tout contribuait à alimenter l’espoir. D’aucuns parleront « d’illusion » d’un décollage économique : la croissance soutenue et la hausse du PIB par habitant, la baisse du nombre de pauvres et le renforcement de la classe moyenne, donnaient à penser que l’Amérique latine émergeait enfin et de manière durable. Dans le cadre d’un nouveau système de protection, la redistribution des dividendes permettait de regarder le continent comme celui des nouvelles opportunités et de rompre avec les années noires du passé. Hélas, la chute des cours de matières premières à partir de 2013, la baisse de la consommation qui en a résulté, le retour de politiques de rigueur budgétaire ont posé les fondations d’une crise sociale aggravée par la Covid-19.

Les États latino-américains ont dû affronter seuls les conséquences de la crise sanitaire qui a creusé les fractures sociales.

Pas ou peu de plans de relance, les mesures d’urgence ont consisté à tenter de limiter la portée des épidémies qui ont frappé les principaux pays du continent. Le Brésil, le Pérou, l’Argentine, le Chili, la Colombie et le Mexique ont été les plus touchés sur le plan de la santé. L’onde de choc sanitaire s’est répandue dans l’espace public où elle a amplifié les tensions sociales qui étaient apparues en 2019.  

Ce déséquilibre structurel explique, en grande partie, la crise économique qui perdure en Amérique latine depuis le milieu des années 2010. Le Chili a connu des manifestations violentes dès l’année 2019 : la hausse du prix du ticket de métro de Santiago du Chili a provoqué une colère qui s’est transformée en un mouvement de fond à caractère politique ; référendum et assemblée constituante, toute une dynamique s’est enclenchée depuis deux ans au Chili en vue de refondre les institutions12. En Argentine, en Bolivie ou encore au Pérou, les mouvements sociaux ont entraîné des alternances politiques avec les élections, respectivement, d’Alberto Fernandez en 201913, de Luis Arce en 202014 et Pédro Castillo en 202115. Au Nicaragua, le résultat du simulacre de l’élection présidentielle en novembre 2021 est connu d’avance16. Au Brésil, sur fond de divergences dans la réponse à apporter à la crise sanitaire, les tensions politiques entre le pouvoir fédéral, incarné par le Président Bolsonaro, et certains États atteignent un nouveau pic avec le récent rapport sénatorial recommandant l’inculpation du chef de l’État pour 11 crimes, dont celui d’incitation au génocide17. La bataille est politique, mais elle a inévitablement des répercussions sur l’environnement économique et l’image de stabilité des pays, indispensable pour encourager des investissements étrangers.

Dans ce contexte, l’Amérique latine court le risque de prendre non seulement du retard, mais également d’être exploitée par de nouvelles puissances. L’enjeu est de taille : dans le jeu des relations internationales, le continent latino-américain pourrait devenir un front stratégique pour les deux premières puissances mondiales.

3) L’Amérique latine : quel rôle dans le duopole sino-américain ?

Les prévisions économiques des organismes économiques multilatéraux, tels que l’OCDE, la Banque mondiale ou le FMI, tablent sur une reprise économique mondiale de l’ordre de 5,7% pour l’année 202118. Et en 2022, le PIB mondial devrait être supérieur à ce qu’il était avant la crise de la pandémie de la Covid-19. Autant dire que le monde renoue avec la croissance, même s’il convient de rester prudent. En effet, celle-ci est essentiellement tirée par les économies nord-américaines, chinoise et européennes. Déjà, les grandes puissances économiques développent des stratégies globales visant à la fois à consolider leur reprise et à renforcer l’innovation technologique, qui sera source de développement dans les prochaines années. La reprise exige de répondre aux défis majeurs portés par le changement climatique et par les tensions géopolitiques alimentées par la crise pandémique depuis 2020.

Dans ce contexte nouveau, où se situe l’Amérique latine ? Englué pendant plus de 18 mois, dans la crise de la Covid-19, le continent peine à se relever d’un épisode sanitaire qui a révélé les faiblesses structurelles de ses économies et a renforcé les inégalités sociales. Or, les prévisions économiques font apparaître des perspectives encourageantes, de l’ordre de 5.2% en 2021 après la chute de plus de 7 points en 202019.

Mais, l’absence de politiques régionales intégrées n’a pas permis la mise en place de plans régionaux de relance ou de soutien aux secteurs productifs, contrairement par exemple à ce qui s’est passé en Europe. En effet, les sujets sur lesquels une coordination régionale aurait pu émerger, en matière d’échanges commerciaux, de politiques douanières ou énergétiques, et même de protection de l’environnement, ont paru s’effacer devant le repli sur soi des États et les recherches individuelles de solutions intra-nationales. Alors que la pandémie a provoqué la mort de plus de 1,5 millions de personnes sur le continent, l’Amérique latine est actuellement spectatrice des évolutions internationales. Elle ne parvient par à concilier la diversité qui la caractérise, avec ses 33 pays, et le besoin de devenir plus forte au plan régional pour pouvoir espérer peser sur la diplomatie mondiale.

Le continent court le risque d’être « ballotté » dans la confrontation globale que se livrent désormais les deux puissances économiques et militaires que sont les États-Unis d’Amérique et la République populaire de Chine.

Cette dernière est d’ailleurs le premier partenaire commercial du Brésil. Elle est aussi implantée en Équateur, notamment dans le domaine énergétique, au Chili dans les services, en Argentine, au Pérou ou en Colombie, dans les secteurs liés aux infrastructures routières et aux mobilités urbaines. En Amérique centrale et au Mexique, la Chine est devenue un interlocuteur important de l’Amérique latine au cours de la dernière décennie.

Les liens se sont développés avec le continent et sont accompagnés d’une dimension politique : le Président Xi Xinping a effectué plusieurs déplacements en Amérique latine ces dernières années, notamment au Panama où les activités du Canal, élargi en 2016, sont stratégiques, mais également à Cuba et en Argentine. Sa participation virtuelle au sixième sommet du CELAC a rappelé l’effectivité des nouvelles routes de la soie, tissées jusqu’en Amérique latine et dans les Caraïbes. Cette réalité est d’autant plus aiguë qu’elle s’inscrit dans un contexte de raidissement des relations avec les États-Unis. Dans son allocution du 31 août dernier, le Président Biden a fixé comme objectif prioritaire celui de contrer la présence commerciale de la Chine et son influence dans les domaines des technologies numériques et de l’intelligence artificielle. La rivalité sino-américaine est désormais ouverte et mondialisée.

L’Amérique latine se retrouve ainsi prise en tenaille : les liens avec les États-Unis sont géographiques, économiques culturels et historiques ; ils sont également stratégiques et idéologiques. Par exemple, Bogota est un partenaire essentiel pour Washington en matière de lutte contre la trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Il s’agit de thèmes de « sécurité nationale », au même titre d’ailleurs que la question des migrants qui grève la relation avec l’Amérique centrale. Un dispositif mis en place sous l’administration Trump, appelé « Third Safecountry », notamment avec le Guatemala, visait à « fixer » les populations dans les pays de départ afin d’éviter les flux migratoires à la frontière mexicaine. En 2021, ces flux se sont diversifiés et concernent également certains pays des Caraïbes, comme Haïti. Ces dernières années, des milliers de Haïtiens partaient pour le Chili, le Pérou ou l’Équateur. Désormais, les populations concernées essaient de gagner les États-Unis directement par l’Amérique centrale.

Par ailleurs, le conflit sino-américain dans le Pacifique concerne le continent latino-américain.

Du Mexique au Chili, de San José à Santiago de Chile, la façade maritime et les organisations étatiques, telles que l’Alliance pour le Pacifique et l’APEC20, contribuent au renforcement des liens avec l’Asie et la communauté des États du Pacifique. Naturellement, le dynamisme de cette région peut contrebalancer la relation avec l’Union européenne engagée depuis les années 1980. Dans cette configuration, la France a un rôle à jouer : par exemple, le Chili souhaite renforcer ses échanges avec la Polynésie française, passage obligé pour les câbles sous-marins de fibre optique devant le relier à l’Asie. « La porte numérique21 Asie-Amérique » est un projet qui pourrait contribuer à approfondir les échanges avec la région pacifique ; elle rappelle la panoplie de secteurs d’activités pouvant contribuer à faire entrer l’Amérique latine dans la transformation économique globalisée, source d’emplois et vecteur d’influence dans le monde.

Dans ce contexte, et plus encore depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche, l’Amérique latine semble être entraînée inexorablement dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Washington s’est rendu compte de la présence accrue de Beijing dans les principaux secteurs d’activité et auprès de pays dont le rôle est essentiel dans la relation avec l’Amérique du nord.

Le partenariat avec la Colombie relève de la sécurité nationale pour les États-Unis : la capture de Dario Antonio Usaga, alias « Otoniel », narcotrafiquant colombien le plus recherché, le rappelle ; son arrestation s’est réalisée dans le cadre de l’opération « Osiris », en coordination avec les agences de renseignement américaines et britanniques22. Au Vénézuéla, Nicolas Maduro est parvenu, malgré les difficultés de ces dernières années, à garder le pouvoir. Il tente de construire une alternative politique à la présence politique nord-américaine. Le climat de tensions sociales à la suite de la pandémie de la Covid-19 y contribue. Le sommet de la CELAC à Mexico en septembre dernier s’inscrit dans cette logique. Pour autant les États-Unis restent encore le principal investisseur sur le continent, où les enjeux ont des conséquences immédiates sur eux. La crise migratoire le démontre à double titre. En Amérique centrale, les colonnes de migrants remontent vers le Mexique et renforcent d’autant la pression sur la frontière avec les États-Unis. Mais cette crise impacte aussi les frontières latino-américaines : depuis 2017, le départ de plusieurs millions de Vénézuéliens vers la Colombie, le Pérou, l’Équateur et le Chili, a contribué à déséquilibrer les économies de ces pays et à troubler les politiques de coopération régionales.

Les États-Unis ont compris le moment clé qui est vécu actuellement par le continent. Il s’agit, ni plus ni moins, de conserver le lien historique et étroit avec l’Amérique latine alors que la concurrence internationale s’accentue. Le Secrétaire d’État, Antony BLINKEN, ne s’y trompe pas et a effectué une tournée régionale en octobre 2021. Il sait que la remise en question du « leadership » historique des États-Unis, notamment par la Chine, produit des effets économiques et sociétaux pouvant menacer le lien stratégique et sécuritaire qui le fondait. Plus que jamais, l’Amérique latine devient un enjeu dans le cœur du duopole sino-américain qui est en train de s’établir. De la force de son rebond économique et de la coopération régionale dépendra sans doute sa future place sur la scène internationale post-Covid19.

Conclusion

La crise de la Covid-19 continue à bouleverser les équilibres mondiaux. Les évènements en Afghanistan ou les enjeux de sécurité colossaux dans le Pacifique constituent par exemple un accélérateur de prise de conscience de la rivalité entre Washington et Beijing. Dans ce contexte, l’Amérique latine s’interroge sur sa place. La pandémie a rappelé les fractures sociales et économiques qui la traversent : 54% des emplois dépendent du secteur informel, ce qui réduit d’autant les capacités des États à déployer une politique globale en faveur de la santé, de l’éducation, des transports, de l’énergie ou de l’accès aux technologies numériques.

Depuis 2020, ce déséquilibre s’est renforcé tandis que les crises sociales se sont succédées. Les problèmes des migrants sont les plus emblématiques. Mais la faiblesse des coopérations régionales, et donc l’absence de plans de relance, a pu contribuer à une forme de « balkanisation » du continent. Celle-ci est d’autant plus visible que la fragmentation de la région, avec ses 33 pays en incluant les Caraïbes, s’est accélérée pendant la crise sanitaire.

Plus que jamais, le continent est à la croisée des chemins.

Tandis que le monde s’apprête à traverser les turbulences générées par l’émergence du nouveau duopole sino-américain, l’Amérique latine va devoir décider de son futur : être une « victime collatérale » de cet état de fait, observatrice et dépecée de ses attributs et ressources ; ou bien reprendre les rênes de son destin dans la diplomatie mondiale. Que ce soit sur les questions énergétiques, environnementales, maritimes, technologiques ou financières, l’Amérique latine peut exister sur la scène internationale. Pour y parvenir, elle devra redéfinir son contrat social, tant sur le plan régional qu’à l’intérieur de ses frontières nationales. Le chemin de la coopération régionale est à retrouver. Il constitue un indicateur important du degré de convergences politiques, économiques et sociales constituant un socle essentiel à la définition d’un avenir partagé. Il est essentiel pour exister et peser dans un environnement international qui offre des opportunités réelles. Si elle ne réagit pas, l’Amérique latine court le risque d’être un terrain de jeu de la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Ce serait désastreux. Mais face à ces puissances mondiales, l’Amérique latine pourrait être un acteur de conciliation, dont les retombées pourraient se faire au profit de son développement économique et social.

Pascal DROUHAUD, spécialiste de l’Amérique latine. Président de l’association France-Amérique latine, LATFRAN (www.latfran.fr), il est chercheur associé à l’institut Choiseul, auteur de nombreux articles sur l’actualité latino-américaine et du livre « FARC, confessions d’un guerrilléro, éd. Choiseul, Paris, 2008 »

David BIROSTE, Docteur en droit et Vice-président de l’association France-Amérique latine, LATFRAN (www.latfran.fr).

  1. Agence Reuters, Chiffres au 31 octobre 2021 (consulté le 31 octobre 2021).
  2. Université Johns Hopkins, Chiffres au 31 octobre 2021 (consulté le 31 octobre 2021).
  3. XXIème Conférence interaméricaine des ministres du Travail, « L’OIT met en garde contre une reprise au chômage élevé et à l’informalité préoccupante en Amérique latine et dans les Caraïbes », Communiqué de presse, 24 septembre 2021 (consulté le 31 octobre 2021).
  4. SICA : le Système d’intégration centraméricain a été crée le 13 décembre 1991 ; il regroupe les pays centraméricains et la république dominicaine, avec pour objectif de renforcer la coopération économique au service du développement régional.
  5. Alliance du Pacifique : créée le 28 avril 2011, elle regroupe le Mexique, la Colombie, le Pérou et le Chili. Son objectif est de créer une zone de libre échange ; ces pays représentent 35% de la richesse de l’Amérique latine.
  6. CELAC : la Communauté des États d’Amérique latine / Caraïbes a été créée le 23 février 2010 et a succédé au groupe de Rio.
  7. Emmanuelle Steels, « Mexique: le président López Obrador veut inverser le rapport de forces sur le continent américain », RFI, 18/09/2021 (consulté le 31 octobre 2021). L’OEA est l’Organisation des États Américains, fondée le 30 avril 1948 au début de la guerre froide ; il lui est reproché la force du lien avec Washington ; l’UNASUR créée en 2010 et la CELAC (sommet à Mexico en septembre 2021) tentent de fonder une organisation alternative à l’OEA.
  8. Université Johns Hopkins, Chiffres au 31 octobre 2021 (consulté le 31 octobre 2021).
  9. CEPAL, Panorama Social de América Latina 2020, mars 2021 (consulté le 31 octobre 2021).
  10. Ignacio Fariza, « En Amérique latine, la récession fera reculer de vingt ans le développement de la région », Courrier international, 28 septembre 2020 (consulté le 31 octobre 2021).
  11. Jean-Pierre Clerc, « Amérique latine : vers des sorties de crise néo-libérales », Politique étrangère, 1989, n° 54-3, p. 477 (consulté le 31 octobre 2021) ; Jean-Jacques Kourliandsky, « Amérique latine : vers une nouvelle décennie perdue  ? Les voyants sont au rouge… », Nouveaux espaces latinos,  14 juillet 2020.
  12. David Biroste, « Le référendum du 25 octobre au Chili : un tournant constitutionnel historique ? », Revue politique et parlementaire, 22 octobre 2020 (consulté le 31 octobre 2021).
  13. Nadine Epstain et Franck Ballanger, « Argentine : Alberto Fernández, nouveau Président péroniste au pied du mur », France Culture, 10 décembre 2019
  14. Sabine Grandadam, « Portrait. Qui est Luis Arce, le futur président de la Bolivie ? », Courrier international, 19 octobre 2020 (consulté le 21 octobre 2020).
  15. David Biroste, « Les élections générales péruviennes de 2021 : entre fatalisme et espérance », Revue politique et parlementaire, 12 avril 2021 (consulté le 31 octobre 2021).
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  21. Lauren Ashmore, « China and the « Asia-South America Digital Door » », The Diplomat, 13 octobre 2021 (consulté le 31 octobre 2021).
  22. Oliver Griffin, « Colombia nabs Otoniel, drug kingpin and gang leader », Reuters, 24 octobre 2021 (consulté le 31 octobre 2021).